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Archive for février 2015

DSC_3147Finalement la préparation du coulage de la chape a été douce… Je pensais courir dans tout les sens, à la bourre, mais ça s’est bien passé ! Le plus « compliqué » a été d’enlever le poêle : il pèse son poids, le bougre ! Pour le reste, ça s’est fait tranquillement : finir de caler les PERs qui sortent, de poser les bandes, de poser l’écran sous-toiture au sol…

La toute dernière touche a été de poser le polystyrène de 40mm dans la grande pièce afin de gagner en épaisseur de chape… Cette chape m’aura vraiment fait réviser mes idéaux de construction écolo…

Le jour J, tout était prêt, même le gel ! Une bonne semaine de gel à -5°C avant, et encore du gel la nuit d’avant, les conditions n’étaient pas idéales. Le jour du coulage, je remplis la cuve (extérieure) d’1 m3 avec de l’eau de la cuve souterraine, en espérant que ça ne gèle pas pendant la journée.

Tout est prêt !

Tout est prêt !

Le polystyburp

Le polystyburp

L'écran sous toiture au sol, pour désolidariser la chape de la structure bois

L’écran sous toiture au sol, pour désolidariser la chape de la structure bois

La machine arrive… C’est un gros, gros compresseur, avec une bétonnière intégrée, qui propulse le béton dans un tuyau qui peut aller jusqu’à 80m… Au final, nous aurons passé 5,5m3 de béton, ce qui fait un peu plus de 12 tonnes de béton : je me voyais mal monter tout ça au seau ! L’objectif était d’ajouter de l’inertie, eh bien nous sommes servis !

La machine magique

La machine magique

Avec sa bétonnière intégrée...

Avec sa bétonnière intégrée…

Au bout du gros tuyau, un tabouret : une fois la bétonnière remplie, on ferme le couvercle, on active la pompe, et pouf, le béton sort du tabouret : il ne reste qu’à déplacer le tabouret pour répartir le béton… Trop facile.

Nous commençons par la pièce du haut (WC), puis c’est le tour de la grande pièce en bas, en faisant au fur et à mesure de notre avancée les petites pièces : cellier, salle de bains. Le béton est plutôt sec. Le principe de coulage est classique : on fait les bords de la pièce, à niveau : ils serviront à caler la règle. Pour cette étape les traits de niveau sur les murs sont bien utiles ! Puis on tire le béton de manière circulaire, en restant au milieu. On finit par le centre. Après avoir laissé tirer une heure ou deux, on taloche en mettant des espèces de raquettes aux pieds. Je crois qu’à ce stade, quelques photos vaudront bien mieux qu’un long discours…

La grande pièce en chantier... A remarquer le premier appui à gauche, déjà de niveau !

La grande pièce en chantier… A remarquer le premier appui à gauche, déjà de niveau !

Le tabouret à l'oeuvre

Le tabouret à l’œuvre

La salle de bains

La salle de bains

L'entrée : il a fallu protéger un peu tout ça, car le tuyau bouge sacrément !

L’entrée : il a fallu protéger un peu tout ça, car le tuyau bouge sacrément !

L'autre partie de la grande pièce, toujours avec le même principe : les côtés de niveau d'abord

L’autre partie de la grande pièce, toujours avec le même principe : les côtés de niveau d’abord

Et on tourne autour, en finissant par le centre

Et on tourne autour, en finissant par le centre

Le sable était gelé sur une quinzaine de cm au sol… Sur la fin, nous avons donc dû commander 1m3 de sable pour finir ! Nous avons eu 2 ou 3 soucis de tuyau gelé aussi, mais après un court séjour sous le pot d’échappement de la machine, c’était réglé…

Voilà donc une bonne chose de faite ! Il va y avoir un sacré temps de séchage (j’ai entendu 1 semaine par cm) : nous avons mis presque 1/2 m3 d’eau ! J’ai récupéré un déshumidificateur électrique (merci Romu !) qui fait bien son boulot… Les premiers jours, j’ai aéré en grand, vu qu’il ne gelait plus dehors. Et depuis 2 jours, je recommence à chauffer, doucement, en gardant des fenêtres entrouvertes. Le taux d’humidité oscille autour de 80%…

Et voilà le résultat ! Ca ressemble de plus en plus à une maison qui sera habitée...

Et voilà le résultat ! Ça ressemble de plus en plus à une maison qui sera un jour habitée…

La prochaine étape, pour le bas, sera donc la pose du carrelage ! Après 3 semaines de séchage, quand même. En attendant, une bonne semaine de repos nous fera le plus grand bien, et ensuite nous pourrons continuer les finitions en haut afin de tout préparer pour la pose du parquet !

