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Archive for juillet 2014

DSCN0407.resizedNous avons déjà parlé chauffage (cf. article), et bioclimatisme (ici) ; voici un ajout à ces chapitres, avec le mur de briques de terre crue. C’est un petit bout de mur, un tout petit bout de mur, situé juste derrière le poêle… Mais il va avoir son importance pour le confort dans la maison !

Un des problèmes rencontrés dans les maisons bois, c’est l’absence d’inertie : le bois est un isolant, et ne stocke pas la chaleur (ni la fraîcheur, d’ailleurs). La conséquence est que la température à l’intérieur d’une telle maison n’est pas très stable : elle varie beaucoup au cours de la journée, de la nuit. L’idée est donc d’apporter de la masse dans la maison, et pour nous ça sera fait principalement de 2 manières : avec un mur de masse, et avec une grosse dalle.

Le mur de masse est situé entre le poêle et la salle de bains : il servira de radiateur pour cette pièce qui est censée être la plus chaude de la maison. Il collectera une partie de la chaleur émise par le poêle, la stockera et la restituera petit à petit ; en plus de chauffer la salle de bains, il apportera un peu d’inertie à la maison.

Nous avions prévu les fondations adaptées sous ce mur (cf. article) afin que cette masse puisse être soutenue correctement. Même si le mur n’est pas aussi important que prévu (je n’ai pas encore bien compris pourquoi, mais il fait la moitié de ce qui était prévu : il y a eu tellement d’ajustements depuis le dessin des plans que le mur a perdu 90cm de longueur ;-)), il pèsera quand même un peu moins d’une tonne.

Les briques de terre crue

Les briques de terre crue

Restait la question cruciale : quel matériau pour faire ce mur de masse ? Dès le départ, c’était clair : des briques de terre crue. J’avais même prévu de les faire moi-même, et nous avions stocké de la terre lors des fondations… Le temps avançant, j’ai renoncé à les fabriquer, et quand j’ai commencé à regarder le prix des BTC (Briques de Terre Crue), je suis tombé de ma chaise. Je me suis alors mis à regarder d’un peu plus près les propriétés des différents matériaux en terme de « masse »… Là, on revient à la bible de Samuel Courgey et feu Jean-Pierre Oliva (cf. bibliographie), qui nous dit que le paramètre important pour l’inertie est la capacité thermique d’un matériau, notée ρC, exprimée en Wh.m-3.K-1. Plus la capacité thermique du matériau sera grande, plus l’inertie sera grande, puisque l’inertie (exprimée en Wh.m-2.K-1) = capacité thermique x épaisseur de matériau. Voici la capacité thermique de quelques matériaux, toujours selon le bouquin référencé ci-dessus :

  • Brique de terre crue de 20cm : I = 157 Wh.m-2.K-1
  • Briques de terre cuite de 20cm : I = 140 Wh.m-2.K-1
  • Mur de béton de 20 cm : I = 128 Wh.m-2.K-1
  • Béton cellulaire de 20cm : I = 24 Wh.m-2.K-1

C’est rigolo, non ? Un mur de béton sera 20% moins performant qu’un mur de brique de terre crue pour l’inertie… Je m’étais dit qu’un mur de béton de chaux banché ferait l’affaire pour le mur de masse, mais en voyant ce résultat, j’ai changé d’avis : avoir un radiateur 20% plus efficace dans la salle de bains, et 20% d’inertie en plus pour ce mur, ça pouvait changer beaucoup de choses… Du coup, retour à la case départ : pas de doute, la terre crue est le top du top. J’ai fini par trouver des BTC abordables chez Argilus, avec de plus des dimensions qui n’intéressaient, puisqu’elles faisaient 15 cm de large.

Pour la mise en œuvre du mur, rien de bien sorcier, et pourtant nous avons passé du temps… Pour commencer, la porte de la salle de bains vient directement contre le mur de BTC ; il fallait donc un appui pour le chambranle, et en même temps quelque chose pour protéger les coins des BTC lors des passages répétés par cette porte. Nous avons donc fait usiner une planche de vieux chêne : une rainure de la largeur d’une brique permet d’encastrer le mur de BTC dans cette pièce de bois, et ainsi d’assurer une finition nickel. De l’autre côté du mur, nous avons fait la même chose, mais cette fois-ci nous l’avons faite nous-même… Merci encore Pierrot pour la planche de chêne sèche !

