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Archive for the ‘Conception’ Category

vig_usbVoici un bon gros morceau : ça fait 3 ans que les travaux ont commencé, 4 ans que j’ai commencé à cogiter concrètement les détails de la maison, et bien plus encore que ces sujets tournent dans ma tête 😉 … Le chauffage au bois est acquis depuis belle lurette ; la maison a été dessinée autour du poêle à bois. Reste à choisir le type de poêle, et le mode de production d’eau chaude sanitaire. D’habitude, quand je me pose une question technique, la solution vient d’elle-même, par une lecture, une rencontre, une discussion, une prise de conscience : ça s’est passé comme ça depuis 3 ans (bien plus en fait, quand je regarde en arrière), dans la douceur, l’évidence. Mais là, ça ne sort pas. Est-ce que la question est mal posée ? Est-ce qu’il ne s’agit pas de questions techniques, mais de questions plus larges ? Je ne sais pas, mais je décide de poser tout ça dans cet article : on verra ce qu’il en sort.

Tout d’abord, voici mon idéal : poêle de masse avec bouilleur pour l’eau chaude sanitaire et 2 petits radiateurs (1 dans la salle de bains et un dans le sas d’entrée). Voila pour l’hiver. L’été, eau chaude sanitaire solaire. Et en inter-saison, par temps couvert et quand le poêle n’est pas allumé, une résistance électrique d’appoint dans le ballon d’eau chaude. Puisque nous sommes dans l’idéal, idéalement, j’aimerais aussi pouvoir faire chauffer de l’eau ou cuire quelque chose sur le poêle. Ça, c’est fait.

Commençons peut-être par l’eau chaude sanitaire. Difficile d’avoir une idée précise de la consommation électrique d’un chauffe-eau à l’année : Enertech n’a pas encore finalisé son rapport ;-). A priori, un chauffe-eau électrique va consommer en gros 2650KWh/an (source : ADEME) ; ce chiffre est à peu près confirmé par les forums, où certains ont même mesuré directement la consommation électrique réelle de leur chauffe-eau. Évidemment, ça dépend de l’utilisation de l’eau chaude (bain vs douche, nombre de personnes, réglages du chauffe-eau, etc.), mais ça fait une base. A 0,1641€ TTC le KWh, ça fait 435 Euros à l’année (381€ en heures pleines EDF, 317€ en heures creuses, tarif officiel minoré, cf. article). Ce calcul mérite vraiment d’être affiné, vu que peu de données sont disponibles ; ça peut donner une base de réflexion, avec toutes les réserves nécessaires. Outre l’aspect financier, il y a évidemment (et en premier lieu ?) l’aspect énergétique pur : chauffer avec de l’électricité est pour moi un non-sens énergétique (cf. article).

Ballon solaire 200L, double circuit (source : Solaire Diffusion)

Ballon solaire 200L, double circuit (source : Solaire Diffusion)

Première option : le chauffe-eau solaire. La bible absolue dans le domaine est l’association Apper solaire : pour avoir fait un stage avec eux au Gabion, c’est du très sérieux, pragmatique, avec un grand retour d’expérience. Ils bossent avec Solaire Diffusion pour le matériel ; pour les avoir eu au tel cette semaine encore, ça a l’air aussi solide. Voilà pour la partie pub 😉 . Concrètement, dans nos contrées, on peut espérer une couverture de 60% de l’eau chaude sanitaire par le soleil (des simulations détaillées sont disponibles sur le site d’Apper) avec un système de base qui évitera la plupart des problèmes de mise au point et de surchauffe. Pour un kit du genre, il y en a en gros pour 1800€ TTC, hors installation & hors tuyaux solaires, avec un ballon de 300L. Pour rester un instant dans le chapitre financier, sachant qu’un ballon électrique équivalent coûte entre 400€ (truc de base, qui sort de l’eau à 75°C même avec le thermostat au mini, et qui du coup consomme 2 fois plus) et 650€ (de marque), le solaire a un surcoût de 1400€ qui sera amorti sur 6 ans en comptant l’électricité consommée par le circulateur ;-). Il y a des schémas hydrauliques disponibles chez Apper, et un schéma un peu plus détaillé chez Solaire Diffusion. Dans notre cas, j’avais prévu les tuyaux pour raccorder les panneaux : ils passent sous la maison, pour aller dans un regard devant la maison, plein sud. Le seul hic est que je viens de découvrir que ces tuyaux ne sont pas compatibles avec le solaire, qui demande au matériel de supporter une température élevée (>150°C) ; je me suis complètement planté en achetant les tuyaux, il y a 3 ans. Bref, il faut faire avec, et une des solutions est de mettre un échangeur à plaques dehors, pour ramener les calories via le circuit déjà en place. C’est pas beaucoup plus cher, mais ça fait beaucoup de boulot en plus, vu qu’il faut que je fasse un regard hors humidité et hors gel dehors. Le bon côté des choses est que je limiterai l’usage de glycol dans mon circuit, vu qu’il n’y en aura besoin que dans le circuit primaire des panneaux.