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DSC_2757La décision est prise : ça sera une chape ciment. OK, j’ai vu plus naturel, plus écolo, plus ceci et moins cela. Je suis OK avec tout ça. Mais tout bien pesé, c’est ça que je choisis. Pour l’inertie, d’abord : exit la chape sèche. Pour la mise en œuvre, ensuite : n’étant pas sûr que la pompe avale de la chaux, je pars sur du ciment.

Il faut tout préparer, maintenant : quand la pompe sera là, tout ira très vite ! Nous avons posé la bande périphérique de désolidarisation tout autour des pièces (en bleu sur les photos), et autour de chaque évacuation : cela donnera « du mou » pour autoriser les mouvements et surtout la dilatation de la chape. Du béton sur du bois, ça va bouger. Nous préparons aussi toutes les sorties de PER, afin qu’elles soient bien droites et un peu décollées des murs, histoire d’avoir un peu de matière (béton) derrière.

Sortie des PER

Sortie des PER

La salle de bains est prête : il ne manque que le polyane !

La salle de bains est prête : il ne manque que le polyane !

Le polyane microperforé, par contre, c’est de la science-fiction. Impossible d’en trouver ; c’est à se demander si un seul maçon a déjà coulé une chape sur plancher bois ou si le DTU est réellement appliqué… En en discutant à droite et à gauche, on me dit même de couler directement sur l’OSB, vu que c’est de l’OSB3 (hydrofuge)… Rhaa. Au final, je choisis de mettre de l’écran sous toiture perspirant – il m’en reste un rouleau, ça fera le job. Évidemment c’est plus cher que le polyane, mais c’est dispo. Et ça permettra de désolidariser la chape. Dernière chose : nous avons emprunté le laser d’Adrien (merci encore !) pour tracer un trait de niveau à 1m au-dessus du niveau de sol fini sur tous les murs : ça sera le repère pour couler la chape.

Le gros morceau a été de connecter le tableau électrique ! Souvenez-vous des spaghettis (ici et ) : il faut faire rentrer tout ça dans la GTL, et proprement. Avant ça, il a fallu terminer toutes les connexions des interrupteurs et prises, et protéger le reste, histoire de ne pas avoir de mauvaises surprises si un disjoncteur était activé par erreur… Après, c’est un jeu de patience : une par une, amener chaque gaine en bas de la GTL, couper la longueur de gaine en trop, faire monter les fils jusqu’au bon endroit dans le tableau, connecter la terre et laisser le reste en attente. Le vrai truc consiste à ne pas monter les disjoncteurs (juste les différentiels) pour laisser de la place pour faire monter les fils proprement. Une fois que tous les fils sont passés, je peux monter les disjoncteurs, et connecter les fils un par un… C’est plus facile et le résultat est plus propre ! Ici, ça aurait pu être encore plus propre car j’ai connecté le tableau en 2 fois : d’abord l’étage et ensuite le rez-de-chaussée. Il y a des croisements de fils pas idéaux, mais c’est comme ça. Globalement, pour un amateur, je suis content du résultat. On verra ce que le consuel en pense ;-).

Vue sur le tableau électrique

Vue sur le tableau électrique

Ça fait des fils, tout ça... Il ne reste que les câbles ethernet à relier.

Ça fait des fils, tout ça… Il ne reste que les câbles ethernet à relier.

Tout cela n’occupe pas 2 hommes en même temps : pendant ce temps, Bernard rebouche les trous à l’enduit : liaisons entre le Fermacell et le bois, tours de portes, etc. C’est du boulot ! Nous en profitons pour poser les baguettes d’angles ; vu que je ne suis pas du métier, je triche : je fais tenir les baguettes avec des élastiques le temps que l’enduit prenne : fini les batailles avec une baguette qui rebique !

Pose des baguettes d'angle avec l'élastique

Pose des baguettes d’angle avec l’élastique

Baguette d'angle après le premier ponçage...

Baguette d’angle après le premier ponçage…

Encore quelques jours de préparation et tout sera prêt pour le coulage ! En espérant que nous ne serons pas embêtés par le gel… Je me vois mal attaquer le tas de sable à la pioche (à la pieuche, comme on dit ici) ! Après ce coulage de chape, nous monterons à l’étage pour faire les finitions : mi-mars, les gars de l’Est arrivent en force pour nous aider à poser le parquet… D’ici là il y a encore du boulot !

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En relief

Quand Nicolas est parti, ça m’a secoué. 41 ans, 2 enfants, nous étions sur les mêmes bancs même si nous nous étions perdus de vue depuis. Oui, tout cela peut s’arrêter, toute cette vie peut s’arrêter, ici et maintenant. S’il me reste une certitude, c’est bien celle-ci : tôt ou tard, je partirai. C’est une évidence, et j’y mets de la conscience depuis quelques années. Est-ce pour ça que je dévore les écrits d’Elisabeth Kübler-Ross et Marie de Hennezel ?

