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Archive for the ‘Charpente’ Category

DSC_1074.resizedC’est un fait : j’ai du mal à tenir le rythme pour le blog… Du coup, j’ai décidé de grouper dans cet article quelques travaux réalisés ces dernières semaines… La météo nous invite à varier les tâches : tantôt à l’intérieur, tantôt dehors ; tantôt en short, tantôt avec la doudoune : cela ne laisse pas vraiment de place à la monotonie 😉 !

La grange : nous avons couvert le pan Est de la grange… Rien de bien neuf côté technique (cf. article), mais une nouveauté côté main d’œuvre : cette fois-ci, pour de multiples raisons, nous avons couvert la grange en tout petit comité, presque sans tracteur. Nous avons pu rapprocher les dernières palettes de tuiles du chantier (merci Claude !), et pour le reste, muscu gratos, avec l’aide de Bernard & Maryvonne…

Pan Est de la grange latté, rives calées ; tout est prêt pour envoyer les tuiles

Pan Est de la grange latté, rives calées ; tout est prêt pour envoyer les tuiles

Pendant un moment, je me suis dit que la couverture à peu de monde, c’était vraiment moins marrant, mais au final c’est bien tombé, car cela m’a laissé le temps de faire le faîtage au fur et à mesure, exactement comme je le voulais ; je note que pour la maison, le faîtage n’est pas encore terminé, exactement pour cette raison (je n’ai pas pris le temps le jour J, car ça allait trop vite avec le gang des couvreurs). Cela confirme d’ailleurs un célèbre théorème de l’autoconstruction qui dit : « Tout ce qui n’est pas fait tout de suite, dans la foulée, est soit jamais fait, soit fait (trop) tard et dans la douleur ». Le dernier rang de tuiles au sommet (juste sous le doublis de faîtage) est vissé, et les faîtières sont posées sur le doublis, avec une tuile en travers sous les jointures des faîtières, pour récupérer l’éventuelle eau qui passerait entre 2 faîtières… Nous avons ensuite posé la gouttière, et voilà ! Il ne reste que les rives à faire, et la toiture de la grange sera complètement terminée !

La toiture est presque terminée : il ne reste que les rives

La toiture est presque terminée : il ne reste que les rives

Cela nous permet de rendre la grange opérationnelle, sans transition : il y a un tel bazar à l’intérieur de la maison que nous ne pouvons plus tourner… Nous passons presque plus de temps à déplacer les choses qu’à bosser. Nous avons donc enchaîné en créant un plancher sur une travée de la grange, afin d’y stocker le gros du matos qui doit rester à l’abri. Les dimensions d’une travée d’extrémité sont 3,07m x 5,05m ; nous avons pris des solives de 8x18cm, qui seront posées tous les 40cm (entraxe) sur le grand côté avec des sabots. C’est plaisant comme tâche : ça va vite, on voit vraiment l’avancement, et en même temps c’est un peu technique si on veut un plancher sans vagues et éviter les hernies… Bref, en 1 journée, le plancher était prêt à recevoir le trop-plein de la maison ! Finalement le plus long aura été de clouer les sabots… Nous avons ensuite bâché le pignon et le haut des façades, et nous avons enfin vidé une bonne partie du bazar de la maison…

Solivage pour le plancher d'une travée de la grange

Solivage pour le plancher d’une travée de la grange

Le plancher de la maison : l’étage étant maintenant presque vide, nous avons pu nous occuper du plancher de l’étage… Dans l’épisode précédent (cf. article), nous avions posé de la volige de peuplier pour le plafond du rez-de-chaussée ; cela était une première étape mais il restait 2 problèmes à traiter : 1/ la volige de 14mm (une fois rabotée) me semblait un peu faiblarde pour marcher dessus en portant des objets lourds : j’avais toujours un peu peur de passer au travers, ce qui outre les éventuels désagréments physiques aurait posé un vrai défi pour remplacer la volige cassée, les voliges étant emboîtées. Le second souci est lié au fait que les voliges vont travailler, et que potentiellement des jours vont se créer entre elles. Vu qu’on aura de la ouate de cellulose au dessus (pour isoler phoniquement dans l’épaisseur des lambourdes du parquet), cela pourrait créer une pluie de ouate à l’intérieur, pluie qui pourrait avoir son charme pour des événements particuliers (mariage, etc.) mais qui au quotidien ne nous attire guère. Bref, il fallait ajouter une couche au-dessus des voliges. Après réflexion, et en tenant compte des aspects phoniques, nous avons choisi de poser une couche de fermacell à plat au-dessus des voliges. La différence de prix avec l’OSB est négligeable, mais le matériau est plus sain, et meilleur pour faire masse phonique. J’en profite pour faire la pub d’un blog d’un gars tout énervé des pattes arrières, passionné par l’isolation phonique : un grand merci pour la qualité des infos de ton site !

Fermacell posé au sol...

Fermacell posé au sol…

Idem !

Idem !

Nous voilà donc partis à poser du fermacell horizontalement, avec les mêmes techniques, notamment en collant les plaques entre elles. En quelques heures le plancher était prêt pour la prochaine étape : recevoir les cloisons !

 L’appenti : nous en étions restés à la couverture de l’appenti (cf. article) : tout était prêt pour construire l’ossature secondaire qui nous permettra d’accueillir le bardage… Rien de neuf techniquement sur cette partie (par rapport à la maison, cf. article) : du gâteau, surtout que tout est accessible avec un simple escabeau… Voilà donc l’appenti prêt à recevoir le bardage !

