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Archive for février 2012

« Mais ça veut dire quoi « Poyaudine » ? » me demandait hier un ami à propos du nom de ce site web… Une technique révolutionnaire pour construire des maisons ?  Rhaa, c’est vrai, il y a une vie hors de la Puisaye 😉

Le « Poyaudin » est un habitant de la Puisaye. Hum… Mais qu’est-ce que la Puisaye ? La Puisaye (ou la Poyaude, pour les anciens) est une région naturelle située à cheval sur l’Yonne, la Nièvre et le Loiret, à 150km au sud de Paris. C’est un pays encore sauvage, qui a su conserver son authenticité rurale ; un pays plutôt boisé, souvent vallonné, très vert, bourré d’étangs. On y rencontre encore des haies (les « bouchues ») qui ont survécu aux arrachages irréfléchis pratiqués un peu partout dans nos campagnes… Bref, c’est un pays où il fait bon vivre pour qui aime la nature.

C’est aussi un pays où tout est possible. C’est ici, en Puisaye, que depuis 1997 une bande d’allumés a décidé de construire un château fort avec les techniques et les matériaux du moyen-âge… Allumés ? Guédelon a accueilli en 2011 plus de 310000 visiteurs… C’est en Puisaye aussi qu’un pôle de développement durable lié au bâtiment a été crée : Pôléthic. C’est ici que l’agriculture se convertit petit à petit en agriculture bio grâce aux nouvelles générations qui s’installent et au soutien actif de certains anciens qui pratiquent le bio engagé depuis toujours, qu’un SEL (Système d’échange local), une AMAP (Association pour la Maintien d’une Agriculture Paysanne) ou une Université Pour Tous prennent racine… Bref, c’est ici (et pas seulement, heureusement) qu’on transforme petit à petit le non-sens ambiant en quelque chose de plus sensé, de plus humain.

La Puisaye est un pays d’artistes. Le paradis de la poterie, avec Saint Amand ou bien la Bâtisse par exemple ; une école de musique, de danse et de théâtre de pays, un centre d’art vivant à Ratilly. Une ancienne friche industrielle accueille un village d’artistes et se transforme petit à petit. C’est ici aussi que sont nés 2 membres fondateurs de la Casa Bancale ;-).

Certaines mauvaises langues disent qu’il n’y a que 2 saisons en Puisaye (l’hiver et le 15 Août), d’autres qu’après un trop long séjour en Puisaye des branchies nous poussent. Ne cherchez pas les mauvais côtés de la Puisaye sur ce site, qui est d’une objectivité flagrante. Vous l’aurez compris :  j’aime ce pays ! 😉

Si vous en avez marre des rames de RER bondées, des embouteillages sans fin, de la pollution ou bien si vous pétez les plombs au boulot, faites donc un break et venez prendre le vert ! Si tout va bien vous pouvez aussi simplement passer nous faire coucou, évidemment ;-). Bref, vous êtes les bienvenus, les Poyaudins se feront un plaisir de vous accueillir !

Références : 

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L’énergie sans conteste la plus écologique de toutes est celle que l’on ne consomme pas » écrivent Samuel Courgey et Jean-Pierre Oliva dans la préface de leur livre. La conception bioclimatique consiste à concevoir les différentes parties de la maison de manière à obtenir un confort thermique dans une logique d’économie, de santé, de cohérence environnementale. Par exemple, une idée est d’utiliser les apports calorifiques du soleil l’hiver et en inter-saison pour réchauffer la maison, et de s’en protéger en été afin d’éviter les surchauffes.

La forme : 

Une des premières choses à prendre en compte dans une conception bioclimatique est la forme de la maison : plus une maison est compacte, moins elle a de surfaces en contact avec l’extérieur pour un volume équivalent, et donc moins il y a de déperditions. On mesure la compacité d’une maison par son  son coefficient de forme, qui représente la surface en contact avec l’extérieur (m2) divisé par le volume total de l’habitation (m3). Notre maison est de forme rectangulaire, sur 2 niveaux ; son coefficient de forme est de 0,65, ce qui est plutôt bien !  Il fallait aussi que cette maison soit la plus compacte possible car je souhaitais un poêle central comme unique moyen de chauffage.

