Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for février 2014

Frein vapeur (1)

DSCN0232.resizedFrein vapeur… kesako ? Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? Comme son nom l’indique, la fonction principale du frein vapeur est de freiner la vapeur, ou plus précisément de réguler la migration de l’humidité à travers les parois extérieures de la maison. Concrètement, il s’agit de poser une membrane (ça ressemble à une bâche) à l’intérieur de la maison, sur tous les murs extérieurs. Nous avons déjà touché du bout des doigts ce sujet dans un article précédent ; aussi je vais zoomer uniquement sur la partie frein-vapeur, à la fois d’un point de vue théorique, mais aussi en pratique, car concrètement, nous sommes en train de le poser…

En théorie…

Dans une maison, comme à l’extérieur, il y a de l’humidité dans l’air. A l’intérieur, cette humidité est renforcée par l’activité humaine : respiration, cuisine, douches, etc. Le taux d’humidité doit être ni trop grand (air humide), ni trop faible (air sec) pour que la maison soit confortable, y compris d’un point de vue thermique : à une température d’air identique, nous ressentirons plus ou moins le froid selon qu’il y a beaucoup d’humidité ou pas. C’est une des raisons pour lesquelles il est important de réguler l’humidité à l’intérieur d’un habitat. Il y a un siècle, cela se faisait naturellement à travers les murs (quand ils étaient faits de pierre et de mortier type chaux ou terre) et à travers toutes les fuites d’air de la maison (fenêtres, toitures, jonctions diverses, etc.). Avec l’apparition du ciment en Europe après-guerre, beaucoup de problèmes se sont posés pour la gestion de l’humidité, car le ciment bloque l’humidité. Un bon vieil enduit extérieur en ciment va bloquer l’humidité… notamment dans les murs, dégradant ainsi la construction de l’intérieur ; on voit souvent du salpêtre dans ces habitations, d’ailleurs. La VMC est arrivée pour veiller à ce que l’air intérieur (et son humidité associée) soit renouvelé ; il y a même des VMC dites « hydro-régulées », qui se déclenchent selon le taux d’humidité de l’air. De nouveaux défis sont ensuite apparus avec l’apparition des maisons à haute performance thermique et leurs techniques de construction ; jusqu’ici, rien de bien neuf sous le soleil.

Tout petit aparté théorique : plus l’air est chaud, plus il va pouvoir stocker de vapeur d’eau (ou d’humidité) ; nous connaissons tous le phénomène de condensation, quand de l’air chaud arrive sur une surface froide, la vapeur d’eau présente dans l’air redevient liquide au contact de la surface froide. C’est le principe utilisé dans un alambic par exemple pour récupérer l’alcool sous forme liquide après qu’il ait été évaporé. Quand on prend une masse d’air avec un taux d’humidité donné (je parle à pression constante, pour simplifier), si on fait chuter la température de cette masse d’air, à un moment, la vapeur d’eau va redevenir liquide, sous forme de micro-gouttelettes (c’est le principe de formation du brouillard) ; la température la plus basse à laquelle cette masse d’air est soumise avant que sa vapeur d’eau ne redevienne liquide est appelée point de rosée.

Tout ça pour quoi ? Eh bien c’est simple : la différence de température entre l’intérieur et l’extérieur va être importante l’hiver, disons d’une vingtaine de degrés. La température va descendre graduellement au fur et à mesure qu’on traverse un mur extérieur, disons de 19°C à l’intérieur à 0°C à l’extérieur. Si on ne prend pas de précaution particulière, très souvent, le point de rosée se situera à l’intérieur du mur, selon le taux d’humidité de l’air ; mais comme nous avons vu que l’activité humaine produisait beaucoup d’humidité, ça se produira très, très souvent. Et concrètement, cela veut dire qu’il y aura de l’eau sous forme liquide à l’intérieur des murs. C’est gênant avec des murs « en dur » (salpêtre et autre), mais c’est carrément problématique avec des murs en matériaux naturels (fibre de bois, chanvre, paille, ouate de cellulose, etc.), car l’isolant peut pourrir. Une solution à ce problème pourrait être d’arrêter les activités humaines à l’intérieur de la maison (ie. abandonner sa maison) ; une autre pourrait être de ne pas avoir de différence de température entre l’intérieur et l’extérieur (ie. une maison ouverte). Il y a eu beaucoup d’intermédiaires presque aussi radicaux dans l’histoire de la construction : oui, c’est sûr, dans une maison en béton de ciment, il faut une sacrée VMC pour réguler l’humidité de l’air. Dans les maisons à hautes performances énergétiques, et notamment les maisons passives, nous ne sommes pas loin de cet extrême, puisque nous recherchons des maisons étanches à l’air, afin de garder les calories à l’intérieur. C’est d’ailleurs la deuxième fonction du frein vapeur : réaliser une étanchéité à l’air de la maison. Toute la subtilité vient du fait qu’une maison peut être étanche à l’air, mais laisser passer l’humidité. C’est le principe du gore-tex par exemple, qui fait office de coupe-vent tout en laissant évacuer la transpiration.