Ossature secondaire de l'appenti

Ossature secondaire de l’appenti

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Quel été… beaucoup de chantiers ouverts à terminer, sans compter les activités annexes : un petit coup de broyeur sur le terrain (nettoyage annuel) qui permet d’entretenir la pratique de la mécanique (perte de direction sur le tracteur + crevaison), récolte des patates (bon, là, je n’ai pas été trop embêté : 2 kg pour 2 rangs… mais elles représentent tout de même la première récolte faite sur le terrain !), affinement de la récupération d’eau de pluie, etc… Les choses prennent forme petit à petit : le prochain article montrera peut-être des cloisons à l’étage !

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DSCN0336.resizedUne journée… Il n’aura fallu qu’une seule journée pour monter la structure poteaux-poutres de la grange. Plus une journée et demi pour chevronner et poser les cache-moineaux. En 2 jours et demi, la grange était debout, prête à recevoir la toiture !

Pour les personnes qui n’ont qu’une minute devant eux, voici un résumé du montage, en vidéo :

Le montage de la structure poteaux-poutres de la maison m’avait impressionné, mais cette fois-ci, c’est encore autre chose… Est-ce le fait d’avoir participé (un peu) à la taille de la charpente (cf. article) ? Dans tous les cas, cette journée a été très spéciale, côté émotions. J’avais une petite appréhension à cause de la maçonnerie : autant les fondations de la maison étaient nickel (2mm de différence en planéïté pour les plots ; les cotes et les équerrages étaient tout aussi précis), autant pour la grange il y avait eu quelques libertés avec les niveaux (6 cm de différence, seulement 3 plots au bon niveau sur les 10), les cotes (jusqu’à 7cm d’erreur) et même les équerrages. A tel point que quand nous étions venus faire les relevés précis avec le charpentier avant de tailler la structure, au bout d’un moment nous avons décidé de prendre une moyenne (pour les cotes et l’équerrage), et qu’on calerait tout ça sur place, à la masse ;-). Franchement, pour un scientifique perfectionniste, c’était un bon plongeon dans un monde inconfortable.

Portique volant

Portique volant

Une fois le bois déchargé du camion et trié, l’assemblage commence : d’abord un portique, qui sera tout de suite posé sur ses plots et calé verticalement avec 2 chevrons. Puis un deuxième portique, qui sera assemblé au premier avec les pannes sablières. C’est du légo… Tout s’emboîte parfaitement, sans forcer… Les 5 portiques sont ainsi posés, en 2 coups de cuiller à pot. En une demi-journée, la base de la structure est là, debout, et 3 fermes sur 5 sont assemblées. C’est à ce moment que le calage commence, dans toutes les dimensions. En hauteur, c’est plutôt facile à régler : une cale sous le poteau et le tour est joué. De ce côté-là, il n’aura fallu que 4 minuscules cales ; en fait elles étaient dues à l’enduit des soubassements qui débordait un peu sur les plots, et dont je n’avais pas tenu compte en prenant les niveaux à la lunette (au milieu du plot, où il n’y avait pas d’enduit). bref, rien de bien méchant. Tous les niveaux sont calés au niveau à bulle, et les cotes (largeur & longeur) sont vérifiées et ajustées si nécessaire. En fait, tout tombe plutôt bien ; mais le travail de calage est minutieux et donc assez long ! Une fois tout calé, je fixe les équerres dans les plots et à la base des poteaux, histoire que ça ne bouge pas en posant les fermes.

Ferme volante, avec sa panne faîtière

Ferme volante, avec sa panne faîtière

La première ferme est posée en pignon de la grange, puis les autres s’enchaînent… Chaque faîtière est assemblée avec la ferme à poser au sol, et le tout est monté à la grue à sa place, et s’emboîte toujours aussi parfaitement… Même si j’ai déjà vu le film, je suis impressionné : j’admire… Je comprends mieux le terme « œuvre » qui désigne parfois (pas assez souvent ?) le résultat d’un (souvent long) travail. Et bien ça, ça a du sens pour moi. Hier, il n’y avait rien ici, et ce soir, il y a une grange, faite à la main (avec quand même du petit appareillage électro-portatif) par des hommes, avec du bois et une grosse dose de savoir-faire, d’expérience, d’habileté, de finesse, de précision, de talents… Et le tout dans la convivialité et la bonne humeur… Chapeau bas les charpentiers et un grand merci pour tous ces moments et pour toutes ces leçons !

Voici maintenant une nouveauté sur ce blog : 2 galeries de photos. Nous avons eu pas mal de questions sur les assemblages de charpente, du coup je me suis dit que j’allais tester cette fonctionnalité de galerie… La première galerie est plutôt pratique :

La seconde galerie rassemble mes photos préférées du montage :

Que dire de plus sur ce montage de structure poteaux-poutres ? Ah oui : petit détail sur le chevronnage : pour le second chevron (juste après le chevron de rive), nous l’avons calé de manière à ce qu’il arrive à l’aplomb du bardage : nous avons compté les épaisseurs (pare-pluie, liteau & contre-liteau, bardage) afin que les planches de bardage arrivent juste sous ce chevron ; c’est plus joli et moins galère pour la pose du bardage… Merci Jonathan pour avoir mis le doigt sur ce détail pour la maison ! Ça avait été génial… Du coup, nous avons reproduit pour la grange.

Nous voici donc avec une grange debout, prête à accueillir la toiture. Tout s’est fait un peu plus vite que prévu initialement (j’avais prévu de faire la grange dans le courant de l’été), mais finalement c’est parfait comme ça : il ne reste plus qu’à couvrir, et après nous retournerons à l’intérieur de la maison, dans le fermacell et l’électricité. A suivre !