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Schéma de principe pour un chauffe-eau solaire (source : Solaire Diffusion)

Tout ça, ça marche, et il y a un retour d’expérience suffisant, même si au premier abord ça fait un peu peur. Du côté des inconvénients, il y a la gestion des surchauffes : si le système est bien dimensionné, ça ne devrait pas arriver, mais vu que l’imprévisible est toujours présent, c’est à prendre en compte. Pour ma part, si je pars sur cette solution, les panneaux seront au sol, et il sera toujours possible de mettre des cannisses sur les panneaux aux heures chaudes de la journée par temps de canicule. En cas d’absence, eh ben pas besoin d’eau chaude : les panneaux seront couverts. Toujours du côté des inconvénients, il y a aussi la complexité : si un truc part en sucette, il faut pouvoir dépanner, ou au pire faire une manipulation pour corriger. Le système doit être le plus simple possible… Pour citer Pierre Amet d’Apper : « Un bon système solaire est un système que ma femme peut gérer ». J’aime bien 😉 .

Et l’hiver, alors ? OK, si on couvre 60% des besoins avec le solaire, il en reste 40% (175€/an). C’est là que le poêle bouilleur intervient, et que j’ouvre un nouveau chapitre. Vu que nous allons chauffer au bois, et que la maison est censée est hyper isolée, nous pouvons utiliser une partie des calories du poêle pour chauffer notre eau. Le principe est simple : un serpentin rempli d’eau circule dans le poêle, et fait chauffer l’eau du chauffe-eau. D’un point de vue technique, le ballon est déjà là : il suffit de prendre un ballon double circuit (c’est celui qui apparait dans le schéma ci-dessus) : le circuit bas pour le solaire, et le circuit haut pour le poêle. Surcoût pour cette partie : zéro. Il reste à mettre une trivanne thermovar pour protéger le bouilleur contre la condensation, une soupape et un vase d’expansion, un circulateur et une petite régul, et le tour est joué. En fait, en prenant une régul solaire un peu plus grosse, il n’y aura besoin que d’une seul régul pour les 2 sytèmes. Pour cette approche, j’aime bien le blog de la famille créative, et les schémas et explications du site Bouilleurs de France. Côté matériel, pour tout ce qui n’existe pas chez Solaire-Diffusion, je m’oriente plutôt vers Eneove (ils ont tout !!) ou Solaire-bois (plus cher à priori). Et enfin pour le poêle, j’ai regardé de près ce que ce site propose ; ils distribuent une marque fabriquée en Allemagne, que l’on trouve en France mais 40% plus chère…

Je me pose la question du dimensionnement de tout le système : et si le bouilleur donnait trop de calories ? Une fois le ballon d’eau chaude à 80°C (il faut prévoir un mitigeur thermostatique en sortie pour éviter les brûlures), il faudra passer les calories dans autre chose : d’où l’idée des 2 radiateurs d’appoint dans la salle de bains (jamais trop chauffée) et le sas d’entrée (un peu coupé de la maison). Faire passer de l’eau à 80°C dans les radiateurs n’est pas forcément une bonne idée : il faudra donc aussi une trivanne thermostatique, qui se déclenchera uniquement quand le ballon sera chaud (priorité à l’eau chaude). Autre possibilité, déjà prévue dans la maison : alimenter le lave-linge et le lave-vaisselle en eau chaude directement. Ça permet de virer encore 2 résistances électriques de plus dans la maison. Et maintenant, si le bouilleur ne donnait pas assez de calories ? En fait, le problème viendrait plus d’un poêle surdimensionné qui donnerait trop de chaleur dans la maison, et que du coup nous n’allumerions que peu souvent. L’idée est d’éviter de faire des flambées dans le poêle pour chauffer le ballon d’eau chaude alors qu’il fait déjà 22°C dans la maison… Eh bien dans ce cas, pour l’eau chaude, la résistance d’appoint prendra le relai. Et pour le chauffage de la maison, un poêle surdimensionné serait bien embêtant : pas question de le faire tourner au ralenti, vu que c’est là que la combustion est mauvaise et que ça pollue sauvagement, tout en encrassant tout le système. Faire des flambées plus espacées ? Si le poêle est surdimensionné, ça voudra dire qu’il y aura de fortes variations de température dans la maison, selon qu’on fait une flambée ou pas. Pas super confortable.

