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Archive for août 2013

DSC_9360.resizedDu gâteau. Ou presque ! Le pignon Est est presque terminé ! Nous l’avions commencé avec Fred fin mars (cf. article), et puis ce pignon était resté dans le jus, moitié ouvert moitié fermé, protégé par de grandes bâches. Je savais que les découpes du triangle du pignon n’allaient pas être super rigolotes, ayant déjà vu le film pour le pignon Ouest. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a pas eu de surprise, ou de difficulté technique !

Les étapes ont été les mêmes que pour le pignon Ouest, en plus facile car il n’y avait pas de raccord de toit à faire (pour l’appenti). D’abord, remplir l’ossature secondaire avec les panneaux de fibre de bois, puis poser les panneaux de pare-pluie, poser les liteaux pour tenir le pare-pluie, poser le grillage anti-rongeurs, poser les contre-liteaux pour accueillir le bardage, et poser le bardage. La routine habituelle, presque… avec de l’aide plus que bienvenue de la part de Bernard !

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Les panneaux de fibre de bois sont posés sur le pignon Est… Que de découpes !

Il a fallu une journée et demi à 2 pour poser l’isolant dans le triangle du pignon ; c’est plutôt long car il y a beaucoup, beaucoup de découpes. Une personne pour prendre les mesures et poser, et une personne pour découper, ça marche bien. Nous découpons toujours la fibre de bois avec une scie circulaire sur banc ; dès le départ, nous avons dû enlever les protections car sinon la fibre de bois ne peut pas passer (trop épaisse). Le bruit de la scie qui coupe la fibre de bois est très typique, très léger, aérien. Du coup, quand le bruit change, on s’en rend compte immédiatement… J’entends encore ce son différent, ce cri, puis le sang. Heureusement, absolument rien de grave, mais nous sommes passés à 2 doigts (c’est le cas de le dire) de l’accident. Bernard s’est entaillé le bout de 2 doigts avec la circulaire : autant dire qu’avec du matériel comme ça, quelques millimètres et les conséquences auraient pu être complètement différentes… On ne sait jamais vraiment comment ça arrive : le bonhomme est hyper expérimenté, consciencieux, plus que sensibilisé sur la sécurité (il m’a tout appris). Un dispositif de sécurité absent, pas de gants, un moment d’inattention, et hop, ça peut vite être la cata. Ce fut un avertissement gratuit, pour nous rappeler à tous que nous sommes sur un chantier, avec du matériel potentiellement dangereux, des conditions aussi potentiellement dangereuses (échelles, échafaudages et acrobaties diverses) : tout peut arriver, en une demi-seconde. Nous avons eu la chance de n’avoir eu aucun accident pour le moment (merci la Vie !), mais la vigilance est de mise, à chaque instant. La fatigue, la précipitation, les pensées virevoltantes ne font pas bon ménage avec ce métier, je le réalise pleinement. C’est vrai que dans mon précédent métier, le plus grand risque était de me fouler une articulation de l’index gauche en ripant sur la touche « E » du clavier… Ou de prendre le faisceau d’un vidéoprojecteur dans les yeux ;-). Ceci d’ailleurs sans aucune offense à mes anciens collègues (je pense bien à vous !)… Fin de l’épisode, mais la leçon est retenue.

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Les panneaux pare-pluie sont posés

La pose du pare-pluie, toujours avec autant de découpes, a pris une journée de travail à 2. Nous avons ensuite posé les liteaux verticaux et le grillage anti-rongeurs le long des chevrons : cette fois-ci, une vraie partie de plaisir avec l’habitude, et surtout avec l’agrafeuse pneumatique : fini les cavaliers plantés au marteau dans les petits recoins… Les raccordements avec les pannes sont toujours un peu plus compliqués, mais au final ça s’est bien passé.

Détail sur le tour d'une panne intermédiaire

Détail sur le tour d’une panne intermédiaire

L’étape suivante a été de poser les liteaux horizontaux ; pour ce faire, il nous a fallu fabriquer les cadres de fenêtres (cf. article) : nous n’avions fabriqué que les prototypes pour le pignon Ouest… Nous avons donc acheté des madriers 8-23, et les avons usinés à la toupie, à la chaîne cette fois-ci. Nous avons eu une petite panne (courroie de toupie cassée : elle devait bien avoir 30 ans) ; il aura fallu une grosse journée à 2 pour usiner les cadres de 7 fenêtres, une baie vitrée et la porte d’entrée.