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DSC_6293.resizedJe me disais bien qu’un jour j’allais avoir du mal à nourrir le blog… Eh bien ça y est, je suis vraiment à la bourre sur les articles. D’un côté, c’est bon signe : les travaux avancent, et avancent bien, même. Nous avons commencé à poser le fermacell et à tirer l’électricité. Tout cela méritera bien quelques articles dédiés ;-). Pour l’instant, j’aimerais partager une belle expérience : quelques jours de « stage » chez notre charpentier.

Le projet initial comprenait un bâtiment annexe, que nous appelons la « grange » mais qui officiellement ne peut s’appeler grange à cause de la connotation agricole (et donc l’usage professionnel) de ce bâtiment. Nous l’appellerons quand même la grange, ici, même si je ne compte pas pour l’instant m’inscrire à a MSA. Bref, un nouveau bâtiment va arriver sur le terrain, sur ses fondations toutes neuves (cf. article).

Un bon palan nous aide à soulever les grosses pièces de charpente

Un bon palan nous aide à soulever les grosses pièces de charpente

Pour la conception de cette grange, pas de doute : le poteau-poutres s’impose. Une grange, quoi. Autant pour la maison la question se posait tant les options sont nombreuses, autant pour une grange, non isolée, nous n’avons pas hésité longtemps. Un charpentier local nous avait proposé une autre approche intéressante (un mix d’ossature légère et de poteaux-poutres), mais j’ai réalisé après coup que cela nous emmenait trop loin : il s’agit d’une grange, pas d’une seconde maison d’habitation. Il fallait donc refaire tailler une structure poteaux-poutres ; mais ici, pas de chêne : nous avons décidé de partir sur du sapin, ou du douglas, afin de faire baisser les coûts. Nous avons fait faire des devis ici et là, et au final deux solutions se présentaient à nous : soit nous achetions une charpente « industrielle », taillée à la machine numérique, soit nous faisions appel à notre charpentier local. Autant pour le chêne, la question du numérique ne se pose à priori pas vraiment (les pièces de chêne étant toujours un peu vrillées, le numérique n’aime pas trop), autant pour du douglas ou du sapin, c’est avantageux en termes de prix. Il y avait en gros 3000 Euros HT de différence entre les 2 devis (presque 25%), mais le devis « numérique » n’incluait pas la pose de la structure (assemblage et dressage des fermes et de la structure, chevronnage, etc.). En gros, il y avait environ 1500 Euros de différence à périmètre comparable. Avec quand même une furieuse envie de faire travailler le charpentier local, pour 1000 raisons qui ont toutes du sens pour moi : local plutôt qu’une usine située à 80km, un artisan qui fait bosser 5 gars plutôt qu’un fabriquant de machine-outil allemande (au mieux), etc. L’argument décisif a peut-être surtout été le lien, la relation d’humain à humain ; quel prix mettre en face de ça ? Même si à un moment donné, la question du coût se pose quand même ; c’est là que l’incontournable théorème des travaux s’est appliqué : il a fallu trouver le bon compromis entre le temps, le coût, le savoir-faire et la main d’œuvre : notre charpentier m’a donc proposé de venir travailler avec lui quelques jours, ce qui diminuera son coût en main d’œuvre. J’ai bondi sur l’occasion, trop content de pouvoir apprendre et passer du temps avec lui ! J’étais un peu frustré de ne pas avoir pu participer à la taille de la structure de la maison (cf. article) ; eh bien l’occasion rêvée se présentait à moi…

Le douglas a sa couleur et son odeur caractéristique...

Le douglas a sa couleur et son odeur caractéristique…

Nous voici donc à tracer une ferme au sol au cordex, à prendre des décisions sur le débit des pièces, la position des jambes de force, blochets et autres entraits… En prenant le temps, cette fois-ci, je comprends mieux les différentes étapes, et j’y participe même pour la plupart :

  • projection au sol : nous choisissons une vue à projeter : dans notre cas, ça sera une vue du sud. Les fermes seront numérotées de 1 à 5, en allant vers le nord. Chaque pièce de charpente sera marquée avec le numéro de ferme, ainsi que le côté de la ferme (droite ou gauche).
Calage et empilement des différentes pièces de charpente

Calage et empilement des différentes pièces de charpente

  • traçage de la ferme au sol : nous commençons par le trait de niveau du sol, virtuel dans notre cas car il y a des plots en béton ; puis nous traçons une perpendiculaire (avec le 3-4-5) qui représentera l’arête extérieure du poteau gauche. De manière générale, tous les tracés représentent l’extérieur ou le dessus des pièces de charpente. Nous traçons ensuite le poteau droit, puis l’axe central, puis la ligne des pannes (c’est ici que se fait le seul calcul trigonométrique, pour tracer la pente à 40°), les arbalétriers, les jambes de force et les blochets. Restent l’entrait retroussé, le poinçon, puis l’entrait principal. Nous en profitons pour marquer le bas de poteaux (ça sera différent pour chaque ferme, ici, car les plots ne sont pas vraiment alignés), le bas de la panne sablière, le bas de la panne intermédiaire.
Calage des pièces selon le tracé, au fil à plomb

Calage des pièces selon le tracé, au fil à plomb

  • calage des pièces de la ferme par rapport au tracé : les pièces sont surélevées par rapport au sol ; ici le jeu consiste à aligner parfaitement les pièces par rapport au tracé, en utilisant le fil à plomb, et ensuite à caler les différentes pièces sur plusieurs plans (elles sont empilées) afin de pouvoir reporter les intersections. Et là, je découvre qu’il y a plusieurs méthodes : blochets en dessous, ou bien au-dessus ; calage au fur et à mesure du positionnement des pièces ou bien quand toutes les pièces sont en place, etc. Chaque approche a ses avantages et ses inconvénients.
Calage des différentes pièces ; ici, intersections entre le poteau, le blochet et l'arbalétrier. On aperçoit le lien de l'entrait en arrière plan.