En résumé, le frein vapeur, c’est une énorme membrane gore-tex posée à l’intérieur de la maison, sur les murs extérieurs. Je réalise que j’aurais dû commencer par là, en évitant tout ce baratin ;-). Évidemment, techniquement, tout cela se mesure : le sd (exprimé en m) permet de mesurer la résistance à la diffusion de la vapeur d’eau d’un matériau donné ; il y a plus de détails à ce sujet dans un article précédent. Dernière question : et pourquoi doit-on faire des maisons étanches à l’air ? Eh ben pasque c’est la loi. La RT 2012 impose un niveau d’étanchéité à l’air, niveau qui se mesure et pour lesquels les entreprises sont responsables avec obligation de résultat… Un métier d’avenir ? Avocat spécialisé dans la construction.

Maintenant que l’idée du point de rosée est plus claire, je fais un tout petit aparté : la tentation d’allumer le poêle dans la maison depuis qu’elle est hors d’eau / hors d’air est grande : rien de tel qu’une petite flambée sympa pour rendre les travaux encore plus agréables… Mais voilà, c’est sans compter sur le point de rosée… Si je chauffe l’air dans la maison, je vais concentrer plus de vapeur d’eau dans l’air (notamment avec toute la transpiration et l’huile de coude déployées pour faire les travaux), et cette vapeur va redevenir liquide à l’intérieur des murs en fibre de bois : pas cool. Cela se simule très bien sur http://www.uparoi.net : il suffit de choisir la constitution du mur, et on voit où la condensation se forme. Dans notre cas, c’est très clair :

SimuPointdeRoséeSi j’allume le poêle, il y aura en théorie de l’eau sur la surface intérieure du pare-pluie, contre l’isolant. Bref, la mouise. Nous devons donc encore attendre un peu avant la première flambée ; cela dit il fait suffisamment chaud à l’intérieur pour bosser dans de bonnes conditions !

En pratique…

En pratique, il s’agit de poser un film (une espèce de bâche) contre l’isolant à l’intérieur de la maison. Le frein-vapeur que nous avons choisi se présente sous forme de rouleau de 1,5m de large. Ça parait tout simple, mais en pratique y a plusieurs défis pour la pose du frein-vapeur…

Le premier défi se pose dès la conception de la construction : si le frein-vapeur doit être traversé par une ribambelle de trucs, alors son efficacité va être fortement entamée… Nous avons choisi de faire passer toute l’électricité à l’intérieur du frein-vapeur, afin de ne pas le percer pour chaque prise de courant ou éclairage. OK, il existe des boîtiers d’encastrement électriques étanches, OK, il existe des passe-gaines étanches, mais tout cela est cher, et délicat à mettre en œuvre (selon moi). Nous n’aurons à gérer que les départs électriques vers les prises et éclairages extérieurs, soit 7 gaines. Idem pour la ventilation : nous n’aurons à gérer que 2 départs de 100mm. Rien d’autre que ces 9 éléments ne viendra traverser le frein vapeur.

Le second défi est le raccord du frein-vapeur au bâti : plafond, sol, menuiseries, etc. Il faut que ces raccords soient étanches à l’air. Nous avons choisi de coller le frein vapeur aux autres éléments du bâti, et à chaque endroit collé de poser une latte vissée afin de serrer le frein-vapeur contre le bâti. Pour les menuiseries, nous avons collé le frein-vapeur aux dormants, et les avons en plus scotchés avec un adhésif spécialisé.

