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Archive for août 2012

La taille de la charpente a commencé fin Juillet… Le bois était quant à lui arrivé en Avril ; il a passé 3 mois dehors, couvert. J’ai appris par le charpentier que ces 3 mois suffisent pour que le chêne prenne et garde sa forme naturelle ; il ne sera pas sec évidemment (le chêne sèche d’un cm d’épaisseur par an), mais il ne bougera plus en forme, à part la rétractation latérale. C’était assez impressionnant de voir ces tas de poutres empilées et d’imaginer que tout cela allait devenir la structure de notre maison…

Le bois pour la maison, maintenant au sec… Avec le pont roulant au premier plan !

Zoom sur un poteau brut, avant la taille

Je me suis toujours demandé comment une charpente se taille, traditionnellement. Avec des machines numériques, je vois bien, vu que j’ai appris ça à l’école… Mais la taille « à la main » ? Je dois dire que j’ai été assez bluffé… Tout d’abord toute la charpente a été taillée par une seule personne, aidée il est vrai d’un pont levant pour déplacer les grosses pièces. Il a 21 ans et est passé par les compagnons ; il a commencé son apprentissage à 14 ans chez notre charpentier. En fait, tout est tracé au sol, avec un cordeau, plan par plan.

Tracé de la première ferme au sol ; ça ne ressemble à rien mais c’est la base de tout !

Il a commencé par les fermes (structure triangulaire qui tient le toit), puis les côtés (qui lient les fermes), et enfin le plancher avec le solivage. Le tracé au sol commence par une ligne et un angle droit à l’axe (avec la règle du 3-4-5) ; un tout petit peu de trigonométrie pour l’angle du toit, et tout le reste est fait au décamètre ! Il faut évidemment un peu de place par terre, et que le sol soit parfaitement de niveau. Le charpentier place ensuite les poteaux et les différentes pièces de ferme (entrait, jambe de force, arbalétrier, blochet, poinçon) par terre, parfaitement alignées avec le tracé grâce à un fil à plomb un peu spécial… Je connaissais le fil à plomb de maçon, j’ai découvert celui de carreleur pour projeter les tracés des chaises, et je découvre maintenant le fil à plomb de charpentier (je ne sais pas s’il s’appelle comme ça) ; le plomb est un cercle avec un croix au milieu.

Différentes pièces formant une ferme (ferme dite « à entrait retroussé »)

Report des intersections des pièces au fil à plomb

Les pièces sont empilées les unes sur les autres, avec des cales pour être parfaitement de niveau sur plusieurs plans horizontaux (chaque couche d’empilement est sur un plan parfait) ; il « suffit » ensuite de tracer les intersections des pièces et les différentes mortaises et tenons. Chaque pièce est ensuite enlevée et taillée avec des outils classiques (scie circulaire, mortaiseuse, ciseau à bois, scie égoïne), marquée et mise de côté. Lorsque toutes les pièces sont taillées, le charpentier procède à l’assemblage au sol et fait les derniers ajustements, à la scie égoïne… Je suis stupéfait par la précision des assemblages… Il s’agit presque de menuiserie ! De plus, notre charpentier bosse hyper vite… A le regarder, il me fait penser à une fourmilière à lui tout seul… Il donne l’impression de sauter partout, mais chaque geste est rapide, précis, sans aucun gaspillage. Je suis très impressionné, et très admiratif ! A 21 ans, chapeau.

Zoom sur un assemblage tenon-mortaise

Petit rabot à main

Fausse équerre pour reporter les angles

Mortaiseuse en action

Je me rends compte que le principe de la taille est plutôt simple (on projette les différents plans de la structure au sol, et on travaille plan par plan), mais que l’exécution demande une précision et une capacité de visualiser dans l’espace exceptionnelles… Il faut penser à tellement de choses à la fois ! Notre charpentier, lorsqu’il travaille, est complètement absorbé par sa tâche ; il est happé à 100% par ce qu’il fait. Ce simple spectacle est complètement magnifique pour moi ! La concentration, l’attention, la conscience, liées à la précision et à la rapidité, tout cela forme un ensemble qui m’émeut : il aime son travail, c’est sûr, et ça se voit ! Un travail peut donc être un peu plus qu’un moyen de gagner sa vie ? Et on peut s’éclater dans un travail manuel, en plus ? Il y a donc d’autres alternatives qu’un bac scientifique et des études d’ingénieur ou de médecine pour s’épanouir… 😉 Rhaa, ça fait vraiment plaisir à voir… Merci à toi J. !

