Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for décembre 2012

En cette fin d’année…

En cette fin d’année, si nous avions à choisir quelque chose à partager avec vous sur ce blog, une seule chose, ce serait le petit film qui suit. Rien à avoir avec la maison… Vraiment ? Voici un peu de joie, d’espoir, de sens pour clôturer cette année et repartir sur le bon pied pour 2013 !

Nous vous souhaitons une belle transition entre 2012 et 2013 !

Read Full Post »

photo-Energie (Custom)Elle est partout autour de nous ; elle est inodore, incolore, presque toujours silencieuse, et nous rend des services extraordinaires. Sans elle, notre monde serait radicalement différent : pas d’ordinateurs, pas de téléphone, pas d’avions, de voitures, de moteur à explosion ; sans elle, la chirurgie serait reléguée au plus profond archaïsme ; la musique, le cinéma ou même la photographie changeraient complètement de visage. L’électricité a aussi permis les grandes révolutions récentes : la révolution industrielle et internet. L’électricité est magique : il suffit d’appuyer sur un bouton pour qu’elle apparaisse.

Elle a toutes ces vertus, et pourtant nous la connaissons mal ; ses vertus, incontestables, masquent un certain nombre d’éléments pourtant fondamentaux.

J’ai passé 8 ans de ma vie à étudier l’électricité sous plusieurs angles : physique, électronique, électrotechnique, électromagnétisme, télécommunications. J’ai passé 8 ans à étudier tout cela, dans le détail, et pourtant je n’avais pas vraiment compris l’essentiel. La science, avec tous ses bénéfices eux aussi incontestables, a le défaut de ses qualités : se concentrer exclusivement sur les détails conduit à perdre de vue la globalité.

Je me souviens très bien du moment qui a déclenché cette prise de conscience : j’étais en train de faire bouillir de l’eau avec une bouilloire électrique, et en regardant cet objet, je me suis dit : « C’est marrant quand même : pour produire de l’électricité, on fait bouillir de l’eau pour entraîner des turbines ; la majorité de l’énergie produite pendant ce processus est perdue. Ensuite, on transforme cette électricité, avec des pertes, puis on la transporte, avec de nouveau des pertes, et on la retransforme pour être utilisable ici, dans la cuisine, toujours avec de nouvelles pertes. Enfin, la bouilloire elle-même engendre des pertes. Tout cela pour faire bouillir de l’eau. »

Quand j’ai réalisé qu’on faisait bouillir de l’eau pour créer de l’énergie (dont la majeure partie est perdue, gâchée) afin de faire bouillir de l’eau, quelque chose a commencé à me gratter dans le dos. Quel est le sens de dépenser des milliards d’Euros, de mobiliser autant de  talents, de créer de telles infrastructures, tout ceci afin de faire bouillir de l’eau… en faisant bouillir de l’eau ? Non, vraiment, quelque chose ne tournait pas rond.

Il m’a fallu prendre de la distance, reprendre à la base : d’où vient-elle, cette énergie magique ?

La production :

Tout d’abord, contrairement au bois, au charbon, au pétrole ou au vent par exemple, l’électricité n’est pas une énergie primaire ; on ne la trouve pas à l’état naturel sur Terre, à de très rares exceptions près : foudre ou dard de certaines raies par exemple. Pour produire de l’électricité, il faut donc transformer une énergie primaire en électricité. Selon le rapport du Commissariat Général au Développement Durable, en 2011 la production d’électricité en France était répartie de la manière suivante : nucléaire 78,6%, thermique classique (charbon, fuel, gaz naturel, bois, etc.) 9,8%, les 11,6% restants étant produits par l’hydraulique (9,3%), l’éolien et le photovoltaïque. Dans le cas du nucléaire ou du thermique classique, l’électricité est produite en faisant bouillir de l’eau afin de créer de la vapeur d’eau, vapeur qui va permettre d’entraîner des turbines, qui elles-mêmes vont produire de l’électricité. On peut donc dire qu’en France, plus de 88% de l’électricité produite l’est en faisant bouillir de l’eau. La question suivante est : quel est le rendement de la production d’électricité thermique d’origine nucléaire, largement majoritaire en France ? La conversion de chaleur en électricité dans une centrale nucléaire a un rendement de 33% ; certains bureaux d’étude donnent même un rendement de 31%, mais restons sur le chiffre « officiel » de 33%. Cela signifie que l’on perd 67% de l’énergie produite dans une centrale nucléaire… Cette énergie est perdue sous forme de chaleur ; elle est relâchée dans l’air via les gigantesques tours de refroidissement, mais aussi dans les cours d’eau ou la mer ; c’est la raison pour laquelle toutes les centrales nucléaires se trouvent près d’un point d’eau important : l’eau est fondamentale pour les refroidir. Ces 67%  de pertes ne tiennent pas compte de tout le cycle de production ; dans le cas du nucléaire, par exemple, il faut ajouter les pertes liées à l’extraction, au transport et à l’enrichissement de l’uranium, qui sont d’environ 14% (Manifeste Negawatt, Actes Sud, p.62).