Ensoleillement : 

La maison est orientée Sud-Sud Ouest, avec de larges ouvertures sur sa façade sud, dont une grande baie vitrée. L’idée est de capter la chaleur du soleil l’hiver et en inter-saison, quand le soleil est plus bas. 57% de la surface vitrée de la maison est située au Sud, afin de capter un maximum de cette chaleur gratuite disponible. Les ouvertures au Nord sont réduites au minimum afin de limiter les déperditions thermiques. Du coup la façade nord peut paraître un petit peu austère, mais ça a été un compromis avec la performance énergétique. La surface vitrée totale de la maison représente 17% de la surface habitable, ce qui est à priori un bon équilibre entre :

  • l’apport de lumière
  • l’apport de chaleur tout en évitant la surchauffe d’été (la proportion de surfaces vitrées doit rester inférieure à 20% de la surface habitable)
  • la limitation des déperditions thermiques (entre 25 et 35% des pertes thermiques d’une maison se fait par les ouvertures)

Récupération et stockage de la chaleur : 

La chaleur apportée par le soleil en inter-saison et l’hiver sera stockée dans le plancher de la maison, qui sera constituée d’une dalle lourde posée sur une dalle isolante (chaux/copeaux de bois). A priori le sol dans la partie cuisine (devant la baie vitrée) sera en tomettes (carreaux de terre cuite typiques de la région), et donc augmentera encore la masse de stockage du rayonnement solaire. Le mur sud de la salle de bains sera un mur lourd ; cela permettra de créer encore un peu plus d’inertie thermique, même si à priori ce mur ne sera que peu exposé au soleil.

Protection contre la chaleur estivale : 

Vu les tendances prévues à plus ou moins long terme, c’est le sujet le plus prometteur : se protéger du chaud. Il est évidemment hors de question pour nous de climatiser la maison… La première mesure de protection a été de limiter les ouvertures à l’Ouest ; ce sont celles qui captent le plus de chaleur l’été, quand le soleil baisse. Il n’y a pas de fenêtres à l’ouest dans la pièce de vie ; seulement dans les chambre, mais c’est gérable car on peut fermer les volets en fin d’après-midi sans problème. La seconde mesure a été de protéger les ouvertures sud, et notamment la grande baie vitrée, contre le soleil d’été. Là, je me suis amusé (ça a vraiment été rigolo) à calculer les caractéristiques d’une casquette solaire pour protéger la baie. Pour ce faire, il faut d’abord obtenir la latitude de la construction ; c’est facile avec le site géoportail  : il suffit de choisir les cartes IGN par exemple, d’entre le nom de la commune et de noter la latitude juste en-dessous de la carte. En Puisaye, à l’endroit où nous construisons, la latitude est entre 47° et 48° Nord, plus proche de 47°. Ensuite, il faut trouver la courbe du soleil pour cette latitude : Enertech propose ces diagrammes pour nos latitudes. Dans le diagramme ci-dessous, si je veux couper le soleil aux heures les plus chaudes des 2 mois les plus chauds, je peux par exemple choisir de couper le soleil dès qu’il atteint 60° ; cela permet de protéger les ouvertures entre 11h et 13h heure solaire entre le 21 mai et le 23 juillet. La dernière étape est de calculer le débord de la casquette solaire pour couper le soleil à plus de 60° ; ici une simple règle trigonométrique suffit :

  • b=distance entre le sol et le bas de la fenêtre (m)
  • l=longueur du débord depuis la fenêtre, horizontalement (m)
  • H=hauteur du débord (m)
  • A=angle du soleil (°)

La formule est : l=(H-b)/tan A

Pour la maison et la grande baie vitrée, cela donnait 1,79m de débord. C’est évidemment impossible de faire ce débord uniquement avec un débord de toit (nous ne sommes pas en Savoie ;-)) ; l’idée était donc de faire un décrochement pour « rentrer » la baie vitrée dans la maison. Au final, il a fallu faire un compromis : le débord est de 90cm + 70cm de débord de toit (le max accepté par les Architectes des Bâtiments de France, et encore, il a fallu vraiment argumenter). Disons que la baie principale est protégée par conception contre les heures les plus chaudes. Il se trouve aussi que grâce à ce renfoncement, la baie est aussi un peu protégée contre le soleil chaud de fin de journée l’été… Les 2 fenêtres Sud auront des volets pour les protéger le cas échéant. Une autre approche est la pergola avec de la végétation ou bien encore avec des lames de bois inclinées ; à ce stade je n’exclus pas cette solution si la casquette solaire n’est pas suffisante (je pense notamment à des surchauffes plus tard en saison, comme en Août).