Marquage des pièces selon un code bien précis, dérivé des chiffres Romains

Première ferme assemblée au sol

Cette étape a été rafraîchissante et hyper intéressante pour moi… Regarder ces morceaux de bois devenir la structure de notre maison était très spécial… De plus, dans cet esprit d’artisanat respectueux du métier, je dois dire que ça m’a beaucoup touché ! Je ne me suis pas trompé en choisissant le charpentier… C’est même allé au-delà de mes espérances ! En plus, quelle odeur extraordinaire de bois… Et quelle beauté ! Je crois que j’aurais pu travailler dans ce domaine avec un grand plaisir… Un matériau qui me parle, de la géométrie dans tous les côtés, du travail avec les mains… Voici pour le bon côté des choses ; il y a évidemment les conditions climatiques en extérieur, l’aspect physique (ils mériteraient vraiment une retraite plus tôt, les charpentiers, tout comme les maçons ou les couvreurs d’ailleurs)… Mais quel beau métier !

Rien de spécial à dire sur cette photo ; je l’aime bien, c’est tout 😉

Allez, 1 petite séquence de time-lapse pour terminer :

Et encore une en bonus pour le solivage !

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Les fondations sont terminées… Je n’ai pas pris le temps de faire des articles au fur et à mesure sur ce sujet, le montage des parpaings n’étant pas forcément passionnant, même si je n’ai pas trouvé cela désagréable !

Le mur de soubassement est constitué de 3 rangs de parpaings afin de délimiter le vide sanitaire sous la maison ; le dernier rang est un rang de chaînage, réalisé avec des parpaings « en U » qui recevront le ferraillage de chaînage ainsi que le béton coulé. L’idée est d’avoir le dernier rang complètement solidaire, comme une ceinture. C’est peut-être un peu surdimensionné pour la maison bois, mais je préfère que ça ne bouge pas…

Raoul vérifie le laser pour la hauteur du mur de soubassement

Nous faisons aussi les réservations pour les cours anglaises : ce sont des ouvertures dans le mur de soubassement qui permettront l’aération du vide sanitaire. Ayant un plancher bois, l’aération du vide sanitaire est indispensable ; il y aura donc 4 cours anglaises (2 au nord et 2 au sud), ainsi de 4 trous dans le mur intermédiaire afin de laisser la circulation d’air entre les 2 parties.

Réservation pour les cours anglaises

Réservation pour les tuyaux de chauffe-eau et les câbles des panneaux photovoltaïques. En bleu le point où sera l’entrée d’air du poêle de masse.

Coffrage des massifs qui accueilleront les poteaux

J’ai pris le parti de coffrer les massifs avec des planelles (petits parpaings de 5cm de large) autant que possible. Au final je ne sais pas si j’ai vraiment gagné du temps vu que c’est plutôt pénible à monter… En fait, sur un rang, ça passe, mais ça se complique dès qu’on veut en empiler 2.

Vue d’ensemble sur le soubassement (2ème rang)

Rang de chaînage avec les parpaings « en U »

Les parpaings « en U » ont aussi été pénibles à monter, car ils sont plats en dessous ; l’épaisseur de béton doit donc être uniforme pour pouvoir les caler correctement. Du coup, j’ai pris une pige que j’ai calée au milieu du rang précédent, et je mettais du béton de chaque côté ; ça permettait aussi de laisser un vide pour que le béton puisse aller en s’écrasant. Les parpaings en U ont été posés avec du béton hydrofuge (additif que l’on mettait directement dans la bétonnière) afin d’éviter les remontées d’humidité par capillarité.

Raoul inspecte le rang de chaînage

Raoul inspecte les cours anglaises : cool, il pourra passer dessous !

Nous avons ensuite ferraillé le rang de chaînage, afin que tout ce dernier rang de parpaings soit solidaire ; nous avons attaché des fer à béton coudés à 90° dans les angles, et repris les longueurs de ferraille sur les poteaux verticaux… Normalement ça ne devrait pas bouger (en tous cas, si la maison tombe, il y aura beaucoup d’autres maisons par terre dans le quartier ;-)).

