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Archive for the ‘Administratif’ Category

IMG_4559.resizedJe m’étais posé cette question assez superficiellement au tout début du projet, et j’avais conclu par : « De toutes façons, je vais tout faire sauf la charpente, ça fait partie du projet. Je verrai bien au fur et à mesure ». Eh bien nous y sommes… Il est temps pour moi de faire un point sur ce sujet. Je suis d’ores et déjà conscient que cet article ne peut être qu’incomplet : prenons-le comme un point de départ, une photo à l’instant « t ».

Après presque un an et demi de travaux, je crois que je peux dire « Euréka » : j’ai une équation qui semble bien fonctionner :

Equation

OK, en écrivant ça, je n’ai pas inventé l’eau chaude ;-). Mais il m’a fallu près d’un an pour me rendre compte de cette réalité ; c’est d’ailleurs presque une loi de la Nature. A budget et savoir-faire égaux, s’il y a moins de main d’œuvre, il faut plus de temps pour un résultat équivalent. Si on a moins de savoir-faire, il faut plus de temps. Si on a moins de temps, il faut soit plus d’argent, plus de main d’œuvre, à savoir-faire équivalent. Je pourrais continuer longtemps, ça marche dans tous les sens…

Voici donc quelques leviers d’action :

  • Savoir-faire : j’en ai bien peu comparé aux professionnels. Je sais faire plein de choses, mais beaucoup moins vite, beaucoup moins efficacement et certainement aussi moins bien que les professionnels. Les échanges quasi quotidiens avec les artisans (amis ou connaissances) m’aident beaucoup : je trouve cela complètement indispensable. Mais j’ai utilisé d’autres moyens pour améliorer mon savoir-faire : j’ai choisi de faire des stages de formation, par exemple au Gabion (j’ai trouvé ça génial, je recommande les yeux fermés) ou chez Oikos (vraiment bien, mais un cran en-dessous selon moi ; était-ce lié au sujet ?). J’ai aussi pu mettre la main à la pâte ici et là sur des projets d’autoconstruction, et sur d’autres chantiers (enduits, couverture, etc.) ; j’y ai énormément appris, et aussi beaucoup échangé… Enfin, dernière source d’apprentissage : les gens qui savent faire et qui viennent donner un coup de main… Alors là, c’est précieux car on fait d’une pierre plusieurs coups : j’apprends, je fais avancer le chantier plus vite et mieux que si j’avais été tout seul, et en plus nous passons un bon moment… C’est le top du top selon moi, et sur la base d’échange (1 journée rendue pour une journée donnée), ça marche plutôt bien… Au final, je dois me rendre à l’évidence : à partir du moment où je décide de couvrir le maximum de domaines, il faut que j’accepte de les couvrir moins profondément. Chaque métier à ses petits trucs qui font toute la différence, ces choses que seules les années d’expérience, les leçons tirées des erreurs passées peuvent apporter. Quoiqu’il en soit, le réseau humain est selon moi un facteur critique de réussite pour un tel projet… Croiser tel ou tel artisan chez le marchand de matériaux m’a souvent donné un sacré coup de pouce, au bon moment !
  • Temps : bien que je sois conscient que le temps n’est qu’un artifice pour mesurer le mouvement (planétaire, en l’occurrence), je cours après, comme beaucoup de monde… Depuis le début du chantier, je me rends compte que je fais des choses plus ou moins efficacement, en plus ou moins de temps. En premier lieu, il y a des questions de pure gestion de projet : faire en sorte que les matériaux soient là à temps (et pas trop tôt car cela peut gêner à cause du stockage), de même que les outils (y compris ceux qu’on doit emprunter le cas échéant, du type tracteur ou échafaudage), ainsi qu’éventuellement la main d’œuvre. Pour faire ça vraiment bien, il faudrait avoir une bonne idée du temps que va prendre une tâche ; et pour ça, je dois dire que je navigue à vue : j’apprends tous les jours. Côté gestion de projet, il y a aussi l’enchaînement des tâches sur différents corps de métier : tant que l’échafaudage est monté en pignon, autant en profiter pour faire le bardage ET les rives de toit (par exemple). C’est du bon sens mais ça change beaucoup de choses. L’organisation du chantier a aussi un grand impact : prévoir une aire de stockage des matériaux à l’abri, qui ne gêne pas (ni la pelleteuse, ni les livraisons, ni, ni, ni). Je n’avais pas prévu cela, et je me suis retrouvé à déplacer des matériaux plusieurs fois. L’enchaînement des saisons aussi est important : quand il fait beau, se concentrer exclusivement sur les tâches extérieures… J’ai regretté de ne pas avoir fait les enduits des soubassements l’an dernier avant les gelées, par exemple. Autre chapitre : le perfectionnisme… D’après le principe de Pareto, on peut obtenir 80% des résultats avec 20% des efforts, et par contre pour obtenir les 20% de résultats restants, il faudra déployer 80% d’efforts (c’est un exposé grossier du célèbre principe). Je pense que je suis la plupart du temps dans la tranche des 20% de résultats restants, déployant ainsi une grande énergie et beaucoup de temps pour faire les choses « bien ». Est-ce vraiment indispensable ? Je crois que c’est parfois important, parfois non ; c’est rarement critique. Ce qui est sûr, c’est qu’à ce sujet, j’apprends beaucoup des venues de personnes extérieures. De manière beaucoup plus générale, je lutte aussi avec les moments de repos (cf. histoire du bûcheron à la fin de l’article), ainsi qu’avec les objectifs : la question classique est : « quand allez-vous emménager ? ». Ben j’en sais rien. Enfin, il y a des questions radicales au sujet du temps : vais-je prendre une (ou deux) années sabbatiques pour ce projet ? Ou bien continuer de travailler en parallèle ? Quelle priorité vais-je mettre sur le projet par rapport aux autres pans de ma vie (cf. la célèbre histoire des cailloux) ?
  • Main d’œuvre : il y a de nombreuses options : les amis de passage, ceux qui viennent participer à une tranche de projet, la famille (des retraités très actifs notamment ;-)). Il y a aussi les échanges de temps, que ce soit de manière informelle ou au sein d’un SEL (Système d’Échange Local). Certains ont organisé de vrais chantiers participatifs ; je dois dire que je n’ai pas vraiment exploré cette piste, pour des raisons qui ne sont pas encore très claires. Pour toutes ces solutions, la question de l’assurance se pose : que se passe-t’il s’il y a un accident sur le chantier ? Il y a des solutions (assurance Castors par exemple), mais encore une fois, je n’ai pas exploré le sujet à fond. Deuxième option, que j’ai utilisée à plusieurs reprises : le chèque emploi service universel. Cela permet de rémunérer quelqu’un pour quelques heures, de manière hyper simple (tout se fait par le web), et pas chère (il y a un crédit d’impôts correspondant en gros aux charges employeur ; des simulations sont disponibles sur le site du CESU). Il y a quelques précautions à prendre : au delà d’une certaine durée de travail mensuelle, il faut un contrat de travail par exemple, ou bien faire attention à ne pas dépasser le plafond de crédit d’impôts ; mais pour des coups de mains ponctuels, ça marche vraiment bien. Le bon côté, c’est qu’on peut vraiment apprendre beaucoup en plus du coup de main (selon la personne embauchée) ; l’inconvénient est que l’on n’a pas de garantie sur le travail effectué, contrairement à une sous-traitance à une entreprise. Dernière option donc (en tous cas pour cet article) : la sous-traitance pure. Faire faire des devis pour une tâche particulière, sélectionner l’artisan et suivre les travaux. Pour l’instant, nous ne l’avons fait qu’à 2 reprises : pour la charpente et pour les menuiseries. Une vraie question au sujet de la sous-traitance est : que faire sous-traiter ? J’ai retrouvé un petit tableau édité par l’association des Castors Rhône-Alpes :
Extrait d'un tract des Castors Rhône-Alpes

