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Archive for juin 2012

La cour

Nous commençons la cour, presque par hasard. Pendant cette nouvelle semaine de pluie, nous nous sommes dit qu’il serait bien de nous mettre au propre, et de préparer les livraisons de matériaux qui ne sauraient tarder (pour les fondations entre autres). Nous avons donc commencé à faire livrer du calcaire (toujours 0/80) pour l’étaler dans la cour. Plus question de prendre du géotextile pour la cour, nous utilisons de la paille généreusement  livrée par Julien B (merci encore !) pour remplacer ce produit synthétique. La première étape a été de disposer les roundballers de paille sur la plate-forme ; j’emprunte le tracteur de Boubou, et à la première manœuvre, plus de direction… Verdict : la rotule qui lie le vérin de direction au châssis est cassée ! Nous sommes donc en panne, et je suis bien embêté que ça tombe sur moi. Raoul me dit qu’il vaut mieux que ça arrive là que sur la route avec une remorque chargée ; il n’a pas tort mais ça n’enlève pas ma gêne.

Tracteur en panne – rotule de direction brisée

Heureusement notre mécano favori, Romain, arrive ; il en profite pour disposer tous les roundballers au manuscopic en 10 minutes ; un grand merci ! C’est un peu la misère pour démonter la pièce (chalumeau et cric de voiture), mais on s’en tire bien et la pièce peut être commandée.

Les semi-remorques de calcaire sont livrés en bas du chemin ; ils ne peuvent pas monter pour livrer… Nous avons donc aménagé une plate-forme de livraison, et nous remontons les semi une par une, au manuscopic.

Remontée de calcaire au manuscopic

Nous déroulons les roundballers sur le terrain et étalons le calcaire grossièrement sur la plate-forme, directement sur la paille. Franchement j’aurais dû insister pour faire le chemin avec de la paille ; c’est super agréable à travailler !

Le manuscopic roule allègrement sur le tuyau entouré de béton… Rien ne bouge !

Allez, j’en profite pour me lancer dans ma première expérience photographique de time-lapse pour illustrer l’avancée de la cour :

En commençant cette étape, je n’avais pas réalisé à quel point cela allait modifier la face du terrain et de notre travail sur le chantier ! Nous allons bientôt pouvoir accéder en véhicule jusqu’au pied de la maison, au propre… Plus de boue dans la cour ; les livraisons seront possibles même les jours de pluie ! Bien sûr, il faudra étaler tout ce calcaire plus proprement, en redessinant la tête de diamant, mais les changements sont assez spectaculaires ! Ça fait vraiment du bien après ces longues semaines de travail de taupe…

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1599 visites…

1599 visites… sur le blog. Incroyable. Si j’enlève mes propres visites pour administrer le blog, ça fait sans environ 1500 visites ! Je n’en reviens pas… Ça me motive pour mettre ce blog à jour le plus régulièrement possible ! J’ai même eu des retours de personnes qui ne sont pas des habituées d’internet, pour ne pas dire allergiques à ce média ; ça me fait vraiment plaisir de pouvoir partager cette aventure avec vous ! Merci de vos visites virtuelles, en attendant les visites physiques !

Il est temps de prendre un peu de recul et de vous présenter 2 nouveaux acteurs dans ce chantier : le premier est notre nouvelle mascotte, qui s’appelle Raoul, le Prince de Bel Air. Raoul a un grand coeur ; nous l’avons embauché pour nous aider à relativiser les choses et à nous faire profiter plus pleinement de cette aventure.

Raoul notre nouveau compagnon de chantier

Raoul nous dit que les tuyaux, c’est cool, et que le chantier a déjà sacrément avancé !

Le deuxième personnage important que je souhaitais vous présenter est Mister K. Mister K gardera évidemment l’anonymat comme l’exige la charte fondatrice de ce blog : pas de noms, pas de visages et pas de localisation géographique précise. Mister K nous a rejoint en Juin pour nous aider sur le chantier ; c’est un grand plaisir de l’avoir avec nous ! Mister K est un grand amoureux du travail bien fait ; il a d’énormes qualités qui nous sont déjà très utiles sur le chantier… Une belle aventure commence ! Bienvenue à toi !