Le transport :

Nous avons la chance en France d’avoir un réseau de transport d’électricité plutôt performant. Pour transporter l’électricité, il faut d’abord élever sa tension jusqu’à 400 000 volts à l’aide de transformateurs, afin de limiter au maximum les pertes liées au transport sur de longues distances (effet Joule – un petit cours simplifié très sympa). On transporte ensuite l’électricité via ces grandes infrastructures que sont les lignes très haute tension, puis, au fur et à mesure qu’on se rapproche du point d’utilisation, on fait repasser l’électricité dans d’autres transformateurs afin d’abaisser la tension ; d’abord en 63 000 volts, puis en 20 000 volts, et enfin en 220V ou 380V. Evidemment, le passage dans cette série de transformateurs, et dans ces centaines de kilomètres de câbles, ne se fait pas sans pertes. En France, les pertes liées au transport de l’électricité sont officiellement de 7,3% (RTE, Bilan électrique 2011, p.34), ce qui est un bon chiffre au niveau mondial. Ceci est vrai pour toute l’électricité produite de manière centralisée.

Au final, en prenant en compte toutes les pertes liées à la production et au transport de l’électricité, dans le cas de l’électricité nucléaire (majoritaire en France), le rendement est de 26% (1) ; c’est-à-dire que 74% de l’énergie produite est perdue.

Pour chaque KWh d’électricité disponible chez soi, près de 3KWh d’énergie ont été perdus, gâchés.

Ceci ne tient pas compte du rendement de l’appareil électrique, dont les pertes vont s’ajouter au résultat ci-dessus.

rendement Nucléaire (Custom)

Et ma bouilloire ?

Difficile d’obtenir des informations précises, sérieuses, sur le rendement d’un appareil aussi simple qu’une bouilloire électrique : cette information est simplement indisponible (!). Je choisis une étude faite en Travaux Pratiques d’une classe de 1ère S dans un Lycée à Montpellier ; le résultat donne un rendement maximal de 79,5% (le rendement minimal étant de 63,7%). Le rendement final est donc de 21%, dans le meilleur des cas.

Quand je fais bouillir de l’eau avec ma bouilloire électrique, 79% de l’énergie est perdue, gâchée.

La question suivante est bien évidemment : existe t’il un moyen plus efficace de faire chauffer de l’eau ?

Pourquoi ne pas essayer le gaz ? Pour le gaz naturel, les pertes liées à l’extraction, au raffinage, au transport et à la distribution du gaz sont de l’ordre de 15% (Manifeste Negawatt, Actes Sud, p.61). Le rendement d’une cuisinière à gaz est lui aussi très difficile à trouver; je suis tombé sur un bouquin de Thermodynamique qui, page 68, donne un rendement pour la cuisson au gaz de 38%, inférieur au chiffre de 50% que l’on trouve communément, mais qui a l’avantage d’être issu d’un ouvrage spécialisé ; peut-être que la différence de rendement est liée à l’absence de couvercle (?). Du coup, le rendement final minimal pour faire bouillir de l’eau au gaz naturel est de 0,85*0,38=32%, soit 1,5 fois mieux qu’avec une bouilloire électrique.

