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Archive for novembre 2012

Nous avons profité d’un week-end entre amis pour faire les premiers essais de peinture pour le bardage de la maison ! En février dernier, juste avant le dépôt du permis de construire, nous nous (re-) posions la question du bardage pour les murs de la maison. Nous voulions du bardage, mais la question de l’entretien nous titillait : je ne me voyais pas (et ne me vois toujours pas) repeindre les murs de la maison tous les 3 ans. Curieux hasard, lors d’un rendez-vous chez le charpentier, je vois par terre des gamelles remplies d’une mixture bizarre ; je lui demande de quoi il s’agit, et il me dit : « c’est de la peinture : je ne mets plus que ça en extérieur depuis des années ». J’apprends donc qu’il fabrique sa propre peinture, à base d’ocre, et qu’il utilise cette peinture pour peindre les bardages et autres surfaces exposées. « La lasure est une drogue pour le bois ; il lui faut sa dose, et plutôt souvent ». « Fini les peintures chimiques qui ne tiennent pas dans le temps et qui coûtent les yeux de la tête : je ne fais plus que de la peinture à l’ocre ; avec ça, je suis tranquille pendant 10, 15 ans, voire plus ! ». Devant tant d’enthousiasme, et en confiance totale avec notre charpentier, nous disons donc « bingo » et prenons le pari de cette approche : nous déposons donc le permis de construire avec du bardage (ce fut un peu sportif, d’ailleurs, mais je crois que j’en ai déjà parlé), bien contents que le hasard ait apporté une solution à notre dernière objection…

L’ocre (jaune, ici), composant principal de notre peinture

Le week-end dernier nous avons donc fabriqué notre propre peinture, selon la recette décrite dans le petit bouquin de Félicien Carli (cf. bibliographie) que vous pouvez trouver ici, sur le site de l’association « Terres et Couleurs ». Ce petit livret est d’ailleurs magnifique… Un bon investissement pour 5 Euros ! (on le trouve aussi chez Solargil, à Moutiers). Il s’agit d’une peinture à base d’ocre, d’huile de lin, de farine et d’eau… Notre terrain regorge d’ocre (cf. articles sur le terrassement), et une des dernières carrières d’ocre active en France se trouve à quelques km d’ici… Il était donc tout naturel d’utiliser ce matériau longtemps oublié ! Je vous encourage vraiment à acheter le petit bouquin de Félicien Carli, magnifique je le répète, et qui retrace l’histoire de cette peinture à l’ocre, utilisée depuis longtemps en Scandinavie (notamment en Suède).

La tambouille ! Nous faisons cuire la peinture, selon la recette

Nous voilà donc en train de faire la popote pour fabriquer notre propre peinture naturelle ! Pesage, cuisson, touillage ; en 1 heure la peinture était prête ; il suffit ensuite de la laisser refroidir.

La peinture, prête à l’emploi, juste après la préparation !

Première application sur le bois du bardage : la couleur ne nous plaît pas ; nous avons pris l’ocre jaune d’ici, brut, et appliqué sur le bois, cela donne un jaune moutarde. Nous attendons le séchage afin que la couleur soit finale ; le lendemain c’est confirmé : il faut éclaircir la teinte. Evidemment, c’est le WE, et donc pas moyen d’aller acheter du blanc de Meudon ; nous tentons donc de mettre de la chaux. Bon, franchement, ça a été la plus mauvaise idée du week-end : la peinture a précipité presque instantanément, n’étant plus que de l’eau au dessus, et de la matière (ocre) au fond, sans lien. De plus, le sulfate de fer s’est regroupé pour faire des taches vertes un peu partout… Bref, vous pouvez noter : ne pas ajouter de chaux dans de la peinture à l’ocre, en tous cas si vous voulez faire de la peinture ;-). Nous avons quand même décidé de passer la première couche sur quelques planches de bardage, vu que tout le monde était là, un peu énervés des pattes arrières et du pinceau !

Coût de revient (pour 12 kg de peinture – 40 m²) :

  • Ocre jaune (chez Solargil) : 3,70€ HT / kg, par 25kg, soit 11 € TTC pour 12kg de peinture
  • Farine : 0,68€ TTC / kg, soit 0,44€
  • Eau : de pluie 😉
  • Sulfate de fer (en jardinerie) : 5,40€ pour 10kg, soit 0,14€
  • Huile de lin : 3,50€ / l, soit 3,50 €
  • Savon liquide : 8,10€ / l, soit 0,81€

Total : 15,89€ pour 12kg de peinture, soit un peu plus d’1,32€ / kg de peinture, sans compter le gaz 😉

Je pense qu’au final notre peinture nous coûtera un peu plus cher, vu que l’ocre ne sera plus de l’ocre couleur brute (le moins cher), mais un mélange. Nous verrons quand nous aurons trouvé la couleur qui nous va bien !

Et tout se lave à l’eau, ce qui ne gâche rien…

41 planches de bardage, avec la première couche de peinture

Un grand merci à toute l’équipe de peintres (ainsi qu’au voltigeur va-nu-pieds qui m’a donné un sacré coup de main pour le chevêtre de la cheminée) ! Nous avons pas mal arcandé (comme on dit ici) côté maîtrise d’oeuvre, mais l’objectif du WE (le premier en Puisaye pour nos amis Lyonnais) n’était pas dans le productivisme… Ce fut un excellent WE, pour nous au moins : certains sont peut-être repartis avec un rhino-bronco-pharingite rhumale, mais c’est le tarif minimal quand on vient respirer l’air pur de notre Puisaye après un trop long séjour dans une atmosphère polluée : le corps rejette brutalement toutes ces toxines accumulées pendant des semaines ! 😉

La météo annonce du beau temps pour la semaine prochaine… Peut-être va-t’on pouvoir finir de couvrir le toit ?

Pour en savoir plus : 

Addendum du 8/12/2012 : 

Après environ 3 semaines de séchage, la teinte des planches a complètement changé : l’aspect verdâtre (qui j’attribuais au sulfate de fer ?), couleur « diarrhée du nourrisson ® », a complètement disparu. La teinte est maintenant exactement conforme à la teinte originale de la terre ! C’est une excellente nouvelle ! Cela va nous faciliter les essais de couleur je pense…

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Sur le fond…


Voici une nouvelle famille d’articles sur ce blog : je voulais écrire sur plusieurs sujets qui ont guidé certains de mes choix pour la maison, mais qui ne sont pas directement en lien avec la construction elle-même… Peut-être que ces articles pourront apporter quelques éléments de réponse sur le « pourquoi »… Ils se rapprochent des fondements de ce qui a permis la naissance cette folle aventure.