Part des matériaux et de la main d’œuvre, par poste. Extrait d’un tract des Castors Rhône-Alpes

      Évidemment, ce ne sont que des approximations, et pour une maison « traditionnelle ». Pour une maison bois, par exemple, les répartitions charpente/maçonnerie n’ont rien à voir. Mais cela donne des informations assez intéressantes, notamment pour la part de la main d’œuvre dans le coût, par poste. Je suis curieux de savoir ce que va donner la réalité de notre chantier en comparaison de ce tableau… Quoiqu’il en soit, on peut déjà voir qu’à la louche, la main d’œuvre représente un peu moins de 50% du coût de la construction. Les critères de choix pour la sous-traitance peuvent être divers : par exemple, nous avons choisi la charpente pour des raisons de technicité, de temps et de garantie. Mais il se peut aussi qu’on fasse sous-traiter de la grosse maçonnerie dans le futur, simplement parce que ça ne m’intéresse plus vraiment (j’ai déjà vu le film avec les fondation de la maison), et que c’est vraiment physique (pour préserver mon dos)… Chacun son chemin.
  • Argent. Pas infini (pas pour nous en tous cas ;-)), et nécessaire… Il en faut pour acheter les matériaux, par exemple. Voici donc ouvert le chapitre « achats ». J’ai découvert avec étonnement que les prix des matériaux, à qualité égale, pouvaient varier énormément. L’exemple le plus flagrant a été l’achat du gros câble pour relier notre maison au compteur ERDF (cf. article) : le premier devis chiffrait le câble à près de 5000 Euros ; après une recherche sur Internet, le prix est tombé à 2300 Euros ; finalement, nous l’avons eu à 2033 Euros TTC livré… Soit un gain de plus de 50% ! En fait, on peut gagner énormément en passant un peu de temps sur les achats. Je parle évidemment à qualité équivalente : je suis (devenu ?) un partisan de la qualité que ce soit pour les matériaux ou l’outillage (cf. l’épisode de la meuleuse d’angle Bosch…). Je crois que les clés du bon achat passent par l’anticipation (un achat urgent est coûteux), le groupement à chaque fois que cela a un sens (soit avec d’autres personnes, soit en groupant tous les achats du même matériaux en 1 commande, par exemple les liteaux / le bardage / le ciment / le sable / etc.), la comparaison (faire faire plusieurs devis), et la négociation (je n’hésite plus à négocier dès que les volumes sont significatifs). Très souvent, j’obtiens autour de 20% de remise ; au final, ça fait une grosse différence, même si ces achats « optimisés » se font en parallèle d’achats « urgents » (il y en a toujours). Mais très clairement, à budget limité, c’est rentable de passer du temps sur les achats, en utilisant les 4 axes listés ci-dessus. Enfin, il y a aussi des questions très radicales concernant ce sujet : est-ce qu’il vaut mieux prendre une année sabbatique et faire le maximum soi-même ou bien continuer de travailler et faire sous-traiter plus ? Tout cela rentre dans un tableur (même si la question fondamentale est beaucoup plus profonde) : l’exercice est hyper intéressant, voire déroutant… Moi qui ai dans le passé sous-traité une bonne partie de ma vie (jusqu’à l’alimentation !), je crois que je pourrais écrire un bouquin à ce sujet… Autre question : dois-je attendre d’avoir l’argent pour faire ou vaut-il mieux que j’emprunte pour faire immédiatement ? Tout cela se discute, se mesure, mûrit… Ces questions dépassent évidemment largement le périmètre du projet de construction…