C’est là qu’intervient le poêle de masse : je ne reviens pas sur les bases du système, vu qu’il y a déjà un article à ce sujet. Un des (nombreux) avantages du poêle de masse, c’est qu’il va diffuser lentement les calories après la flambée rigoureuse. Il n’y aura pas (ou moins, en tous cas) d’effet sinusoïde sur la température de la maison : elle sera lissée, beaucoup plus stable, et du coup l’ensemble sera plus confortable. Donc là, si je n’ai pas perdu la moitié des lecteurs dans les méandres de mon cerveau tout embrouillé par ces questions, la grosse question arrive : eh ben, mon gars, pourquoi tu ne mettrais pas un bouilleur dans le poêle de masse ? Sauf que le poêle de masse que je vise n’est pas du tout prévu pour ça. Il existe des poêles de masse avec bouilleur, souvent construits sur mesure, mais c’est carrément hors budget pour nous (> 10 000 Euros). Et en général ce sont des mastodontes dont nous n’avons pas besoin dans cette maison. Vu qu’un collègue internaute m’a récemment sollicité pour ajouter un bouilleur dans un Alsamasse, je me dis que ça mérite d’être creusé. J’appelle donc le constructeur avec toutes mes questions techniques. Marie me renvoie vite vers son père, qui a créé l’Alsamasse. Au début, Vincent n’était pas chaud du tout (« un poêle de masse, c’est pas fait pour accueillir un bouilleur », en gros), mais après quelques minutes (je voulais comprendre pourquoi), tout a changé. Quand j’ai expliqué que l’Alsamasse, même dans sa version de base, serait certainement surdimensionné pour notre maison, et que du coup je voulais récupérer des calories pour chauffer l’eau chaude, tout s’est ouvert. Techniquement, d’après lui, il faut que le bouilleur soit dans la partie haute du foyer : il est hors de question que le bouilleur soit dans le circuit de fumées (sous le foyer par exemple, qui était mon idée initiale) car cela refroidirait trop violemment les fumées et créerait un déséquilibre dans le poêle. Il m’a donné aussi une super idée : mettre un bouilleur amovible dans un réceptacle métallique. Cela permet à la fois de protéger le bouilleur des flammes directes, et aussi de pouvoir changer le bouilleur en cas de problème, sans avoir à démonter le poêle. J’adore. La conversation a bien duré, et nous avons pu échanger sur plein de points, tous plus intéressants les uns que les autres… Super rencontre téléphonique. En conclusion : si je fais un proto, ils m’aideront. Après avoir un peu planché sur le truc, il se trouve que le bouilleur sera haut dans le poêle (contrairement à ce que j’avais pensé initialement), et que ça tombe derrière le chauffe-eau, de l’autre côté de la cloison. Donc pas question d’avoir accès au bouilleur sans démonter le chauffe-eau. Il y a certainement d’autres solutions, ça ne me paraît pas insurmontable comme obstacle. Par contre, dans le délai imparti, c’est mission impossible.

Poêle de masse ou pas Poêle de masse ?

Poêle de masse ou pas poêle de masse ? (photo tirée de http://www.poele-de-masse.pro/)

Me voilà donc avec toutes ces réflexions qui me farcissent la tête, et l’échéance de l’emménagement qui approche… Il reste tant à faire ! Et là, je me dis qu’il y a un facteur important à faire entrer en compte pour le choix à court terme : moi. Je ne me vois pas du tout ni installer un chauffage solaire cet été, ni installer un poêle bouilleur, ni à fortiori adapter le poêle de masse pour qu’il accueille un bouilleur. Et là, en écrivant ces mots, je mesure l’ampleur de la révolution intérieure : je prends la décision d’aiguiser ma propre hache, en référence à l’histoire du bûcheron… Whao.

Qu’est-ce qu’il en sortira à court terme ? Je ne sais pas encore exactement, mais ça se précise… En tous cas, j’ai tout posé dans cet article, et je pourrai revenir dessus quand je serai prêt. D’ici là, si vous avez des idées de génie, ou simplement un retour d’expérience, je suis preneur ;-).

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Le mot a été écrit dans l’article précédent : chape. Au rez de chaussée, nous avions prévu de faire une chape béton (de chaux) d’une dizaine de cm pour apporter de l’inertie à la maison, et capter le rayonnement solaire devant la baie vitrée. Ça faisait partie intégrante de la conception bioclimatique de la maison (cf. article). Sauf que, depuis, la technique de plancher a changé (cf. articles ici et ), et la maison est relevée d’une quarantaine de cm par rapport au niveau du sol extérieur : je me vois mal couler quelques mètres cubes de béton seau après seau…

Ça a été le début d’une intense réflexion qui a commencé il y a quelques semaines… Dernier gros défi de la maison ?

Mais revenons au début… Courant décembre, je me rends compte que les seuils de portes extérieures (y compris pour la baie vitrée) ne sont pas au même niveau : il y a une différence de plus d’1,5 cm entre les 3 ; sans compter que toutes les portes intérieures sont calées 1,5 cm en dessous de la plus basse… Bref, j’aurais dû prendre les niveaux précisément (à la lunette ou au laser) avant de couler les seuils, et de poser les menuiseries intérieures… Je me suis calé sur le dessus des madriers pour les seuils (à l’époque il n’y avait pas de plancher), mais les cotes des madriers ne sont pas vraiment identiques. Et pour les menuiseries intérieures, je me suis calé sur un seuil, sans faire le tour des 3 : voilà pourquoi je me retrouve avec ces différences. Et il se trouve que le seuil le plus haut, c’est celui de la porte d’entrée, que nous allons utiliser plusieurs fois par jour… Donc une marche de 2,5 cm n’est pas vraiment envisageable ! Les menuiseries intérieures ne sont pas censées être ré-ajustables en hauteur ; mais après avoir démonté une porte et regardé de plus près, nous devrions pouvoir gagner 2, voir 2,5cm. Du coup, nous pouvons remonter toute la chape de 2cm, et ne plus avoir de marche à l’entrée. Et une bonne leçon : il est impératif de caler toutes les menuiseries (intérieures ou extérieures) précisément… C’est évident, mais ça va mieux en le disant (et surtout en le faisant 😉 ).

Nous nous retrouvons donc avec une hauteur de sol fini à 11,5 cm du sol actuel… Soit une chape de 10cm d’épaisseur, au lieu des 8cm prévus initialement. Sur une surface de 57,5 m2, ça fait presque 6m3 de béton à couler… burp.