A travers ces articles, je cherche simplement à partager une partie de mon chemin, certaines prises de conscience. Avant d’écrire j’ai refait quelques recherches afin d’étoffer le contenu ; j’ai souvent fait des découvertes ! J’imagine très bien que ces « découvertes » feront sourire beaucoup d’Anciens, des gens de la terre ou d’écolos de la première heure, et je l’accepte : je ne suis qu’un jeune « Padawan » (apprenti en sanskrit) qui ne demande qu’à apprendre et comprendre ;-). J’imagine aussi que d’autres personnes vont trouver des arguments, des faits qui vont contre ce que j’écris, et c’est très bien aussi ! N’hésitez pas à me les faire parvenir via la réponse en ligne… De manière générale, j’essaie de regarder le plus systématiquement possible les 2 faces de la pièce : la sombre et la lumineuse, le pour et le contre ; lorsque les informations disponibles sont massivement « contre », j’essaie de creuser le côté « pour », et vice-versa. Par contre, dans ces articles, je n’ai pas la prétention de présenter les 2 côtés de la pièce pour chaque sujet ou sous-sujet : la priorité est pour l’instant la construction, pas l’écriture, même si j’adore ça et que j’y passe déjà pas mal de temps. Même si j’apporte un soin particulier à la sélection des sources d’information, en remontant à chaque fois que possible à l’origine de l’information, il y aura forcément des inexactitudes, des raccourcis, voire carrément des grosses boulettes. Merci de me les signaler ! Ces articles sont amenés à évoluer quoiqu’il arrive…

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Le premier article de fond concerne l’eau. J’ai beaucoup appris ces derniers temps sur l’eau, et je voulais partager une partie de mon chemin dans ce domaine… Bonne lecture !

L’eau… vitale.

L’eau… J’ai très longtemps oublié que l’eau était le second élément vital (après l’air) pour notre vie, malgré les cours de science naturelle du collège. Un être humain ne survivra environ que 3 jours s’il est totalement privé d’eau. Après cette grande évidence qui peut faire sourire, un constat personnel : durant toutes ces années, j’avais complètement occulté cet aspect des choses ; depuis ma naissance, je suis habitué à obtenir de l’eau en tournant un robinet. L’eau était pour moi, habitant d’un pays « riche », quelque chose d’évident, de simple, d’omniprésent ; à la rigueur, ce n’était même pas la peine d’en discuter, puisque c’était là ! J’avais complètement oublié, enterré profondément le fait que, si pour une raison X ou Y je devais ne plus avoir accès à l’eau potable, je mourrai au bout de quelques jours. Cette prise de conscience de l’importance vitale de l’eau pour la vie s’est faite petit à petit, de plus en plus profondément. La plupart des électrochocs se sont produits à l’étranger : au Vietnam lors d’un trek pendant lequel nous avons manqué d’eau (j’ai fait connaissance avec la « vraie » soif) ; au Laos en observant la construction et la vie des villages des minorités des montagnes, qui vivent en autarcie ; et enfin en Israël, où le sujet de l’eau est une préoccupation nationale partagée par (presque) tous.

Une autre porte ouverte enfoncée : l’eau étant vitale pour nous (et pour bien d’autres espèces vivantes), et notre corps étant composé majoritairement d’eau, il est évident que si nous buvons de la bonne eau, nous avons plus de chances d’aller bien que si nous buvons de l’eau de mauvaise qualité. OK, je n’invente pas vraiment l’eau chaude en disant ça. Tout ça est très abstrait, très théorique. Du coup, je décide de creuser un peu, et je tombe rapidement sur des chiffres officiels (OMS) qui parlent d’eux-même : l’eau insalubre est une des premières causes (voire la première selon les sources) de mortalité dans le monde, avec 3,6 millions de décès. D’après l’OMS, la diarrhée tue plus que le paludisme, la tuberculose ou le Sida… 884 millions d’humains n’ont pas accès à l’eau potable (1 humain sur 8), et 3 milliards n’ont pas l’eau courante (un peu moins de 1 sur 2). Boudiou.

Le seul point d’eau du village, dans le Nord du Laos

L’eau… locale :

J’ai découvert récemment que mes grands-parent n’avaient eu l’eau courante qu’en 1962 ; que les parents d’amis d’enfance, habitant à 4km d’ici, n’ont eu l’eau courante qu’en 1972, 1 an après la naissance du premier… Tous allaient au puits ou à la mare en attendant la magie du robinet… Non, non, ce n’est pas le moyen-âge, juste une réalité il y a 1 voire 2 générations en arrière ; autant dire hier.

Le 15 Juillet dernier, marché Bio à Saints en Puisaye, avec des conférences sur le thème de l’eau (voir l’affiche). J’y vais, et j’assiste à 2 excellentes conférences avec quelques pontes (dont Anne Le Straat, adjointe à la mairie de Paris, présidente d’Eau De Paris). Je réalise pendant ces conférences (encore des portes ouvertes, désolé) que tout ce qu’on rejette dans le sol se retrouve plus ou moins rapidement dans l’eau qu’on boit… Incroyable, non ? Je ne m’étais jamais vraiment posé la question d’où venait l’eau qu’on boit, avant de visiter une station de captage. Malgré quelques restes du collège sur le cycle de l’eau, je n’avais jamais vraiment compris que quoi que nous rejetions ou épandions dans la nature (directement sur le sol, ou via les évacuations de douche, des toilettes, de machines à laver ou de lavabos), ça se retrouve tôt ou tard dans l’eau que l’on boit, et à fortiori dans la chaîne alimentaire. C’est finalement assez évident pour les produits qui sont directement répandus sur le sol (insecticides, pesticides, désherbants, engrais, etc.) mais ça l’était un peu moins pour moi pour d’autres produits, notamment à travers les urines – je croyais que les stations d’épuration étaient des usines magiques qui faisaient du 100% propre à partir du pollué – j’y reviendrai. Selon la nature géologique du sol, les produits se retrouvent immédiatement dans l’eau (comme chez nous en Puisaye) ou bien se diffusent petit à petit pendant des années. L’histoire de la station de captage des Gondards à Saints-en-Puisaye m’a beaucoup éclairé… Pour faire rapide, cette station de captage avait été fermée pour cause de pollution (nitrates et pesticides), puis la décision de la ré-ouvrir a été prise après la sécheresse de 2003 où nous nous sommes rendus compte que nous manquions d’eau ; nous n’avions simplement pas d’autre choix. 1,2 Millions d’Euros ont été investis pour la station ; pour traiter les nitrates, il fallait ajouter 500 000 Euros de plus, avec un budget de fonctionnement annuel supplémentaire de 80 000 Euros. Je réalise que en gros, les nitrates nous coûtaient environ 250 Euros d’investissement par personne plus 40 Euros par an par personne (pour un foyer de 4 personnes, cela faisait 1000 Euros + 160 Euros par an). Ah-ah ! La dépollution a un coût, et nous devons tous le supporter ? Idem, je n’avais pas vraiment pris conscience de ça. A la fin de la journée, chaque individu doit payer sa part pour dépolluer, que ce soit via les impôts & taxes, ou via le prix de l’eau et des services de distribution, mais j’y reviendrai. Pour traiter le problème des nitrates, une autre décision a été prise pour cette station : sortir du cercle vicieux pollution-dépollution en sensibilisant et en encourageant les agriculteurs à faire autrement… Plutôt que de dépenser dans la dépollution, autant dépenser pour encourager les agriculteurs à ne pas polluer. Je parle ici des agriculteurs car ils sont majoritaires sur le bassin de captage de ladite station, et que l’agriculture dans son ensemble est responsable d’une grande partie des pollutions de l’eau (cf. rapport du Conseil d’Etat) ; mais le problème, bien évidemment, dépasse largement cette profession qui est d’ailleurs la première victime de ce système (un film à voir, mais on s’éloigne du sujet) : à chaque fois qu’un particulier utilise un désherbant, un engrais ou rejette des polluants (white spirit, etc.), c’est exactement la même conséquence, multipliée par le nombre de particuliers. C’est aussi exactement la même chose pour les collectivités (communes qui utilisent des désherbants par exemple) ou les entreprises qui utilisent et rejettent des produits polluants. En fait, nous sommes tous, individuellement et collectivement, directement acteurs dans ce cycle de l’eau.