Il est clair que dans les jours et semaines à venir, nous allons commencer des étapes qui nécessiteront de la main d’oeuvre… Je suis en train de réfléchir à un moyen de promouvoir le côté participatif du chantier sur ce blog ; nul doute que d’importants changements vont intervenir dans ce blog prochainement…

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Après une semaine encore bien humide, nous avons enfin réussi à finaliser les réseaux de la plate-forme et à remettre le terrain au carré, propre… Décidément le terrassement nous aura donné bien du fil à retordre avec ce temps ! Mais cette fois-ci, c’est fini et bien fini pour les réseaux… Enfin pour cette partie car il nous restera tous les raccordements aux arrivées en bas du terrain. 200m de réseaux, ça va encore nous occuper quelques journées 😉

Nous avons commencé par évacuer toute la terre stockée sur la plate-forme, à l’aide du tracteur et de la remorque de Boubou (merci encore !). Il a fallu aménager une nouvelle aire de stockage pour ce trop-plein de terre ; en 1h30 tout était propre ! L’efficacité en pleine action de notre pelleteur-artiste…

Evacuation de la terre de la plate-forme

L’étape suivante a été de combler les dernières tranchées, toujours de la même manière : 20cm de sable au-dessus des tuyaux, puis de la terre (tassée à la chenille) pour revenir au niveau du sol. Tout était prêt pour commencer le gros morceau : l’avaloir et l’évacuation de l’eau de pluie de la plate-forme.

Pour faire ce réseau, nous avons choisi du tube de 200mm CR8, toujours d’après les abaques postées dans un article précédent. Pour faire l’avaloir, nous avons utilisé des réhausses de fosse septique, d’un diamètre extérieur de 80cm. L’avaloir se trouve au beau milieu de la tête de diamant, afin de recueillir toutes les eaux de pluie de la cour. Nous avons empilé 3 anneaux, de 30cm de hauteur chacun. L’idée est de faire un bac de décantation au niveau de l’avaloir ; en effet, la cour sera en calcaire au minimum pendant toute la durée des travaux ; il se peut donc fortement que des cailloux se retrouvent dans l’avaloir, voire dans les tuyaux… Nous avons donc placé 2 anneaux en-dessous du niveau du tuyau d’évacuation, pour recueillir ces cailloux et autres objets non flottants ; il suffira ensuite de nettoyer régulièrement l’avaloir !

Avaloir d’eaux de pluie de la cour

Il y a donc 60cm d’espace de décantation au niveau de l’avaloir ; le tuyau viendra se poser sur le deuxième anneau. Nous avons fait toutes les découpes à l’aide d’une tronçonneuse TP thermique ; boudiou, ça c’est du matos ! Ça pèse aussi lourd qu’un âne mort, et avec force de rotation c’est plutôt tendu à manoeuvrer… Mais on peut dire que ça coupe !

Dernier étage de l’avaloir, avec le tuyau d’évacuation

Le tuyau d’évacuation d’eau de pluie de la cour

Les anneaux sont entourés de béton afin que tout cela se tienne lors du passage d’engins lourds (il y aura des livraisons pour les matériaux !). Il a donc fallu improviser… Il n’y a en effet pas encore d’eau ni d’électricité sur le terrain ! J’avais apporté une citerne d’eau, que j’ai remplie avec de l’eau de puits, et nous avons fait tourner la bétonnière sur le groupe électrogène ; nous ne pouvions pas trop la charger car sinon elle calait le groupe. Bref, nous avons fait les premières gâchées de béton… Heureusement il n’y en aura que le minimum pendant tous ces travaux ; nous essayons de limiter l’usage du ciment au maximum.

Lors du creusement de la tranchée d’évacuation des eaux de pluie de la cour, nous étions tombés sur d’énormes pierres et avions donc décidé de faire passer ce réseau au-dessus de l’évacuation de tout à l’égout de la grange, contrairement à ce qui était prévu dans le plan initial. Le point de référence pour caler l’avaloir et le tuyau a donc été ce point de croisement, histoire de ne pas se retrouver avec les 2 tuyaux qui se touchent… Tout ceci a été fait au laser ; heureusement que le boulot de conception avait été fait en amont ! Pas moyen d’improviser une fois sur le terrain, quand la pelleteuse tourne et qu’il y a du monde qui bosse… La conséquence de cette remontée de tuyaux a été qu’il a fallu entourer ce tuyau de béton sur la première longueur en sortie d’avaloir, afin d’assurer la solidité lors du passage d’engins. Après, il se trouve 10cm au moins sous le niveau du sol, donc avec 10 cm de sable et 30 de calcaire, ça ne posera pas de problème.