 

Quand je fais bouillir de l’eau avec une cuisinière à gaz, je consomme au minimum 1,5 fois moins d’énergie primaire qu’avec l’énergie électrique.

Et alors ?

Et alors, cela change pas mal de chose dans l’approche que l’on peut avoir de l’énergie électrique.

Premièrement, si l’énergie électrique est indispensable, elle ne représente pas forcément la meilleure approche pour toutes les utilisations. Certaines applications sont fondamentalement liées aux propriétés de l’électricité et ne peuvent trouver d’énergie de substitution : ordinateurs, matériels médicaux, etc. Il s’agit des usages spécifiques de l’électricité. Une étude approfondie sur ce sujet a été effectuée par Enertech. Par contre, pour un certain nombre d’autres usages, il apparaît que l’électricité est la pire des approches, au minimum d’un point de vue rendement énergétique : la cuisson ou le chauffage par exemple. Il semblerait que partout où l’électricité sert à chauffer, le bilan soit très médiocre. Cela mériterait d’ailleurs d’être approfondi… Dans un prochain article ?

Deuxièmement, la question du mode de production de l’énergie électrique est fondamentale. Dans le cas de l’énergie électrique issue du nucléaire, par exemple, 74% de l’énergie produite est perdue avant d’arriver à la prise de courant de notre maison ; la grande majorité de cette énergie perdue réchauffe notre atmosphère, nos cours d’eau et les océans qui tous n’ont aucun besoin de cette chaleur supplémentaire. Mais allons plus loin : cela veut aussi dire que 74% de l’uranium extrait l’est inutilement ; 74% des déchets nucléaires sont aussi produits inutilement, sans aucune valeur ajoutée pour l’être humain ou la planète, bien au contraire. Une autre manière de voir les choses est de constater que dans notre facture d’électricité issue du nucléaire, 74% du montant est inutile pour l’humain et destructeur pour notre planète. Je choisis l’exemple du nucléaire car il est majoritaire en France ; mais le problème fondamental est exactement le même, aux chiffres près, avec de l’électricité issue de la production thermique. Comparons à de l’énergie électrique issue de l’éolien par exemple : quel que soit le rendement, l’énergie perdue lors de la production est… gratuite, sans déchets et sans impact pour la planète, à l’exception de l’énergie perdue lors du transport (7,3%) qui elle aussi sert à chauffer les oiseaux. Il en est de même pour la production photovoltaïque ou marémotrice.

Troisièmement, et c’est une conséquence du point précédent, la question du rendement de la production d’énergie est un débat secondaire, voire biaisé. Argumenter que le rendement de la production photovoltaïque n’est que de 12% et est donc ridiculement faible, ne tient aucun compte d’un facteur pourtant fondamental : les 88% d’énergie perdue, ou plutôt non convertie, sont disponibles gratuitement quoiqu’il arrive sur notre planète, ne génèrent pas de déchets et n’engendrent pas de pollution thermique. C’est très différent des ressources fossiles (uranium, gaz, charbon, pétrole) dont la partie gâchée est non seulement extraite inutilement du sol, mais en plus génère de la pollution thermique ainsi que des déchets d’ordre divers, qu’ils soient radioactifs ou sous forme de gaz (CO² ou autres) plus ou moins toxiques rejetés dans l’atmosphère. Le problème est d’ailleurs le même pour certaines énergies dites « renouvelables », comme le bois ou de manière plus générale la biomasse : leur utilisation pour fabriquer de l’énergie électrique génère aussi une extraction inutile de matières premières, de chaleur pour l’environnement et de pollution liée à la combustion. Evidemment, l’éolien ou le solaire photovoltaïque génèrent d’autres types de pollutions (visuelles par exemple) ; mais ces pollutions ne sont pas proportionnelles à la production, à la quantité d’énergie produite.

Enfin, l’énergie électrique, indispensable à notre vie moderne, est loin d’être propre et « magique » comme on peut l’imaginer. C’est une énergie luxueuse, dans la mesure où elle nous rend des services quasiment indispensables, mais aussi parce qu’elle coûte beaucoup à produire, pour notre planète. Evidemment, et nous revenons toujours à la même conclusion, la première priorité, qui est d’ailleurs partagée unanimement, est d’économiser cette énergie si luxueuse, si utile.