Pour conclure ce chapitre, je vous encourage fortement à lire 2 numéros de la revue « Repères »  dédiés à l’eau  (ici et ici) éditée par Alterre Bourgogne ; je les ai trouvés très instructifs !

L’eau… nationale.

En France, le marché de l’eau est assez atypique par rapport à l’Europe : il est très majoritairement privé (seule l’Angleterre fait mieux). En gros, 72% du marché de l’eau est partagé entre 3 acteurs : Véolia (39%), Suez (19%) et SAUR (11%) – cf. rapport du Ministère de l’Equipement, 2008), dans la plus grande opacité… Soupçons d’entente illicite (article du Point, du Canard), opacité totale des tarifs (cf. la grande enquête menée par 60 millions de consommateurs). Petit à petit, nous avons confié notre eau, bien commun vital, à des géants privés dont l’objectif principal est de faire des profits ; chose qu’ils font très bien d’ailleurs (VeoliaSuezSaur), et on ne peut pas leur en vouloir. Nous avons choisi, collectivement à travers nos Maires et nos conseils municipaux, de confier la gestion de notre eau, notre bien commun universel, à ces entreprises. Était-ce une bonne décision ? En fait, je me rends compte que je n’ai jamais pris cette décision ; je n’avais jamais pris le temps de me pencher sur cette question (pourtant vitale), et du coup je laissais couler. Depuis 2010, Paris a repris le contrôle de son eau, en recréant une régie municipale. D’autres villes ont fait de même ; partout en France, rien que le fait d’évoquer un retour à la gestion municipale de l’eau fait baisser les tarifs de manière drastique (je vous laisse lire un article récent du Canard Enchaîné à ce sujet…). D’après ces élus, ne s’agit pas seulement de faire baisser les tarifs, mais aussi de faire les investissements nécessaires (plutôt que de distribuer des dividendes à des actionnaires), de retrouver de la transparence dans la gestion de l’eau ; en un mot de reprendre le contrôle de notre bien commun. Je ne m’étais jamais vraiment posé de questions à ce sujet, mais en creusant un peu, j’ai appris pas mal de choses. Par exemple, dans un contrat de délégation de service public (DSP) dans lequel une commune confie l’exploitation de l’eau à une entreprise privée, la commune reste propriétaire du réseau (heureusement), et paye donc tous les investissements nécessaires à l’entretien ou l’amélioration du réseau.  Pour le dire autrement, les contribuables payent pour le réseau quoiqu’il arrive. Quel serait l’intérêt des délégataires (structures en charge de l’exploitation) d’entretenir le réseau de manière pro-active, sur le moyen ou long terme, alors que quoiqu’il arrive, les réparations nécessaires seront à la charge du contribuable ? Evidemment tout cela est habilement noyé dans les épais dossiers de délégation (vous pouvez aller consulter le vôtre en Mairie, c’est très intéressant), mais fondamentalement, je ne vois pas comment ça peut fonctionner correctement. Vous pouvez écouter les 3 émissions de France Inter au sujet de l’eau ; c’est évidemment hyper engagé (et donc à prendre avec des pincettes) mais ça permet de voir l’autre face de la pièce, celle dont on n’entend que rarement parler.

Pendant cette conférence, je me rends compte aussi que l’eau est un bien commun universel. Je n’avais pas vraiment compris cette notion ; en fait, l’eau est nécessaire pour chaque individu pour boire et pour d’autres usages (arroser le jardin, laver sa voiture, etc.) ; mais l’eau est aussi nécessaire pour l’agriculture (et sans agriculture nous ne vivons pas non plus) ainsi que pour les entreprises dont certaines sont de grosses consommatrices d’eau. Les arbitrages sont loin d’être évidents, et quand la ressource se met à manquer (comme en 2003), chacun veut sa part pour fonctionner… Et chacun a légitiment le droit à sa part de notre bien commun ! Nous limitons déjà les usages en période de sécheresse ; mais ce problème de partage de l’eau soulève un grand nombre de questions à tiroirs… Du côté des particuliers, peut-on optimiser l’usage de l’eau potable ? Par exemple, y a t’il d’autres alternatives que d’utiliser de l’eau potable dans les WC (32% de la consommation d’eau potables des particuliers, selon le bouquin de Bertrand Gonthiez) ? Est-ce que la qualité d’eau « potable » est vraiment nécessaire pour se laver (30% de l’eau consommée) ? Sans parler évidemment des petits gestes déjà bien documentés (douche rapide plutôt que bain, etc.). Mais on peut aller beaucoup plus loin ; je vous laisser méditer sur les éléments suivants (citation de Daniel Zimmer, directeur du Conseil mondial de l’eau de 2001 à 2008) : « Consommer un kilogramme de blé, c’est aussi, dans les faits, consommer le millier de litres d’eau qu’il a fallu pour faire pousser cette céréale. Manger un kilogramme de bœuf, c’est aussi consommer les 13 000 litres d’eau qui ont été nécessaires pour produire cette quantité de viande. Ce volume correspond à ce que nous appelons l’eau cachée, ou virtuelle. C’est parce qu’ils ne sont pas conscients de ce phénomène que tant d’êtres humains emploient cette ressource en aussi grande quantité. (…) »

Evidemment, on peut aussi se poser la question de l’irrigation en agriculture, de l’utilisation de l’eau dans les procédés industriels ; je vous laisse creuser par exemple le sujet de l’impact sur l’eau de l’exploitation des gaz de schiste, avec le film Gasland, dont une version courte libre est disponible ici (la version complète existe en DVD) ou bien en consultant le document de synthèse de l’association Toxicologie-Chimie. Mais au final… Les agriculteurs et les entreprises ne produisent que ce qu’on leur achète ;-).

L’eau… potable ?

Il y a quelques semaines, je découvre un article sur la qualité de l’eau dans le magazine « Que Choisir » n°501 de mars 2012 (par expérience une salle d’attente d’ostéo est plus à jour qu’une salle d’attente de dentiste dans laquelle de toutes façons je ne lis pas vraiment car le bruit de la roulette et l’odeur me rappellent que je vais morfler ;-))… Là, je suis étonné de voir mon département, l’Yonne, en 2ème place d’un classement… L’Yonne a été, en 2010, le deuxième département de France le plus touché par une distribution d’eau potable non conforme. En 2010, 15% de la population du département a reçu de l’eau polluée, en majorité par des pesticides selon cette étude ; il faut sans doute se procurer le numéro du magazine pour avoir l’article complet, mais je crois que l’étude dispo en ligne est indispensable à lire. Je tombe de ma chaise (heureusement j’étais chez l’ostéo) et je me repasse le film : d’après cet article, 1 personne sur 7 dans l’Yonne a reçu de l’eau polluée par des pesticides à des taux qui rendent l’eau non potable par les normes en vigueur en 2010. Est-ce que la distribution de l’eau a été suspendue ? Est-ce que ces personnes ont été prévenues ? Ont-elles eu accès à l’information sur les dangers liés à la présence de ces poisons (un pesticide par définition a pour but de tuer des êtres vivants ; il suffit de lire l’étiquette sur les bidons pour être convaincu que c’est pas cool du tout à l’apéro) dans l’eau qu’ils buvaient (et payaient accessoirement) ?