Calage des différentes pièces ; ici, intersections entre le poteau, le blochet et l’arbalétrier. On aperçoit le lien de l’entrait en arrière plan.

  • piquage : une fois que toutes les pièces sont empilées et parfaitement calées au tracé, il faut tracer les intersections entre les pièces, qui seront matérialisées par des tenons et mortaises ; cette opération de tracé des intersections s’appelle le piquage. Alors là, ça devient franchement technique : ce tracé se fait avec un crayon taillé tout spécialement à plat ; les projections se font au fil à plomb qui sert d’axe, de guide au crayon. Le crayon est orienté différemment selon ce que l’on trace : perpendiculairement à la mortaise pour le tracé des mortaises, dans l’alignement du bois qui croise pour le reste. Il faut souvent reporter un décalage lorsque la pièce est vrillée ou pas de niveau : dans ce cas, nous reportons l’espace situé entre le fil à plomb et la pièce lors du piquage de la pièce, en pensant bien à respecter le dessus et le dessous de la pièce. Bref : cette étape est d’une minutie incroyable, et c’est elle qui va faire que les ajustements seront bons ou pas… Et dire que je croyais être « technique » dans mon ancien métier… 😉
  • rembarrage : il s’agit cette fois-ci de tracer les traits des découpes, en reliant les points tracés lors du piquage. Là aussi, il faut une bonne concentration et un bon savoir faire… Bien penser à tout : tracer les épaulements pour porter les grosses pièces de charpente, tracer le biais pour les tenons traversants des blochets, etc. Rhaaa, j’adore tout ça, ça me rappelle les cours de dessin industriel au lycée…
Crayon taillé pour le piquage

Crayon taillé pour le piquage

  • la taille : une fois que tout est tracé et vérifié (il y a plein de petites astuces pour vérifier que l’on ne s’est pas planté lors du piquage ou du rembarrage), il ne reste qu’à tailler. Scie circulaire et mortaiseuse chantent en cœur, avec d’autres outils manuels dont j’ai perdu le nom… Ah si, je me souviens de la grenouille, qui est un parallélépipède déformable servant à tracer les mortaises centrées sur les pièces de bois. Ingénieux, ces charpentiers…
Empilement des pièces taillées

Empilement des pièces taillées

  • assemblage de toutes les pièces : cette étape se fait à la masse, délicatement. J’imagine votre tête en lisant ces derniers mots ; moi aussi ça m’a bien fait marrer : avant cette expérience, je ne pensais pas qu’il était possible de caresser une pièce de bois avec une masse ;-). Quand c’est nécessaire, un ajustement est fait à la scie égoïne ; l’objectif est de vérifier que tout s’emboîte parfaitement, histoire d’éviter de biner les blettes lorsque nous dresseront la charpente sur site…
Assemblage et ajustements si nécessaire

Assemblage et ajustements si nécessaire

  • dernière étape avant le démontage : nous tâtons les pièces de charpente, c’est à dire que nous marquons les tenons aux endroits où les chevilles vont passer, histoire de percer les tenons. Le perçage des tenons se fait de biais, avec un angle différent selon le serrage que l’on veut donner à l’assemblage… Là, ça y est, je suis complètement à la rue, le métier parle.

Une fois les fermes taillées, il restera à projeter les façades et à tailler les poteaux (encore une fois, mais dans un autre plan), les pannes (sablière, intermédiaire, faîtière), les liens du faîtage. Vu que la question m’a été posée, j’en profite pour indiquer les sections : toute la ferme est en 15x15cm, sauf les poteaux et l’entrait en 18x18cm. Les liens de l’entrait sont en 15x15cm. Les sablières et la faîtière sont en 8x18cm, avec des liens en 8x10cm, et les pannes intermédiaires sont en 15x15cm. Il aura fallu en gros une journée par ferme, plus encore 2 bonnes journées pour les pannes. C’est vrai que quand on compare au numérique, ça change beaucoup de choses… Je réalise toutes les étapes qui n’existent plus en numérique : une charpente comme celle-ci est taillée complètement dans la journée… Par contre, dès qu’une pièce n’est pas droite, exit le numérique ; hors de question de tailler dans du vieux bois, ou de faire des reprises de charpente…

Ouah, quelle expérience ! J’ai appris un 10 000ième de ce qu’un jeune charpentier doit savoir, mais ça fait plaisir… Quel beau métier, et quelle chance j’ai eue de pouvoir y goûter ! Merci encore…

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DSCN9803.resizedAlors que nous étions complètement accablés par la chaleur ces dernières semaines, nous avons dû trouver du travail à l’abri de ce soleil impitoyable : nous poncé l’ossature poteaux-poutres. La structure avait pris la pluie avant que la couverture soit faite et que les côtés soient bouchés par des bâches ; résultat : il y avait des taches de tanin, et surtout des taches noires (traces de pas ou autres) qui ressortaient sur la structure. Les façades nord et sud étant encore ouvertes, nous nous sommes dit que c’était le bon moment pour générer un peu de poussière…

Ça m’a fait un peu bizarre de commencer la déco avant d’avoir fini les murs, mais c’était le moment ou jamais… De toutes façons il n’y avait pas grand chose d’autre à faire étant donnée la météo printanière hivernale. Nous voilà donc partis avec Yaron pour poncer les poutres ! Côté outillage, j’ai opté pour les kits Avos qui se montent sur une meuleuse d’angle 115mm. Je me permets de faire un peu de pub car ça marche super bien : pas cher, résistant, efficace, léger… Le seul inconvénient est le fait qu’on ne puisse pas relier là meuleuse à un aspirateur : le masque à cartouches est obligatoire ! Vu qu’il n’y a pas encore de plancher à l’étage, nous avons poncé le plus gros par le dessus, entre les solives ; le reste a été fait par le dessous : beaucoup moins agréable, à la fois par la position et par a quantité de poussière que l’on reçoit… Si c’était à refaire, je crois que je protégerais immédiatement la structure avec des bâches histoire d’éviter qu’elle prenne l’eau : le ponçage reste pour moi une vraie punition, même bien équipé.