Chaînage en cours de ferraillage

Il ne restait qu’à couler le rang de chaînage : ce fut chose faite dans la journée. J’ai décidé de mettre aussi de l’hydrofuge dans le béton pour couler le chaînage et les massifs ; ça n’était peut-être pas indispensable, mais vu que les poteaux et le bois d’ossature reposeront directement sur le mur de soubassement, je préférais éviter les problèmes de remontées d’humidité qui pourraient à terme faire pourrir le bois…

Nous commençons par couler les massifs qui accueilleront les poteaux

A l’extérieur des murs, nous avions gardé une réservation sur la semelle pour passer un drain qui fait tout le tour de la maison. Après quelques hésitations, nous avons décidé d’enduire le mur de soubassement périphérique (avec du béton hydrofuge), afin que le soubassement ne soit pas imbibé d’eau lors des grosses pluies. Il y avait un risque (minime ?) de gel des parpaings de soubassement que je ne voulais pas prendre. Nous avons donc passé une journée à faire les enduits avec l’aide précieuse de mon père ! Encore un énorme merci !

Raoul inspecte l’enduit hydrofuge

Nous commençons à couler le chaînage !

Le drain est posé à plat, sur la semelle. Apparemment ça se fait comme ça ; la montée en charge du drain en eau force l’évacuation. Personnellement j’aurais mis une pente, mais j’ai totalement confiance dans mon conseiller terrassement. Le drain est enveloppé de géotextile au niveau des cours anglaises afin de filtrer les petites particules qui pourraient le boucher. Sur les grandes longueurs, il le drain repose sur du géotextile qui remonte de chaque côté ; nous mettons ensuite de la dragée sur le drain et refermons le géotextile au-dessus comme une papillote. Une dernière couche de dragées pour caler la papillote et le tour est joué !

Pose du drain périphérique, avant le placement du géotextile.

Le drain passe sous la cour anglaise, et récupère aussi l’eau de pluie ou de ruissellement qui tombera dans la cour anglaise.

Emballage des drains dans du géotextile

La boucle du drain périphérique est ensuite reliée avec un té en PVC de 100, et va se jeter dans un des 2 tabourets qui composent le circuit d’évacuation des eaux pluviales de la cour. Un petit coup de scie sauteuse dans la rehausse du tabouret, un peu de silicone et le tour est joué !

Connexion de la boucle du drain à l’évacuation

Evacuation de l’eau du drain dans le tabouret ; le tube PVC de 100 est entouré d’un PVC CR8 de 125 pour le protéger entre la maison et le tabouret : on pourra rouler dessus !

Dernière chose avant de mettre de la dragée tout autour de la maison : mettre les tuyaux pour les panneaux solaires. J’avais gardé une réservation dans le soubassement pour ces tuyaux : 2 tuyaux en PE de 25 isolés pour les panneaux thermiques et une gaine TPC 90 rouge pour les panneaux photovoltaïques. Ces tuyaux arrivent dans un regard, en attente. Je reviendrai je pense en détail sur ces équipements quand le temps sera venu !

Tuyaux des panneaux solaires traversant le soubassement

Cour anglaise terminée (ou presque)

Ça fait bizarre de voir la maison se matérialiser en dur sur le terrain… Tout au long de ces travaux des soubassements, qui auront duré en tout presque un mois, la maison s’est dessinée petit à petit sur le sol, concrètement… Tout ce travail a été pour moi plutôt agréable, même si ça a été parfois un peu raide physiquement (les parpaings en U pèsent 23kg pièce…). Mais le résultat est excellent : 3mm d’erreur en hauteur sur tout le soubassement, et 3cm sur la longueur ; je ne sais pas ce qui s’est passé pour cette dernière, mais la bonne nouvelle est que nous avons pu faire adapter la charpente à ces 3cm supplémentaires, étant donné que les charpentiers n’avaient pas encore taillé ce plan…

Ça fait aussi du bien de ne plus avoir ces tranchées autour de la maison, tranchées qui rendaient la circulation difficile voire périlleuse… Le fait de combler la périphérie change complètement le paysage ! Nous en avons profité pour faire une bande de 1,5m en calcaire pour faire le tour de la maison : fini la gadoue pour bosser !

