Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for the ‘Cheminée’ Category

DSC_7768.resizedLa cheminée… Un bon gros chapitre, source de beaucoup de questions, de discussions, d’erreurs, de corrections et finalement de satisfaction. Je me suis fait avoir par ce sujet, dès le départ : pour moi, il y a quelques mois, une cheminée, c’était quelques boisseaux de terre cuite empilés les uns sur les autres, un chapeau sur le toit, et basta. Je m’étais planté de A à Z, y compris sur le budget. J’ai mis pas mal de temps à me rendre compte de mon erreur ; ça a été une bonne cause de soucis au fur et à mesure que je découvrais le sujet, et ça l’est encore un peu malgré le fait qu’elle trône maintenant sur la maison. Savez-vous comment on appelle le domaine technique qui traite des cheminées ? La fumisterie… Malgré les apparences, c’est un sujet à ne surtout pas prendre à la légère ! ;-).

Finalement, jusqu’à maintenant, il y a eu peu de sujets aussi transverses que le conduit de cheminée. La cheminée est apparue dès la conception de la maison : sa place dans la maison, son positionnement par rapport à la structure du toit : pas trop près d’une panne sous peine de ne pas pouvoir faire de chevêtre, pas trop haute pour ne pas être trop prêt de la faîtière, et pas trop basse pour limiter la longueur du conduit à l’extérieur. Ensuite, il a fallu prévoir le chevêtre du plancher du premier étage : il faut laisser la place entre les solives pour que le conduit de cheminée puisse traverser le plancher et s’en aller vers le toit. Même histoire avec le chevêtre du toit, pour que le conduit puisse traverser le toit. Ensuite sont venues les questions du raccordement des tuiles et de l’étanchéité, de l’isolation autour du conduit de cheminée, et enfin de l’étanchéité à l’air au niveau du conduit. Bref, la cheminée apparaît partout, à toutes les étapes, et n’est pas vraiment facile à traiter du fait des contraintes de sécurité : le mieux, pour une cheminée, est qu’elle ne mette pas le feu à la maison…

Boisseau de cheminée en terre cuite

Boisseau de cheminée en terre cuite

Sur le papier, tout a été facile : le positionnement de la cheminée a été assez évident. Ensuite il a fallu donner les cotes des chevêtres au charpentier… c’est là que l’histoire a vraiment commencé. J’étais parti au départ avec l’idée d’un conduit de cheminée monté en boisseaux de terre cuite : il suffisait de fabriquer un support sur le plancher de l’étage, et d’empiler les boisseaux jusqu’en haut ; enfin, c’est ce que je croyais. En fait, pour donner les cotes au charpentier, il m’a fallu rechercher les distances de sécurité entre des matériaux inflammables et les boisseaux ; en posant la question à des maçons, j’obtiens des réponses différentes. Du coup, je regarde rapidement la norme (le « DTU », que l’on trouve ici et ) de fumisterie… Et là, je découvre un nouveau monde. Les distances de sécurité dépendent des matériaux utilisés ; c’est un peu comme l’école des fans : tout le monde a gagné. Vu qu’à l’époque j’étais à la bourre car le charpentier attendait mes cotes, j’ai pris la situation la plus défavorable (18 cm entre l’intérieur du conduit et le premier matériau inflammable, si je me souviens bien) et je lui ai donné les cotes. Je n’ai pas pris le temps à cette époque de décider quelle technologie utiliser pour le conduit de cheminée : boisseaux simples, boisseaux isolés, boisseaux tubés, tubés et isolés manuellement, ou bien conduits inox déjà isolés. Ce fut LA grosse erreur… Je pense que le choix technique de la cheminée doit être fait dès la conception de la maison, au dépôt du permis de construire.

A un moment donné, il a quand même fallu que je me décide (les chevêtres étaient déjà faits depuis belle lurette) : j’ai dû entre autres me replonger dans la norme. J’ai découvert qu’il est obligatoire que la partie extérieure du conduit de cheminée soit isolée afin de limiter la condensation à l’intérieur du conduit : si on utilise des boisseaux, il faudra donc des boisseaux isolés en sortie de toit, boisseaux qui coûtent un bras. Ou alors tuber et isoler la cheminée tout du long. Il y a eu plusieurs recommandations pour faire ça : par exemple monter les boisseaux, tuber, et mettre de la vermiculite entre le boisseau et le tubage, pour isoler. Comment faire en sorte que la couche de vermiculite soit uniforme tout du long du conduit ? Pas de vraie réponse. Il y a aussi plusieurs types de boisseaux, doubles ou pas, avec l’intérieur rond ou pas, etc. Et surtout, je me rends compte que le budget est significatif : à ma grande surprise, un conduit de cheminée, y compris maçonné en boisseaux, c’est 1000 Euros au bas mot, juste pour les matériaux.