Conclusion

Je constate qu’il y a peu d’information synthétique, simple, vulgarisée pour aider à faire des choix qui ont du sens dans le domaine de l’énergie : l’information existe de manière fragmentée, partielle, et prend rarement en compte la globalité de la chaîne, qui est pourtant ce qui nous intéresse : savoir qu’un convecteur électrique a un rendement de 100% prend un tout autre sens quand on sait que 74% de l’énergie primaire est gâchée avant d’arriver sous forme électrique à la prise de courant, en France. A la fin de la journée, nous subissons toutes les conséquences de ces choix, qu’elles soient économiques ou environnementales.

Beaucoup de questions restent ouvertes : Quelle est l’efficacité de chaque moyen de production électrique, globalement ? Quel est l’impact du chauffage électrique ? Quel est le coût réel de l’électricité ? Comment optimiser l’utilisation de l’électricité dans la maison ? Quelles solutions mettre en place pour substituer l’énergie électrique là où elle n’est pas indispensable ? La liste est très longue… Ah, si je n’étais pas en train de construire une maison… 😉


(1) Pour 100 unités d’énergie primaire (Uranium), il en reste 86 après traitement de l’uranium, puis 28 à la sortie de la centrale (67% de pertes), et enfin 26 disponibles chez l’utilisateur (7,3% de pertes dans le transport) : 0,86*0,33*0,927=0,26

Pour aller plus loin : 

Addendum du 9/01/2013 : 

Après un commentaire de JPB (merci !), je me rends compte que cet article mérite (au moins) une précision, afin d’éviter un malentendu. Je pense que l’électricité peut être une bonne source d’énergie pour le chauffage (ou faire chauffer de l’eau) si elle-même est produite de manière propre : par exemple, faire chauffer un ballon d’eau chaude avec des panneaux photovoltaïques ou de l’éolien a du sens pour moi ; par contre le faire avec de l’électricité produite par une centrale thermique  n’a pas de sens : autant utiliser directement l’énergie primaire pour faire chauffer directement chez soi : cela évite les pertes liées à la transformation thermodynamique et au transport de l’électricité.

Read Full Post »

Les 4 éléments

IMG_4560-panorama (Custom)

Evidemment, je vais enfoncer des portes ouvertes dans ce texte ; tout a été écrit, décrit, débattu à ce sujet ; tout ceci risque d’être d’une banalité affligeante. Et pourtant, je prends ce risque ; je prends ce risque car ce qui m’intéresse dans cet exercice n’est pas la description elle-même, mais ce qui en découle.

L’air

L’air, sur Terre, nous permet de respirer. Si nous, humains, sommes privés de cet air, nous mourrons en environ 3 minutes. 3 minutes… Ca fait court, quand même. L’air est sans aucun doute la chose la plus vitale pour nous, êtres humains. Mais cet air est tout aussi vital pour les animaux, évidemment. Il l’est aussi, d’une manière ou d’une autre, pour les plantes. Mettez une plante dans une bulle étanche, elle mourra tôt ou tard. Ce même air est aussi vital pour les insectes et plein d’autres organismes plus ou moins grands qui peuplent la planète. La fonction de l’air n’est d’ailleurs pas limitée à la respiration ; par exemple, l’air est un isolant qui nous permet de nous protéger du chaud et du froid : il limite la déperdition de chaleur la nuit, tout en participant, au sein de l’atmosphère, à nous protéger des rayons solaires le jour. L’épaisseur de la couche d’air sur Terre est d’environ 17 km au niveau de l’équateur et de 7-8 km au niveau des pôles. C’est quand même pas grand-chose, 17 km, à l’échelle de la Terre. En une journée, presque n’importe qui peut parcourir 17 km en marchant.