Les soubassements, terminés

Nous sommes maintenant prêts à accueillir l’ossature principale ! Tout s’est joué à une semaine prêt… Une semaine supplémentaire de retard et l’ossature principale aurait été installée après les vacances du charpentier… Ça glisse !

Addendum du 20/08/2012 : 

En recherchant des informations sur les planchers bois, j’ai trouvé une information technique sur le dimensionnement des aérations pour un plancher bois sur vide sanitaire :

« Des orifices de ventilation doivent être répartis régulièrement sur 2 murs opposés. La surface totale des ouvertures doit être au minimum de 1/500e de la surface au sol du vide sanitaire (1/300e est préférable pour une meilleure ventilation). Les orifices de ventilation doivent être situés au moins à 40 cm des murs pignons et au plus à 5m entre eux sur un même côté. La largeur des orifices sera 2 fois plus importante que la hauteur ».

(extrait du bouquin de Yves Benoit et Thierry Paradis, cf. Bibliographie)

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Nous y voilà… Nous allons toucher au bois ! Depuis le 23 Juillet, notre charpentier taille la structure poteaux-poutres… Mais qu’est-ce que c’est exactement ? Depuis toujours, je voulais que cette maison soit en bois. Il y a en gros 3 types de maisons en bois : l’ossature plate-forme, la construction en bois massif, et l’ossature poteaux-poutres. En quelques mots, l’ossature plate-forme permet de pré-fabriquer les murs en usine en y intégrant l’isolation, les menuiseries et tout le reste, et permet un montage rapide sur site. C’est une méthode de construction bois moderne, sans doute la plus utilisée dans le monde. Ensuite il y a la construction en bois massif ; il y a plusieurs variantes, depuis les panneaux massifs assemblés jusqu’aux rondins de bois empilés (en kit ou pas). Enfin il y a la structure poteaux-poutres, qui consiste à créer une charpente autonome avec des poteaux qui portent la charpente et le toit (comme pour une grange ou un hangar) ; il suffit ensuite de créer et remplir les murs. Voila pour les grandes familles ; il existe beaucoup de variantes pus ou moins traditionnelles (colombages, etc.) ; l’objectif n’est pas ici de faire une liste exhaustive (cf. Bibliographie pour plus de détails, notamment le bouquin d’Yves Benoit et Thierry Paradis).

Pourquoi ai-je fait le choix de la structure poteaux-poutres ? Pour 2 raisons essentiellement : premièrement, elle est parfaitement adaptée à l’auto-construction. Une fois la structure posée, tout reste à faire, alors que dans le cas d’une ossature plate-forme, toute la valeur ajoutée y est déjà, ce qui est bien moins intéressant dans mon cas vu que je veux faire le maximum de mes propres mains (c’est au coeur du projet). Deuxièmement, l’ossature poteaux-poutres permet d’avoir rapidement une toiture, et donc de travailler rapidement au sec. Il y a beaucoup d’autres raisons moins fondamentales : la structure poteaux-poutres reste traditionnelle (c’est de la pure charpente traditionnelle), elle permet aussi de voir le bois à l’intérieur de la maison ; elle est complètement autonome d’un point de vue mécanique (contreventements, portée de l’étage et du toit, etc.). Elle possède néanmoins quelques inconvénients, évidemment : elle est plus chère, car il faut construire une ossature secondaire pour les murs (il y a 2 ossatures en fait : une « lourde », la structure poteaux-poutres, et une « légère » qui formera les murs) ; elle oblige beaucoup de travail sur le chantier, contrairement à l’ossature plate-forme ou tout est fait en atelier. Pour ma part, le choix était assez évident, je n’ai pas vraiment hésité. La structure poteaux-poutres sera (à priori) la seule partie que  nous n’aurons pas faite nous-même… Se lancer dans la charpente aurait demandé beaucoup trop de temps pour le faire bien et sans risques ; ici le squelette de la maison est fait par un vrai professionnel dont c’est le métier et la passion, local de plus, et c’est parfait pour ce projet !