Avaloir et premier tuyau entourés de béton

Il a aussi fallu prévoir des trous dans le 3ème anneau afin de laisser l’eau s’écouler en cas de grosse pluie avant que le calcaire soit étalé dans la cour ; plus question de se laisser inonder ! Le tuyau d’évacuation a une pente de 1,5% ; nous les calons au fur et à mesure au laser. Nous plaçons un tabouret de visite à chacun des 2 changements de direction (nécessaires pour laisser la place de la cuve de récupération d’eau) ; ils permettront de glisser un furet dans le tuyau s’il venait à se boucher, et en plus ils permettront un raccordement ultérieur d’autres réseaux d’évacuation (drainage autour de la maison, trop-plein de cuve de récupération, etc.). Le tabouret est en photo sur l’icône en début d’article.

Dépose de sable sur le tuyau d’évacuation d’eau de la cour

Dépose de sable sur le tuyau (2)

En fin de journée, je me suis rendu compte que c’était vraiment bien d’avoir fait passer le réseau d’évacuation d’eau de la cour au-dessus du tout à l’égout de la grange… En effet, l’eau de la cour va se jeter dans une mare (qui n’est pas encore créée) ; et le tuyau arrive déjà très bas ! Si nous avions dû passer sous le tout à l’égout, il serait arrivé encore 70 cm plus bas, ce qui aurait éloigné d’autant la mare… Encore un bon point pour notre artiste qui avait suggéré cette alternative.

Dernier tabouret et arrivée de l’eau de pluie de la cour vers la mare

 Les réseaux sont enfin terminés, et tout est prêt pour évacuer les fortes pluies qui pourraient se présenter… Ça fait vraiment beaucoup de bien de revoir la plate-forme propre, dans tranchée, sans boue, dégagée !

Plate-forme nickel…

Plate-forme nickel (2)…

La prochaine étape est de mettre du calcaire dans la cour…

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Je « profite » de ce mois de novembre en plein mois de Juin pour aborder concrètement la question du mode de chauffage pour la maison. Il était clair pour moi dès le début que le mode de chauffage de la maison serait le bois. En tant que bûcheron Bourguignon depuis des années, je ne pouvais pas choisir une autre énergie 😉 ! Je me souviens de la petite tronçonneuse Fisher-Price en plastique que m’avaient offerte mes collègues de boulot… C’était déjà un tout petit peu de décalage avec le monde des cadres internationaux de la Défense, mais c’était déjà là ;-).

Est-ce que je me risque à dire 2 mots sur l’énergie ? Allez ; il pleut aujourd’hui encore, donc je prends un tout petit peu de temps ; il s’agit d’un vaste sujet sur lequel je reviendrai sans doute plus en détail, mais voici quelques fruits de mes recherches et découvertes qui m’ont amené à envisager le choix du poêle de masse.

D’après la plaquette du plan climat-énergie du pays de Puisaye-Forterre, 80% de la consommation d’énergie de nos logements est liée au chauffage. D’un point de vue plus global, en France, 43%  de l’énergie consommée l’est dans le secteur résidentiel et tertiaire d’après le rapport du Commissariat Général au Développement Durable. Nous avons donc avec le chauffage résidentiel un énorme levier sur la consommation d’énergie. Cela passe évidemment par une isolation performante, mais ce n’est pas le sujet de l’article.

Quel mode de chauffage pour la maison ? Un mode de chauffage performant, renouvelable, qui limite l’émission de gaz à effet de serre (GES), le moins polluant possible et économique. Le bois rassemble toutes ces qualités, à conditions d’être bien utilisé. Toujours d’après la plaquette du plan climat-énergie du pays de Puisaye-Forterre, le bois émet 60 fois moins de GES que le fuel ; jusque là, pas de surprise. Mais il émet aussi 40 fois moins de GES que l’électricité, et là, je vois vos visages déconfits… Il m’a fallu plusieurs mois pour creuser et comprendre ce que je considérais comme une grossière erreur… Mais je crois que ce sujet seul méritera un chapitre dédié. Le bois a aussi l’avantage d’être un puits de CO2, ce qui veut dire que le CO2 relâché lors de la combustion est le CO2 emmagasiné lors de la vie de l’arbre (photosynthèse) ; son bilan CO2 est donc plutôt bon, et surtout bien meilleur que les autres énergies (hors éolien ou solaire évidemment). Enfin, la ressource bois est abondamment disponible dans notre région… Ma coupe de bois de cet hiver était à moins de 2km de la maison…