L’eau

L’eau est le deuxième élément vital pour nous : si nous sommes complètement privés d’eau, nous, humains, mourrons en environ 3 jours. C’est aussi plutôt court, 3 jours, à l’échelle d’une vie humaine. Les animaux, eux aussi, sont totalement dépendants de l’eau ; cela inclut évidemment les poissons et autres créatures amphibiennes. Les végétaux, aussi, ont un besoin vital de l’eau. Privez complètement une plante d’eau, elle mourra à plus ou moins long terme. Même le cactus, s’il vit dans une atmosphère complètement sèche (0% d’humidité) et une terre complètement sèche, va mourir. Les agriculteurs le savent bien, il est impossible de cultiver sans eau, notamment sous forme de pluie. 97% de l’eau sur Terre est salée ; les 3% restants constituent les réserves d’eau douce. Parmi toute cette eau disponible sur Terre, seulement 1% peut être utilisé pour de l’eau potable. 65% de la masse de notre corps est de l’eau.

La terre

La terre est le support d’une grande partie de la vie sur Terre. Sans terre, les végétaux ne pousseraient pas ; les herbivores disparaîtraient ; on peut même difficilement concevoir qu’un mammifère puisse survivre longtemps sans terre, donc sans végétaux. Essayons de faire un potager sur une dalle de béton ou dans un bac rempli uniquement de sable : la récolte va être plutôt limitée. La terre est le support indispensable pour un bon nombre d’insectes et de microorganismes. La terre a aussi beaucoup d’autres fonctions : elle filtre l’eau qui tombe du ciel, par exemple, permettant ainsi de la rendre potable avant son stockage dans les nappes phréatiques.

Le feu

Le premier feu auquel tout ce qui est vivant est confronté est le feu du soleil. Sans soleil, pas de chaleur sur Terre ; sans soleil, la Terre serait un gros glaçon. Sans soleil, pas de lumière. Sans les rayons solaires, pas de photosynthèse, donc pas de plantes. Sans le soleil, rien ne serait vivant sur Terre. Mais nous savons aussi que le feu peut être destructeur : nous nous sommes tous brûlés à un moment donné. Le feu, qui peut nous réchauffer en périodes de froid, peut aussi nous tuer s’il est en excès. Sans l’atmosphère et notamment la couche d’ozone, la Terre serait un barbecue géant ; rien de ce que nous connaissons ne pourrait y vivre.

Et alors ?

Ces quatre éléments, l’air, l’eau, la terre, le feu, sont source de toute vie sur notre planète. Ces quatre éléments ont tous été vénérés, de tous temps, par nos ancêtres, et le sont encore par les peuplades traditionnelles. Nous leur devons la vie, nous leur devons chaque seconde de notre existence ici et maintenant.

Tout ceci n’est qu’une évidence ; aucun scientifique, spécialiste, expert ne remet cela en cause. Un enfant de 7 ans sait tout cela. N’importe quel animal le sait, au plus profond de lui. Tout ceci, je vous l’avais promis, est d’une banalité affligeante.

Tout ceci est d’une banalité affligeante, mais c’est aussi source de questions des plus profondes, qui probablement resteront sans réponse. Si tout ceci est d’une banalité affligeante, d’une vérité incontestable, alors comment se fait que nous, humains, puissions empoisonner l’air qui nous entoure, en y rejetant des gaz et matières toxiques ? Comment se fait-il que nous puissions empoisonner l’eau sur cette planète, en déversant des poisons dans nos nappes phréatiques, des déchets dans nos océans ? Comment se fait-il que nous passions notre temps à polluer la terre à grands coups de produits chimiques, de matériaux radioactifs ou autres bizarreries modernes ? Comment se fait-il que nous participions activement à la destruction de la couche d’ozone, celle-là même qui nous protège du feu destructeur du soleil ? J’ai beaucoup d’idées pour répondre à ces questions : mais fondamentalement, ce ne sont que des alibis, des explications secondaires ; pas de vraie réponse. Quel animal, quel insecte, quelle plante serait assez fou/folle pour détruire ce qui lui permet de vivre ?