D’un point de vue conception, nous avions la contrainte de la baie vitrée qui nous empêchait d’avoir 4 fermes, ce qui aurait été bien pour porter le solivage (les poutres qui forment le plancher de l’étage). Nous avons donc décidé avec le charpentier de  ne prendre que 3 fermes, mais de faire le solivage dans le sens nord-sud, avec des poutres intermédiaires, et donc des poteaux intermédiaires.

Implantation des poteaux

Poutres qui porteront le solivage

Toute la maison ne tiendra donc que sur 9 poteaux… Le placement des poutres tient compte des ouvertures (fenêtres et portes), des chevêtres (ouvertures dans le plafond pour la cheminée et l’escalier) et bien entendu des contraintes mécaniques (je laisse cette partie au charpentier)… Les poteaux reposent quant à eux directement sur des massifs coulés en béton, intégrés au soubassement.

Intégration des poteaux dans le soubassement

L’ossature poteaux-poutres sera en chêne ; nous avons la chance d’être dans une région très riche en chênes, donc nous allons en profiter ! J’avais pensé un moment acheter des chênes coupés aux alentours et les faire scier par une scierie mobile, mais je ne m’y suis pas pris à temps ; il aurait fallu faire ça l’an dernier pour pouvoir le faire en toute sérénité. Ça sera pour la prochaine construction !

Voilà donc pour les bases de départ sur l’ossature bois… Mais pour être honnête, je crois que le choix s’est vraiment fait à travers une rencontre, la rencontre avec le charpentier. Une très belle personne humainement ; professionnellement, un artiste dans l’âme, complètement habité par son métier, sa passion… Une rencontre magnifique pour moi, qui a changé beaucoup de choses dans plusieurs domaines…

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Après un petit break Alsacien fort agréable parsemé de magnifiques rencontres, je prends un peu de temps pour mettre à jour le blog… L’été a été enfin au rendez-vous fin Juillet pour quelques jours au moins ; nous avons donc pu terminer le puits canadien, en tous cas pour la partie terrassement. La veille nous avions vidé la tranchée inondée à l’aide d’une pompe, non sans mal à cause de la boue ; quand j’ai vu à la vitesse à laquelle notre artiste de la pelleteuse a vidé le reste, je me suis dit que j’aurais mieux fait d’aller à la piscine… Bref, nous avons prolongé la grosse tranchée, jusqu’au regard/puisard qui servira à évacuer les condensats.

A cet endroit, surprise, nous tombons sur une veine de sable ocre jaune et une petite couche d’ocre rouge… C’est assez impressionnant de voir une telle couleur dans le sol ! Le mauvais côté de cette découverte est l’instabilité du sol à cet endroit, situé exactement là où nous devions creuser au plus profond pour y mettre le regard…

Veine de sable ocre jaune et ocre rouge à l’endroit du regard de visite

Nous avions décidé de laisser 1m de profondeur sous le tuyau du puits canadien afin de pouvoir laisser la place pour le siphon et placer une couche de graviers drainants ; le trou était donc à plus de 2m50 de profondeur… Autant dire que le placement du premier anneau de puits (de 90cm de diamètre pour être visitable) a été un peu sportive ; l’objectif étant de ne pas se faire ensevelir vivant en cas d’affaissement des parois sableuses. Malgré les précautions élémentaires prises par notre artiste de la pelleteuse, je n’ai pas fait le malin pendant les quelques minutes de calage à niveau du premier anneau… L’enchaînement avec les autres anneaux ont été plus triviaux ; nous avons mis une couche de mastic-colle pour béton (en cartouches) afin d’assurer l’étanchéité entre chaque anneau. Nous avons entaillé le 3ème anneau à la tronçonneuse thermique pour matériaux (belle bête) que Mickaël nous avait prêtée (merci encore !).

Tronçonneuse thermique à matériaux

Nous avons ensuite coupé le tuyau du puits afin d’y placer le té avec le siphon ; et là, surprise… Le té, pourtant fourni avec le kit, est lui aussi mâle, comme le tuyau. Et, en plomberie au moins, 2 pièces mâles ne s’emboîtent pas bien. Je n’avais pas pris le temps d’essayer la pièce avant de commencer le puits… Il a donc fallu improviser rapidement ; notre marchand de matériaux favori nous a dépanné illico avec une culotte PVC de 200mm sur laquelle nous avons récupéré les rosaces (parties femelles dans lesquelles s’emboîtent les tuyaux mâles). Un peu de silicone sanitaire (pour éviter le développement de moisissures ou autres bactéries) pour assurer une parfaite étanchéité et le tour était joué.