Du coup, j’ai regardé de près les chapes sèches, notamment avec le système Fermacell. Ça marche bien, d’après les artisans du coin : mise à niveau facile, pose facile, bonne planéité. C’est plus cher que la chape classique (2000 Euros de matos, en gros, pour 60m2), mais on peut le faire seul, à notre rythme. Sauf que : 1/ nous perdons l’effet « masse » et 2/ il y a quelques endroits au rez de chaussée où la chape portera des charges lourdes ponctuelles : poteaux de l’escalier, poteaux de chauffe-eau ; il faudrait renforcer à ces endroits… En coulant du béton ? Rhaaaa, je ne m’en sors pas.

Je regarde de nouveau l’option béton… Bien sûr, il y a la toupie : mais il faudrait une pompe à béton pour atteindre toutes les pièces (l’option « pompe à béton » est quasiment aussi chère que la toupie), et le béton de toupie sèche hyper vite, et est en général très liquide. J’imagine qu’on peut demander ce qu’on veut (consistance plus sèche, et sans additifs de séchage), mais pour avoir expérimenté les toupies à plusieurs reprises, je ne le sens pas. Et ça enlève l’option béton de chaux…

Il reste quoiqu’il arrive le problème du dimensionnement de la structure : 6m3 de béton, ça fait 13,2 tonnes. Est-ce que ça passe sur la structure du plancher ? Normalement, la flèche (déformation de la structure en hauteur) tolérée pour une chape béton ne doit pas dépasser 1/300ème de la longueur de la structure ; on compte 1/600ème pour être tranquille quand il y a du carrelage. Voici le calcul de Vincent (merci encore) à ce sujet… En prenant une épaisseur de 6cm de chape, et en comptant les charges d’exploitation (150kg / m2) plus le poids de la structure (madriers + OSB), la flèche est de 3,6mm sur 3,7m de portée, soit 1/1027ème. Ça marche… Sur le papier, je pourrais même monter jusqu’à 400kg au m2 en restant dans les 1/600ème de flèche. Ce qui autoriserait les 10cm de chape (220 kg/m2). Heureusement que j’avais surdimensionné la structure du plancher… En y regardant d’encore plus près, les forums sont plutôt récalcitrants à cette pratique. Et plusieurs artisans me disent qu’une chape béton sur un plancher bois, ça casse, même si la plupart avouent ne jamais en avoir fait. En dernier recours, je demande à Romu des photos du coulage de chape de sa maison ossature bois (faite par un constructeur qui a bonne réputation) : ils ont coulé une chape liquide de 5 ou 6 cm sur la même structure que nous, mais avec plus de portée… Donc en pratique, ça marche. Mais la prudence m’invite à limiter l’épaisseur de la chape à 6cm, en mettant un isolant incompressible de 4cm là où les portées sont les plus grandes…

Reste à couler ces 6cm x 57,5m2 = 3,45 m3 de béton… Finalement, j’ai trouvé une connaissance d’un ami qui avait une pompe à béton et un tabouret, spécialement conçues pour couler les chapes. Je ne savais même pas que ça existait (à part pour les chapes liquides)… Sauf que… la machine ne « mange » à priori pas de béton de chaux… En tous cas, le proprio de la machine n’en a jamais fait. Il va falloir que je fasse un trait sur le principe de la chaux… Et au fait, pourquoi de la chaux ? Pour le côté écolo (énergie grise moins importante, et la chaux n’est pas une poubelle ambulante contrairement au ciment), mais aussi pour sa souplesse (bienvenue sur un plancher bois), et pour sa perspirance (laisse migrer la vapeur d’eau). Du côté des inconvénients, il y a le prix (presque 2 fois le prix du ciment), et le temps de séchage. Pour la perspirance, ça ne marche que si on a un matériau de surface qui est lui aussi perspirant : carreaux de terre cuite (type tomettes), parquet. Vu que nous allons mettre du carrelage sur la plus grande partie, je me demande si la perspirance va pouvoir réellement se faire… C’est encore une question ouverte à ce jour : si vous avez des idées, j’achète : c’est tellement dur d’avoir de vraies infos à ce sujet !

Bref, tout ça a fait longtemps un gros sac de nœuds, et la théorie se confronte aux contraintes pratiques : à un moment donné, il faut trancher, d’autant que le temps passe, et que la chape est le dernier gros morceau de la maison… En tous cas le dernier gros morceau qui me stresse (jusqu’au prochain évidemment 😉 ). Je laisse ça décanter encore quelques jours ; on verra ce qu’il en sort !

Dans tous les cas, nous devons préparer le terrain : mettre à niveau les évacuations PVC tout en les réduisant, finir d’arranger les gaines, raccorder l’élec du rez de chaussée au tableau, poser des bandes latérales de désolidarisation, tracer un trait sur tous les murs à 1m du niveau fini, éventuellement poser un polyane microperforé. Pour les évacuations PVC, tout sort en 125mm CR8 ; selon les évacuations, il faut que je réduise à 100mm (WC), 40mm (évier, machine à laver, lave-vaisselle) ou 32mm (lavabo & lave-mains). Sauf que 125 vers 40 ou 32, ça n’existe pas : il faut d’abord réduire en 100mm ; et pour réduire en 100, il faut un manchon femelle-femelle en 125. Bref, ça fait un bon emboitage de 3 pièces par évacuation… Mais il faut y passer, et avoir réduit les évacuations en 100mm avant de traverser la chape n’aurait rien changé (à part avoir une pièce inaccessible en plus). Nous avons encore de quoi nous occuper !