Pièce de chêne sec pour arrêter le mur de BTC (vue de dessus) ; on aperçoit les gaines qui passent dans l'épaisseur du mur

Pièce de chêne sec pour arrêter le mur de BTC (vue de dessus) ; on voit les gaines qui passent dans l’épaisseur du mur

Ce mur de BTC accueille les interrupteurs de la salle de bains ; il fallait donc passer quelques gaines à l’intérieur du mur. Il a suffi de découper les briques à la circulaire pour faire la réserve pour les gaines. Attention, la lame de la circulaire ne survivra pas à ce traitement (prendre une vieille lame !), et vos poumons non plus si vous ne branchez pas un aspirateur sur la circulaire ;-). Le mortier pour assembler les briques est un mélange tout prêt de sable et d’argile, super agréable à travailler ! Les mains peuvent participer directement sans risque de brûlure… Pour le reste, c’est de la maçonnerie classique. Ah, si, nous avons taillé une latte de bois pour aligner les briques entre les 2 planches de chêne : c’était super pratique !

Découpe dans la BTC pour la réserve des gaines électriques

Découpe dans la BTC pour la réserve des gaines électriques

Pour commencer le mur, nous sommes partis sur une planche à coffrage sèche de 27mm d’épaisseur, histoire de répartir la charge du mur sur toute la surface en contact avec le sol ; le sol étant fait à ce jour de plaques d’OSB, je voulais m’assurer que le socle du mur soit solidaire, en une seule pièce.

Départ du mur en BTC

Départ du mur en BTC

Il aura fallu une bonne semaine à deux pour monter ce mur, tout compris (avec l’usinage de la planche de chêne sec)…

Le mur, presque terminé...

Le mur, presque terminé…

Maintenant,nous pouvons (enfin !) poser le plafond de la salle de bains, et commencer les cloisons de l’étage !

Addendum du 19/12/14 :

Après quelques semaines de chauffe (cf. article), je peux tirer quelques conclusions sur ce mur en briques de terre crue (BTC). Le poêle actuel n’est pas le définitif, et il est plutôt mal positionné car loin du mur de BTC ; j’étais un peu déçu de constater que les briques restaient froides au toucher même après une journée complète de chauffe. Du coup, j’ai empilé des BTC non utilisées autour du poêle, en laissant juste l’espace d’une lame d’air derrière, pour se rapprocher le plus possible de la configuration finale. Après de nouveau quelques jours de chauffe, je constate que les BTC qui se trouvent derrière le poêle ne sont toujours pas chaudes, ni même vraiment tièdes. Il faut bien que je me rende à l’évidence : j’ai été un peu optimiste de vouloir chauffer la salle de bains avec ce mur de masse. Bien sûr, le poêle n’est pas en contact avec le mur de masse, contrairement au poêle de masse qui lui sera en contact avec les BTC (si nous choisissons cette option). Mais c’est encore un pari ; et si une chose est sûre, c’est que nous ne voulons pas avoir froid dans la salle de bains… Je suis bien content d’avoir pu faire des tests en amont ! Du coup, une décision est prise : notre poêle aura obligatoirement un bouilleur, au moins pour alimenter un radiateur dans la salle de bains. Et là, le deuxième effet kisscool tombe : rhaa, il nous faudra de l’électricité pour nous chauffer (pour alimenter le circulateur)… La bonne nouvelle, c’est que nous pourrons en profiter pour chauffer le ballon d’eau chaude. Ça ouvre un gros chapitre… A suivre !

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DSC_7557.resizedCette étape a commencé début avril… déjà ! Nous avions mis ce chantier en sommeil avec l’arrivée de la grange, et jusqu’ici je n’avais pas encore pris le temps d’écrire à ce sujet : le plaquage de finition, et le cloisonnement.

Pour finir les murs extérieurs de la maison (à l’intérieur) et cacher le frein-vapeur, nous avons décidé de mettre du Fermacell. Ça se présente comme du placo : des grandes plaques à visser sur les tasseaux. Par rapport au placo, le fermacell présente plusieurs avantages : c’est beaucoup plus solide (on peut faire tourner une plaque de fermacell sur un des angles sans rien abîmer), plus massif (le bon côté est l’aspect « masse » thermique et phonique, l’inconvénient est le poids), les plaques sont collées entre elles (plus de bandes), le matériau est hydrofuge et ininflammable (M0 : c’est cool derrière le compteur et la GTL). Il y a d’autres aspects (matériau 100% naturel, à base de gypse, par exemple) que je n’ai pas vraiment creusé : le matériau fait l’unanimité chez tous ceux qui y ont goûté et avec qui j’ai pu en discuter. Au chapitre des inconvénients, il y a le prix, et le poids : 50kg la plaque de 2m60, ça détend…