Les cadres de fenêtres pour le bardage, en cours d'usinage

Les cadres de fenêtres pour le bardage, en cours d’usinage

La bonne vieille toupie, fabriquée par mon oncle, toujours fidèle au poste !

La bonne vieille toupie, fabriquée par mon oncle, toujours fidèle au poste !

La pose des cadres de fenêtres est un peu délicate (j’aimerais bien revenir dessus en détail : on verra avec la façade sud si je pense à prendre des photos) : il faut en gros 2 heures par fenêtre, seul. La pose des liteaux horizontaux a pris une petite journée à 2, en comptant la finition (fermeture du grillage anti-rongeurs, tours des pannes).

Ajoutons à cela une journée pour finir les enduits des soubassements, et tout est prêt pour la pose du bardage !

Tout est prêt pour recevoir le bardage

Tout est prêt pour recevoir le bardage

Il a fallu innover pour la pose du bardage sur ce grand pignon : en effet, les planches de 4m sont trop courtes pour couvrir la hauteur du pignon… Et puis toute cette surface de pignon, uniforme, je crois que ça aurait été un peu ennuyeux pour l’œil. Nous avons donc décidé de faire une rupture sur le bardage, histoire mettre un peu de dynamisme sur cette surface à priori monotone, et de permettre une jointure du bardage. Notre charpentier m’avait donné une idée (merci encore !), déclinable à l’infini : j’ai choisi la version la plus simple, mais je me réserve la possibilité d’un peu plus de « fun » pour la grange/garage. [Après quelques essais, je renonce à dessiner le truc : je crois que je prendrai un prototype en photo, ça sera plus simple.] L’idée est de décaler le planches à la fois en profondeur (pour que l’eau s’écoule au-dessus de la planche du dessous) et en hauteur (afin d’avoir un recouvrement entre les niveaux). Les liteaux horizontaux de la partie haute sont donc décalés d’une épaisseur de planche de bardage, en profondeur. Voici 2 photos pour illustrer le principe : je reviendrai dessus en détail si j’y pense.

Décalage des liteaux horizontaux sur la ligne de raccordement du bardage supérieur et du bardage inférieur

Décalage des liteaux horizontaux sur la ligne de raccordement du bardage supérieur et du bardage inférieur

Zoom sur le raccordement entre les parties haute et basse du bardage

Zoom sur le raccordement entre les parties haute et basse du bardage ; on aperçoit la grille d’évacuation d’air

Il ne reste plus qu’à poser le bardage, en pensant bien à la découpe du bas des planches en biseau à 30° au moins pour éviter que l’eau ne remonte par capillarité sur la tranche de la planche et ne détériore le bardage à la longue.

Pose des premières planches de bardage

Pose des premières planches de bardage

Nous commençons par la partie basse, en fixant les planches les plus proches du pare-pluie. Le bas du bardage recouvre tout juste le grillage anti-rongeurs en hauteur ; il faut veiller à laisser au moins 20cm entre le bas du bardage et le sol, pour éviter que les éclaboussures de la pluie ne fassent pourrir le bardage prématurément.

Première "couche" du bardage posée en bas

Première « couche » du bardage posée en bas

A cette étape, nous avons percé les murs pour les ventilations de la cuisine et des WC : ça a été un peu plus compliqué que prévu. Entre la structure poteaux-poutres, l’ossature secondaire croisée, et les planches de bardage elles aussi croisées, les options de placement des aérations n’étaient pas très nombreuses… Finalement c’est bien tombé, et en quelques coups de scie cloche (100mm de diamètre, un peu galère à trouver) les trous étaient faits. Ensuite, j’ai passé le tuyau de 100mm (j’avais percé en pente basse en direction de l’extérieur, histoire d’évacuer les condensats à l’extérieur) dans le trou, posé la moustiquaire et la grille alu : hop, 2 évacuation d’air prêtes ! Cette étape a quand même été un peu tendue : je n’ose même pas imaginer la galère si j’avais du tout percer après la pose du bardage…

Aération des WC, vu de l'intérieur (on la devine presque sur cette photo sans flash ;-)).