Je crois que j’aurai bien du mal à retracer tous les méandres de nos réflexions concernant le conduit de cheminée : faut-il monter des boisseaux (rigides) dans une maison bois (souple par définition) ? Quelle solution de boisseaux ? Vaut-il mieux sur-dimensionner le conduit au cas où on changerait de mode de chauffage plus tard ? Qu’est-ce qui serait le mieux esthétiquement ? Mais quel est donc l’âge du capitaine ? La matrice de décision est multi-dimensionnelle, et bien trop complexe pour ma petite tête : il a fallu trancher à un moment donné. Finalement, après de longues semaines de réflexions, de débats, nous sommes partis sur une solution de conduit inox isolés : c’est l’esthétisme qui a fait la différence, à coût égal. Pour les distances de sécurité au feu, je me suis basé sur les préconisations du constructeur : en prenant la norme, c’est compliqué car il faut connaître les caractéristiques techniques des matériaux utilisés.

Bien sûr, avec les conduit isolé, les distances de sécurité ne sont plus les mêmes : il a donc fallu réduire les chevêtres, à commencer par le chevêtre de toit.

Redimensionnement du chevêtre de toit

Redimensionnement du chevêtre de toit

Cela a été fait l’an dernier, juste avant de couvrir le pan nord de la toiture. Il a ensuite fallu isoler les vides ainsi créés.

Isolation de la réduction de chevêtre

Isolation de la réduction de chevêtre

Nous avons commandé le conduit de cheminée chez notre marchand de matériaux : des conduits de marque ISOTIP. Je dois dire que je n’ai pas été vraiment satisfait de ce choix, à plusieurs niveaux : ça a commencé par 3 semaines de retard dans la livraison, sans aucune visibilité : il était impossible de savoir si les colis étaient partis ou pas. Etait-ce lié au distributeur ? Au fabricant ? Je n’en sais rien, mais c’était plutôt gênant pour planifier l’opération de montage, car je voulais la monter pendant la couverture du pan Nord. Quand finalement elle est arrivée, toute la partie solin était en vrac dans un carton, avec le plomb déchiré, et la collerette d’étanchéité cabossée… Et pas de notice de montage, notamment pour le raccord des tuiles au solin… L’hiver avait déjà commencé, et nous avions couvert le pan Nord : le toit est resté avec le trou (et une bâche) de la cheminée pendant quelques mois.

Nous avons repris ce chantier cheminée ces dernières semaines, profitant d’une accalmie. Nous avons posé 2 échelles de toit, enlevé la bâche, détuilé les bords du chevêtre, découpé le pare-pluie, et c’est parti !

Support de toit mis en place

Support de toit mis en place

Une fois le support de toit mis en place, nous avons posé le grand tuyau inox, en prenant garde à ce que le sommet du tuyau dépasse au moins de 40cm le faîtage du toit. Ensuite, nous avons posé le solin : nous avons fixé les 2 lamelles de zinc au-dessus du chevêtre, et improvisé une cale pour surélever les tuiles au-dessus du chevêtre : aucune cale n’était fournie, contrairement au Vélux par exemple, où tous les accessoires sont fournis de manière impeccable. Nous avons collé la mousse tout autour du solin (pour éviter les infiltrations dues à la neige j’imagine ; encore une fois, pas de notice, donc on ne fait que deviner… avec le support du marchand de matériaux quand même), et étions prêts pour la découpe des tuiles. Normalement, il aurait fallu positionner la feuille de plomb en partie basse du solin ; mais vu qu’elle était coupée (pendant le transport), j’ai décidé de fabriquer un zinc ; en plus, dans la perspective de récupérer un jour les eaux de pluie, je préfère le zinc au plomb.

Me voilà donc parti pour découper et plier le zinc, avec une plieuse improvisée :

Plieuse de zinc artisanale

Plieuse de zinc artisanale

Le bas du zinc est replié sur lui-même pour donner de la rigidité, et la partie haute comprend une gorge qui ira s’emboîter sur la gorge du solin afin de maintenir le zinc en place.