La troisième mesure pour la protection d’été est le choix des matériaux isolants. J’ai découvert (avec surprise, dans le bouquin de Jean-Pierre Oliva et Samuel Courgey) qu’un isolant peut être performant pour isoler du froid et moins performant pour isoler des surchauffes l’été. Pour atteindre une performance donnée l’été et l’hiver, des calculs d’épaisseur de matériaux ont été faits avec plusieurs matériaux. Ainsi, pour ces performances, il faut par exemple 60% d’épaisseur de ouate de cellulose supplémentaire l’été, alors que la même épaisseur de laine de bois permet d’atteindre les performances d’été et d’hiver… Cela ne prend même pas en compte le déphasage, qui est aussi excellent pour la laine de bois. Pour référence, il faut presque 5 fois plus d’épaisseur de laine minérale pour atteindre ces performances d’été, pour la même performance d’hiver… Pourquoi toutes nos maisons classiques prennent le chaud l’été ? La réponse est maintenant limpide pour moi (à confirmer en pratique, évidemment). Le matériau isolant fait la différence, à priori. Du coup, notre choix se porte sur de la laine de bois !

La dernière mesure de protection contre les surchauffes est la mise en oeuvre des murs et du toit : laisser une lame d’air suffisamment importante entre le bardage et le pare-pluie, ou entre les tuiles et l’écran sous toiture, afin de laisser une ventilation naturelle s’occuper d’évacuer la chaleur… C’est évidemment beaucoup plus compliqué avec un enduit…

Zone tampon

La partie nord de la maison, au rez de chaussée, est constituée de pièces tampon, qui permettent d’ajouter de la distance entre le mur le plus froid (le mur nord) et les pièces de vie. Le sas d’entrée, le cellier, les WC font partie de cette zone tampon. A priori, ce mur nord devrait recevoir une épaisseur supplémentaire d’isolant, et les fenêtres devraient aussi être plus isolantes, si l’écart de prix le permet.

Il faut ajouter qu’en plus de toutes ces mesures de conception bioclimatique, le choix du terrain (par ses caractéristiques) a aussi été important : je voulais un terrain orienté sud, en pente descendante nord-sud, et il se trouve que (super bonus) il y a une grande haie au nord, qui protège naturellement le terrain sur sa partie nord…

Au final, cette partie de la conception a été très riche en apprentissage, et un bon investissement sur le papier ; reste à voir en pratique si tout cela se vérifie ! RDV dans 2 ans…

Trajectoire du soleil à latitude=47°N

Ressources :

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Les plans

9 mois pour dessiner et finaliser les plans… J’avais décidé depuis le début de ne pas faire appel à un architecte (ce n’est pas obligatoire pour une surface inférieure à 170m2). Pendant ces 9 mois, au fur et à mesure de l’avancée, des stagnations, des blocages, il y a eu des doutes à ce sujet. Nous avons été à 2 doigts de craquer, et finalement les tarifs affichés ont volatilisé ces doutes. A tort ? L’avenir le dira.

Depuis le début aussi, je voulais que cette maison soit en grande partie réalisée en autoconstruction. Du coup, la première contrainte qui pesait sur les plans était d’avoir une forme simple, et une conception la plus simple possible. Cela permet aussi d’éviter des envolées de budget.