Bref, le bois est tout indiqué pour chauffer la maison, pour de nombreuses raisons. Reste à savoir comment l’utiliser. Une cheminée à foyer ouvert a un rendement d’environ 10% ; avec un insert hyper moderne on peut monter à 70%. Un poêle à bois moderne peut lui aussi avoir un rendement proche de 70%. Les chaudières bois modernes les plus performantes peuvent quant à elles avoir un rendement dépassant les 80%. Tout ceci dans l’ordre croissant des coûts d’installation, d’entretien, de la complexité de mise en oeuvre, de la dépendance à l’énergie électrique (sans électricité, la chaudière ne fonctionne pas), et de l’énergie consommée pour fabriquer et transporter le mode de chauffage. Il existe de nombreux chiffres sur ces performances ; ils sont tous différents selon les sources, mais en moyenne les chiffres ci-dessus sont cohérents.

Schémas de principe d’un poêle de masse ; source : http://www.poele-de-masse.pro

Le poêle de masse (appelé aussi poêle à inertie; il a plein d’autres noms) est une révolution… qui date des Romains. Son rendement dépasse souvent les 90%. Le principe est simple : alors qu’un poêle classique laisse partir une grande partie de l’énergie dans les fumées, le poêle de masse récupère la chaleur des fumées en les stockant dans de la masse (briques réfractaires, ciment réfractaire, pierres, etc.), et permet ainsi de restituer cette chaleur doucement. Alors qu’un poêle classique tourne souvent au ralenti, générant ainsi une combustion incomplète et donc polluante (en plus de libération de gaz, il y a formation de suie, voire de bistre, et beaucoup de cendres), la combustion dans un poêle de masse est vive et rapide (1 ou 2 heures, à plein régime), et donc plus complète, beaucoup moins polluante et génère beaucoup moins de déchets (suie, bistre et cendres). De plus, il a l’avantage de lisser la température : au lieu d’avoir une oscillation entre chaud et froid au rythme du chargement du foyer, le poêle de masse permet de libérer doucement en plusieurs heures (voire en dizaines d’heures selon la masse) l’énergie de combustion. Concrètement, l’idée est de faire peu de flambées (1 ou 2 par jours) pour avoir une température quasiment constante dans la maison et autour du poêle ; combiné avec notre isolation et notre conception bioclimatique, nous ne devrions pas brûler plus de 5 stères par an… Le poêle de masse, en position centrale dans la maison, sera donc notre unique mode de chauffage ! Nous verrons à l’usage…

Voilà pour une courte introduction sur les principes et les raisons de ce choix. Mais concrètement, comment ça se passe ? J’ai décidé d’aller voir de plus près en allant aider des amis à monter leur propre poêle de masse, profitant de l’arrêt du chantier. Il s’agit d’un poêle de masse en kit, de type Alsamasse, à flamme inversée. Le modèle choisi comporte le maximum d’éléments, sans toutefois le chauffe-plats. La masse est d’environ 1,3T pour un prix d’environ 4000 euros non monté ; son rendement certifié est de 93%.

La base du poêle ; le début du foyer

Zoom sur le foyer

Le montage du poêle est plutôt agréable ! Tous les collages se font avec un mélange d’argile et de chamotte… La doc est un peu roots mais finalement suffisamment efficace.

Le foyer rétro-éclairé

J’ai mieux compris le principe de la flamme inversée et de la post-combustion : en fait les fumées sont mélangées à de l’air frais pour être re-brûlées dans le foyer ; le circuit de fumées commence donc par passer en-dessous du foyer, avant de circuler dans un labyrinthe entouré de blocs de ciment réfractaire. Nous mettons une bonne journée à 3 pour monter le poêle, hors enduits. Pas de difficulté particulière ; tout glisse !

Le poêle presque terminé, avant le dernier étage

Dans notre cas, j’aimerais intégrer un circuit bouilleur afin de chauffer l’eau sanitaire l’hiver ou en inter-saison lorsque le soleil se fait rare ; ça va être un peu sportif, mais je vois mieux comment le faire !