Tuyau du puits avec les manchons femelle-femelle improvisés

Té avec siphon permettant d’évacuer les condensats

Nous avons raccordé le té avec toutes ses pièces (réducteur pour le siphon, ainsi que le siphon) sur le tuyau côté maison, puis sur le bout de tuyau restant, côté cheminée du puits. Tout ça à 2m50 de profondeur, dans un cylindre de 90cm de diamètre. Autant la section des anneaux me paraissait énorme à la surface, autant une fois à l’intérieur, il n’y a pas de place superflue…

Pour une raison encore mystérieuse, la gaine TPC40 rouge qui amène l’électricité et qui était censée faire 50m tout comme le tuyau du puits était trop courte… Nous avons donc repris une nouvelle gaine pour aller jusqu’à la cheminée. L’idée est de prévoir de l’électricité dans le regard de visite pour y placer un vide-cave en cas d’inondation (soit par les condensats soit par forte pluie), mais aussi d’avoir l’électricité au niveau de la cheminée du puits pour le cas échéant y placer un ventilateur qui forcera l’entrée de l’air dans le tuyau et donc dans la maison ; cela créera aussi une surpression dans le tuyau, évitant ainsi les éventuelles infiltrations de radon (cf. article précédent sur le puits canadien), bien que je sois très confiant sur l’étanchéité de l’installation avec un unique tuyau, coupé uniquement au niveau du té. Les découpes dans le regard ont été bouchées au ciment.

Fond du puits d’évacuation des condensats, raccordé au puits canadien

Après avoir remblayé (en prenant soin de tasser copieusement au godet sous l’arrivée des tuyaux afin d’éviter le cisaillement contre le béton du regard au fur et à mesure que le remblai se tasse), nous nous sommes rendus compte qu’il nous manquait 30cm pour que le haut du regard soit légèrement au-dessus du niveau du sol, ce qui était indispensable pour éviter que les eaux de ruissellement de surface ne se retrouvent au fond du puits. Là encore notre marchand de matériaux nous a dépannés en urgence… Je mesure l’intérêt d’avoir de la réactivité et du service… Merci encore !

Nous avons placé l’autre moitié du regard au niveau de la cheminée d’arrivée d’air du puits canadien, afin de faire un coffrage pour le béton qui permettra de sceller la cheminé… Tout est à niveau !

Un petit coup de pelleteuse, et la terre végétale est ré-étalée sur le terrain… Ça y est, le gros du puits canadien est terminé ! Il ne restera qu’à sceller la cheminée et à maçonner une butée pour la trappe d’entrée dans le regard… Sans compter la distribution de l’air à l’intérieur de la maison, mais ça c’est une autre histoire…

Extrémité du puits canadien (presque) terminé, sans la cheminée d’entrée d’air

Je suis plutôt content de la manière dont s’est déroulée la mise en oeuvre du puits canadien ; il n’aura fallu que 2 jours de terrassement ; c’est finalement assez simple ! Le seul bémol serait sur le kit plutôt mal fichu au niveau du té : vendre un kit avec 2 côtés mâle relève du foutage de g. … D’autant plus que la pièce (le té) n’est pas donnée (près de 200 Euros TTC). Si c’était à refaire, je prendrais un té en PVC CR4 à joints et j’adapterais un siphon sur un bouchon à vis… 30cm de PVC sur toute la conduite du puits, qui plus est hors de la chaleur, ne serait pas à mon avis prohibitif au niveau des éventuelles émissions de particules plastiques dégradées dans l’air du puits… Mais globalement, je suis content de ce système ; nous verrons comment tout cela se comporte en pratique dans la maison !

Ça fait vraiment plaisir d’avoir encore terminé quelque chose qui touche au terrassement ! Une étape est clairement passée avec la fin du Puits Canadien ; côté terrassement il ne reste plus que le raccordement des réseaux (200m de tranchée, ça va nous détendre pendant un moment), la mare et la cuve de récupération d’eau… Bref, encore pas mal de boulot, mais rien du tout à côté de tout ce qu’on a déjà fait !

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