La forme générale de la maison a été le premier dilemme… Nous avions le choix entre une maison traditionnelle ou une maison complètement moderne, à cause de la situation du terrain (en zone protégée). J’étais attiré par de larges fenêtres, mais cela n’était pas possible avec une architecture traditionnelle. Soit traditionnelle, soit moderne, mais pas entre les 2. Il me semblait très difficile de dessiner une forme moderne harmonieuse sans l’aide d’un architecte ; alors que les belles maison traditionnelles, il y en a un paquet dans la région pour s’inspirer.

Le dessin des plans a été une école de choix et de compromis. Ils sont par nature imparfaits et très personnels. Nous avons chacun de notre côté écrit comment nous voulions vivre dans cette maison, les choses importantes. Puis cela s’est traduit petit à petit en croquis, dessins. En ne perdant pas de vue les contraintes pratiques, techniques, bioclimatiques, esthétiques. Un vrai casse-tête ! Nous ne pourrons évidemment pas tout aborder dans cet article.

Le côté bioclimatique sera traité dans un article dédié, tant il y a à dire… En 2 mots, la maison est orientée au sud, avec une grande pièce de vie qui accueillera le poêle. La distribution des pièces au rez de chaussée est faite pour faire une zone tampon au nord : sas d’entrée, WC, cellier.

Rez de chaussée : 

L’entrée dans la maison se fait par le nord ; on entre par un sas qui est fermé. Cela permet de limiter les apports d’air froid quand on entre ou sort de la maison. cela permet aussi, d’un point de vue pratique, de limiter l’espace « sale » : nous sommes à la campagne, et il y a souvent des feuilles, de la boue, de la poussière qui entrent dans la maison avec les personnes. Cela sera donc limité au sas d’entrée. Accolé au sas d’entrée, les WC. Nous les voulions tout près de l’entrée, et surtout séparés de la pièce de vie ; nous voulions absolument éviter la porte des WC qui donne directement sur la pièce de vie. La salle de bains est au nord, ce qui n’est pas idéal à première vue car c’est une pièce qui doit être chaude. Mais une grande paroi de la salle de bains se trouve en contact avec le poêle ; cette paroi sera une paroi lourde (elle accumulera de la chaleur), permettant ainsi de conserver cette pièce chaude dès que le poêle sera en route. A noter que le chauffe-eau est situé dans la salle de bains, afin d’avoir de l’eau chaude immédiatement dans cette pièce (c’est moins important pour l’évier) ; de plus, cela permet de limiter la distance entre le poêle (qui sera certainement bouilleur) et le chauffe-eau. L’escalier est le plus central possible, afin de pouvoir distribuer efficacement les pièces à l’étage ; il est aussi près du poêle afin de pouvoir distribuer aussi de la chaleur à l’étage. Le cellier aurait pu (dû ?) être plus près de la cuisine, mais c’était le compromis pour avoir les WC dans l’entrée. Le cellier accueillera le tableau électrique, l’arrivée d’eau, et l’arrivée FT. L’abri à bois se trouve à l’ouest, directement accessible depuis la pièce de vie, pour pouvoir alimenter le poêle de la manière la plus pratique possible, et en restant au sec. La pièce de vie possède de larges ouvertures au sud, mais pas à l’ouest afin d’éviter les surchauffes l’été. Le coin cuisine est à l’Est afin de profiter du soleil levant, et en face de la baie vitrée afin d’avoir le plus de lumière naturelle possible. Le coin salle à manger est confondu avec le coin cuisine, à la manière des fermes de nos ancêtres, où la vie s’organisait autour de la cuisine. Le coin salon est un peu protégé par le renfoncement, et se situe loin du sas d’entrée, pour plus d’intimité.

Le premier étage : 

Nous voulions une chambre à l’Est, pour profiter du soleil levant. La grande chambre, qui comportera aussi une partie dressing, se situe donc à l’Est. En face de l’escalier, il y a un espace bureau, ouvert, avec un grand placard. Puis2 chambres côté Ouest, avec chacune une fenêtre. Ces 2 fenêtres pourront être protégées par des volets fermés l’été pour éviter la surchauffe. La petite chambre n’est vraiment pas très grande, mais il a fallu faire un compromis pour pouvoir mettre des WC à l’étage ; elle sera idéale pour une chambre d’amis. Lors de la conception, nous avons voulu des murs surélevés (1m10) avant la pente de toit, afin d’optimiser la surface disponible à l’étage, tout en gardant un bon coefficient de forme (cf. conception bioclimatique).