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DSCN0267.resizedUn jour ou l’autre, il fallait que j’attaque ce gros morceau sur le blog… Eh bien c’est aujourd’hui ! Au départ, la partie électrique de la maison ne me stressait pas plus que ça, peut-être grâce à ma formation initiale qui m’avait appris à dompter les électrons, les champs magnétiques, les cosinus φ et tout le tralala. Et puis tirer des fils dans des gaines, poser des boîtiers et connecter tout ça, j’avais déjà fait pas mal de fois. Mais de là à concevoir et réaliser toute l’installation électrique d’une maison, et de regarder sereinement passer le consuel, il y avait un peu de chemin à parcourir…

Au tout départ, il y a une norme qui décrit ce qui est obligatoire dans une installation électrique chez un particulier : la NFC 15-100. En cherchant bien sur Internet, vous pouvez la trouver, mais c’est un gros pavé assez indigeste. Je me suis tourné pour ma part vers un bouquin de chez Eyrolles (cf. bibliographie) que j’ai trouvé très bien fait ; j’ai aussi trouvé des guides constructeurs (ici ou ) qui m’ont été bien utiles en tant que synthèse, pour mémoire.

Nous avions un autre souhait pour l’électricité : prendre en compte les rayonnements électromagnétiques. Pour celles et ceux qui veulent en savoir plus, il y a le bouquin de Frédéric Séné (cf. bibliographie), ou bien le site du CRIIREM. Sans tomber dans la parano, nous voulions simplement faire attention à cet aspect des choses : après tout, nous n’existons que grâce à des champs énergétiques (cf. article) ; reste à savoir ce qui est « sain » ou « acceptable », et là, l’état des connaissances est proche de zéro. Lors d’un stage, j’ai pu jouer avec du matériel de mesure de champs ; ça m’a ouvert les yeux sur plusieurs aspects… En bref, il n’y aura pas de wi-fi chez nous, et l’installation électrique permettra de protéger au minimum les pièces à dormir. A noter que dans le dernier numéro de la Maison Écologique il y a un dossier assez bien documenté sur ce sujet.

Une fois la norme en tête, et cette attention particulière posée sur l’environnement électromagnétique de l’habitat, il suffisait de faire les plans électriques : que voulons nous, et où ? Prises de courant, interrupteurs, éclairages, prises de communication. Ça a presque été le plus long : trouver un compromis entre la norme, le côté pratique, une volonté d’installation minimaliste… Une fois tout positionné, je me suis amusé à faire le schéma du câblage, sur le plan de masse. Voici donc le résultat :

J’aurais pas mal de choses à dire sur les choix, mais je crois que ça prendrait un peu trop de place… Il me parait aussi difficile de résumer la norme… Au passage, certains l’ont très bien fait, comme Guillaume par exemple (merci à toi !). Je vais me contenter de quelques points particuliers :

La salle de bains : outre les volumes & appareillages à respecter (c’est très bien documenté dans le bouquin référencé ci-dessus), j’avais lu qu’il fallait une « liaison équipotentielle locale », mais sans bien comprendre pourquoi ; puis, en surfant, j’ai finalement trouvé l’info. Il est nécessaire de relier toutes les terres des appareillages (prises, points lumineux) dans une salle de bains pour la raison suivante : d’habitude, les fils de terre sont chaînés de prise en prise (et de point lumineux en point lumineux) ; en conséquence, si la chaîne est rompue à un moment donné, à cause d’une mauvaise connexion par exemple, on se retrouve avec un appareillage sans terre dans la salle de bains, ce qui n’est pas sans poser des problèmes potentiellement vitaux (et chanter « Alexandrie, Alexandra » ne changera rien)… L’idée est donc de relier toutes les terres, afin d’éviter qu’un circuit soit rompu. Ainsi, on « double » les connexions à la terre, dans les salles d’eau. C’est ce qui est symbolisé en jaune dans les schémas ci-dessus.

Le tableau : il ressemble à un tableau de bord d’Airbus, mais il n’y a pas trop d’ajout par rapport au minimum de la norme… Juste 2 télérupteurs et un télérupteur temporisé pour la VMC de la salle de bains. Au vu du coût d’une goulotte plastique (la « GTL », mais c’est un abus de langage), j’avais initialement prévu de faire un coffrage bois, mais au final j’ai craqué, pour gagner du temps. J’ai choisi une « GTL » avec 3 compartiments, car le gros câble d’alim de la maison doit passer dedans… Il y a eu plusieurs points intéressants sur ce tableau : tout d’abord, nous sommes alimentés en triphasé, à cause de la distance (200m) entre le PDL et la maison (cf. article) ; du coup, il faut prévoir les dispositifs de protection tri (j’en profite pour mettre une prise tri dans l’abri à bois, pour le banc de scie), et prévoir un équilibrage de phase. J’ai donc ajouté des borniers de phase dans le tableau ; il y en a un à chaque coin (tableau Legrand). La disposition des disjoncteurs derrière les différentiels est censée être équilibrée : chaque différentiel sera alimenté par une phase différente. L’autre particularité de ce tableau, c’est qu’on est connecté à ERDF avec un branchement type 2 (cf. doc ici) ; il faut donc un « interrupteur de coupure d’urgence » dans le tableau de la maison ; en gros, un 500mA tri qui coupe tout en cas de besoin. Mais l’idée est qu’en cas de problème, ce ne soit pas le disjoncteur du bas qui saute (je vois bien la scène pour aller ré-armer le disjoncteur 200m plus bas, une nuit d’orage), mais celui du haut : il faut donc prendre un disjoncteur instantané pour le haut ; celui du bas sera « sélectif », c’est à dire qu’il attendra un tout petit peu avant de se déclencher.