Oulala, encore une fois, je me rends compte que la plume (le clavier en l’occurrence) a beaucoup travaillé, et qu’il est temps de conclure… Vous l’avez bien compris, je n’ai pas de réponse à la question posée : « faire ou faire faire »… je crois que c’est avant tout une question d’équilibre entre les 4 leviers, selon les aspirations et contraintes de chacun… Il y a d’ailleurs peut-être d’autres leviers à ajouter dans l’équation ?

Bonus : Le bûcheron obstiné (extrait de « Laisse-moi te raconter… les chemins de la vie » de Jorge Buclay) :

 » Il était une fois un bûcheron qui se présenta pour travailler sur un chantier de bois d’œuvre. Le salaire était bon et les conditions de travail encore meilleures, aussi le bûcheron voulut-il se montrer à la hauteur.
Le premier jour, il se présenta au contremaître, qui lui donna une hache et lui assigna un secteur.
Plein d’enthousiasme, l’homme partit couper des arbres dans la forêt.
En une seule journée, il en abattit dix-huit.
« Je te félicite, lui dit le contremaître. Continue comme ça. »
Encouragé par ces paroles, le bûcheron décida d’améliorer son rendement le lendemain. Aussi se mit-il très tôt au lit.
Au matin, il se leva avant tout le monde et partit en forêt. Malgré son acharnement, il lui fut impossible de réussir à couper plus de quinze arbres.
 » Je dois être fatigué », pensa-t-il. Et il choisit de se coucher en même temps que le soleil.
Il se leva à l’aube, résolu à battre son record de dix-huit arbres. Cependant ce jour-là, il ne parvint même pas à la moitié.
Le lendemain, il n’en abattit que sept, puis cinq, et enfin, le dernier jour, il passa tout l’après-midi à essayer de couper son dernier arbre.
Inquiet de ce qu’allait dire le contremaître, le bûcheron alla le trouver et lui raconta ce qui lui arrivait, lui jurant sur tout ce qu’il avait de plus cher, qu’il s’escrimait jusqu’à se sentir au bord de l’évanouissement.
 » Quand as-tu aiguisé ta hache pour la dernière fois? lui demanda le contremaître.
– Aiguiser ? Je n’ai pas eu le temps ! J’ai été bien trop occupé à couper des arbres. »

Bucheron« 

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SloganSAUR-détournéJ’ai longtemps hésité avant d’écrire cet article, dont l’énergie n’est pas vraiment compatible avec celle souhaitée pour le blog ; cependant cette histoire fait partie des aléas de la construction, donc je me dis qu’il pourrait être utile de la partager. Laissez-moi donc vous compter (ce n’est pas une faute d’orthographe ;-)) un poème…

La SAUR est une des 3 principales sociétés privées qui distribuent l’eau en France. C’est à elle que nous devions nous adresser pour l’eau et le tout-à-l’égout. En Février 2012, nous demandons un devis à la SAUR pour un branchement à l’assainissement et à l’eau potable ; nous recevons le devis début mars, pour un montant d’un peu plus de 1000 Euros pour le branchement eau potable et d’un peu plus de 1800 Euros pour le branchement assainissement. En gros, 2850 Euros pour avoir l’eau et le tout-à-l’égout (obligatoire). Ça me parait cher par rapport au raccordement à l’électricité (1100 Euros) ou au téléphone (gratuit), mais il y a clairement plus de travail. Je suis par contre très surpris de constater que pour lancer les travaux, 100% du devis doit être réglé ; oui, vous avez bien lu : il faut payer 100% des travaux à la signature du devis. De plus, je me rends compte en regardant le devis que je ne comprends pas tout ; j’appelle donc la SAUR, et leur demande à quoi correspondent certains intitulés comme « Plus-value pour surprofondeur au delà de 1,5m » ou « Plus-value pour croisement de câbles ». La personne me répond qu’il s’agit d’options qu’ils cotent systématiquement, ne sachant pas sur quoi ils peuvent tomber en faisant le raccordement ; bon, pourquoi pas. Elle ajoute que les opération non effectuées seront remboursées, et que les travaux ne pourront être déclenchés que lorsque le règlement de 100% du devis sera reçu. Voilà pour l’acte 1 : pour lancer les travaux de raccordement, nous sommes obligés de signer un devis comportant des options qui ne seront pas forcément exécutées, et de payer 100% des travaux à l’avance… Dans la vraie vie, si une entreprise me propose un devis comportant des options qu’elle va peut-être devoir réaliser, et qu’elle me demande 100% du montant du devis à l’avance, je me sauve en courant et je vais voir ailleurs ; c’est d’ailleurs pour ça qu’on ne rencontre jamais ce cas en pratique… Mais ici, nous sommes dans un cas très particulier où la concurrence n’existe pas, au moins pendant la durée du contrat de délégation de service public (je crois qu’ici la durée du contrat est de 14 ans, à vérifier). En gros, pour avoir l’eau, pas le choix : il faut passer par cette société, et à leurs conditions. Au passage, le fait qu’il faille payer 100% du montant du devis avant travaux est documenté dans le contrat avec la commune : ce n’est pas une surprise à priori.