Pièce de zinc terminée

Pièce de zinc terminée

Avec le poids des tuiles, cela ne devrait pas bouger, mais j’ai quand même mis 2 pointes inox au cas où ;-). Il ne restait plus ensuite qu’à découper les tuiles et à les positionner. Il a fallu enlever les crochets du côté du solin, et même faire une entaille pour laisser passer le repli du solin, évitant ainsi aux tuiles de côté de remonter trop haut sur le solin.

Entaille sur les tuiles pour limiter la surépaisseur liée au repli du solin

Entaille sur les tuiles pour limiter la surépaisseur liée au repli du solin

Ce fut un peu long, d’autant plus qu’il a fallu démonter une partie des tuiles autour du Velux pour tomber juste au niveau du solin ; mais au final je suis plutôt content du résultat. Dernière chose sur le toit : la pose de la collerette d’étanchéité. En fait, le solin fait au moins 4 ou 5 cm de plus en diamètre que le tuyau de conduit : du coup, l’eau qui tombe le long du conduit passe directement à l’intérieur de la maison s’il n’y a rien. Il faut donc mettre une collerette qui va être contre le tuyau, renvoyant ainsi l’eau de ruissellement sur le solin. Sauf que cette collerette, en plus d’avoir été cabossée pendant le transport, ne peut pas vraiment coller au tuyau : le système de fermeture (une simple vis entre 2 gorges) ne permet pas de serrer la collerette suffisamment pour que les parties se touchent ; et il n’y a aucune prise sur la collerette pour utiliser des pinces par exemple. Vu l’absence de mode d’emploi, je ne sais pas s’il manque un joint, ou s’il manque une pièce pour serrer efficacement la collerette… Du coup j’en suis réduit à mettre un gros pâté de masticolle qui sera sans aucun doute avec le temps une source de fuite, sans compter l’aspect esthétique…

La collerette d'étanchéïté : il n'y a que 3mm de fuite autour... ;-)

La collerette d’étanchéïté : il n’y a que 3mm de fuite autour… 😉

Dernière étape pour la cheminée : monter le conduit à l’intérieur de la maison. L’idée est de les emboîter par le bas ; tout le conduit ne tient que par la petite pièce du support de toit : autant dire que je ne faisais pas trop le malin en emboîtant les tubes… Arrivé au niveau du plancher, je fixe le support au plancher, et je découvre qu’il me manque une pièce : le collier qui sert le tuyau et repose sur le support de plancher… J’improvise un « brancard » sanglé aux solives pour faire reposer tout le conduit : je vais voir avec le marchand de matériaux comment faire pour la pièce manquante.

"Brancard" improvisé pour maintenir le conduit de cheminée

« Brancard » improvisé pour maintenir le conduit de cheminée

Conduit de cheminée vu de l'intérieur

Conduit de cheminée vu de l’intérieur

Il aura fallu 2 jours pour monter le conduit de cheminée… Ce fut sportif ! Si c’était à refaire, je ferai le choix définitif du conduit de cheminée avant le dépôt du permis, et je commanderai les éléments du conduit avant de faire les chevêtres, histoire de partir avec toutes les dimensions finales. Et je n’achèterai pas de l’Isotip, c’est certain. Entre l’absence de notice, la qualité des accessoires (le support de toit est vraiment limite, et c’est pareil pour la collerette : on dirait du Fisher-Price), les oublis ou absences de pièces, les problèmes d’emballage (accessoires insuffisamment protégés), ça fait vraiment beaucoup. On va voir ce que va donner le service après-vente, mais 4 mois après la livraison, je ne me fais pas trop d’illusions ;-).

Le conduit de cheminée, à l'extérieur

Le conduit de cheminée, à l’extérieur

Bref, une belle aventure et de bonnes leçons ! Je ne m’attendais vraiment pas à caler de la sorte sur un sujet apparemment aussi simple qu’un conduit de cheminée… Finalement, après toutes ces péripéties, la cheminée trône sur le toit, et j’aime le résultat : ouf ;-). Il y aura encore 2 ou 3 choses à finaliser pour ce conduit, mais le plus gros est fait : nous pourrons mettre un poêle cet hiver !

Addendum du 28/07/13 :

Excellente nouvelle : j’ai reçu il y a maintenant quelques semaines la pièce qui manquait pour fixer le bas du conduit de cheminée… Et ce, gratuitement ! Un grand merci à Willy… Le SAV fonctionne donc bien !

Read Full Post »