Tout cela est d’une banalité affligeante, on pourrait même dire que c’est une manière archaïque, anti-moderniste de voir la vie. La science offre des moyens modernes de compenser les effets décrits ci-dessus. Allons même jusqu’au bout de cette affirmation : la science est capable de faire vivre un homme dans une capsule spatiale, dans un endroit où il n’y a naturellement ni air, ni eau, ni terre, ni feu ou protection naturelle contre le feu. Tout est artificiel, dans cette capsule spatiale, tout est le fruit de la science, de la modernité. C’est possible, bien sûr, mais à quel prix ? Quel est le coût d’une heure de vie dans une capsule spatiale ? Quels prélèvements ont été effectués sur notre planète pour rendre la vie d’une personne possible dans une capsule spatiale ? Est-ce même faisable pour beaucoup de personnes ? Sur la durée d’une vie humaine ? Sur Terre, tout cela est complètement gratuit, fonctionne tout seul, se répare tout seul. La Terre nous donne tout cela gratuitement, sans rien demander en échange. Le système mis en place pour rendre cela possible est d’une complexité telle que malgré toutes les sciences, malgré toutes les disciplines de la connaissance humaine, nous n’en comprenons qu’une infime partie. Nous sommes à ce jour fondamentalement incapables de recréer artificiellement un environnement autonome dans lequel la vie humaine pourrait s’épanouir.

Tout ceci est d’une banalité affligeante, mais je dois vous faire un aveu qui me coûte : j’ai mis presque 40 ans à comprendre cela profondément. Même si je sais tout cela depuis mon enfance, je l’ai vite stocké dans les archives de mon cerveau, pour libérer de la place pour le reste : les études, le travail, la performance, les soucis quotidiens, les problèmes à résoudre qui sont toujours plus nombreux. Toute ma vie, j’ai couru. J’ai surfé sur la sensation grisante d’avoir plein de choses à faire, pleins de projets, beaucoup de travail, d’avoir la chance de voir plein de choses, de voyager, d’avoir beaucoup de responsabilités, d’avoir plein de loisirs.

J’ai mis presque 40 ans à réapprendre que tout cela n’est possible que grâce à ces 4 éléments ; la vie n’est possible que grâce à ces 4 éléments. Je peux perdre ma voiture, mon emploi, ma maison, même : je continuerai à vivre. Mais si je perds l’un de ces 4 éléments, je meurs plus ou moins instantanément. Je sais tout cela depuis toujours, mais je n’avais jamais pris le temps de m’arrêter pour le regarder en face. Quand j’ai choisi de m’arrêter, la mousse de la (sur)activité est retombée, et j’ai eu de nouveau accès à ces connaissances d’une banalité affligeante acquises dans mon enfance.

Je chéris mes parents qui m’ont transmis la vie. Je chéris mes amis qui contribuent à la rendre agréable. Je chéris ma famille qui m’accompagne et m’aide à grandir. Depuis presque 40 ans, je chéris beaucoup de choses, mais j’oublie les 4 choses les plus fondamentales, qui sont à la source de toute vie. Tout comme mes ancêtres lointains, tout comme ces peuplades traditionnelles sur tous les continents, je devrais d’abord chérir ces 4 éléments. Mais tout ceci est d’une banalité affligeante.

Pour aller plus loin : 

  • Bénédiction Chinook (les Chinook sont une tribu améridienne vivant dans le Nord-Ouest des Etats-Unis)

Read Full Post »

Solstice

DSC_5641 (Custom)Je reprends la plume après quelques semaines de silence ; le solstice d’hiver est passé, les jours rallongent enfin ! Evidemment, les sandales resteront encore au placard pour un bout de temps, mais l’énergie est là ! Nous n’avons pas fait grand chose pour la maison ces dernières semaines : le temps ne se prêtait pas vraiment à une activité extérieure, l’énergie manquait, et nous étions occupés par un déménagement qui nous fait bien plaisir tous les deux – une nouvelle ère commence ! Les lectures de toutes sortes ont été fertiles, et j’ai aussi planifié quelques stages et formations pour 2013, tous plus alléchants les uns que les autres… Bref, nous avions la tête un peu ailleurs, et ça ne m’a pas fait de mal. Nous voici maintenant bien reposés, pleins d’énergie, prêts à attaquer cette nouvelle année, et la deuxième tranche des travaux !