J’avale donc ma salive et je renvoie le devis signé avec le règlement de 100% du montant des travaux la première semaine d’avril 2012. Le délai d’exécution des travaux noté sur le devis est de 20 jours. Mi-mai, n’ayant pas de nouvelles, j’appelle : les travaux n’auront pas lieu avant début Juin, car la SAUR n’a qu’une équipe technique pour le sud de l’Yonne (le siège de la SAUR 89 est à Sens, à plus de 80km d’ici). OK, un peu de délai en plus, rien de bien surprenant dans le BTP, même si c’est bloquant car je ne peux pas vraiment commencer les VRD sans avoir le niveau du regard de raccordement du tout-à-l’égout. L’équipe arrive à la date prévue, très sympa. On fait un tour avec le gars qui semble être le chef d’équipe, et il est surpris du diamètre de raccordement (25mm) alors qu’il y a 200m de tuyau (diamètre 32) pour rejoindre la maison. Il dit qu’il y a sûrement une erreur et appelle donc le siège pour vérification. Le siège confirme : ça sera 25mm. Le technicien fait la moue, mais il enchaîne ; il explique qu’ils vont raccorder le tout-à-l’égout à la conduite d’évacuation des eaux de pluie, vu qu’il y a un regard à proximité ; ça leur permettra de creuser moins profondément. Le réseau ici est unitaire, c’est à dire qu’on mélange les eaux de pluie avec les eaux sales. Donc rien d’anormal à priori, même si ça peut paraître surprenant au premier abord. Je note qu’il n’y a pas de blindage dans le camion (obligatoire pour les tranchées d’une profondeur supérieure à 1,5m), donc ils savaient déjà avant de venir qu’il n’allait pas être utile de creuser à plus de 1,5m… OK, on verra ça plus tard. Il n’y a pas non plus de sable dans le camion, seulement du calcaire 0/20. Le raccordement est terminé dans la journée.

La semaine suivante, je reçois la facture définitive (déjà payée), sans rien d’autre. Aucune option non effectuée remboursée, alors que manifestement des opérations n’ont pas été réalisées. Je fais donc un courrier recommandé avec A/R pour signaler les 4 opérations facturées qui n’ont pas été effectuées et demander le remboursement des sommes correspondantes. Au passage, je partage mon inquiétude concernant le fait que tous ces raccordements ont été faits sans aucune utilisation de sable, juste avec du calcaire 0/20, ce qui est contraire à la norme en vigueur, et qui met en danger le réseau à terme car les cailloux du 0/20 perforent les canalisations avec le temps. Je reçois quelques jours plus tard un remboursement pour 1 des 4 opérations non effectuées, et un courrier expliquant qu’il est normal de ne pas mettre de lit de sable pour protéger les canalisations (!), et que d’ailleurs ils me refacturent la différence de prix entre le sable et le calcaire (plus cher) en le déduisant du remboursement de l’opération non effectuée… la grande classe. Quant aux 3 autres opérations, elles ont été réalisées d’après la SAUR. Fin de l’acte 2.

Je mets l’histoire du sable et de la norme de côté, après l’avoir signalé à la mairie : même si à la fin de la journée c’est nous (contribuables de la commune) qui paierons les réparations à venir sur le réseau, je ne peux pas me substituer à la mairie. Je renvoie un courrier A/R à la SAUR, en faisant part de mon désaccord sur les opérations effectuées, et en proposant un RDV sur place en présence de monsieur le Maire pour constater la réalité des travaux. Par exemple, il est très facile de se rendre compte que la « découpe de chaussée ou de trottoir » sur 8 mètres n’a pas pu avoir lieu : la chaussée est intacte, et il n’y a pas de trottoir à cet endroit. Pas de réponse. J’envoie un courrier A/R au service national clientèle début février 2013 ; deux mois plus tard, après plusieurs relances, ils me renvoient la réponse initiale datant de Juillet 2012… Nous en sommes encore ici à ce jour.

Pour l’acte 3, petit flash-back : en Juin 2012, une semaine après les travaux de raccordement, je reçois aussi une facture d’abonnement à l’eau et à l’assainissement. Il s’agit en fait d’une « facture-contrat », un concept que je n’ai pas encore très bien compris. Je suis très étonné de recevoir cette facture, vu que je n’ai demandé aucun abonnement : je n’aurai pas besoin de l’eau du réseau avant au moins 1 an… Les tuyaux ne sont même pas connectés : les travaux de VRD n’ont pas encore commencé à cette époque. Quand on demande le raccordement à l’électricité ou au téléphone, ils ne déclenchent pas l’abonnement dans la foulée… J’appelle le service client SAUR et une dame me dit qu’il suffit de renvoyer la facture-contrat barrée d’un « pas d’abonnement ». Ce que je fais. En Juillet, je reçois une lettre de rappel, avec pénalités. Puis 2 semaines plus tard, une mise en demeure avec encore plus de pénalités. Je fais donc un premier courrier A/R pour expliquer que je n’ai jamais demandé d’abonnement, et que j’ai renvoyé la facture-contrat barrée comme indiqué par le service client. Pas de réponse. A ce jour, malgré 4 courriers A/R plus une escalade au service clientèle nationale, toujours aucune réponse. Zéro réponse, mais toujours des factures et mises en demeure, alors que mes tuyaux d’eau et d’assainissement sont en l’air… La SAUR est tenue contractuellement de répondre à des courriers clients sous 15 jours, mais manifestement ils ne sont pas vraiment au courant de cette partie du contrat.