Le dernier défi concerne l’ossature qui vient recouvrir le frein vapeur ; cette ossature va accueillir les plaques de plaquage et doit donc être dans le même plan. Nous avons choisi des tasseaux de 40x40mm en périphérie (sol, plafond, coins), et des demi-chevrons (60x40mm) au milieu. Pourquoi du 6×4 ? Ça peut paraître un peu surdimensionné, mais 40mm de vide entre le frein-vapeur et le plaquage, ça permet d’utiliser des boîtiers électriques d’encastrement de 50mm. Quant aux 60mm de large, ça permet de rattraper la différence d’écartement des montants d’ossature secondaire… Les plaques de plaquage font 600mm de large, et donc leurs supports doivent être écartés de 600mm d’axe à axe ; or, les plaques d’isolant font 575mm de large, moins le cm réglementaire de compression, donc 565mm; cela ajouté aux 45mm d’épaisseur du bois d’ossature, ça fait 610mm et non pas 600mm… D’où encore une raison de plus de dépasser la recommandation officielle de compression de 10mm et de la passer à 20mm (cf. ici et )… Bref, il fallait rattraper 1cm sur certains montants d’ossature, d’où une largeur plus importante des tasseaux. Nous avons acheté tout ce bois directement en scierie, en même temps que les planches de peuplier (cf. article précédent), et l’avons payé du coup presque 2 fois moins cher que chez le marchand de matériaux.

Concrètement, pour poser le frein vapeur, nous coupons le tasseau du haut à la bonne taille, coupons les lés de frein-vapeur en comptant 7cm de retour en bas et en haut, et fixons les 2 ensemble à l’aide d’agrafes. Nous posons un filet de colle sur le plafond (les poutres dans notre cas) et sur le tasseau (sur les agrafes), et posons le tout un peu comme un rideau.

Nous fixons le frein-vapeur sur le tasseau du haut

Nous fixons le frein-vapeur sur le tasseau du haut

Ensuite nous fixons le tasseau de haut sur le plafond, comme une tringle à rideau

Ensuite nous fixons le tasseau de haut sur le plafond, comme une tringle à rideau

Ensuite nous posons le tasseau du bas, en prenant bien soin de laisser des parties libres pour passer les gaines électriques qui viendront du sol (réservations).

Réservation pour le passage des gaines électriques au sol

Réservation pour le passage des gaines électriques au sol

L’étape suivante est de poser 2 tasseaux-repère les plus écartés possible, de les caler au même niveau que les tasseaux haut et bas, et de poser les suivants à la règle, en prenant appui sur ces 2 tasseaux-repère. C’est rigolo à faire, mais à 2 seulement ; c’est le genre d’opération où 1+1 ≠ 2… Il faut jouer un peu du rabot ou de cales à certains endroits, mais globalement, ça se passe bien ! Les raccords avec les menuiseries ne sont pas si compliqués que ça : j’ai choisi de coller en plus de l’adhésif spécial, notamment à cause des coins difficiles à vraiment couvrir.

Raccord avec la menuiserie : le frein-vapeur dépasse du tasseau ; il est collé sous le tasseau.

Raccord avec la menuiserie : le frein-vapeur dépasse du tasseau ; il est collé sous le tasseau.

Raccord de menuiserie terminé : le frein-vapeur est collé, en plus de l'adhésif spécialisé

Raccord de menuiserie terminé : le frein-vapeur est collé, en plus de l’adhésif spécialisé

Les lés de frein vapeur sont collés entre eux avec colle + adhésif spécial ; seul l’adhésif est nécessaire selon le constructeur, mais là encore, je ne sais pas vraiment combien de temps il va tenir, leur scotch à 20€ le rouleau : un filet de colle ne coûte pas cher et me rassure.

Vue d'ensemble du frein-vapeur du mur nord

Vue d’ensemble du frein-vapeur du mur nord

Rien de bien compliqué, tout compte fait, mais c’est un travail plutôt minutieux… J’appréhende un peu les pignons à l’étage, où nous devrons travailler derrière les fermes… En tous cas le rez-de-chaussée est un bon échauffement !

Read Full Post »

DSCN0219.resizedFini de rigoler : nous commençons la déco ! Évidemment, il reste encore 2 ou 3 trucs à faire avant d’emménager, mais l’étape du plafond est un peu particulière… Contrairement au plancher du rez-de-chaussée, qui sera caché, le plafond, lui, restera visible pendant une bonne partie de la durée de vie de la maison (j’espère, en tous cas ;-))… Bref, encore une belle étape !