Protection contre les rayonnements : il y a plusieurs approches possibles : câble blindé, gaine blindée ou bien dispositifs de coupure à effet de champ dans le tableau (ça coupe la ligne quand l’intensité consommée est inférieure à un certain seuil). Une combinaison des 3 est bien sûr possible. De mon point de vue, nous sommes à la préhistoire dans ce domaine, à la fois sur le matériel et sur l’approche globale : pour tout dire, j’avais étudié pendant un moment la possibilité de câbler tout l’éclairage en 12 ou 24V continu, et de ne garder le 220 que pour les usages indispensables (machine à laver, typiquement). Autant dire que le gars du consuel aurait fait un arrêt cardiaque en arrivant ;-), ou aurait appelé tous ses potes pour rigoler un coup. C’était un peu extrême, dans une approche d’autonomie totale et cohérente en énergie électrique, mais je ne suis pas encore prêt à ça. Du coup, nous avons choisi de la gaine blindée : il n’y a qu’une marque, vous trouverez vite. Je marche à pas de velours avec cette solution technique : leur nouveau système de drain semi-conducteur dans la gaine m’interroge… D’autant plus qu’aucune info technique n’est disponible, ce qui ne me rassure pas : avec mon passé professionnel, le secret de fabrication est synonyme de mauvaise qualité (refus de confronter la solution technique au public) : on a tendance à cacher la misère, alors qu’une bonne solution s’expose. Bref, on verra le résultat, appareillage en mains. J’ai renoncé à prendre les boîtiers blindés : pourquoi mettre un boîtier blindé alors que la platine (prise de courant, ou interrupteur) ne l’est pas ? Là encore, aucune mesure disponible, il faut faire confiance au constructeur ; mais vu le prix des boîtiers, ça manque d’arguments techniques pour justifier le delta de prix… Ah, ça me botterait bien de dépouiller toutes ces solutions techniques et de voir ce qu’il en sort, concrètement… Dans une autre vie ?

Que dire d’autre ? Ah, oui, la partie communication. Pas de wi-fi chez nous, ça veut dire un bon câblage communications. J’ai choisi de tout câbler en catégorie 7 S/FTP (disons que c’est le haut de gamme actuel du câble de communications), histoire d’être tranquille pour un bout de temps. Par contre, je suis tombé de ma chaise en me penchant sur les coffrets de communication… Hé bé, voici une belle dérive de la norme électrique, censée protéger : les constructeurs doivent applaudir des 2 mains et des 2 pieds. Je pense que tout ça va se réguler dans les années à venir, mais là, franchement, à voir les tarifs des coffrets de communication (qui ne sont qu’un pauvre hub/switch et quelques prises RJ45, avec une prise DTI pour le tel), il y a de quoi faire de l’hypertension… Il faut faire un emprunt juste pour avoir Internet sur une prise murale dans la maison !

La distribution : les lignes passeront dans le plancher (sous la dalle au RDC, et sous le parquet à l’étage), et monteront derrière le Fermacell pour chaque prise ou point lumineux. Partout où c’était possible, les boîtiers d’encastrement (pour cloison sèches) feront 50mm de profondeur, pour plus de confort lors de la connexion. Étant le seul « artisan » travaillant dans la maison, cela me permet de passer l’électricité au fur et à mesure que le placage et les cloisons sont posées (articles à venir) : c’est super confortable !

Fournitures électriques : j’ai choisi du Legrand pour l’appareillage et le tableau (sauf pour le différentiel tri, 2 fois plus cher que le Siemens) ; l’électricien local fuit cette marque pour le tableau, mais je n’ai pas encore compris pourquoi : je crois que je découvrirai avec l’expérience ;-). Pour la première fois sur ce blog, je vais faire de la pub pour un fournisseur : sur les conseils d’un ami, j’ai tout acheté sur http://www.elecproshop.com/, et je dois dire que j’ai été bluffé de A à Z : prix, choix, description du matos, clarté du site, informations de suivi de commande, délai de livraison, etc. Bref, du 100% tout bon pour mes 2 premières grosses commandes ; au vu de mes expériences avec d’autres sites marchands (y compris de grosses enseignes type Mr. Bricolage), ça méritait d’être noté !

Dernier point : nous avons un compteur provisoire depuis maintenant plus d’un an (euh, presque 2 ans en fait)… Au bout d’un an, j’ai appelé ERDF pour renouveler le branchement provisoire, en expliquant que je construisais ma maison moi-même, et qu’il y avait encore beaucoup à faire (photos à l’appui si nécessaire ; j’ai même proposé une visite). Le gars, très sympa, m’a renvoyé un papier et hop, c’était reparti pour un tour… Expérience très différente de ce que j’ai pu lire sur internet… Ça méritait aussi d’être noté !