Pas de regrets ; en conséquence je reste sur l’idée du poêle de masse. Cette confirmation tombe à pic juste avant les fondations. Il faut en effet faire des fondations spéciales pour accueillir toute cette charge, surtout sur un plancher bois…

Avant de conclure, je ne peux résister à l’envie de partager une version roots du poêle de masse : le rocket stove. Un poêle de masse pour 50 dollars, tout en auto-construction ! Révolutionnaire et bien loin de l’omniprésence électrico-nucléaire française ou du lobbying pétrolier… Très rafraîchissant ! Je garde ce concept bien au chaud pour la grange, voire même une serre…

Quelle belle aventure, en plus du break bienvenu au milieu de ces intempéries ! J’ai beaucoup appris, et je me sens plus en confiance pour ce poêle… En dehors bien sûr du plaisir d’avoir passé de bons moments avec Bob, Rapha et toute la famille ! Encore un grand merci pour votre accueil et pour cette expérience !

Pour aller plus loin :

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Les réseaux de la plate-forme sont quasiment terminés ! Ça n’a pas été de tout repos… Le temps nous a encore fait de belles surprises ; mais pour un mois de novembre, nous ne devrions pas nous plaindre ;-). Nous avons été complètement inondés le lendemain de la prise des photos de l’article précédent. Les tranchées étaient pleines d’eau (jusqu’à 70cm) car la tranchée d’évacuation de la plate-forme coupait la tranchée des réseaux… Je n’avais pas pensé à faire une mini-digue.

Réseaux sous les eaux

Heureusement que notre terrassier-artiste nous avait dit de bloquer les tuyaux avec des pierres afin de les lester ! Sinon tout aurait été à refaire… J’imagine le cauchemar : enlever tous les tuyaux, re-creuser les tranchées pour vider la terre et le sable (qui aurait été perdu par conséquent, car mélangé avec de la terre et des cailloux), recommencer le calage de tous les tuyaux, avec le risque de ne pas tomber au bon endroit pour les évacuations, vu que le départ n’aurait pas été exactement au même endroit… Bref, la fête. Heureusement que nous avions eu ce très précieux conseil, tombé juste la veille de la pluie. Quasi-miraculeux. Ou comment une petite phrase (nourrie par 20 ans d’expérience) peut changer la face d’un chantier…

Détail sur le couloir de nage ; on aperçoit le tuyau de 315 qui flotte

Seul le tuyau de réservation de 315 n’avait pas été calé ; il flotte dans la tranchée… Après une petite période de calme pour accuser le coup, au boulot : nous nous mettons à pomper l’eau avec notre petite pompe et le groupe électrogène. Nous nous rendons vite compte qu’il faudra plus que notre pompe Fisher-Price pour venir à bout de la boue… Il reste moins de 10cm d’eau, il faudra attendre que le sol et le soleil fassent leur oeuvre pour faire disparaître l’eau restante.

Nous profitons de ce temps et ce sol détrempé pour finir le chemin d’accès ; en effet, à beaucoup d’endroits, le gros calcaire (80) est resté en surface par grandes plaques ; il n’est donc pas calé. Ce qui empêchera tout gros engin de monter sans créer des ornières ; un comble pour un chemin de chantier ! Nous décidons donc de remettre une couche de 0/20 qui restait de l’intervention de la SAUR aux endroits critiques. Après une tentative en chargeant une remorque à la main, je suis allé chercher un tracteur avec un godet chez notre ami Julien B. que je remercie encore très chaleureusement…

Blocage du 0/80 à certains endroits sur le chemin d’accès

Pendant que j’étalais le calcaire, Mister K. (je suis conscient que les présentations n’ont pas été faites, ça viendra dans un futur article) repassait le chemin au cylindre. Après quelques heures de cylindrage sur un calcaire bien mouillé, le chemin d’accès de chantier peut enfin être considéré opérationnel ! Je suis conscient que cela sera un peu limite pour faire monter des semi-remorques de calcaire ou de sable ; il faudrait pouvoir le détremper avec une tonne à eau et le recylindrer pour avoir quelque chose de vraiment solide… Mais je n’ai pas vraiment le temps de le faire, les fondations urgent !