Voilà donc le début de ce poème… Je ne sais plus vraiment quoi faire : au téléphone, la SAUR répond que le dossier est en cours (depuis presque 1 an) ; par courrier je n’ai aucune réponse (ou une réexpédition de réponse datant de plus de 8 mois). Le tout pour presque 500 Euros de prestations facturées mais non effectuées, ou non commandées. Je mesure concrètement l’impact qu’il y a à faire une « délégation de service public » à une entreprise privée dont le but est de maximiser les profits. Je réalise aussi très concrètement combien cela va nous coûter dans le futur, quand il faudra réparer le réseau qui aura été dégradé faute de respect des normes. Au début, je pensais que toute cette histoire était une erreur, ou une suite d’erreurs. Mais plus j’avance, plus je soupçonne que tout ceci soit inscrit dans l’ADN de la société : les procédures sont là, que ce soit pour facturer les travaux de raccordement ou bien déclencher les abonnements automatiquement, y compris sans demande préalable du client ; le service client et le service réclamations sont superbement désorganisés, au mieux. Je ne peux pas blâmer les individus à la SAUR : ils suivent les procédures, et font souvent le travail de 2 pour diverses raisons – tous ceux qui ont bossé dans des grosses boites cotées en bourse connaissent ça ; avec en plus des épices qu’on adore : une boite à priori (?) au bord de la faillite, mais dont le Président se verse une prime de 200 000 Euros… Je ne peux pas non plus reprocher à la mairie d’avoir choisi la SAUR (d’autant plus qu’ils m’ont déjà bien supporté dans mes démarches) : gérer un contrat de délégation est une tâche lourde, pour laquelle il faut une expertise technique certaine… il y a déjà tellement de choses à faire, d’urgences à traiter dans une petite mairie !

Par contre, nous avons collectivement mis en place (ou accepté la mise en place) un système duquel nous devenons prisonniers, voire esclaves : si on veut l’eau courante, c’est au prix et aux conditions de l’entreprise délégataire, sans aucun recours facile. Tout est parfaitement verrouillé : le raccordement au tout-à-l’égout est obligatoire quoiqu’il arrive, même si (à l’extrême) on veut être autonome en eau ; le contrat de délégation est sur une durée telle que la concurrence n’existe pas en pratique ; l’étude de ces contrats exige un tel niveau d’expertise que les petites mairies ne peuvent pas s’en sortir et renouvellent les contrats par défaut, sans forcément faire attention aux clauses… Bien sûr, on peut entamer des procédures juridiques (ce qui n’est pas encore exclu), mais cela demande du temps, de l’énergie et des moyens. Oui, l’eau est un bien commun universel, et oui, elle doit être gérée par une structure publique et locale, dans l’intérêt collectif : ceci est devenu très clair pour moi ces derniers temps…

Je suis évidemment ouvert au dialogue avec la SAUR : il y a 6 courriers qui attendent une réponse, et une invitation à venir constater sur place la réalité des travaux effectués : je suis à votre disposition.

Si quelqu’un parmi vous a des idées concrètes pour démêler ces fils, je suis preneur ! Vous pouvez répondre en postant un commentaire ci-dessous…

Fin du poème… pour l’instant ! Ce n’est qu’un problème financier, au final, mais ça crée des douleurs anales très désagréables ;-).

Vu il y a quelques semaines (et je comprends mieux, maintenant) :

Addendum du 10/09/2013 :

Beaucoup de choses se sont passées de ce côté… Fin Juin, j’appelle le service clients pour prendre des nouvelles de mon dossier ; je réexplique la situation, et la dame me propose de résilier le contrat, vu que je n’ai aucune consommation, mais elle ne peut le faire qu’à partir de Novembre 2012. Je devrai payer entre Juin et Novembre 2012 pour un service que je n’ai pas demandé et pas utilisé. Pourquoi cette personne peut faire quelque chose que l’autre personne du même service que j’ai appelé en Juillet 2012 ne pouvait pas ? Mystère. Je laisse infuser, et fin Juillet, j’appelle directement une autre personne, connue pour résoudre les problèmes (et il y en a quelques uns sur la commune…). Ni une ni deux, il me dit qu’il va faire en sorte que l’abonnement soit annulé sans frais étant donné que je n’ai eu aucune consommation… Pour les travaux de raccordement, il va voir ce qu’il peut faire. Finalement, moyennant une lettre de décharge du Maire, il me rembourse une des tâches facturées mais non effectuées : les 2m² d’enrobé sur le trottoir qui n’existe pas. En fait, le seul truc encore visible. Merci quand même, ça me fait plaisir d’être tombé sur un  humain et pas un mouton. Je crois que ça me va comme ça, je suis fatigué de cette histoire. J’ai perdu quelques centaines d’euros de travaux facturés non effectués, le travail a été fait en violation des normes professionnelles, mais j’ai beaucoup appris…

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La paperasse

Bon, je suis à la bourre dans les paperasses… Je crois que je me suis un peu endormi sur le permis de construire ; ou peut-être bien qu’une subite saturation de formulaires divers m’a prise par surprise ? Toujours est-il que la paperasse ne s’arrête pas au permis… Il y a (au moins) 2 autres formalités à accomplir : envoyer une demande de renseignements (DR) puis une déclaration d’intention de commencement de travaux (DICT) aux différents concessionnaires des réseaux public (eau, assainissement, Telecom, électricité). L’idée est de savoir si un câble ou des tuyaux passent sur les parcelles ou à proximité, histoire d’éviter les mauvaises surprises quand la pelleteuse effectue le terrassement (du 20 000 volts en bout de pelle ça doit picoter un peu). Les réponses aux DR servent aussi de références techniques à donner à l’entreprise qui fera le terrassement, afin qu’elle soit au courant des contraintes et précautions à prendre.