Pose du tableau :

Allez, pour clôturer cet article, un peu de pratique : la première chose que j’ai faite en électricité a été de poser la goulotte (« GTL ») et le tableau. Cela permet ensuite de calculer les bonnes longueurs de câble, et de les passer au fur et à mesure dans la goulotte, le plus proprement possible. Pour cela, il m’a fallu préparer le mur qui accueille tout ça, en posant le Fermacell et en faisant un petit coffrage pour passer par-dessus un lien de la structure poteau-poutres. La norme prévoit des contraintes pour la GTL et le tableau, en terme de distance par rapport à des points d’eau et des matières inflammables par exemple. La hauteur des éléments est aussi encadrée.

La goulotte, posée.

La goulotte, posée.

Bref, une fois tout ça pris en compte, il a fallu relier le gros câble d’alim (4x25mm²) au 500mA… Et là, gros moment de solitude quand je me suis rendu compte qu’il manquait 1,5m de câble… Raccorder du 4x25mm² dans une goulotte, c’est beaucoup de sport, et beaucoup de temps. Une misère. Moralité : n’hésitez pas à laisser 2m, voire 3m, de plus sur les câbles d’arrivée électriques (y compris l’éclairage extérieur par exemple) : cela évitera de bonnes galères. Lorsque nous avons passé toutes les VRDs (cf. article), j’étais la tête dans les tranchées et je n’ai pas trop pensé à ce détail… Je l’ai payé !

Il fallait deux platines plastique pour poser le différentiel général sur la goulotte ; à plus de 50€, j’ai renoncé et j’ai fabriqué une platine avec un bout de fermacell (M0, donc complètement ignifugé) et un bout de contreplaqué (pour la résistance mécanique). Ça fait bien le boulot, pour 30 minutes de main d’œuvre. Par contre la connexion du gros câble de 25mm² sur le bornier a été elle aussi bien sportive ! Il m’aura fallu presque 4 jours pour que le jus arrive au tableau (en comptant le coffrage Fermacell) : j’avais largement sous-estimé cette partie ! Bref, ça y est, l’arrivé électrique est connecté, et le tableau alimenté ! Le gros câble de terre (25mm²) passe aussi dans la goulotte, avec un petit détour à l’extérieur pour la barrette de terre.

Tout est prêt pour accueillir le câblage de la maison !

Tout est prêt pour accueillir le câblage de la maison !

Voilà, tout est prêt pour tirer massivement l’électricité dans la maison… La suite au prochain épisode !

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DSC_6293.resizedJe me disais bien qu’un jour j’allais avoir du mal à nourrir le blog… Eh bien ça y est, je suis vraiment à la bourre sur les articles. D’un côté, c’est bon signe : les travaux avancent, et avancent bien, même. Nous avons commencé à poser le fermacell et à tirer l’électricité. Tout cela méritera bien quelques articles dédiés ;-). Pour l’instant, j’aimerais partager une belle expérience : quelques jours de « stage » chez notre charpentier.

Le projet initial comprenait un bâtiment annexe, que nous appelons la « grange » mais qui officiellement ne peut s’appeler grange à cause de la connotation agricole (et donc l’usage professionnel) de ce bâtiment. Nous l’appellerons quand même la grange, ici, même si je ne compte pas pour l’instant m’inscrire à a MSA. Bref, un nouveau bâtiment va arriver sur le terrain, sur ses fondations toutes neuves (cf. article).

Un bon palan nous aide à soulever les grosses pièces de charpente

Un bon palan nous aide à soulever les grosses pièces de charpente

Pour la conception de cette grange, pas de doute : le poteau-poutres s’impose. Une grange, quoi. Autant pour la maison la question se posait tant les options sont nombreuses, autant pour une grange, non isolée, nous n’avons pas hésité longtemps. Un charpentier local nous avait proposé une autre approche intéressante (un mix d’ossature légère et de poteaux-poutres), mais j’ai réalisé après coup que cela nous emmenait trop loin : il s’agit d’une grange, pas d’une seconde maison d’habitation. Il fallait donc refaire tailler une structure poteaux-poutres ; mais ici, pas de chêne : nous avons décidé de partir sur du sapin, ou du douglas, afin de faire baisser les coûts. Nous avons fait faire des devis ici et là, et au final deux solutions se présentaient à nous : soit nous achetions une charpente « industrielle », taillée à la machine numérique, soit nous faisions appel à notre charpentier local. Autant pour le chêne, la question du numérique ne se pose à priori pas vraiment (les pièces de chêne étant toujours un peu vrillées, le numérique n’aime pas trop), autant pour du douglas ou du sapin, c’est avantageux en termes de prix. Il y avait en gros 3000 Euros HT de différence entre les 2 devis (presque 25%), mais le devis « numérique » n’incluait pas la pose de la structure (assemblage et dressage des fermes et de la structure, chevronnage, etc.). En gros, il y avait environ 1500 Euros de différence à périmètre comparable. Avec quand même une furieuse envie de faire travailler le charpentier local, pour 1000 raisons qui ont toutes du sens pour moi : local plutôt qu’une usine située à 80km, un artisan qui fait bosser 5 gars plutôt qu’un fabriquant de machine-outil allemande (au mieux), etc. L’argument décisif a peut-être surtout été le lien, la relation d’humain à humain ; quel prix mettre en face de ça ? Même si à un moment donné, la question du coût se pose quand même ; c’est là que l’incontournable théorème des travaux s’est appliqué : il a fallu trouver le bon compromis entre le temps, le coût, le savoir-faire et la main d’œuvre : notre charpentier m’a donc proposé de venir travailler avec lui quelques jours, ce qui diminuera son coût en main d’œuvre. J’ai bondi sur l’occasion, trop content de pouvoir apprendre et passer du temps avec lui ! J’étais un peu frustré de ne pas avoir pu participer à la taille de la structure de la maison (cf. article) ; eh bien l’occasion rêvée se présentait à moi…

Le douglas a sa couleur et son odeur caractéristique...