Les évacuations de la cuisine et du lave-main des toilettes

Les tranchées sont enfin suffisamment asséchées pour que nous puissions reprendre le travail sur les réseaux. Le tout à l’égout est rapidement terminé, jusqu’à la grange. Nous tirons ensuite les tuyaux d’eau (en PE/Socarex) ; nous mettons 2 tuyaux (1 de 25 et 1 de 32 mm) en réservation pour la cuve de récupération d’eau, et un PE de 25mm pour alimenter la grange. Reste l’électricité : un câble 5x6mm² pour alimenter la grange en triphasé, un câble de 3×2,5mm² pour la cuve de récupération d’eau (pour la pompe), et enfin un gros fourreau TPC 90mm entre la maison et la grange pour tirer des réseaux supplémentaires plus tard, le cas échéant.

Réseaux de la plate-forme finalisés, avant fermeture des tranchées

Au chapitre « si c’était à refaire je changerai… », je crois que je limiterais le nombre des évacuations directes. Pendant la phase de la conception, j’avais volontairement décidé de faire ressortir toutes les évacuations directement dans le réseau, afin d’éviter d’avoir des tuyaux traversant des pièces et des cloisons à l’intérieur de la maison. Je pense que ça me fera gagner du temps et de l’énergie plus tard, et que ça sera plus sympa esthétiquement, mais cela a aussi des conséquences auxquelles je n’avais pas pensé pendant la conception : le coût tout d’abord (un tuyau de 125 en CR8 revient plus cher que du 100 classique à coller) ; ensuite, les percements du plancher (autant de ponts thermiques que de tuyaux) ; et enfin les dépannages en cas de problème (il est plus facile d’intervenir sur un tuyau apparent que sur un tuyau enterré sous la maison). Avec un diamètre de 125mm en CR8 et le système de joints, cela ne devrait pas bouger ou se boucher, mais ne sait-on jamais…

Nous avons ensuite commencé à reboucher les tranchées, en posant une couche de 20cm de sable sur les réseaux ; le reste a été comblé avec de la terre, tassée à la chenille de pelleteuse. Des grillages avertisseurs ont été posés aux endroits qui ne sont pas sous la maison, afin de pouvoir retrouver (et protéger) les réseaux lors d’une éventuelle intervention future à la pelleteuse ; il s’agirait d’éviter de mettre un gros coup de godet dans un câble électrique ou une évacuation !

Lit de sable de 20cm pour protéger les réseaux

Rebouchage des tranchées de réseaux

Le terrain reprend forme

Dans la nuit, rebelote, 20mm de pluie en quelques heures… Le chantier est de nouveau inondé. Vraiment pas de chance cet hiver avec la pluie ! Ah, nous sommes en Juin ? Boudiou, il faudra vraiment que je me penche sur la gestion des eaux de pluie d’orage, et ce plus rapidement que prévu… Je ne pensais pas que cela pouvait compromettre le chantier à ce point !

Encore une inondation…

De l’eau, de l’eau, de l’eau…

Et de la boue, de la boue, de la boue…

Nous décidons encore une fois d’arrêter le chantier… On pourra dire que le terrassement aura été rythmé par Dame Nature ! Nous avons pris plus d’un mois de retard maintenant, et les fondations ne sont toujours pas commencées. Le charpentier ne peut plus repousser son intervention, fixée à fin juillet (sinon c’est Octobre) ; cela devrait passer, mais la pression est là, je la sens bien ! 😉

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Cette semaine nous avons commencé un gros morceau : les réseaux de la plate-forme. Il s’agit de faire passer le tout à l’égout, l’eau, l’électricité, les télécoms, le drainage et les évacuations d’eau de pluie entre les bâtiments et partout où on en a besoin. La conception a été un sacré boulot aussi : il ne faut rien oublier, penser au croisement des tuyaux, aux pentes d’évacuation…