Les choix pour combler les entre-poutres au plafond et faire un plancher pour l’étage étaient multiples : plaques d’aggloméré à peindre, plaques de mélaminé pré-peintes, panneaux de bois naturel, et même pourquoi pas du bon vieux placo à condition de remettre une autre plaque dessus… En fait, nous ne voulions pas de plafond blanc entre les poutres ; premièrement parce que j’en suis saturé, et deuxièmement parce que ça n’est pas feng-shui, ce contraste entre les solives et le blanc, au-dessus de soi. Plusieurs amis avaient fait le plafond en vraies planches (de bois d’arbre, je veux dire), et j’avais trouvé ça sympa, et pas seulement pour des raisons esthétiques. Côté essence, nous sommes partis sur du peuplier, après avoir vu un chantier de notre charpentier sur lequel il avait posé des planches de peuplier en rampant de toit… Magnifique ! Ce bois est clair, et très fin dans ses dessins… J’ai adoré ! Je me suis donc mis à la recherche de volige en peuplier ; au téléphone, personne n’en fait, ou alors au tarif d’un aéroport près de Nantes (ok, c’est un peu tiré par les cheveux, mais je voulais le placer depuis longtemps, en ces temps de « crise » ;-)). Par contre, en se déplaçant dans les scieries, les langues se délient… Bref, nous avons trouvé de la volige de peuplier en 3m de longueur, et la scierie les a rabotées (4 faces) et fait une feuillure à mi-bois afin de pouvoir poser tout ça proprement. La volige brute faisait 18mm d’épaisseur ; après rabotage, elle fait entre 14 et 15mm ; j’ai eu peur pendant un moment que ça ne suffise pas pour marcher dessus, mais au final, ça passe… Sur le papier, le peuplier est passé en séchoir ; en pratique on verra comment ça se comporte sur le long terme ; ça travaillera forcément ! Tout ça pour le prix des plaques de mélaminé pré-peintes (moins de 15€ le m² TTC).

Restait la partie acoustique : poser du bois (peuplier) sur du bois (les solives), à un moment donné, ça va grincer. Là aussi, il y a plusieurs solutions, souvent utilisées en sous-couche pour du parquet flottant : panneaux de fibre de bois, feutres acoustiques synthétiques et autres feutres de jute ou même de chanvre… En gros, tout ça commence à 8,5€ HT le m² au mieux… pour aller jusqu’à des tarifs assez hallucinants. Nous avions une autre contrainte : l’épaisseur ne devait pas être trop importante sous peine de voir une épaisseur entre le plafond et les solives, vu du dessous. Finalement, nous avons opté pour de la couverture de déménagement, coupée en bandes… à 3€ TTC le m². C’est vrai que ça se compressera et n’absorbera pas super bien les bruits d’impact, mais l’objectif premier était d’éviter le grincement : les bruits d’impact, on verra ensuite. Au passage, un super site pour les traitements acoustiques : un gars tout énervé des pattes arrières (c’est un vrai compliment venant de mon clavier) qui a fait un sacré boulot de documentation : merci !

Voilà donc pour la partie conception ; ah, si, il reste la fixation des planches : j’ai longtemps hésité entre du galva et de l’inox… Mais dans le chêne, qui bouffe le métal avec une efficacité assez impressionnante, j’ai préféré l’inox, même si c’est beaucoup plus cher. Ça nous évitera peut-être de démonter le plancher pour refixer le plafond dans 5 ans (lu sur des forums… ) ?

Bande de couverture de déménagement posée sur les solives pour éviter le grincement

Bande de couverture de déménagement posée sur une solive pour éviter le grincement

La même chose avec un peu de recul

La même chose avec un peu de recul

Nous avons donc découpé et posé les bandes de couverture, puis commencé la pose les lames de volige, en prenant soin de laisser la place contre les murs pour la jointure du frein vapeur et des tasseaux correspondants (40mm de tasseaux + 13mm de plaquage). Finalement, malgré la longueur des planches (3m), nous avons effectué la pose par tranche de 1,5m environ (5 solives), pour pouvoir enlever les parties de planches abîmées. Ce bon vieux cloueur pneumatique a donc encore bien bossé, avec ses rouleaux de clous inox… Quel bon investissement ! Nous avons remarqué au passage que 2 solives s’étaient bien amusées pendant l’année : elles ont sacrément bougé, et il faudra faire un bon boulot de calage en posant les lambourdes qui accueilleront le parquet…