Au chapitre de l’outillage, le bilan de l’opération a été lourd : 3 meuleuses d’angle décédées. Bon, il est vrai que les 2 premières avaient déjà pris un gros coup lors de la découpe des tuiles : des meuleuses entrée de gamme chez Brico Dépôt, qui avaient déjà vécu, pas de problème : elles ont fait leur temps. Mais j’ai acheté il y a 3 semaines une meuleuse Bosch PWS 720 neuve (je précise : je ne l’ai pas achetée d’occase sur le bon coin ;-))… Au bout de 2 heures, le bouton de marche/arrêt ne revenait plus, et au bout d’une semaine, elle m’a fait une implosion : le bruit d’un train qui déraille, le disque qui ne tourne plus, une odeur de plastique brûlé… Vu que c’est du matériel qui tourne à plus de 10 000 tours minute, j’ai arrêté de suite, pour éviter de prendre des morceaux dans la figure… Du coup, nous avons recruté la bonne vieille Makita de Bernard, qui avait ces 10 ans de boulot (plutôt intensif) derrière elle : fidèle au poste, elle a digéré ce qui restait de ponçage sans broncher ! J’ai ramené la Bosch au SAV – quand ils ont vu la durée de vie de l’engin ils m’ont demandé si je voulais un échange ou un bon d’achat ;-). Super d’ailleurs le SAV ! 2 semaines de durée de vie, ce n’est plus de l’obsolescence programmée, c’est une blague ;-).

Le ponçage est presque terminé !

Le ponçage est en cours…

Après une bonne semaine plein temps à deux, la structure est à nu, toute blanche. Cette couleur ne restera pas : le chêne va prendre une couleur or petit à petit, et c’est très bien comme ça ! Heureusement que Yaron était là : sans lui, je crois que je n’aurai pas eu le courage de tout poncer ! Un grand merci à toi !

Nous guettons la moindre accalmie pour terminer le bardage du pignon Ouest… A suivre !

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L’automne est maintenant là, aucun doute ! Nous voici de retour d’une semaine de vacances excellente, bien reposante et bienvenue pour faire une vraie pause pendant le chantier… Ça fait du bien ! Merci à nos hôtes d’Oléron et de Bordeaux pour leur accueil et ces excellents moments passés ensemble ! Une mauvaise surprise nous attendait au retour : une tempête à déchiré la grande bâche du pignon Ouest, et a arraché les bâches du toit. Heureusement Mister K, avec Michel et Bernard, ont pu remettre en place les bâches de couverture pendant notre absence ; merci encore ! Voici le moment d’écrire le dernier article vraiment en retard depuis cet été : la mise en place des chevrons sur le toit.

Nous avons choisi très tôt de mettre des poutres en I pour les chevrons, afin de pouvoir y insérer l’isolant. Dans notre cas, les poutres ont une hauteur de 30 cm, correspondant à l’épaisseur d’isolant que nous voulions mettre en toiture ; l’idée est de créer des caissons en toiture afin d’y insérer l’isolant juste avant de couvrir. Nous avons décidé de poser les plaques d’OSB avant de poser les chevrons ; ceci permet une jointure propre de l’OSB au niveau des pannes, et évite surtout de poser les plaques de l’intérieur, sous le rampant, à l’envers… Un gros gain de temps et d’énergie. Nous plaçons donc les rangées de plaques une par une et fixons les poutres en I au fur et à mesure. C’est un peu fastidieux (et le charpentier hait cette partie du travail, mais il a accepté de le faire gracieusement : merci encore !), mais ça l’est beaucoup moins que si nous avions du placer les plaques après les chevrons.  En une journée, nous couvrons 3/4 du toit. En bas du toit, ainsi qu’au niveau de la panne intermédiaire, nous plaçons des entretoises entre les poutres en I ; au niveau du faîtage, nous mettons une planche qui reprend les poutres en I sur les 2 pans de la toiture. Tout ce travail faisait partie du contrat avec le charpentier, et je dois dire que je suis bien content qu’il en soit ainsi : j’ai beaucoup appris ! Côté organisation du travail, les plaques d’OSB étaient pré-découpées en atelier, tout comme les poutres en I et les entretoises. Les poutres en I sont vissées sur chaque panne ainsi que sur chaque entretoise, en haut et en bas. Il a ensuite fallu visser toutes les plaques d’OSB par le dessous sur chaque poutre en I ;  ce fut long et fastidieux : travail à l’envers sous le rampant, pas de visibilité sur le positionnement exact des poutres en I pour visser, travail en hauteur alors que le plancher de l’étage n’est pas encore posé (l’échelle est posée sur les solives)… Le charpentier avait commandé de l’OSB de 15mm d’épaisseur, et avec le recul je me dis que ça a été une erreur : j’aurais du prendre du 18mm minimum, afin de pouvoir monter dans les caissons pour les opérations de couverture. Avec 15mm seulement d’épaisseur, et malgré les vis placées tous les 40cm dans les poutres en I, je ne mettrai pas le pied sur l’OSB, de peur de passer au travers. Les têtes de vis sont un peu enfoncées dans l’OSB, et du coup la solidité de l’ensemble n’est pas assurée, selon moi, pour porter le poids d’un homme. Il faudra donc trouver des alternatives pour toutes les opérations de couverture, ce qui va être un peu plus long et moins pratique.