Aération des WC, vue de l’intérieur : on la devine presque sur cette photo sans flash ;-).

Aération des WC, vue de l'extérieur

Aération des WC, vue de l’extérieur

Nous pouvions ensuite continuer la pose de la couche supérieure du bardage bas.

Partie basse du bardage terminée

Partie basse du bardage terminée

La pose du bardage haut a été faite de même, d’abord avec la couche inférieure du bardage, et ensuite la couche supérieure, avec un soin tout particulier sur l’alignement de la partie basse des planches au niveau du recouvrement : nous avons utilisé une grande règle de 4m calée avec des serre-joints. Je n’avais pas prévu l’épaisseur supplémentaire en usinant le tour de fenêtre de l’étage : j’ai dû recaler un tasseau pour rattraper l’épaisseur. Ca posera sans doute un problème pour les volets, d’ailleurs, mais on verra ça plus tard…

Première couche du bardage supérieur

Première couche du bardage supérieur

Avancée du bardage supérieur

Avancée du bardage supérieur

Il aura fallu au total 4,5 jours à 2 pour poser le bardage du pignon Est… Et encore, avec un cloueur pneumatique… Il reste encore les extrémités du pignon à barder : nous devons attendre que les coins de bardage de la maison soient posés ; et pour les poser, il faut savoir comment les usiner, c’est à dire avoir commencé la pose du bardage des façades…

Mais nous avons de quoi nous occuper en attendant : pose des appuis de fenêtre, fabrication des fenêtres provisoires, deuxième couche de peinture, etc. A suivre !

Encore un grand, énorme merci à Bernard pour son aide précieuse ! Ce fut presque un job à plein temps… Une retraite plutôt active 😉

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DSC_9427.resizedJ’ai toujours entendu dire qu’il était jardinier, Nicolas. Mais en fait, il est charpentier, Nicolas : il est char-pen-tier. Je ne peux résister plus longtemps à l’envie de partager cette belle rencontre… Certains diront que c’est un extra-terrestre, d’autres un fou, d’autres encore un mec qui en a. Je crois qu’il est un peu tout ça, mais avant tout un homme qui a fait des choix. Nicolas a commencé la construction de sa maison l’an dernier, en mai (à peu près en même temps que nous) : une maison en bois à colombages, perdue dans les bois poyaudins. Il n’y a pas l’électricité sur le chantier ; on n’entend que les oiseaux, la nature, et des coups qui résonnent, légers, aériens.

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On se dit qu’il y a quelque chose de spécial, ici… Et en effet : il a décidé de tout faire à la main : les grumes de chêne arrivent sur le chantier, et sont transformées sur place en poteaux, colombages, solives, fermes, pannes et autres poutres. Ici, pas de perceuse, de scie circulaire ou sauteuse, de mortaiseuse, de raboteuse, de dégauchisseuse, de banc de scie : non, rien de tout ça. Un maillet, un ciseau à bois, et plein d’autres outils dont je ne connais même pas le nom.

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En voyant ça, je m’assois et je contemple. Tout est magnifique, jusqu’aux copeaux : je n’ai jamais vu de tels copeaux : arrondis, réguliers, structurés ; ils pourraient presque se dresser sur leurs petites pattes et partir vivre leur vie dans la forêt.

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La taille de la charpente est presque terminée… Alors, il me faut préciser « presque », qui n’a pas le même sens ici : il reste quelques semaines de travail… ou plus. Le temps n’a aucune prise, ici. Je me demande même s’il existe, tant je me sens bien à cet endroit, à regarder autour de moi. Les tréteaux sont magnifiques. La table et les tabourets aussi ; en fait, tout est beau. Même les tas de bois sont magnifiques ! C’est harmonieux, cohérent, équilibré, à sa place. Ce gars a le numéro de portable de Dieu, c’est sûr.

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OK, il y a une bonne école, dans le coin, avec Guédelon. Mais cela n’enlève rien au talent, à la pugnacité, à l’énergie, à la patience (j’arrête là la liste mais elle est encore longue) de l’artiste. Quand je vois autant de beauté, de créativité, d’harmonie sorties des mains d’un seul homme, je me dis qu’on pourrait quand même faire autre chose que de faire la guerre à tout ce qui est vivant sur notre planète.

Chapeau bas, Nicolas, et merci.

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