Je viens de parler de normes d’eau potable, et je ne peux m’empêcher de faire un court aparté sur ces normes… Il se trouve que les normes sanitaires concernant les pollutions (nitrates, pesticides, etc.) évoluent avec le temps ; dernièrement, 2 petits exemples : les pesticides dans l’eau potable en Décembre 2010 (décret original disponible ici ; c’est hyper intéressant) et les nitrates dans certains produits alimentaires. En gros, quand les analyses ne sont plus bonnes de manière massive, on change les normes… Nous avons même droit à un procès de la part de la Communauté Européenne pour notre gestion de la pollution aux nitrates … Avec certainement des amendes à la clé, amendes que nous payons tous via les taxes et impôts.

Je découvre aussi pendant la conférence de Saints que les médicaments, par exemple, que nous rejetons par l’intermédiaire de nos urines, se retrouvent dans l’eau que nous buvons… Perturbateurs endocriniens, antibiotiques : on retrouve tout ça dans notre eau et ça n’est à priori pas sans conséquences ; les premiers cas de changement de sexe des poissons ont été repérés aux US en 2006 et depuis en France (cf. Global Mag de Décembre 2011 sur Arte). Le vrai problème est que toutes ces substances ne sont pas testées pour établir la potabilité de l’eau… Et pour cause : nos stations d’épuration ne peuvent pas traiter ces éléments… Boudiou (bis) ! Anne Le Straat m’éclaire un peu plus en expliquant que dans le processus de tests de potabilité de l’eau, « on ne trouve que ce que l’on cherche ». En effet, lorsqu’on fait une analyse d’eau, on va rechercher des composants, des molécules, des bactéries, mesurer la radioactivité, etc. selon une liste bien précise. Les composants ou caractéristiques qui ne sont pas dans cette liste ne seront donc pas testés, donc pas identifiés : et c’est bien normal, on ne peut pas tout tester ! Ce fait assez simple soulève une question : comment nous assurer que nous ne passons pas à côté d’un polluant majeur, simplement parce qu’il n’est pas testé ? Le problème se pose avec les nouvelles molécules de produits phytosanitaires (pesticides et autres désherbants), mais aussi évidemment avec les rejets des eaux usées, médicamenteux ou autres… Comment alors éviter une lente et profonde pollution avec une molécule non testée, qu’on ne découvrirait que quelques années plus tard ?

Pour donner une illustration des défis auxquels nous devons faire face, voici le cas de l’atrazine. Cette molécule, utilisée dans de nombreux herbicides, a été homologuée en France en 1959. Depuis 1990, les effets de cette molécule sur le milieux aquatiques, et les conséquences sur les humains sont connus et documentés (joli reportage de 1997 pour le fun) ; il faudra attendre 2001 pour une interdiction totale, qui ne sera effective que fin 2003. A ce jour, alors que cette molécule est interdite en France depuis presque 10 ans, elle fait partie des molécules testées dans les analyses d’eau, et pour cause : non seulement elle est toujours présente, en dépassant parfois les taux limite, mais c’est la molécule d’herbicide qu’on retrouve le plus en quantité

Alors comment gérer ces pollutions ? On investit. On investit même des sommes colossales pour tenter de se débarrasser des molécules polluantes que l’on a trouvées (et donc cherchées) en trop grande quantité. Voici un extrait du rapport du Ministère de l’Ecologie de Septembre 2011, sur la pollution agricole :

« – Les dépenses additionnelles des ménages générées par ces pollutions pour les ménages sont évaluées dans une fourchette comprise entre 1 000 et 1 500 millions d’euros, dont 640 à 1140 millions d’euros répercutés sur la facture d’eau, représentant entre 7 et 12% de cette facture en moyenne nationale.

– Pour les ménages des localités les plus polluées, ces dépenses supplémentaires pourraient atteindre 494 euros par ménage ou 215 euros par personne, soit un surcoût de près de 140% de la facture d’eau moyenne 2006. »

Il ne s’agit ici que de la part de pollution agricole, sans tenir compte du reste (particuliers, collectivités, entreprises). Hé bé, moi qui croyais que les impôts servaient à construire des écoles et des hôpitaux ;-)…

Dernière grande question peut-être… Peut-on complètement dépolluer l’eau potable ? On ne peut dépolluer évidemment que ce que l’on a trouvé (et donc cherché, vous l’aurez bien compris), selon des procédés plutôt bien documentés, parfois difficiles à mettre en oeuvre et souvent très coûteux. Pour certaines pollutions (médicamenteuses par exemple), nous n’en sommes qu’aux balbutiements… Mais une autre grande question qui apparaît derrière tout ça est : on connaît plutôt bien les effets d’un polluant isolé sur la santé et l’environnement, mais on ne connaît pas encore vraiment les effets du mélange de plusieurs polluants (effet cocktail)… Une eau peut être déclarée potable car chaque substance individuellement mesurée est en-dessous du seuil critique, mais dangereuse car justement il y a ce mélange de petites doses qui donne(rait) un cocktail potentiellement dangereux.  Les autorités commencent tout juste à s’y intéresser (Commission Européenne par exemple), même si des alertes ont été lancées depuis bien longtemps via des documentaires (cf. par exemple le film de Marie-Monique Robin, « Notre poison quotidien ») ou des études scientifiques. Je vais juste en citer une : c’est un rapport scientifique de la Commission Européenne édité le 22 Décembre 2009 (désolé, je ne l’ai trouvé qu’en Anglais).  C’est un rapport de 400 pages plutôt ardu ; mais la conclusion est intéressante : (désolé, la traduction peut être inexacte : vous trouverez l’original p.17 du rapport)

« La recherche scientifique a démontré de manière répétée que les effets des mélanges sont considérablement plus prononcés que les effets de chaque composant individuel, et que ce sont les mélanges, et non pas les composants individuels, que nous retrouvons dans la pollution environnementale. Ceci souligne clairement le besoin de régulations spéciales dédiées au problème des mélanges dans l’environnement. Dans ce but, des procédures d’évaluation des mélanges chimiques, qui ne sont pas disponibles aujourd’hui, seraient extrêmement utiles pour toute l’Union Européenne. »

Nous avons du boulot pour les prochaines décennies ;-).

Conclusion

Et ben si vous arrivez là, c’est que vous êtes bien courageux d’avoir pris le temps de lire tout ce texte… Bravo !

Bon, c’est bien beau toutes ces infos, mais je fais quoi avec tout ça ?