Par où commencer ? Tous le réseaux arriveront dans la maison, côté abri à bois. Les canalisations d’eau devant être enterrées à au moins 80cm de profondeur pour être hors-gel, elles passeront sous les fondations. Vu qu’on aura creusé la tranchée pour l’eau, on fera tout passer sous les fondations ! C’est plutôt facile sur le papier, mais pour que cela soit une réalité lors de la mise en oeuvre, c’est plus compliqué : comment faire en sorte que tout soit au bon niveau, avec les bonnes pentes ? La solution (telle que ça se fait dans le métier, je n’ai rien inventé) consiste à prendre un point de repère qui sera au niveau du sol intérieur fini de la maison (noté n0). Nous avons matérialisé ce point en coupant un petit chêne qui nous gênait juste à côté de la maison ; la hauteur de la souche définit notre point zéro (nous l’avons coupé à la hauteur souhaitée évidemment). Ensuite, j’ai fait un plan avec tous les réseaux, ainsi que les hauteurs (altitude) par rapport à ce point de référence. Pour les évacuations, on prend la hauteur à partir du « fil d’eau », c’est à dire le fond du tuyau, là où coule l’eau (ou le reste). Cela permet d’avoir des cotes indépendantes du diamètre des tuyaux. Voici le plan :

Plan des réseaux de la plate-forme

Ça paraît un peu compliqué au premier abord, mais c’est indispensable… Une fois que les tranchées sont ouvertes, plus le temps de réfléchir, il faut y aller… On voit sur le plan la fameuse tête de diamant. D’ailleurs, il y a eu un petit changement par rapport au plan, vu qu’en creusant la tranchée d’évacuation des eaux de pluie de la cour, nous sommes tombés sur des énormes pierres… Nous avons donc décidé de faire passer l’évacuation des eaux de pluie au-dessus de l’évacuation du tout à l’égout entre la maison et la grange.

Grâce aux chaises, nous avons tracé au sol les différentes évacuations de la maison selon le plan.

Tracé de l’axe du tout à l’égout et des évacuations

Ensuite, il faut faire les tranchées et déposer un lit de sable au fond, de niveau pour respecter la pente (1,5%). Pour ce faire, il suffit de caler 2 tasseaux dans la tranchée à niveau au laser, et de tirer une règle (// à la tranchée) entre ces 2 tasseaux. Ensuite c’est un grand jeu de Légo : découper les tubes aux bonnes dimensions, emboiter les culottes et les coudes, caler les évacuations verticales de niveau. Nous avons choisi de faire tout le réseau d’évacuation en PVC de 125 CR8 à joints, afin qu’il résiste aux éventuels mouvements de terrain (lors du creusement des fouilles par exemple) et qu’il soit solide. C’est peut-être un peu surdimensionné, mais vu que ce réseau est sous la maison, il vaut mieux ne pas avoir à re-creuser s’il y a un problème… Pour emboîter les tubes, il faut normalement de la graisse spéciale (neutre pour ne pas attaquer ni les joints ni les tuyaux) ; vu que notre revendeur préféré n’en avait pas, nous avons pris du liquide vaisselle pur : ça marche parfaitement !

« Quelques » belle pierres trouvées en creusant les tranchées

Nous avons placé un tuyau de 315 afin de laisser une réservation pour les réseaux qui entreront dans la maison (eau, électricité) en provenance de la route. Ils ne sont pas prêts, donc on les fera venir par la suite.

Au premier plan, réservation pour passer les tuyaux

On remplit de sable pour caler les tuyaux

Une partie des évacuations de la maison

Après 3 jours de travail, nous sommes coincés car il nous manque des raccords (je ne sais pas qui est le maître d’oeuvre, mais il semblerait qu’il ait des problèmes pour compter ;-)). Ça tombe bien, il se met à pleuvoir. Notre artiste terrassier nous conseille de mettre des cailloux pour caler tous les tuyaux en fond de tranchée, afin qu’ils ne remontent pas avec l’eau en cas d’inondation…

Verdun (1)

Verdun (2)

Tout ce travail était plutôt plaisant au final ! C’est marrant de voir la maison commencer à se matérialiser… « Ici, c’est l’évacuation de la machine à laver » ; « ici, l’évier de la cuisine »… Et puis le Légo, j’adore ! 😉

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Alors que certains se battent pour des sièges, nous avons commencé la pose des chaises (OK, c’est pas terrible comme intro, mais je n’ai pas mieux ce matin en période d’élections législatives ;-)). Mais qu’est-ce qu’une chaise dans le BTP ? Une chaise sert à implanter de manière précise les bâtiments sur le terrain. L’idée est la suivante : pendant toutes les phases de la construction (passage des réseaux, fondations, soubassement, cloisons, etc.) il nous faut des repères pour que tout soit bien au bon endroit, aux bonnes cotes, avec des vrais angles droits là où il faut. Donc pendant quelques semaines, voire plus dans notre cas, il faut des repères qui ne bougent pas, qui ne disparaissent pas et qui ne gênent pas les travaux. On pourrait tracer au sol mais en quelques heures de manœuvre de pelleteuse, tout aurait disparu. Et comment tracer au sol quand il n’y a plus de sol (dans les fouilles des fondations par exemple) ? La solution s’appelle la chaise. Cela consiste à construire des supports à l’extérieur de la plate-forme, supports qui vont servir à tendre des ficelles qui vont matérialiser les murs (et les fondations, etc.). Il suffira ensuite de projeter ces ficelles sur le sol avec un fil à plomb (de carreleur, celui qui a un bout pointu), et le tour est joué.