On en a profité aussi pour faire un petit planning pour la maison, et il y a encore du boulot ! Cet article est donc l’occasion de lancer un appel à volontaires : amis et famille de France et de Navarre, si dans les prochains mois vous voulez passer nous voir, participer à cette aventure d’une manière ou d’une autre, soyez les bienvenus ! Nous nous ferons un plaisir de vous accueillir et de passer du temps avec vous !

Pour les plus courageux, ou les bûcherons en devenir (les Xav’ ?), je n’ai pas pu m’empêcher de prendre une petite coupe de bois pour cet hiver, au cas où je m’ennuie… En fait, c’est une opportunité plutôt unique : mon voisin agriculteur souhaitait couper la haie qui sépare nos 2 parcelles ; du coup je lui ai proposé de le faire… On ne peut pas faire plus local, comme moyen de chauffage.

Un petit clin d’oeil à l’AMAPP « Les Cageots Poyaudins »  pour leur marché de Noël : merci de nous donner l’occasion d’avoir accès à des produits frais, sains et qui ont du sens !

Nous vous souhaitons une excellente fin d’année, un moment privilégié pour regarder ce qui s’est passé en 2012 tout en appréciant le moment présent !

Read Full Post »

Un bac à compost !

DSC_5428 (Custom)OK, c’est pas forcément l’urgence pour les travaux : la maison préférerait des murs plutôt qu’un bac à compost. Il y a quelques mois, j’ai reçu en cadeau un petit bouquin sur le compost (cf. bibliographie) ; ce livre a été le déclic pour enfin nous mettre au compostage. Ça fait un sacré bout de temps que cette idée me trottait dans la tête : ayant la chance de vivre à la campagne avec un bout de terrain, ça m’embêtait vraiment de jeter nos déchets verts dans la poubelle verte en plastique beark qui était ramassée toutes les semaines avec un gros camion beark qui vient de Pétaouchnok. Pour en faire quoi ? Un gros tas de compost, qui arrive devant la déchetterie communale avec de nouveau un gros camion beark qui vient d’un autre Pétaouchnok (il y a plein de villes ou villages portant ce nom, ici). Ce gros tas de compost a été fait avec les déchets verts (ou pas, d’ailleurs) de tout le monde. Il a été retourné avec des grosses machines beark (oui, la même marque que les gros camions, qui sont d’ailleurs tous fabriqués à Pétaouchnok, vous l’aurez bien compris), et finalement on ne sais pas vraiment ce qu’il y a dedans. Bref, tout cela n’avait pas vraiment de sens.

DSCN9283 (Custom)

Les 3 bacs à compost, en hélice

Nous avons franchi le pas ces dernières semaines, en faisant une petite pause pour construire les bacs à compost. Oui, ça fait vraiment du bien d’aller s’aérer les neurones à l’extérieur, après tous ces travaux enfermés dans la maison ;-). Séquence improvisation : nous disposons de 6 palettes (qui contenaient les tuiles), et d’un peu de place autour de la maison. Petit moment de créativité partagée jouissive ! Nous avons fabriqué 3 bacs de compost, en hélice autour d’un arbre, à proximité (mais pas trop) de la maison… Quelques pieux et quelques vis, et le tour est joué ! Nous avons mis des pierres au sol, selon les conseils du petit bouquin : ça tombait bien, on en avait quelques unes sous la main !

Le fond des bacs, empierré

Le fond des bacs, empierré

Nous voilà donc avec un triple bac à compost, de forme arrondie, opérationnel ! Nous en profitons pour faire des essais de peinture : un peu de couleur sur les palettes ne nuira pas esthétiquement ! Ça sera intéressant de voir comment la peinture naturelle vieillira, au passage… Au fait, pourquoi 3 bacs ? Le petit bouquin préconise d’avoir un bac pour chaque étape d’évolution du compost ; c’est un choix comme un autre : nous essayons comme ça, et nous profiterons de l’expérience !