Pose de la volige, par bandes de 1,5m environ

Pose de la volige, par bandes de 1,5m environ

Dans le lot de peuplier, il y avait 2 couleurs différentes : une carrément blanche, et une autre un peu plus foncée, limite rosée (mais pas autant que le douglas pas exemple). Nous avons dû faire des choix pour savoir quoi poser où… Et nous avons aussi dû matérialiser certaines cloisons au sol et au plafond (notamment pour la salle de bains) afin de pouvoir arrêter le plafond au bon endroit, juste sous la cloison…

Il aura fallu une semaine pour poser le plafond, en comptant le déplacement de tout le bazar entreposé à l’étage au fur et à mesure : c’est l’éternel problème… Si vous arrivez à avoir un espace de stockage abrité, n’hésitez pas ! J’ai l’impression de passer mon temps à déplacer et re-déplacer les mêmes trucs…

Et voilà le travail !

Et voilà le travail !

Ca y est, le plafond est terminé, ou presque… Il reste le plafond de la salle de bains, que je préfère faire avec un matériau hydrofuge (certainement du mélaminé pas feng-shui ;-)) ; mais nous ne pouvons pas le faire tant que le mur de masse n’est pas coulé… Et nous ne pouvons pas couler le mur de masse avant d’avoir posé le frein vapeur partout, afin d’être sûr que les litres d’eau à évacuer ne se retrouveront pas en condensation contre la partie intérieure du pare-pluie (et donc directement sur l’isolant)… Tout ça pour dire que la prochaine étape sera la pose du frein-vapeur !

Read Full Post »

DSCN0212.resizedJe regarde dans les archives et je me rends compte que nous avions commencé le plancher du rez de chaussée en… mai 2013 ! Il était difficile de le continuer sans avoir les murs extérieurs terminés : à chaque averse un peu sérieuse, l’OSB prenait un peu l’eau, eau qui pouvait certainement s’infiltrer dans les rainures pour toucher l’isolant des caissons… Bref, ce chantier était en stand-by depuis un moment, le temps de terminer le hors d’eau / hors d’air.

Le travail était déjà rôdé : découpe de plaques d’OSB pour faire le fond des caissons entre les madriers (cf. article précédent), chaulage, placement de l’isolant et fermeture des caisson avec des grandes plaques d’OSB. Nous avons pu utiliser les chutes de fibre de bois (y compris la poussière de découpe) dans la deuxième travée : cela a permis de faire un grand coup de vide à l’étage ! Je stockais ces sacs poubelles remplis depuis un bon bout de temps ; il y avait aussi des bons tas de fibre de bois de toute forme, notamment les chutes des découpes en triangle des pignons. Bref : tout ça a pu resservir, et j’en suis plutôt fier, même si la mise en œuvre un un peu longue (tétris grandeur nature).

Pour le reste, nous avons finalement utilisé de la ouate de cellulose, en vrac, non insufflée. La ouate de cellulose a été un peu bousculée ces derniers temps en tant que matériau (cf. la discussion à propos du précédent article), mais je ne regrette pas du tout notre choix : c’est facile et agréable à mettre en œuvre, pas cher, performant (sur le papier, ah-ah), et en plus c’est un matériau recyclé. Après avoir passé un peu de temps à sélectionner la marque (sans sels d’ammonium), nous avons reçu les sacs (de 12,5 kg, il faut environ 3 sacs par m3). La ouate étant compressée dans les sacs, il faut la décompacter.

DSCN0194.resized

Sac de ouate de cellulose, à l’ouverture : la ouate est compactée

Nous avons fait ce décompactage avec un mélangeur à peinture monté sur une perceuse, dans une poubelle de 100l ; attention, masque obligatoire ! Nous avions investi dans 2 bons masques à cartouche lors du ponçage de l’ossature principale, eh bien ils ont été encore une fois bien utiles… Il faut décompacter jusqu’à ce que la consistance soit comme… des œufs en neige. Avec l’expérience, nous réduisions dans un premier temps les grosses mottes à la main, avant d’utiliser le mélangeur.