La structure des chevrons avec les poutres en I, avant les prolongements en façade et en pignon

Les poutres en I sont pratiques pour insérer l’isolant directement en toiture ; c’est rapide, solide, facile à mettre en oeuvre. De mon point de vue, la seule vraie difficulté consiste à gérer les débords de toit visibles. D’un point de vue esthétique, pas question de laisser dépasser les caissons du toit ; d’ailleurs, il est inutile d’isoler à l’extérieur de l’enveloppe de la maison. Vu que notre maison possède des débords de toit, en façade (40 cm) et en pignon (20 cm), il a fallu trouver une solution pour pouvoir mettre des chevrons classiques en prolongement des poutres en I. Et là, ce fut un bon défi. Il faut en effet rattraper la différence de hauteur entre les poutres en I (30 cm) et les chevrons (8 cm). Côté pignons, pas de problème ; il a suffi de rehausser les pannes. Le charpentier fait ça tous les jours.

Pose des chevrons pour réaliser les débords de toit en façade et en pignon

Côté façades, par contre, le défi était un peu plus grand car les poutres en I viennent couvrir le mur extérieur, et dépassent donc de 10 cm de l’ossature poteaux poutres (nous verrons en détail la structure des murs dans un article dédié). Il fallait donc reprendre des chevrons sur 10 cm sur les poutres en I (10 cm seulement à cause des entretoises en bas des poutres en I), chevrons qui auraient une portée de 70 ou 80 cm. Un bel effet de levier ; sachant que les petites tuiles plates pèsent 80kg au m², il fallait quelque chose de costaud. Nous avons envisagé plusieurs solutions avec le charpentier (reprendre les chevrons sur l’ossature légère, mettre des mini-jambes de force sur chaque chevron, etc.), nous avons opté pour une solution plus radicale : reprendre une panne sablière sur les poteaux existants, afin de faire reposer les chevrons dessus. Le charpentier a donc fabriqué 3 consoles par façade, et posé une nouvelle panne sablière sur chaque façade.

Zoom sur la console qui a permis de poser une nouvelle panne sablière

Reprise des chevrons sur les poutres en I

Je vois plusieurs avantages à cette approche : c’est du solide ; la structure du toit est indépendante de l’ossature légère, et reste donc à 100% dans le domaine du charpentier ; enfin, et ce n’est pas le moindre avantage, c’est beau. Il y aura donc une partie de la structure poteau-poutres visible de l’extérieur, et je dois dire que cela me réjouit !

Zoom sur un débord de toit en pignon

Le charpentier a maintenant terminé son travail… Je suis ému que ce travail soit terminé ; cela marque une autre grande étape dans le projet, et c’est la fin d’une collaboration étroite avec un homme extraordinaire et de son excellente équipe. Il nous reste maintenant à couvrir cette belle charpente au plus vite afin d’être hors d’eau pour l’hiver !

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Encore en ce mois d’Août (je rattrape le retard sur le blog), nous avons monté la structure du plancher du rez-de chaussée, avec l’aide précieuse de Bob et de Rapha. Lors du changement de stratégie pour les fondations, je me suis posé la question du plancher, et la réponse est venue assez rapidement : faire un plancher bois sur le vide sanitaire. Nous avons donc posé des madriers 8×23 (75mm x 225mm) tous les 46 cm environ afin de créer une structure bois qui accueillera le plancher. Ces madriers reposent sur les murs de soubassement de périphérie ainsi que le mur intermédiaire et les fondations du poêle de masse.

Auparavant, j’avais calculé l’écartement et la section des madriers en fonction des portées, et j’avais fait un plan de répartition afin de ne pas me retrouver avec un madrier à la place d’un tuyau d’évacuation…

Plan de la répartition des madriers

Le bouquin d’Yves Benoit et Thierry Paradis a été super utile pour la conception et le dimensionnement du plancher. Par exemple, j’étais parti pour mettre des entretoises tous les 1,5m pour éviter que les madriers vrillent ; en fait, ils expliquent que la distance entre les entretoises est égale à 60 x l’épaisseur des madriers ; dans notre cas cela faisait 4,5m… Du coup, il n’y avait besoin d’entretoises qu’aux extrémités et sur au niveau du muret intermédiaire !

L’idée de ce plancher bois était aussi de créer des caissons pour l’isolant, dans l’épaisseur des madriers. Je me suis longtemps posé la question sur comment fixer ces caissons dans le fond. Finalement la réponse est arrivée dans ce bouquin, avec confirmation dans le bouquin d’Emmanuel Carcano : j’ai décidé de visser des lattes de 27x27mm sur les tranches des madriers.