J’ai ouvert un peu les yeux, et je dois dire que ça picote… Petit à petit, je suis passé par les stades de l’incrédulité, de la colère, du découragement, et maintenant je crois que je suis plus apaisé, même si le chemin n’a pas été confortable et que ça picote encore un peu de temps en temps ;-).

Ma conclusion à moi, c’est que je participe à tout ça quoiqu’il en soit, que je le veuille ou non. Je peux donc continuer de faire comme avant (l’autruche), ou bien décider de changer ma participation à tout ça. J’ai décidé de faire ma part du Colibri, pour au moins vivre en accord avec mes valeurs, sans vraiment espérer changer quoique ce soit. Un tout petit exemple est : je choisis à qui je donne mon argent : petit agriculteur Bio local plutôt qu’une grande surface, par exemple ; ceci pour une multitude de raisons, et une d’entre elle est qu’ainsi, je ne sponsorise pas la pollution de notre eau. Je pourrais décliner mille autres actions que j’ai entrepris dans le domaine de l’eau pour me mettre en conformité avec mes valeurs, mais je crois qu’au final j’essaie seulement de faire de mon mieux… Je suis convaincu que chacun a de bonnes idées sur ce qu’il/elle veut faire et pourquoi, alors allons-y, simplement, chacun. Partageons les bonnes idées, échangeons, enrichissons nous collectivement ! Il y a une multitude de sites, de réseaux très riches et très avancés dans leurs pratiques…

La vraie valeur ajoutée de cette quête, qui peut paraître au premier abord déprimante, a été pour moi de réaliser que nous avons tout à faire, tout à construire, beaucoup à réinventer… C’est un espoir et une motivation qui me donnent des ailes !

Surtout, surtout : ne croyez rien à tout ce que j’ai pu écrire… Creusez, vérifiez, cherchez ! Faites vous votre propre opinion ; elle sera différente de la mienne, et tant mieux ! La diversité fait la richesse… Un orchestre dont tous les musiciens joueraient tous la même partition avec le même instrument serait plutôt triste… 😉

Quelques liens, pour aller plus loin : 

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Nous y voilà… En cette toute fin du mois d’Octobre, nous posons les tuiles sur le pan sud du toit ! A cette occasion nous avions inauguré la première journée participative sur le chantier : au total nous étions 6 sur le chantier, plus Sophie au ravitaillement, partie fondamentale d’une journée de travail conviviale ! Merci à Sam, Romu, Hugues, Fred, Mister K. ainsi qu’à Thomas qui nous a rejoints dans l’après-midi !

Côté logistique, nous avons eu la chance d’avoir le tracteur avec le lève-palette de Hugues… Merci encore ! J’avais un peu peur que le lève-palette n’arrive pas assez haut, mais finalement ce fut parfait ! Nous avions laissé l’échafaudage sur la façade sud pour des raisons de sécurité ; merci encore à notre charpentier pour le prêt de cet échafaudage !

La matin, tout était prêt pour accueillir les tuiles, ou presque. La veille, j’avais fixé les crochets de gouttière, non sans m’être un peu gratté la tête… Là aussi, il existe plusieurs écoles. Ceux qui mettent les crochets sous le chanlatte, ceux qui les mettent dessus, ceux qui les mettent contre les chevrons, etc. En fait cela dépend beaucoup du choix esthétique du bas du toit ; certains préfèrent couper les chevrons à la verticale, au lieu de les laisser perpendiculaires ; ils ajoutent ensuite une planche sur toute la largeur du toit, contre le bout des chevrons, pour ensuite accueillir les gouttières. Nous avons choisi de laisser les extrémités des chevrons coupés à la perpendiculaire, et de fixer les crochets de gouttière sur le chanlatte. L’inconvénient de cette technique est que l’écran sous toiture sera coupé au niveau des crochets de gouttière pour tomber dans la gouttière ; ceci n’est pas le cas lorsque les crochets de gouttière sont fixés sur les chevrons via des hampes droites. Mais pour notre part c’est un choix esthétique : je trouve ça plus léger d’avoir le bord du toit comme ça.

Pour tuiler, rien de très compliqué ; il suffit de bien commencer, et de contrôler régulièrement que l’on n’a pas pris de décalage. Il y a 2 ou 3 choses importantes, tout de même : le premier rang de tuiles, en bas du toit, doit comporter un « doublis », c’est à dire qu’on empile 2 tuiles l’une sur l’autre, croisées. L’idée de ce doublage du premier rang de tuile est d’assurer l’étanchéité au niveau du chanlatte : en effet, tout le principe d’étanchéité des petites tuiles plates repose sur le recouvrement des tuiles : il faut qu’à tout endroit de la toiture, il y ait au moins 2 couches de tuiles (il y en a 3 au niveau des lattes, voire 3 quasiment partout avec un pureau de 9 cm). Cela permet de récupérer l’eau qui passe à la jonction entre 2 tuiles. Le seul moyen d’avoir 2 couches pour le dernier rang (en haut ou en bas, d’ailleurs) est de doubler ce rang. Un schéma vaut peut-être mieux que des mots :

Principe du recouvrement des tuiles plates et doublis

La bonne nouvelle avec les tuiles que nous avons choisies, c’est que les trous d’emboutissage des crochets de tuiles permettent d’empiler des rangs de tuiles croisées, les unes sur les autres, sans que les crochets ne gênent.

Quand Fred est arrivé, tôt, il m’a fait remarquer que le doublis faisait relever le deuxième rang de tuile ; il a donc fallu, in extremis, ajouter une latte 18 x 40 mm à plat sur le chanlatte, afin d’éviter ce relèvement. En fait, nous avons ajouté plusieurs morceaux de lattes, car les crochets de gouttière empêchaient la continuité. Voici le résultat, en schéma :

Hampes de gouttières, doublis et surélévation du doublis sur le chanlatte

Dernier point sur les crochets de gouttière : la partie verticale de la hampe doit être verticale… J’ai choisi des hampes réglables (le petit modèle, beaucoup plus discret que le grand) après avoir mesuré l’horizontalité du chanlatte à la lunette de géomètre ; verdict : le chanlatte a déjà 1 cm de pente dans le bon sens : youpi !

Deuxième chose importante : prendre un bon départ pour tuiler. Là aussi, il y a plusieurs écoles : ceux qui partent d’un côté, en se disant qu’au moins il n’y aura pas de découpes de tuiles sur cette rive, et ceux qui partent du milieu, en essayant de tomber juste des 2 côtés. J’ai choisi de suivre l’école de Thomas le couvreur, qui commence au milieu du toit. Nous avons donc aligné des tuiles en bas du toit pour voir comment ça tombait de chaque côté (idéalement, il faut une tuile entière ou une demi-tuile, pour n’avoir des découpes à faire qu’un rang sur 2). Depuis le milieu du toit, ça tombait pile-poil à une tuile entière, sans même tricher ! Nous avons donc tracé une perpendiculaire au bas du toit, au cordeau, afin d’aligner le premier rang de tuile. Ensuite nous avons fait 2 équipes, une de chaque côté de cette ligne de départ. En cours d’opération, il a suffi de vérifier l’alignement des tuiles avec le contre-lattage, pour être sûr qu’on ne prenait pas de décalage.