Dimanche matin, 8:00. Je pars en stage. Je passe à la boulangerie pour prendre des viennoiseries pour le groupe. Je prends quelques minutes pour échanger quelques mots avec le boulanger : c’est son dernier jour d’ouverture avant 3 semaines de vacances, je célèbre ça avec lui. Je sors de la boulangerie, je monte dans la voiture, je démarre. J’ai 50 minutes de route devant moi ; une magnifique journée s’annonce, après cette incroyable journée d’hier. Je traverse le village, et l’espace d’une seconde, je me dis « Ai-je bien pris mon portable ? ». Je jette un œil sur le siège passager : tout va bien, il est là. En relevant la tête, je vois une voiture arriver sur ma gauche. Le temps s’arrête. Je m’entends dire « Naaaaaaaaan », au ralenti. Un « non » contenant une infinité de réflexions : « c’est pas possible », « mais qu’est-ce qui se passe ? », « je rêve ». Je sens une décharge en moi, comme une décharge électrique. Je sens tout mon corps contracté ; je suis en apnée. Image par image, la voiture grise se rapproche de moi ; je pensais la voir me rentrer dedans, et petit à petit je réalise que c’est moi qui vais lui rentrer dedans. Finalement, elle roule si vite qu’elle passe devant moi ; je la frôle. Je me retrouve arrêté juste après le carrefour, sous le choc. Ce 4×4 gris qui vient de griller un stop roulait au moins à 80km/h. Je ne sais pas si le chauffeur m’a vu. Je ne sais pas s’il (ou elle) a vu le stop. J’ai vécu la scène comme si elle avait duré une ou 2 minutes : ça s’est probablement passé en quelques secondes. Un espace s’est ouvert devant moi, le temps s’est figé, toutes les perceptions étaient là, séparées, claires. Après la décharge, tout était doux. Il y avait une sorte de résignation, une impuissance malgré mon pied enfoncé sur la pédale de frein. Ce qui allait arriver arrivera, je n’étais plus en contrôle.

Arrêté au milieu du carrefour, j’ai pleinement conscience qu’à une seconde près, c’était fini. Je le sais cellulairement, entièrement. La mort m’a frôlé. Si j’étais parti deux secondes plus tard, ou bien si la voiture grise avait roulé un peu moins vite, je ne serais plus là. Tout se serait arrêté. Mon couple, mon rôle de père, de frère, de fils, d’ami, la maison, tout cela serait parti, en une fraction de seconde. Je suis sous le choc.

Je réalise que je suis arrêté au beau milieu d’un carrefour, et je redémarre. J’ai un accès de colère contre le conducteur (ou la conductrice) de cette voiture. Mais qu’est-ce qui lui a pris ? Etait-ce de la roulette russe ? Est-ce qu’il ou elle regardait un DVD ?  Téléphonait ? Tapait un SMS ? Je suis furieux.

Et, bizarrement, soudainement, je réalise que je suis ce chauffard. Je ne peux pas vraiment l’expliquer ; c’est comme si une partie de moi se reconnaissait dans ce conducteur (ou cette conductrice). Oui, il m’arrive de ne pas être à 100% présent quand je conduis. Il m’arrive de décrocher mon téléphone en conduisant. De taper un SMS à un feu, et de regarder mon téléphone après pour vérifier qu’il est passé. Il m’arrive d’être happé par une émission radio. Il m’arrive d’être perdu dans mes pensées. Ce mec ou cette nana, qui est passé en trombe devant moi et qui a aussi failli perdre sa vie, c’est moi. Quelques secondes avant, je regardais moi-même sur le siège passager pour vérifier que j’avais bien mon téléphone. Tout aurait pu se passer pendant cette seconde ; jusqu’à l’enfant qui surgit sur la route.

 J’arrive au stage ; je suis incapable de parler. J’appelle S. pour lui dire que je les aime, elle et notre fils. Dans la cuisine, je prends un pain au chocolat. Je croque dedans, et je pleure : c’est le meilleur pain au chocolat de toute ma vie. Je sens le dessus croquer légèrement, le chocolat fondu, toutes mes papilles sont présentes ; tous mes sens sont présents. Ce pain au chocolat est un bonus. Le visage des gens qui arrivent est un bonus. Toutes ces secondes, ces minutes, ces heures depuis sont un bonus. Elles sont magnifiques ; elles sont extraordinaires.

Je ne sais pas pourquoi cette voiture était là. Mais je sais quel effet ça a eu sur moi. Et je pense à toi, Nicolas. Et surtout à tous ceux qui sont restés.

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