Globalement, il n’y a pas beaucoup de rangements intégrés : placards dans l’entrée, dans la pièce de vie, dans 2 chambres en haut et dans le recoin des WC à l’étage. Mais avec la cuisine et le cellier, cela devrait suffire. Il y aura de la place supplémentaire dans la grange annexe pour le stockage long terme. Et cela fait une occasion de se débarrasser des objets inutiles qui pèsent sur notre vie ;-). Cf. l’excellent livre de Dominique Loreau.

Les contraintes techniques : 

La première contrainte est celle de la structure porteuse (on y reviendra en détail dans un autre article) : les poteaux ne doivent pas se trouver devant les fenêtres, par exemple. Les portées des différentes poutres et solives doivent être suffisamment courtes pour ne pas occasionner de surcoûts trop importants. Je voulais aussi limiter le périmètre qui recevra de l’eau/des évacuations afin de tout regrouper en un seul endroit ; ce n’est pas vraiment le cas, même si tout est concentré sur 2 faces seulement (Nord et Est). Les WC à l’étage devaient être placés de manière à ce que l’évacuation puisse descendre de manière invisible : elle descendra dans le placard de la salle de bains. Idéalement, l’électricité aurait dû arriver dans un endroit plus central, si on ne prenait en compte que l’aspect financier. Par contre, en prenant aussi l’aspect pollution électromagnétique, c’est bien que le tableau soit éloigné des pièces de vie dans lesquelles nous restons le plus longtemps (pièce de vie & cuisine). Les chambres en sont aussi éloignées, à part peut-être la chambre d’amis. Les fenêtres de l’étage ont dû être dimensionnées et positionnées de façon à ne pas entrer en collision avec les fermes de la charpente. Toutes les pièces de la maison possèdent une source de lumière naturelle, y compris l’escalier. Je souhaitais absolument une maison qui « fonctionne » avec le moins d’éclairage possible, voire sans électricité dans le pire des cas. Le conduit de cheminée devait aussi permettre de positionner un système de distribution de chaleur à l’étage ; il devait donc être visible et accessible à l’étage.

Au final, le résultat paraît hyper simple… mais que de discussions et de surchauffe cérébrale pour en arriver là ! Et quelle belle aventure…

Plan du rez de chaussée

Plan de l’étage R+1

Façades de la maison

Vue 3D Nord-Ouest

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J’aime cette définition qui dit que l’écologie (du grec « oikos » qui veut dire « maison, habitat au sens large » et « logos » qui veut dire « science ») est la « science qui étudie la relation des êtres vivants dans leur environnement« . Quelle est notre relation avec les autres êtres vivants ? Quelle est notre (nous, humains) relation avec notre environnement ? La relation des autres êtres vivants avec leur environnement ? Vaste sujet, qui paraît bien loin du mot « écologie » tel qu’on l’emploie aujourd’hui. Une chose est sûre : il semble que nous soyons la seule espèce à détruire ce qui nous fait vivre…

Si l’adjectif « écologique » veut dire « qui respecte les êtres vivants ainsi que leur environnement », alors oui, je souhaite que cette maison soit la plus écologique possible. Mais elle ne sera jamais 100% « écologique », sans aucun impact. Peut-être que le terme « maison écologiquement engagée » serait plus adapté ?

En fait je recherche un équilibre pour cette maison. Équilibre entre plusieurs objectifs dont le but général est de respecter le plus possible les êtres vivants ainsi que notre environnement, notre Terre. Voici quelques-uns de ces objectifs :

  • consommer le moins d’énergie possible à l’usage
  • consommer le moins d’eau possible à l’usage
  • utiliser des matériaux qui représentent une énergie grise la plus faible possible ; les chiffres nationaux moyens de l’énergie grise peuvent être encore améliorés en choisissant des matériaux locaux à chaque fois que cela est possible
  • limiter au maximum l’utilisation de matériaux toxiques, nocifs, ou dont le cycle de fabrication l’est
  • limiter au maximum l’impact de la maison : impact au sol, terrassement, une surface juste
  • utiliser au maximum des matériaux naturels, renouvelables, au plus proche du lieu de construction
  • limiter au maximum les pollutions électromagnétiques
  • faire appel au maximum à des artisans et professionnels locaux