Pose des tuiles en cours

« Une toiture durable est une toiture bien aérée » : c’est une opinion commune entre tous les couvreurs rencontrés… Outre le contre-lattage important, nous avons mis des « chatières » afin de faciliter les flux d’air sous les tuiles. Ne me demandez pas pourquoi on appelle ça des « chatières », et pas des « chauve-souris-tières » ou bien des « oiselières » 😉 Il faut en gros une chatière pour 20m² de toiture, mais c’est à priori encore mieux d’en prendre un nombre impair, afin d’avoir une chatière de plus sur la partie haute du toit. Nous avons donc posé 5 chatières sur le pan sud. En terme d’alignement horizontal, pas de problème : Thomas nous a conseillé de mettre celles du bas juste après le débord de toit, à l’endroit ou le contre-lattage commence en 40 mm d’épaisseur, et celles du haut à 80 cm en gros du faîtage (c’est à dire le plus haut possible sans que cela soit inesthétique).

Chatière au milieu des tuiles

Par contre, pour l’alignement vertical, nous avons pas mal galéré avant de trouver une formule qui nous convenait :

Répartition des chatières sur le toit

Dans la matinée, le toit était quasiment couvert… Nous n’avons mis qu’un seul rang de tuiles pour le faîtage (pas de doublis) en attendant la pose des faîtières ; ce dernier rang a été vissé sur les lattes afin d’éviter des chutes de tuiles (la météo annonçait de bonnes rafales pour les jours à venir). Sam a eu l’honneur de poser la dernière tuile, avec Sophie, et j’en suis bien content !

L’après-midi, nous avons donc fait 2 équipes : une qui terminait la couverture côté sud, et l’autre qui montait l’échafaudage côté nord…

Nous sommes vraiment contents du résultat… Nous avons bien fait de changer d’avis au dernier moment pour les tuiles ! Nous avons finalement choisi des tuiles au pureau dépareillé, c’est à dire que les tuiles ne font pas la même longueur, et c’est bien comme ça ! Ça évite les grandes lignes droites de tuiles alignées, style légo..

Le pan sud était à priori le plus facile, car il ne comporte ni fenêtre de toit, ni cheminée, ni bouche d’extraction d’air ; le pan nord s’annonce un tout petit peu plus complexe !

Couverture du pan sud (presque) terminée !

Ce fut une belle journée, excellente journée… Encore un énorme merci à toute l’équipe ! Ce fut hyper agréable de bosser en groupe… Expérience à renouveler dès que possible !

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Dans la foulée de l’isolation, nous avons latté le toit, au sens propre ;-). Au premier abord, ça peut paraître enfantin de clouer des lattes sur un toit ; un peu répétitif, mais enfantin. Mais en fait, c’est plein de pièges, car une fois que les lattes sont clouées, les tuiles suivent sans aucune possibilité de changement…

Je prends des précautions pour cet article, vu que je ne suis pas couvreur (professionnel, je veux dire) : j’ai discuté avec pas mal de couvreurs, tous bons à priori, et chacun a sa manière de faire, ou presque. C’est assez rigolo de constater qu’il y a autant de variantes sur la manière de procéder que de couvreurs. La méthode que je décris ici est celle de Thomas, jeune couvreur passionné qui est passé par les Compagnons.

Avant de poser les lattes, il a fallu dérouler l’écran sous toiture, directement sur l’isolant. J’ai choisi un écran sous toiture perspirant, c’est à dire qu’il laisse passer la vapeur d’eau ; pour l’aspect technique, il a un coefficient SD de 0,05 m. C’est absolument fondamental sous peine de voir de la condensation se former sous l’écran sous toiture, ce qui aurait pour conséquence de pourrir l’isolant ainsi que les voliges de manière très rapide… Nous avons commencé avec une bande en bas du toit, qui dépasse légèrement (15 cm) pour aller dans la gouttière. Nous avons déposé un boudin de colle Orcon sur le bas du lé pour le coller avec la volige, afin que l’air ne s’infiltre pas sous l’écran lors de grands vents. Les côtés du lé seront serrés par le contre-lattage, et donc ne nécessitent pas de colle.

Une fois l’écran sous toiture posé, il faut contre-latter, c’est à dire poser des épaisseurs de bois dans le sens des chevrons (perpendiculaire aux pannes) afin de surélever les lattes et de permettre une bonne circulation d’air sous les lattes et donc sous les tuiles. Certains appellent cette partie des « contre-chevrons », ce qui peut paraître plus logique vu qu’ils sont posés dans le sens des chevrons. Bref. Dans notre cas, nous avons 2 épaisseurs de contre-lattes : 18 mm (des lattes 18 x 40 mm) et 40 mm (des demi-chevrons 40 x 60 mm posés à plat). En effet, il faut rattraper l’épaisseur des voliges sur tous les débords de toit… Cette épaisseur de contre-lattage peut paraître énorme, mais elle n’est pas excessive, notamment si on veut évacuer la chaleur accumulée sous les tuiles en été ; plus la circulation d’air est grande, moins la chaleur entrera dans la maison. Cela pourrait presque faire partie de la conception bioclimatique (utiliser le flux d’air chaud pour évacuer les calories accumulées sous les tuiles) !

Contre-lattage, pureau, départ du lattage

Une fois le contre-lattage posé pour le premier lé (nous avons procédé lé par lé, au fur et à mesure), nous avons posé le chanlatte, en extrémité basse du toit. Restait à poser la première latte, peut-être la plus importante avec la dernière. Pour savoir à quelle hauteur poser la première latte, il suffit de positionner 2 tuiles (il y a un doublis de tuiles au premier rang, nous verrons ça plus en détail dans l’article sur la pose des tuiles) en faisant en sorte que l’extrémité de la tuile du dessus dépasse de 8 cm de la verticale du chanlatte (8 cm correspond à une 1/2 gouttière standard). Il faut faire ce positionnement à chaque extrémité du toit, marquer le dessus de la latte et tracer un trait au cordex entre les 2 traits afin d’avoir un bon alignement. Nous pouvons maintenant poser la première latte ! Il faut 3 lattes de 4 m pour faire la largeur du toit ; nous avons décidé de commencer par le milieu du toit pour ne faire qu’une découpe, et de faire dépasser les 2 autres lattes aux extrémités ; il suffira ensuite de couper toutes les lattes qui dépassent à la circulaire ou à la tronçonneuse…

La latte suivante est espacée de 9 cm de la précédente, d’axe à axe. Cette distance s’appelle le pureau et dépend du type de tuile, de la région (nous sommes en zone 2 ici), de l’exposition et de la pente de toit. Tout ceci est bien documenté par le constructeur de tuiles (exemple ici). Pour aller plus vite, nous avons fabriqué des cales à placer au-dessus de la latte précédente, sur laquelle on va poser la latte suivante. Il ne reste qu’à clouer, avec des pointes zinguées. Nous avons eu la chance d’avoir accès au cloueur pneumatique de notre charpentier (merci encore !), qui nous a fait gagner un temps énorme…

De temps en temps, il faut tricher sur l’espacement des lattes pour tomber « juste » ; c’est le cas notamment pour la jonction entre les 2 épaisseurs de contre-lattage (18 et 40 mm) afin de ne pas avoir une latte dans le « trou », ou bien en arrivant au faîtage. Il suffit de s’arrêter environ 20 lattes avant la fin, de mesurer et de diviser la distance à rattraper par le nombre de lattes. 5 mm de différence de pureau ne se voient pas du bas du toit !