Une fois la conception terminée, au boulot… D’abord, fixer les lisses très basses ; ce sont des pièces de bois qui sont fixées à plat sur le mur de soubassement pour accueillir les madriers. Nous avons posé un film plastique (bande d’arase) entre le mur de soubassement et la lisse afin d’éviter les remontées d’humidité qui pourraient à la longue pourrir la lisse. Nous avions déjà coulé le chaînage des murs de soubassement avec du béton hydrofuge pour éviter cela, mais 2 précautions valent mieux qu’une : pour changer la lisse très basse, il faudrait démonter tous les murs… Ensuite nous avons fixé les lisses avec des vis béton : j’ai d’ailleurs fait une grande découverte : fini les chevilles à frapper ou les scellements chimiques… Un coup de perfo à travers la lisse dans le béton, une vis et c’est parti ! J’ai mis une vis tous les 50cm, en quinconce, afin d’éviter que la lisse ne vrille.

Zoom sur la lisse très basse

J’ai laissé 55mm entre la lisse et le bord extérieur dur mur de soubassement afin de monter des planelles sur le contour extérieur du plancher. L’idée est de rehausser la partie enduite du mur car la maison est déjà bien perchée ; étant donné qu’il faut au moins 20cm entre le bardage et le sol, cela nous permet de remonter le sol et d’atténuer cet effet « perché » lié au vide sanitaire.

Ensuite, restait à poser les madriers ! Ils sont vissés sur les lisses basses ; nous avons laissé entre 27 et 30 mm sur chaque extrémité afin de laisser la place pour la planche de rive qui tiendra tous les madriers ensemble. Nous avons aussi mis des entretoises (planches de 27mm) aux extrémités, entre les madriers, et des entretoises plus sérieuses (chutes de madriers) au milieu, au niveau du mur intermédiaire de soubassement. Avant de fixer les madriers, nous avons pris soin de visser les tasseaux 27×27 ; c’est plus pratique à plat !

Pose du premier madrier

Tout ceci a pris pas mal de temps, au final. 2 jours à 2, et 2 autres journées à 3, et sans biner les blettes. Encore un grand merci à Bob et Rapha pour ce grand coup de main !

Le bazar des tuyaux…

J’ai passé une matinée complète à ranger les tuyaux d’eau et d’électricité… Il faut dire que c’était le gros bazar : en fait, toutes mes arrivées d’eau mais aussi mes départs (vers la grange, la cuve de récupération d’eau, vers le regard intermédiaire) arrivent au même endroit, en sous-sol. Et vu qu’il y aura une circulation d’air dans le vide sanitaire, il faut isoler tout ça ! Ça me ferait moyennement rigoler de devoir descendre à plat ventre dans le vide sanitaire pour réparer un tuyau gelé… Du coup, j’ai utilisé des boudins d’isolant sur les tuyaux, en en mettant 2 couches. Petit détail pour ceux qui veulent se lancer dans cette aventure : il faut 3 tailles entre la première couche et la deuxième couche, sinon le deuxième boudin de ferme pas… J’ai ensuite mis un bout de drain agricole (100mm) pour encapsuler l’isolant et créer une protection mécanique. Enfin, j’ai créé un caisson isolant autour des tuyaux, pour les isoler du mur de soubassement (nord-ouest) et les protéger le plus possible de la cour anglaise toute proche… Pas vraiment écolo les plaques de mousse polyuréthane (beurk, gros beurk même), mais je n’ai pas trouvé d’alternative pour cette application… 1 demi-journée de boulot pas vraiment cool, mais peut-être pour éviter plusieurs jours vraiment pas cool ;-).

Les tuyaux une fois protégés, ainsi que le caisson

Enfin, il ne restait qu’à poser les planelles, et ça a été plutôt rapide, à ma grande surprise ; j’avais gardé un mauvais souvenir des planelles pour les coffrages des massifs, mais je suis maintenant réconcilié !

Pose des planelles en périphérie

Voilà encore une bonne chose de faite, avec ce plancher… Un peu tôt peut-être dans l’enchaînement des travaux ? Je ne suis pas à l’aise à chaque fois qu’il pleut et que la lisse très basse prend l’eau… Mais c’est comme ça ; ce qui est fait n’est plus à faire, et il fallait avancer quelque part pendant les congés estivaux de notre charpentier…

Une chose est sûre : on pourra danser sans risque ! J’ai surdimensionné les madriers afin de pouvoir les entailler pour faire passer l’électricité et l’eau ; là aussi, d’ailleurs, bouquin d’Yves Benoit et Thierry Paradis a été très utile pour les règles dans ce domaine (où entailler et comment pour ne pas affaiblir la structure).

Le plancher terminé (sans les planelles) !

Ça fait plaisir de ne plus avoir à enjamber les murs de soubassement et de voir se dessiner le plancher du rez-de chaussée… Cela donne aussi une bonne idée du niveau fini du sol ! Par contre c’est un peu dangereux tous ces trous… Mister K. et moi avons tous les 2 testé pour vous la chute entre 2 madriers : ça picote ! On a beau être matinal, on a eu mal… Heureusement sans gravité : avertissement à moindre frais ! Je croyais que le cerveau était capable de gérer automatiquement l’écart entre 2 madriers en marchant, mais en fait non : en pensant à autre chose, le pied va se diriger pile poil entre les 2 madriers… 😉

Allez, maintenant une semaine de vraies vacances…

Addendum du 13/10/2012 : 

Après les pluies du début du mois, les coins du mur de planelles ont fissuré ; je pense que les madriers ont gonflé avec l’eau et ont poussé les planelles. Du coup, si c’était à refaire, je laisserai 1cm entre les madriers et les planelles afin de créer un joint de dilatation.

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Il y a un mois exactement, les charpentiers chargeaient le camion pour venir livrer la structure poteaux-poutres… Le blog a donc maintenant un mois de retard ! 😉 Il faut dire que les choses se sont un peu précipitées depuis le montage de la structure… En ce 8 Août, je passe donc rendre visite au charpentier et je découvre le camion en train d’être chargé. Je suis tout ému devant ce spectacle ; j’ai du mal à croire que la structure va être bientôt montée ! Après ces semaines de travail (120 heures de taille de charpente environ) en atelier, le bois va retrouver l’extérieur et sa place pour les prochaines décennies.