Décompactage de la ouate avec un mélangeur à peinture

Décompactage de la ouate avec un mélangeur à peinture

Ce principe était OK pour nous vu que nous n’avions pas beaucoup de volume à traiter et que nous devions le faire au fur et à mesure de la construction des caissons ; mais pour les gros volumes, la machine à ouate est indispensable je pense…

Nous avons déposé la ouate en vrac dans les caissons, sans insuffler : pour les surfaces horizontales, il n’est pas indispensable d’insuffler sous pression. Le tassement de la ouate non insufflée, selon les fabricants, varie entre 10 et 20% en gros (je vous laisse taper dans votre moteur de recherche préféré, une marque a repris les caractéristiques techniques de tous ses concurrents) : pour une épaisseur horizontale de 20cm, nous perdrons donc 2cm d’épaisseur à terme, ce qui me va. Sur des surfaces verticales ou en rampant, c’est une toute autre histoire, évidemment… Nous avons laissé un petit bombé de 5cm environ dans les caissons, sans tasser ; juste avant de refermer, nous avons saupoudré un peu de chaux histoire de décourager des bestioles (parano ?).

Remplissage des caissons, travée par travée

Remplissage des caissons, travée par travée

Le dernier carré !

Le dernier carré !

Il aura fallu presque 2 semaines pour faire les 60m² ; le plus long étant de déplacer tout le bazar d’une travée à l’autre ;-). La gestion du passage des différents tuyaux a été aussi un peu sportive : évacuations, arrivées et départs électriques, arrivées et départs d’eau, fourreaux pour le téléphone.

Pour les évacuations, nos tuyaux sont encore en PVC CR8 diamètre 125 : nous avons découpé des trous dans l’OSB en laissant 5-7 mm de vide autour du tuyaux ; ce vide a été comblé avec de la mousse isolante pour tuyaux d’eau (fourreaux en polyuréthane j’imagine), plutôt dense, mais souple. L’idée est de laisser de la souplesse entre le tuyau (rigide) et le plancher (lui aussi rigide), afin que tout puisse travailler tranquillement sans altérer les tuyaux d’évacuation. Un petit coup de masti-colle pour faire un joint étanche entre le tuyau et l’OSB (nécessaire pour couler la chape), et le tour est joué ! Nous avons procédé de même pour les tuyaux d’eau en PE ; par contre, vu la rigidité des tuyaux, nous en avons bavé pour les organiser et les faire passer au travers de l’OSB. Pour l’électricité, ça a été aussi galère pour l’organisation des différents fourreaux, mais c’était plus cool pour les contraintes mécaniques : un fourreau ne risque pas de casser… Le puits canadien a demandé un déplacement d’une soixantaine de cm pour tenir compte du changement de sens de montée de l’escalier (plus feng-hui)… Eh bien creuser le sol à la pelle et à la pioche entre des travées de 40 cm, ça donne une bonne suée… Dire qu’il y en a qui payent pour faire de la muscu dans des clubs de gym ;-). La dernière difficulté a été de positionner les tuyaux du chauffage solaire, en PE pré-isolé… C’est raide comme tout, ces trucs là.

Le bazar des tuyaux d'eau à organiser... On paperçoit les gaines électriques.

Le bazar des tuyaux d’eau à organiser… On aperçoit les gaines électriques et les fourreaux de réservation.

Finalement, à part cette gestion des tuyaux et gaines, ça a été un pur plaisir ! Juste avant de fermer le fond du dernier caisson, nous avons été surpris de sentir le vent venir du vide sanitaire : il semblerait que les cours anglaises fonctionnent parfaitement !

Dernier trou sur le vide sanitaire : ça souffle fort ! (OK, c'est un jour de vent, mais ça veut dire que l'aération fonctionne...)

Dernier trou sur le vide sanitaire : ça souffle fort ! (OK, c’est un jour de vent, mais ça veut dire que l’aération fonctionne…)

Nous voilà donc avec un plateau nickel sur tout le rez-de chaussée… Avec 20cm d’isolation au plancher, nous pourrons nous balader pieds nus sans problème… En attendant, c’est hyper confortable de pouvoir se déplacer sur cette surface sans risquer l’accident (chute entre 2 madriers) : c’est même carrément reposant ! Sans compter le bonheur de pouvoir travailler à l’intérieur par tous temps… C’est plus que bienvenu en ce moment !

DSC_5346-panorama.resized

Prochaine étape : le plancher de l’étage !

Read Full Post »