Enfin, pour terminer, au faîtage, il faut aussi tomber « juste », selon le schéma ci-dessous. Il faut que la faîtière recouvre l’avant-dernière tuile (celle qui supporte le doublis de faîtage) de 40 mm minimum.

Finition du lattage au faîtage

Dernière précision : nous avons collé au double-face les lés d’écran sous-toiture entre eux, en bas du recouvrement. En effet, les lés se recouvrent de 12 cm (celui du dessus dépasse de 12 cm sur celui du dessous) afin de garantir une bonne étanchéité à l’eau (la bande de recouvrement est tracée en pointillés sur notre écran sous-toiture, en usine). Vu que nous voulions aussi éviter que l’air ne s’infiltre sous l’écran lors de coups de vents, nous avons collé les lés entre eux.

A 2 reprises, nous avons recalé le lattage avec le faîtage, afin d’arriver parallèlement au faîtage. Notre toit étant neuf, il n’y avait pas beaucoup de décalage (15 mm), mais sur un toit existant ça peut être beaucoup plus. Pour ce faire, nous avons mesuré la distance avec le faîtage aux extrémités du toit, et avons tracé un trait au cordex afin d’aligner une latte. Restait à faire le rattrapage entre la dernière latte posée et le trait, en répartissant l’écart sur plusieurs lattes.

Au total le lattage du pan sud aura pris 3 demi-journées à 2 personnes, en prenant le temps de bien tout caler et de vérifier. Il n’y a rien de vraiment compliqué, mais par contre cela demande le plus grand soin car il y a plein de petites choses auxquelles on doit faire attention pour ne pas se faire piéger.

Le pan sud du toit est latté !

Je trouve qu’un toit latté pour des petites tuiles plates est magnifique ! Je suis plus tranquille maintenant que ce pan est latté ; il est maintenant complètement protégé contre la pluie…

Nous sommes presque prêts à poser les tuiles !

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Enfin quelques jours sans pluie… nous en avons profité pour commencer l’isolation du toit ! Nous avons décidé de commencer par le pan sud du toit, pour 2 raisons : c’est le plus exposé à la pluie (ici, les vents dominants viennent du sud-ouest), et c’est le plus facile car il ne comporte ni fenêtre de toit, ni cheminée, ni douille d’aération !

L’idée générale est de remplir les caissons formés par les poutres en I par de l’isolant, en passant par le dessus. Il y a de nombreux avantages à cette technique : l’isolant est contenu dans l’épaisseur du toit ; il se pose par dessus (beaucoup plus facile qu’à l’envers sous le rampant) ; les panneaux qui forment le dessous des caissons seront directement les panneaux de finition (plus besoin de poser des plaques sous le rampant). Par contre il y a un inconvénient majeur : il ne faut pas qu’il pleuve lors de la pose, sous peine de mouiller l’isolant. Nous étions donc en attente de 3-4 jours de suite sans pluie afin de commencer l’isolation de la toiture ! Nous avons été servis en Octobre… Merci !

Première opération avant de poser l’isolant : boucher les trous des caissons. En effet, les plaques d’OSB qui forment le dessous des caissons servent aussi de frein vapeur (cf. article sur la conception de l’isolation) ; il faut donc que ce frein vapeur soit le plus étanche possible à l’air. Le problème se pose aux jonctions de l’OSB avec la structure poteaux-poutres, aux trous de passages de gaines électriques ; il y a aussi eu quelques trous de vis hors de la charpente, vu que je vissais les plaques d’OSB sur les poutres en I depuis l’intérieur, en aveugle. Pour les trous de vis, facile : il suffit de les rechercher et de les boucher avec du ruban adhésif spécial pour fixer les freins vapeur (ProClima Unitape dans notre cas).

Fignolage de l’étanchéité du frein vapeur : trous de vis

Pour les trous de passage des gaines électriques, c’est un peu une exception dans la maison car toute l’électricité sera à l’intérieur du frein vapeur ; hors dans le cas du toit, il a fallu traverser le frein vapeur (l’OSB) pour passer les gaines dans les caissons. J’avais percé avec une mèche plate de 16mm afin d’être le plus ajusté possible avec la gaine ; il a ensuite suffi de faire un joint avec de la colle spéciale à frein vapeur (Orcon). C’est beaucoup moins propre que les pastilles spéciales (surtout sur la photo ;-)), mais tout aussi efficace à mon avis, vu que la colle est faite pour (ce n’est pas du silicone !). Il n’y a que 5 trous de gaines à traiter ; pour les plafonniers eux-mêmes, je pense que je mettrai des coffrets étanches collés contre l’OSB ; nous verrons ça dans le chapitre électricité, dans quelques mois ;-).

Étanchéité du frein vapeur : gaines électriques des plafonniers

Enfin en ce qui concerne les jonctions avec la structure poteaux-poutres (avec les pannes en fait), nous les traiterons de l’intérieur avec des filets de colle, vu que ça sera linéaire.

Nous sommes presque prêts pour poser l’isolant… Mais il y a un autre défi : faire tenir des plaques rectangulaires dans les profils des poutres en I. Il y avait plusieurs approches possibles :

  • acheter des poutres en I pré-isolées (type SteicoWall par exemple) ; a priori c’est hors de prix ; le commercial était même un peu gêné d’en parler. A vérifier avec un vrai devis papier. Dans notre cas, c’est le charpentier qui avait commandé les poutres en I, donc c’était trop tard : je n’avais pas pensé à ce détail avant.
  • isoler l’âme de la poutre avec du panneau rigide de fibre de bois , à découper en lames de 210 mm et à coller de chaque côté de l’âme. Ça faisait en gros la surface du toit de panneau rigide à acheter, soit un budget d’environ 1000 Euros HT. De plus, si on veut chipoter, les performances de ce type de panneau sont moins bonnes que les plaques semi-rigides : μ de 0,048 W/m.K au lieu de 0,038 W/m.K pour du panneau semi-rigide, soit une différence de R de 1,15 m².K/W sur l’épaisseur.
  • Isoler avec des panneaux de 50 mm d’épaisseur en bas et en haut du caisson, et 2 couches de 100 mm au milieu. A mon avis, de loin la meilleure option ; si je m’étais vraiment penché sur ce problème de mise en oeuvre avant de commander l’isolant, c’est ce que j’aurais fait.
  • Découper les panneaux de 100 mm pour leur faire prendre le profil des poutres en I… Vu que j’avais commandé tout l’isolant en une seule épaisseur pour faire simple et atteindre un volume conséquent du même produit, c’est la solution que j’ai choisie…

Coupe des caissons de toit avec les poutres en I

Comment découper efficacement les panneaux de fibre de bois semi-rigides ? J’ai essayé pas mal de trucs : depuis la scie égoïne spécialisée (avec des dents style couteau à pain), en passant par la scie sabre, le mieux que j’ai trouvé est la scie circulaire sur table. Un grand, très grand merci à Rapha pour le prêt de la sienne ! C’est super pratique, très propre et très rapide. Le seul inconvénient est la poussière : il faut absolument se protéger avec un masque pour la découpe, et avoir un compresseur à portée pour nettoyer la machine très régulièrement. Le bon côté de cet inconvénient est qu’on récupère une grande quantité de poussière de fibre de bois, qui sera très utile pour boucher les petits trous (j’en reparlerai plus loin). Nous voici donc partis à découper des plaques d’isolant… J’ai essayé d’optimiser le débit des plaques afin de limiter au maximum les chutes ; les cotes ci-dessous tiennent compte de l’épaisseur de la lame de la circulaire, dans le débit des grandes plaques. Une autre chose importante pour la pose des panneaux de fibre de bois est de s’arranger pour que le panneau fasse entre 10 et 15 mm de plus que la cote du caisson, afin de pouvoir faire rentrer l’isolant en compression dans le caisson.