Evidemment, rechercher la perfection, le « zéro défaut » dans tous ces domaines est irréalisable, à moins de construire une cabane à la « Walden« , ce qui d’ailleurs  sera peut-être l’objet d’un futur projet ;-). Mais ce projet de construction se veut réaliste, un projet de transition, pas un projet radical. Nous utiliserons forcément à un moment donné des matériaux qui viennent de loin ; l’impact au sol du terrassement aurait pu être beaucoup plus faible (sur la cour notamment) ; les exemples pourraient être multipliés à l’infini. Des efforts supplémentaires auraient pu être faits dans tous les domaines ; mais l’objectif du projet est l’équilibre. Équilibre entre tous mes engagements dans le sens de l’écologie, entre toutes les contraintes techniques et de budget, équilibre de vie aussi entre ce projet et les autres facettes de la vie : je ne veux pas me mettre la rate au court-bouillon pour gagner 0,5kWh/m2 de dépense énergétique. Équilibre entre le respect de moi-même, le respect de l’autre, le respect de notre Terre.

Je crois qu’il y a des moyens simples, même s’ils sont culturellement et/socialement décalés, de limiter l’impact de la maison sur l’environnement. Le plus simple, peut-être, est de diminuer la surface de l’habitation. Cela diminue proportionnellement l’impact au sol, la quantité des matériaux nécessaires à la construction, les besoins de chauffage, d’entretien (ménage, peintures, couverture, etc.). C’est si simple que ça en est gênant. La surface prévue pour la maison est de 100m2 environ ; elle est conçue pour accueillir une famille avec 1 ou 2 enfants. Le nombre de commentaires à ce sujet a été (et est toujours) impressionnant : « Es-tu sûr que ça va être assez grand ? » « Mieux vaut prévoir plus grand, tout de suite » « Une pièce de plus serait utile au cas où » « tu ne mets pas une deuxième salle de bains ? » « c’est plus agréable de vivre avec de l’espace », etc. Une maison BBC doit consommer moins de 50kWhep/m2 de Surface Hors d’Oeuvre Nette, selon la localisation géographique (65kWhep/m2 dans l’Yonne ou la Nièvre). Le label est donc indexée sur la surface de la maison… Une maison BBC de 200m2 consommera donc 2 fois plus d’énergie qu’une maison BBC de 100m2, pourtant les 2 seront BBC. Peut-être faudra-t’il arriver un jour à une consommation d’énergie par personne, qui reflète plus l’aspect limité de nos ressources ? Du coup, je crois que cela a un sens de limiter la surface, de revoir notre rapport à l’espace d’habitation. Si on revient au besoin fondamental auquel répond la maison, à savoir l’abri, une seule pièce suffit. A ce propos le livre de Henry David Thoreau est une perle à lire absolument…

Pour aller plus loin, l’habitat partagé me paraît être une approche encore bien plus écologique et cohérente aussi socialement. La encore, j’aurai pu faire mieux. Mais ce n’était pas le sujet de ce projet ; peut-être un prochain ?

Construire nous-même une habitation saine, agréable à vivre, économe en énergie, en limitant l’impact sur notre environnement, sans devenir esclave du projet, est déjà un sacré défi…

Quelques ressources : 

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Ça y est ! Quelle grande étape dans le projet… Après la signature du compromis de vente du terrain le 28 Mars 2011, la signature de l’acte authentique le 21 Juin 2011, voici le dépôt du dossier de demande de permis de construire le 14 février 2012. Il aura fallu 9 mois pour faire les plans de la maison, de la grange, définir l’emplacement sur le terrain, constituer le dossier.  9 mois… comme c’est curieux !