J’avais déjà envoyé une demande de renseignements (DR) à EDF en Juin 2011 pour savoir ce qui passait sur le terrain et où (ligne HTA enterrée et aérienne), mais je viens de (re ?)découvrir qu’une DR expire au bout de 6 mois sans DICT… Du coup j’ai tout renvoyé (DR + DICT) à ERDF, la SAUR et France Telecom.  Je ne suis pas sûr que ce soit la procédure adéquate, mais on verra bien ce que ça donne.

Idéalement, j’aurais dû envoyer les DR en même temps que la demande de permis de construire (ils ont  un délai de 1 mois pour répondre), puis les DICT à l’obtention du permis, en mentionnant les numéros de DR. Je ferai ça pour la prochaine maison, en 2096 😉

Bref, rien de bien passionnant, mais il faut le faire !

Addendum du 30/04/2012 : Nous avons reçu la réponse à la DICT de la SAUR le 30 Mars (4 jours après la demande), celle de France Telecom le 3 Avril (8 jours après la demande) et celle d’ERDF le 4 Avril. Les 2 premières étaient au format électronique (reçues par e-mail), et celle d’ERDF au format papier, avec un grand plan au format A0 à l’échelle afin de bien situer le câble 20 000V enterré… Je transmets tout ça au Terrasseur ! Du coup je n’ai pas bien compris l’intérêt de la DR ; à mon avis une simple demande de DICT suffit… Dans tous les cas, ça fonctionne bien, tout a été reçu dans les délais !

Addendum du 29/05/2012 : Voici un commentaire reçu sur le blog (je fais du copier-coller pour enlever la référence à un site commercial) : « Pour information, une réforme est sur le point d’entrer en vigueur précisément le 1er juillet 2012. Les changements sont importants. Ainsi, les responsabilités des différents acteurs (maîtres d’ouvrage, entreprises de travaux publics et exploitants de réseaux) sont rééquilibrées. La nouveauté concerne la création d’un « guichet unique » qui est ni plus ni moins une base de donnée nationale et unique des réseaux enterrés, aériens et subaquatiques. Les exploitants de réseaux ont jusqu’au 31 mars 2012 pour enregistrer leurs coordonnées sur le site du « guichet unique». Ce téléservice de déclarations de travaux instauré au sein de l’Ineris remplacera le système actuel de déclaration en mairie. »

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Comme le dirait un tube des fameux Casa Bancale, « Santé ! » ! Permis de construire accordé le 16 mars 2012, soit exactement 4 semaines et 3 jours après la date de dépôt en mairie ! Le précieux sésame est maintenant dans la poche, nous allons pouvoir mettre les mains dans la terre…

Un peu plus de 4 semaines pour obtenir le permis, au lieu de 3 mois officiellement (site protégé), c’est plutôt bien ! Je ne peux m’empêcher de penser que nos démarches auprès des différentes autorités ont permis d’accélérer le traitement (c’est d’ailleurs ce qu’ils nous avaient dit) ; étant donné que tout le monde connaissait le dossier, ça pouvait aller vite. Mais rien n’était gagné, dans les démarches administratives lourdes les surprises ne sont pas rares. Nous n’y avons d’ailleurs pas échappé…

Permis accordé, avec une bizarrerie surprenante ; le courrier de la DRAC (les Architectes des Bâtiments de France (ABF)) mentionne je cite : « En vertu des dispositions législatives et réglementaires applicables, le projet étant situé dans le périmètre de protection mais hors du champ de visibilité du (des) monument(s) historique(s) ci-dessus nommé(s), je vous informe que l’architecte des Bâtiments de France n’a pas à donner son accord« … Quelle est donc cette bizarrerie législative et réglementaire qui dispense de l’avis des ABF, alors que tout le monde (Maire, DDT et même les ABF avec qui nous avons fait 4 rendez-vous, échangé quelques e-mails et eu quelques conversations téléphoniques) nous disait le contraire… En creusant un peu, il y a eu une grosse bataille en 2009 au sujet des ABFs : leur avis conforme (le plus contraignant) a été supprimé en Janvier 2009, mais cette loi a été annulée par le conseil constitutionnel le 12 février 2009. Puis la loi du 3 Août 2009 supprime de nouveau l’avis conforme, mais cette loi est amendée par le Sénat le 18 Septembre 2009 qui rétablit l’avis conforme avec des recours simplifiés auprès du Préfet. Bref, grosse polémique et grosse bataille avec le Gouvernement à priori (je passe les articles qui dénoncent une attaque des gros bétonneurs). Au final, le plus intéressant est : « Dès lors que l’avis de l’ABF est requis par les textes, le défaut de consultation de l’ABF serait susceptible d’entacher d’illégalité l’acte délivrant ou refusant le permis de construire. Le service chargé de l’instruction doit donc transmettre systématiquement les demandes de permis de construire pour avis à l’ABF dès lors que le projet se situe dans un périmètre de protection. L’ABF a seul compétence pour apprécier si son avis doit ou non être requis, lorsqu’il s’agit du champ de visibilité (rayon de 500 mètres) d’un monument historique.« . En gros, on est de toutes façons obligés de passer par eux, et eux seuls décident s’ils doivent donner leur avis ou pas. Notre démarche n’a donc pas été vaine, même si le résultat est surprenant !