Débit des plaques d’isolant

Dans le schéma de débit ci-dessus, les panneaux 1 et 2 seront utilisés pour les couches du dessous et du dessus du caisson ; quant au panneau 3, il faut en couper 1 sur 3 en 2, afin de faire les panneaux 4 et 5 qui sont identiques. Pour faire la couche intermédiaire de l’isolation dans le caisson, on a pris un panneau 3 et un 4 (ou un 5) ; la cote fait bien 300+150 = 450 mm de large, soit la largeur du caisson. Les panneaux 1 et 2 étaient coupés tantôt sur 2 bords (pour laisser la place des membrures des poutres en I), tantôt sur 3 bords pour les liaisons avec les entretoises entre les poutres en I, réalisées aussi avec des poutres en I.

Panneaux de fibre de bois découpés pour les caissons

Nous voilà donc partis à découper la fibre de bois. Tout dernier problème à résoudre avant de poser les panneaux : la jonction entre le toit et les murs de façade.

Liaison entre le bas des caissons de toit et le haut des murs de façade

En fait, il faillait absolument que le haut des murs soit isolé en même temps que le bas du toit, sous peine de ne plus pouvoir y accéder une fois que le toit serait couvert… D’autant que la panne sablière rajoutée pour soutenir les débords de toit ajoute encore à l’inaccessibilité de cet endroit. Je n’ai compris le défi que la veille du jour où on allait commencer à poser l’isolant ; je dois dire que j’ai pris un coup de chaud ;-). Finalement au matin la solution était là : construire un caisson pour faire la liaison entre le mur et le toit, en vissant une lisse haute contre l’ancienne sablière et en coffrant avec des panneaux d’OSB, découpés pour laisser passer les chevrons de débord de toit.

Fixation de la lisse haute pour faire les caissons de liaison mur/toit

Les caissons de liaison murs/toit sont réalisés avec des plaques d’OSB fixées sur la lisse haute et découpées pour laisser passer les chevrons

La technique la plus rapide pour découper ces panneaux d’OSB a été de les présenter au fur et à mesure sous les chevrons, de marquer la place du chevron et de faire la découpe sur place, en haut de l’échafaudage, à la scie sauteuse… Merci Hugues pour cette idée qui nous a fait gagner un temps fou !

Nous voici donc partis à remplir les caissons, avec une équipe à la découpe, et une équipe à la pose.

Pose de l’isolant dans les caissons

Globalement, ça se passe plutôt bien ! Une chose à laquelle je n’avais pas pensé : afin de croiser le plus possible les 3 couches, l’idéal était de partir avec un demi panneau pour la couche intermédiaire ; nous avons donc recoupé des paires 3-4 (ou 3-5) en 2.

Répartition des couches d’isolant

Pour le pan Sud, les entretoises du bas du toit n’étaient pas à la même distance du bas du toit : en conséquence tous les caissons étaient de taille différente ! Ça a été un peu pénible à remplir, car il fallait faire des découpes sur mesure. Comme quoi, même si on ne s’en rend pas compte tout de suite, c’est plutôt fondamental de faire les choses correctement, à chaque étape…

Nous avons pris soin de bourrer tous les trous (âme des entretoises, sous les chevrons de débord de toit, etc.) des caissons avec les chutes des découpes des plaques de fibre de bois, qui étaient en forme de « mouillettes » (certainement pour des oeufs à la coque de dinosaures ;-)). Ce fut un travail minutieux, mais je me dis que l’isolation du toit est faite pour les 30 voire 40 prochaines années, donc autant la faire correctement ! Je ne compte pas découvrir le toit de sitôt…

Bourrage de l’âme de l’entretoise avec un morceau de « mouillette ».

Autre chose : depuis l’interdiction du sel de bore dans les isolants (cf. article ou bien encore un autre article), les panneaux de fibre de bois ne sont plus traités contre les insectes (dixit le représentant du fabriquant de fibre de bois) ; nous avons donc décidé de chauler les panneaux de fibre de bois, en saupoudrant de chaux la première et la deuxième couche d’isolant.

Les extrémités des caissons, en haut et en bas du toit, sont taillés en pointe. Nous avons essayé pas mal de choses pour remplir ces parties. Depuis la coupe de la plaque d’isolant en angle (hyper fastidieux et plutôt aléatoire en remplissage), en passant par le bourrage avec des « mouillettes », rien n’était vraiment satisfaisant. Finalement, c’est Rapha qui a eu l’idée géniale : faire un mélange avec la poussière de fibre de bois, issu de la découpe des panneaux, et de la chaux. D’ailleurs le fabriquant de panneaux de fibres de bois vend cette poussière comme de l’isolant en vrac… Cette poussière est étonnante car quand on en serre une poignée dans la main, elle garde sa forme… Nous avons donc fait ce mélange dans un gros bidon en plastique (merci aussi pour cette idée, Rapha) utilisé comme un tambour de machine à laver.

Ingrédients pour le mélange de bourrage : poussière de fibre de bois, chaux et bidon mélangeur

Le mélange de bourrage prêt à utiliser

Ce mélange a été utilisé pour compléter les trous laissés par la pose de quelques « mouillettes » ; nous avons trouvé que la meilleure option était d’abord de mettre des « mouillettes » puis de finir avec le mélange de poussière et de chaux.

Isolation du pan sud du toit terminée !

Au final, il aura fallu 3 jours et demi avec en moyenne 5 personnes pour isoler le pan sud du toit, et seulement 2 jours pour isoler le pan nord, qui aura profité de l’expérience du pan sud… Un gros boulot, qui n’aurait pas pu se faire sans l’aide précieuse de Rapha, Bernard et Maryvonne, Sophie et bien sûr Mister K. Encore un grand merci à vous !

Je comprends qu’avec un tel besoin de main d’oeuvre, les artisans ne se lancent pas franchement dans cette option… Je pense qu’avec la vraie bonne approche dès le départ (faire les couches inférieures et supérieures du caisson avec de l’isolant en 50 mm pour éviter les découpes ; utiliser le bourrage pour faire les coins, etc.), on peut quasiment diviser le besoin de main d’oeuvre par 2.

Bref, ce qui est sûr, c’est que l’isolation du toit est faite, et bien faite ! Merci la météo de nous avoir laissé tous ces jours sans pluie ! Prochaine étape, le lattage…

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