Ficelle tendue entre 2 chaises ; mur nord de la maison

La pose des chaises est délicate et plutôt fastidieuse. Nous avons choisi de les fabriquer avec des demi-chevrons et des planches vissées en travers. Il est impératif que toutes les chaises soient au même niveau, afin que les ficelles se croisent proprement et que l’on puisse faire des projections au sol précises. Un niveau laser est le bienvenu pour aligner toutes les chaises ! Il faut commencer par la chaise la plus haute car elle donnera le niveau pour toutes les autres chaises ; j’ai compris ce détail trop tard et nous avons du rehausser toutes les chaises à l’arrache… Nos chaises sont un exemple de sculpture contemporaine assez recherchée qui feraient rigoler plus d’un maçon, mais je crois qu’elles vont faire le boulot ;-). Elles sont plutôt hautes (1,80m) à cause de notre talus, mais avec le recul c’est plutôt bien pour circuler sur la plate-forme avec les ficelles tendues ; cela évite le parcours du combattant à enjamber les ficelles toutes les 10 secondes. En parlant de ficelle, nous avions commencé par de la ficelle à paille, mais nous avons dû renoncer car elles sont trop épaisses et elles ont des noeuds, favorisant ainsi une grande prise au vent qui génère d’importantes imprécisions. Nous avons opté pour de la ficelle à rôti, 4 fois moins chère que le cordeau de maçon.

Chaise rehaussée « à la roots », ou bien sculpture contemporaine inspirée, au choix

Pour faire les angles droits, toujours la même technique : la règle du 3-4-5. Nous avons commencé par le bord sud de la maison, qui donne l’alignement avec le terrain. Puis le mur ouest qui donnera une perpendiculaire ; il a fallu projeter au sol pour être plus précis dans les perpendiculaires (pas facile de prendre des mesures précises sur une ficelle tendue à 1m80 de haut). Une fois tous les ajustements faits, nous avons planté des clous sur les planches des chaises pour avoir une repère pour chaque ficelle. Le tour est joué !

(Presque) toutes les chaises sont posées

Mine de rien ça prend pas mal de temps ; nous avons encore 2 chaises à poser pour la délimitation de la grange, mais elles attendront. Il faut vraiment que tout ça soit précis, car cela va conditionner tout le reste : évacuations, fondations, murs, etc. Pas vraiment le droit à l’erreur, même si « on n’est pas au mil’ (millimètre) » comme dirait un pote bûcheron.

Nous avons aussi pu tailler la tête de diamant sur la plate-forme… En 2 mots, il y aura une cour entre la grange et la maison, et il faut évacuer l’eau de pluie qui tombera dans cette cour. Etant donné qu’on ne peut pas l’évacuer vers le sud (en direction de la maison) ni vers l’est (en direction de la grange), ni à l’est (arrivée du chemin d’accès) ni même au nord (talus), il faut l’évacuer par dessous… La tête de diamant consiste à prendre les diagonales de la cour, à creuser un avaloir au centre et à tailler les 4 faces en pente en direction de l’avaloir. L’eau se déversant dans l’avaloir est ensuite évacuée par un tuyau souterrain de 200mm en CR8 pour que les camions puissent passer dessus. En attendant que le tuyau d’évacuation soit passé, nous avons fait une tranchée (que nous apercevons sur la photo panorama) afin que les eaux de pluie ne restent pas au fond de la tête de diamant…

En fin de semaine dernière , nous avons décalé la pose de la charpente d’un mois, car nous les fondations ne seront pas prêtes mi-juin. Ça nous donne un peu de répit !

Pour en savoir plus sur les chaises : 

http://www.forum-maconnerie.com//forum_maconnerie_fabriquer_une_chaise.html

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