J’ai choisi des plaques de 12,5mm, après une bonne hésitation (avec le 10mm, moins lourd) ; au final, je ne regrette pas, et pas seulement pour les séances d’haltérophilie gratos ;-). J’ai encore un souci avec le fait que ça sonne un peu creux, quand on tape sur une plaque posée… Il y a un côté « toc » qui, même s’il est bien moindre qu’avec du placo, me gêne encore. Je me dis que ça aurait été encore pire avec du 10mm…

Côté pratique, nous découpons les plaques avec une circulaire, en faisant un guide avec une règle alu maintenue avec des serre-joint à chaque fois que c’est nécessaire, notamment pour les jonctions entre plaques, où la découpe doit être nickel. Un coup d’aspi sur les tranches, puis un coup de colle en cartouche, et hop, nous positionnons la plaque et la vissons sur les tasseaux. Nous avons quand même une arme secrète : Bernard a bricolé un lève-plaque avec un cric hydraulique : nous avons ainsi tout le temps et tout le confort pour positionner les plaques… MacGyver était poyaudin, c’est certain. Les surplus de colle sont enlevés à la spatule le lendemain, et nous rebouchons ensuite les trous de vis et le joint entre les plaques (collées) avec de l’enduit de rebouchage. Il restera à passer l’enduit de finition, mais ça, c’est une autre histoire. Que dire d’autre ? Ah oui : la découpe fait beaucoup de poussière : à faire en extérieur, ou bien avec un aspirateur branché sur la circulaire ! Pour la pose des plaques, il y a plein de vidéos dispo sur Internet, et plusieurs techniques différentes… A essayer. Moi, j’aime bien le cric, mais c’est plus par fuite de l’effort inutile que par choix technique : et puis franchement, ça pèse un âne mort ce truc.

Pose du Fermacell sur le pignon, derrière la ferme apparente : du sport !

Pose du Fermacell sur le pignon, derrière la ferme apparente : du sport !

Nous nous sommes entraînés avec quelques plaques au rez-de-chaussée (notamment derrière le tableau électrique, cf. article), puis avons fait l’étage… Avec une mention particulière pour les pignons, pour lesquels il fallait glisser les plaques derrière les fermes apparentes… Au final, ça s’est bien passé : au deuxième pignon (sur deux) nous étions parfaitement au point ;-).

Les cloisons :

J’ai beaucoup hésité pour les cloisons… depuis le chanvribloc jusqu’au carreau de plâtre, en passant par du béton de chaux-chanvre banché, je crois que tout ou presque y est passé. J’ai fini par choisir le fermacell posé sur rails, même si encore une fois il y a ce côté « toc » auquel il va falloir que je m’habitue. Mais l’équation était difficile : trouver une technique qui supporte les variations de dimensions (tout ça est posé sur un plancher bois, qui va bouger), qui soit rapide à poser (ça fait déjà 2 ans qu’on a commencé…), robuste et pas hors de prix. Nous avons choisi ce compromis, principalement à cause de l’aspect résistance aux déformations : j’ai cette croyance que les matériaux rigides (type carreau de plâtre ou même chanvribloc) posés sur un plancher bois, ça fendra forcément à un moment donné. On verra à l’usage !

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Nous avons donc posé la première porte intérieure, et c’est la porte de la salle de bains ! Côté technique, il existe de super vidéos sur internet : je vous laisse voir, c’est hyper clair. C’est d’ailleurs marrant cette transmission technique pratique (et souvent sérieuse) qui s’opère en vidéo à travers Internet… Merci les gars ! En une journée, les 2 premières portes étaient montées, et la cloison matérialisée !

Je suis bien conscient que tout cela n’est que le début… Il reste beaucoup de boulot pour le plaquage et les cloisons, sans même parler des finitions. Mais cette étape à l’avantage d’être hyper visible : avant, il n’y avait pas de cloison, et après, il y en a une, en on voit les pièces prendre forme !

Pour l’instant, à part pour le côté « toc », qui sera peut-être atténué par la laine de bois entre les plaques de fermacell dans les cloisons, je n’ai aucun regret pour le choix fermacell. Ca fait presque 4 mois qu’il est stocké dehors (sous bâches), et je n’ose imaginer l’état du placo dans les même conditions… il ne reste qu’à rester vigilant pour éviter l’hernie discale… 😉

Prochaine étape pour la cloison du bas : le mur de brique de terre crue !

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