Chargement du camion… La structure bois arrivera sous peu !

La poutre centrale de la maison… Un beau bébé, 30cmx25cmx6,6m

La veille, je demandais à J., qui a taillé toute la charpente, de signer son travail. Il n’a pas l’habitude de signer, et ne l’a fait qu’une fois, pour un travail personnel. Il préfère que ce soit le patron qui fasse la signature… J’insiste en lui disant que c’est lui qui a tout fait, sans trop espérer qu’il franchisse le pas. Je fus agréablement surpris de trouver sa signature sur la poutre principale lors du chargement du camion ! Ce gars,à 21 ans, vient de fabriquer à l’aide de ses mains et de quelques outils une maison en bois… Je suis heureux de voir sa signature sur la structure !

La signature du charpentier, sur la poutre principale

Le lendemain matin, tôt, le premier voyage de bois est déchargé dans la cour, et le second voyage arrive bientôt. Je vois tout ce bois entassé et j’ai encore du mal à croire que ça va être la colonne vertébrale de la maison, même en ayant vu les différentes parties montées en atelier ; il n’y avait que 2 dimensions. Maintenant, la 3D commence ! Je me demande d’ailleurs comment ils vont pouvoir tout emboîter, étant donné que toutes les pièces sont tenues avec des tenons/mortaises, y compris les solives. J’ai hâte !

Le premier voyage de bois est livré dans la cour…

Le bois taillé est encore plus beau en pleine lumière du matin

Le bois et le reste (tuyaux, calcaire de la cour, fondations, etc.) font connaissance

Tête de poteau, à la lumière

Les charpentiers commencent par assembler la demi-ferme centrale à plat dans la cour ; ils la chevillent avec des chevilles en acacia. Un petit coup de grue la première pièce est en place ! 2 chevrons pour caler la demi-ferme verticalement et le tour est joué.

Assemblage de la première demi-ferme au sol

…elle vole !

Ils montent ensuite le quart Nord-Ouest du solivage au sol, et le mettent en place en l’emboîtant dans la ferme centrale. Quelques étais viennent tenir ce morceau du plancher en l’air, le temps que la deuxième demi-ferme (la ferme Ouest) soit montée et mise en place…

Assemblage du solivage au sol

Assemblage de la première partie du solivage avec la demi-ferme centrale

Tout s’emboîte parfaitement, comme du légo ! La demi-ferme Ouest n’est pas complètement emboîtée, afin de pouvoir placer le deuxième quart du plancher (Sud-Ouest), solive par solive. Une fois que toutes les solives sont mises en place, le serrage se fait avec des grosses sangles et quelques coups de masse gentillets (mais un doigt n’aimerait pas en recevoir).

Assemblage de la demi-ferme Ouest

Les solives ont trouvé leur place, une à une… La maison a maintenant un demi-plancher !

Les 2 demi-fermes sont ensuite reliées dans leur partie haute par les pannes sablières.

Le demi-plancher, vu de l’étage

Le chevêtre de la cheminée

Tout se passe de la même manière pour la seconde moitié (Est) de la maison : la troisième partie du solivage (Sud-Est) est assemblée au sol puis mise en place et étayée.

Partie Sud-Est du solivage en attente de la demi-ferme Est…

Fin de la première journée… Raoul, baignant dans la lumière du soleil couchant, contemple le résultat et profite de ce moment très spécial…

Le lendemain matin, la dernière demi-ferme (Est) est montée et placée, en laissant de la place pour mettre en place le dernier quart du plancher de l’étage… Tout a l’air si facile quand tout s’emboîte aussi parfaitement ! Les 9 poteaux sont maintenant au sol, et la maison prend clairement sa forme. Les pannes sablières sont toutes assemblées ; nous pouvons faire un pique-nique au premier étage de la maison ! La partie supérieure de la ferme Ouest est montée au sol, puis assemblée sur la charpente… C’est magique !

Assemblage de la partie supérieure de la ferme Ouest

Ferme Ouest complète et en place !

Les volumes de l’étage se dessinent

De même, la partie supérieure de la ferme centrale et de la ferme Est sont assemblées au sol puis sur la structure.

Partie haute de la ferme centrale

Elle vole elle aussi !

La panne faîtière est enfin mise en place, suivie des pannes intermédiaires… En 1 journée et demi, l’ossature est en place !

Trémie pour l’escalier

La charpente assemblée, sans les pannes intermédiaires

Je suis presque sous le choc tellement ça a été vite. La maison est là, devant nous. Il y a seulement 3 mois et demi, il n’y avait rien sur le terrain. Je mesure encore à peine le chemin parcouru…

Je m’assois devant cette ossature et la contemple… Heureusement que j’ai pu prendre des photos du montage : tout a été si vite ! Tout a glissé, simplement, naturellement. Cela n’est pas dû au hasard ; je mesure tout le boulot qui a été fait en amont à l’atelier pour que tout s’emboîte et se mette en place aussi parfaitement. Ce sont des artistes. La structure en chêne est magnifique, tout simplement. Déjà les amis et la famille passent pour venir voir ce qui vient de naître…

C’est évidemment une étape cruciale du projet qui vient de se produire… Voici un petit film en time-lapse pour conclure, et pour celles et ceux qui n’ont pas eu le courage de lire le texte 😉

PS : Le film inclut le chevronnage, qui fera l’objet d’un article dédié !

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