Essai de peinture naturelle sur le bac à compost

Essai de peinture naturelle sur le bac à compost

Il restait seulement à commencer le compost : d’abord feuilles et petits branchages pour faire une couche de matériaux structurants, et ensuite notre premier seau de déchets verts de cuisine (végétariens uniquement)… Rhaaa ça fait du bien ! C’est plutôt sympa de savoir que la nature (plein de petites bêtes de toutes sortes, de bactéries et d’autres choses que Sophie connaît bien mieux que moi) va s’occuper de tous nos déchets verts, gratuitement (au sens global : cela n’a aucun coût pour l’écosphère), pour en faire un engrais 100%  naturel pour notre potager et nos fleurs… C’est un sacré cadeau que nous fait la nature, quand j’y réfléchis sérieusement…

Résultat dans un an environ !

Read Full Post »

DSC_6166 (Custom)Dans quelques années, nous regarderons ces photos en nous disant : « Oui, c’est vrai, il y a eu de la neige à cet endroit, dans le salon ! ». Paysage magnifique ce matin : tout est recouvert de neige ! Evidemment, les travaux faisables par ce temps sont très limités, surtout quand la neige est aussi à l’intérieur de la maison ;-).

C’est donc une bonne occasion pour aller se balader, s’occuper de la paperasse, et aussi pour se reposer et prendre des forces pour la prochaine étape : les murs…

Chantier sous la neige

Chantier sous la neige

C’est assez incroyable de constater que pas un cm² de la surface du rez-de-chaussée n’a été épargné par la neige, et ce malgré le toit et la bâche qui fait office de mur au sud (les vents dominants sont au sud-ouest ici). Comme quoi des murs ont leur utilité ;-).

De la neige dans tout le rez de chaussée

De la neige dans tout le rez de chaussée

Nous avons pu aussi de vérifier la bonne isolation du toit 😉 :

Pas de neige fondue sur le toit : il est vraiment bien isolé ! ;-)

Pas de neige fondue sur le toit : il est vraiment bien isolé ! 😉

Au hasard de mes errances sur Internet pendant cette journée chômée, je suis tombé sur un documentaire sur la transition à Cuba : « Comment Cuba a survécu au pic pétrolier » de Faith Morgan (vous le trouverez facilement sur youtube). Je l’ai trouvé très instructif… A voir !

Read Full Post »

Dix mille visites…

DSC_1495 (Custom)Ça sonne comme un anniversaire : le blog a franchi cette nuit le cap des dix mille visites ! Je dois avouer que je ne comprends pas vraiment tout ce qui se passe ; j’en viens à douter de la pertinence du compteur… Alors du coup je regarde un peu plus en détail les stats fournies par l’outil (WordPress), je creuse, je farfouille. Est-ce que les visiteurs lisent les articles ? Est-ce qu’ils y trouvent quelque chose d’intéressant ? Ou est-ce seulement un clic sur la page, suivi immédiatement d’un autre clic sur le bouton « retour » afin de revenir au moteur de recherche ? Et bien malgré le temps passé sur les statistiques, je dois avouer que je n’en sais rien…

Juste par curiosité, j’ai décidé de tester un petit outil de sondage… Dorénavant j’inclurai un petit sondage anonyme à la fin de chaque article pour voir si l’article a plu ou pas – on verra ce que ça donne !

En attendant je vais prendre ce chiffre pour ce qu’il est : une indication arbitraire.

Afin de célébrer quand même cette indication arbitraire de 10.000 visites sur ce blog, je vous offre cette citation que l’on vient de m’offrir, et qui résonne plutôt fort pour moi :

« Nous avons deux vies, et la deuxième commence quand nous nous rendons compte que nous n’en avons qu’une. » 

(Socrate)

Je vous souhaite une excellente journée !

IM6CA_-4745+32-plus-belle-photo-de-feux-d-artifices-de-grasse

Bonus pour les lecteurs photographes 😉 : lien

Premier sondage :

Addendum du 3/01/2013 : Finalement le système de sondages ne marche pas : je ne reçois pas de résultats, même pas les votes bidons que j’ai pu faire ;-). Et en plus, c’est pas très joli : j’abandonne.

Read Full Post »

Older Posts »