La réponse rapide pour le permis de construire est une excellente nouvelle, même si elle bouscule un peu : bah oui, j’étais en train de couper du bois, et il faut maintenant tout mettre en branle ! 😉

Permis de construire accordé !

Avis des ABFs

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Petit retour en arrière : fin 2010, je me mets à la recherche d’un terrain pour construire la maison. Après plusieurs visites, toutes décevantes par rapport à mes critères, je tombe presque par hasard sur le terrain : il est orienté au Sud, en pente descendante Nord-Sud, situé sur la partie haute d’une colline, avec un panorama prometteur que je ne peux que deviner lors de la visite. La partie Nord du terrain est protégée par une grande haie, ce qui est une excellente chose pour la conception bioclimatique. Il est entouré par des champs au Nord, à l’Est et à l’Ouest ; au sud il y a le village. Le terrain est très grand et permettra d’y développer d’éventuels autres projets à venir. C’est un ancien verger qui n’a pas été entretenu depuis plus de 20 ans ; il comporte beaucoup de vieux arbres fruitiers (pommiers, poiriers, pruniers, cerisiers), ainsi que 4 énormes châtaigniers multi-centenaires. De jeunes chênes sont aussi présents un peu partout sur le terrain, ce qui me plaît beaucoup. D’après les Anciens, c’était le verger des énormes maisons bourgeoises qui longent la route ; lors du décès des propriétaires, les maisons et le terrain ont été divisés entre les différentes enfants de la famille. Certaines maisons ont été rachetées depuis, alors que d’autres tombent en ruine. J’aime le fait que ce terrain soit un ancien verger, avec son histoire, et son côté nourricier : j’imagine les Anciens récolter les différents fruits, faire des jus et du cidre, des confitures, des conserves pour l’hiver. Il y a une bonne énergie dans ce terrain, quelque chose de sain que je ne peux pas vraiment décrire.

Avec presque 1,2 hectares (12 000 m²), il y a de la place. Pas de vis-à-vis, les maisons les plus proches sont cachées par la végétation. Le terrain est situé dans le village, à sa limite ; ce n’est pas ce que j’imaginais au départ, mais au final c’est une excellente chose : proximité des commerces, des écoles. Nous serons à la campagne, au milieu de la nature, mais en même temps dans le village, avec tout à quelques pas.

Bon, évidemment, dans la vraie vie, il y a aussi des défis ; ce terrain en comporte plusieurs. D’abord le raccordement aux différents réseaux s’annonce coûteux, avec presque 200m de liaison. Lors de la demande de certificat d’urbanisme opérationnel, la réponse d’ERDF a été rassurante : ça passera, à condition d’utiliser du triphasé. Au vu de la distance à couvrir, je me rends compte grâce à mon électricien qu’il faudra du câble 4x25mm², qui commence à coûter un bras, le cours du cuivre s’étant envolé ces dernières années (eh oui, je découvre qu’il y a des aspects très concrets à l’envol des prix des matières premières ;-)). Ce coût des raccordements aux réseaux m’a servi à négocier le prix du terrain, et donc au global le prix au m² du terrain après viabilisation devrait rester tout à fait raisonnable. Second défi :  l’entretien. Comment entretenir plus d’un hectare ? Et tout d’abord, comment défricher ce terrain laissé à l’abandon depuis plus de 20 ans ? Il est complètement impénétrable, envahi par de l’épine noire (dont des troncs font presque 15cm de diamètre) des gros « prunus » (sorte de cerisiers sauvages) ainsi que des ronces… Ce défrichage sera indispensable avant de faire quoique ce soit sur le terrain : en fait je n’ai pu visiter qu’une toute petite partie du terrain, ne pouvant y pénétrer. Troisième défi : la pente. Comment construire dans une pente ? Comment limiter au maximum l’impact sur le terrain, la végétation ? Comment faire un chemin d’accès qui tient le coup avec une pente de près de 10% ? Enfin il y a aussi cette ligne électrique HTA (20.000 volts dans notre cas) qui traverse le terrain sur son flanc Ouest ; cette ligne est souterraine sur une partie, mais aérienne sur l’autre moité. Il faudra s’en éloigner ; dans notre cas, la distance minimale de construction est 20m ; je préfère prendre 30m…

Le défrichage du terrain a été fait à l’aide d’un broyeur forestier, qui est capable d’attaquer des arbres dont le tronc fait 15cm de diamètre… C’est un peu violent, mais à la main, c’est un boulot de plusieurs mois… L’avantage du broyeur est qu’il laisse une épaisse couche de copeaux de bois sur le sol, permettant ainsi de faire un paillage qui de nid pour les micro-organismes, puis de fertilisant naturel une fois complètement décomposé. L’idée était de laisser le plus de végétation existante possible tout en enlevant les épines noires et ronciers. En quelques heures, le travail était fait : je pouvais enfin visiter complètement le terrain ! Du coup j’ai pu effectuer les relevés de pente avec une lunette de géomètre, ainsi que des relevés GPS plus précis. L’objectif était de positionner au mieux les constructions afin de limiter l’impact sur le terrain, profiter au maximum de la vue tout en limitant la distance de raccordement aux réseaux…

 Il reste encore aujourd’hui beaucoup de travail pour préparer le terrain à la construction : abattre les arbres morts ou abîmés (restes de la tempête de 1999 ?), enlever les souches. Il faudra ensuite assez rapidement tailler les fruitiers, faucher les ronces restantes. Je compte semer de la jachère fleurie dans un premier temps, et voir ce qui se passe. Je suis à ce jour absolument contre la pelouse et la divine tonte hebdomadaire estivale polluante et avilissante… Place aux herbes sauvages (tant que ce ne sont pas des ronces), aux insectes et petits animaux !