La commune ne possède ni Plan d’Occupation des Sols (POS) ni Plan Local d’Urbanisme (PLU) : les règles nationales d’urbanisme (RNU) s’appliquent donc. Le terrain se trouve dans un périmètre protégé (monuments historiques) ; il a donc fallu tenir compte de l’avis des Architectes des Bâtiments de France (ABF) en plus de celui de la Direction Départementale des Territoires (DDT) et de celui du Maire. Équilibre difficile à tenir entre conception bioclimatique, choix de matériaux à faible impact, respect de l’esthétisme local… Les 3 autorités ont même parfois des avis contradictoires ;-). Ce parcours a été semé d’embûches : implantation de la maison sur le terrain, forme de la maison, taille des ouvertures, matériaux utilisés (notamment pour les murs) ; tout ou presque a été sujet de discussion, parfois de blocage. Malgré le peu de recul que nous avons, je crois que la clé a été de rencontrer les différentes autorités le plus en amont possible : d’abord très tôt (dès Juillet 2011) avec un avant-projet, et ensuite avec le projet quasiment final pour validation. En expliquant les raisons de nos choix de manière détaillée et documentée, et en gardant une démarche ouverte (tout ces acteurs ont de bonnes propositions : ils sont dans leur métier et je ne suis pas dans le mien), tout s’est finalement bien déroulé. Ces discussions nous ont permis d’approfondir les raisons de nos choix, de réévaluer des solutions mises de côté parfois arbitrairement ; bref, globalement l’interaction avec les différentes autorités a été vraiment bénéfique, même si sur le coup elle a parfois été source de stress, voire de colère ;-). Il y a eu une révolution de dernière minute, quelques jours avant le dépôt du permis : le bardage bois sur la maison est finalement accepté par toutes les autorités ! C’était assez inespéré d’après les premiers contacts en début de projet, mais il faut croire que les choses évoluent vite, notamment avec l’arrivée de la RT2012 et de la prise de conscience du besoin de sobriété énergétique… Bref cela fut l’extraordinaire bonne surprise, sur la ligne du finish ! Du coup il y aura des impacts sur les choix techniques, notamment de la constitution des murs ; mais c’est pour le plus grand bien du projet !

Nous avons aussi fait appel au CAUE (Conseil d’Architecture, de l’Urbanisme et de l’Environnement) de l’Yonne tout nouvellement crée. Nous avons ainsi eu la visite sur site d’un architecte pendant quelques heures afin de nous conseiller ; un rapport détaillé  nous a été remis et distribué aux différentes autorités. Ce service gratuit nous a permis de faire des bonnes avancées dans nos choix ! Leur approche est moderne et innovante, complètement ouverte (vu que la démarche est désintéressée) ; je ne regrette pas d’avoir fait appel à eux avec un projet suffisamment mûr pour profiter pleinement de leurs remarques.

La constitution du dossier lui-même n’est pas très compliqué : la notice est plutôt claire. J’ai aussi regardé ce doc très complet (pdf) pour des points précis. Nous avons eu la chance d’avoir accès à des exemples de dossiers de demande de permis de construire ; cela a permis de voir concrètement les différentes pièces, et de s’en inspirer pour créer les nôtres. Le calcul des surfaces (Surface Hors d’Oeuvre Nette et Brute : SHON et SHOB) est simple dès qu’on arrive à avoir les infos complètes. Le plus compliqué a été finalement d’imprimer les différents plans à l’échelle et de faire les plans de masse avec un outil inadapté (type PowerPoint). L’insertion de la maison dans le site devait être en couleur, alors que notre logiciel 3D gérait très mal les couleurs… Du coup nous sommes repassés au bon vieux calque… Retour en enfance !

La constitution du dossier lui-même aura pris presque un mois en tout, en comptant les aller-retours avec les différentes autorités. Au final nous avons beaucoup appris, et cette démarche nous a obligés à finaliser les décisions (couverture, aspects des murs, ouvertures) qui traînaient et à nous poser des questions sur des points auxquels nous n’avions pas pensé jusqu’à maintenant… Je ne regrette pas du tout le temps et l’énergie passés sur ce dossier !

Plan de masse du terrain avec les constructions

Intégration des constructions dans le site

Coupe sur Terrain

Ressources complémentaires : 

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