Bref, encore beaucoup de travail sur ce terrain, de défis à relever, de surprises à venir, mais quel potentiel !

Ressources : (sur les précautions face aux lignes EDF)

Le terrain à l'origine (printemps 2011)...

Le terrain toujours à l'origine...

Le terrain toujours à l'origine (printemps 2011)...

Après défrichage : aire de construction

Après défrichage : aire de construction (hiver 2012)

Terrain défriché : vue sur le petit bois (hiver 2012)

Terrain défriché : vue nord-ouest (hiver 2012)

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Ça y est ! Quelle grande étape dans le projet… Après la signature du compromis de vente du terrain le 28 Mars 2011, la signature de l’acte authentique le 21 Juin 2011, voici le dépôt du dossier de demande de permis de construire le 14 février 2012. Il aura fallu 9 mois pour faire les plans de la maison, de la grange, définir l’emplacement sur le terrain, constituer le dossier.  9 mois… comme c’est curieux !

La commune ne possède ni Plan d’Occupation des Sols (POS) ni Plan Local d’Urbanisme (PLU) : les règles nationales d’urbanisme (RNU) s’appliquent donc. Le terrain se trouve dans un périmètre protégé (monuments historiques) ; il a donc fallu tenir compte de l’avis des Architectes des Bâtiments de France (ABF) en plus de celui de la Direction Départementale des Territoires (DDT) et de celui du Maire. Équilibre difficile à tenir entre conception bioclimatique, choix de matériaux à faible impact, respect de l’esthétisme local… Les 3 autorités ont même parfois des avis contradictoires ;-). Ce parcours a été semé d’embûches : implantation de la maison sur le terrain, forme de la maison, taille des ouvertures, matériaux utilisés (notamment pour les murs) ; tout ou presque a été sujet de discussion, parfois de blocage. Malgré le peu de recul que nous avons, je crois que la clé a été de rencontrer les différentes autorités le plus en amont possible : d’abord très tôt (dès Juillet 2011) avec un avant-projet, et ensuite avec le projet quasiment final pour validation. En expliquant les raisons de nos choix de manière détaillée et documentée, et en gardant une démarche ouverte (tout ces acteurs ont de bonnes propositions : ils sont dans leur métier et je ne suis pas dans le mien), tout s’est finalement bien déroulé. Ces discussions nous ont permis d’approfondir les raisons de nos choix, de réévaluer des solutions mises de côté parfois arbitrairement ; bref, globalement l’interaction avec les différentes autorités a été vraiment bénéfique, même si sur le coup elle a parfois été source de stress, voire de colère ;-). Il y a eu une révolution de dernière minute, quelques jours avant le dépôt du permis : le bardage bois sur la maison est finalement accepté par toutes les autorités ! C’était assez inespéré d’après les premiers contacts en début de projet, mais il faut croire que les choses évoluent vite, notamment avec l’arrivée de la RT2012 et de la prise de conscience du besoin de sobriété énergétique… Bref cela fut l’extraordinaire bonne surprise, sur la ligne du finish ! Du coup il y aura des impacts sur les choix techniques, notamment de la constitution des murs ; mais c’est pour le plus grand bien du projet !

Nous avons aussi fait appel au CAUE (Conseil d’Architecture, de l’Urbanisme et de l’Environnement) de l’Yonne tout nouvellement crée. Nous avons ainsi eu la visite sur site d’un architecte pendant quelques heures afin de nous conseiller ; un rapport détaillé  nous a été remis et distribué aux différentes autorités. Ce service gratuit nous a permis de faire des bonnes avancées dans nos choix ! Leur approche est moderne et innovante, complètement ouverte (vu que la démarche est désintéressée) ; je ne regrette pas d’avoir fait appel à eux avec un projet suffisamment mûr pour profiter pleinement de leurs remarques.

La constitution du dossier lui-même n’est pas très compliqué : la notice est plutôt claire. J’ai aussi regardé ce doc très complet (pdf) pour des points précis. Nous avons eu la chance d’avoir accès à des exemples de dossiers de demande de permis de construire ; cela a permis de voir concrètement les différentes pièces, et de s’en inspirer pour créer les nôtres. Le calcul des surfaces (Surface Hors d’Oeuvre Nette et Brute : SHON et SHOB) est simple dès qu’on arrive à avoir les infos complètes. Le plus compliqué a été finalement d’imprimer les différents plans à l’échelle et de faire les plans de masse avec un outil inadapté (type PowerPoint). L’insertion de la maison dans le site devait être en couleur, alors que notre logiciel 3D gérait très mal les couleurs… Du coup nous sommes repassés au bon vieux calque… Retour en enfance !

La constitution du dossier lui-même aura pris presque un mois en tout, en comptant les aller-retours avec les différentes autorités. Au final nous avons beaucoup appris, et cette démarche nous a obligés à finaliser les décisions (couverture, aspects des murs, ouvertures) qui traînaient et à nous poser des questions sur des points auxquels nous n’avions pas pensé jusqu’à maintenant… Je ne regrette pas du tout le temps et l’énergie passés sur ce dossier !

Plan de masse du terrain avec les constructions

Intégration des constructions dans le site

Coupe sur Terrain

Ressources complémentaires : 

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