Le douglas a sa couleur et son odeur caractéristique…

Nous voici donc à tracer une ferme au sol au cordex, à prendre des décisions sur le débit des pièces, la position des jambes de force, blochets et autres entraits… En prenant le temps, cette fois-ci, je comprends mieux les différentes étapes, et j’y participe même pour la plupart :

  • projection au sol : nous choisissons une vue à projeter : dans notre cas, ça sera une vue du sud. Les fermes seront numérotées de 1 à 5, en allant vers le nord. Chaque pièce de charpente sera marquée avec le numéro de ferme, ainsi que le côté de la ferme (droite ou gauche).
Calage et empilement des différentes pièces de charpente

Calage et empilement des différentes pièces de charpente

  • traçage de la ferme au sol : nous commençons par le trait de niveau du sol, virtuel dans notre cas car il y a des plots en béton ; puis nous traçons une perpendiculaire (avec le 3-4-5) qui représentera l’arête extérieure du poteau gauche. De manière générale, tous les tracés représentent l’extérieur ou le dessus des pièces de charpente. Nous traçons ensuite le poteau droit, puis l’axe central, puis la ligne des pannes (c’est ici que se fait le seul calcul trigonométrique, pour tracer la pente à 40°), les arbalétriers, les jambes de force et les blochets. Restent l’entrait retroussé, le poinçon, puis l’entrait principal. Nous en profitons pour marquer le bas de poteaux (ça sera différent pour chaque ferme, ici, car les plots ne sont pas vraiment alignés), le bas de la panne sablière, le bas de la panne intermédiaire.
Calage des pièces selon le tracé, au fil à plomb

Calage des pièces selon le tracé, au fil à plomb

  • calage des pièces de la ferme par rapport au tracé : les pièces sont surélevées par rapport au sol ; ici le jeu consiste à aligner parfaitement les pièces par rapport au tracé, en utilisant le fil à plomb, et ensuite à caler les différentes pièces sur plusieurs plans (elles sont empilées) afin de pouvoir reporter les intersections. Et là, je découvre qu’il y a plusieurs méthodes : blochets en dessous, ou bien au-dessus ; calage au fur et à mesure du positionnement des pièces ou bien quand toutes les pièces sont en place, etc. Chaque approche a ses avantages et ses inconvénients.
Calage des différentes pièces ; ici, intersections entre le poteau, le blochet et l'arbalétrier. On aperçoit le lien de l'entrait en arrière plan.

Calage des différentes pièces ; ici, intersections entre le poteau, le blochet et l’arbalétrier. On aperçoit le lien de l’entrait en arrière plan.

  • piquage : une fois que toutes les pièces sont empilées et parfaitement calées au tracé, il faut tracer les intersections entre les pièces, qui seront matérialisées par des tenons et mortaises ; cette opération de tracé des intersections s’appelle le piquage. Alors là, ça devient franchement technique : ce tracé se fait avec un crayon taillé tout spécialement à plat ; les projections se font au fil à plomb qui sert d’axe, de guide au crayon. Le crayon est orienté différemment selon ce que l’on trace : perpendiculairement à la mortaise pour le tracé des mortaises, dans l’alignement du bois qui croise pour le reste. Il faut souvent reporter un décalage lorsque la pièce est vrillée ou pas de niveau : dans ce cas, nous reportons l’espace situé entre le fil à plomb et la pièce lors du piquage de la pièce, en pensant bien à respecter le dessus et le dessous de la pièce. Bref : cette étape est d’une minutie incroyable, et c’est elle qui va faire que les ajustements seront bons ou pas… Et dire que je croyais être « technique » dans mon ancien métier… 😉
  • rembarrage : il s’agit cette fois-ci de tracer les traits des découpes, en reliant les points tracés lors du piquage. Là aussi, il faut une bonne concentration et un bon savoir faire… Bien penser à tout : tracer les épaulements pour porter les grosses pièces de charpente, tracer le biais pour les tenons traversants des blochets, etc. Rhaaa, j’adore tout ça, ça me rappelle les cours de dessin industriel au lycée…
Crayon taillé pour le piquage

Crayon taillé pour le piquage

  • la taille : une fois que tout est tracé et vérifié (il y a plein de petites astuces pour vérifier que l’on ne s’est pas planté lors du piquage ou du rembarrage), il ne reste qu’à tailler. Scie circulaire et mortaiseuse chantent en cœur, avec d’autres outils manuels dont j’ai perdu le nom… Ah si, je me souviens de la grenouille, qui est un parallélépipède déformable servant à tracer les mortaises centrées sur les pièces de bois. Ingénieux, ces charpentiers…
Empilement des pièces taillées

Empilement des pièces taillées

  • assemblage de toutes les pièces : cette étape se fait à la masse, délicatement. J’imagine votre tête en lisant ces derniers mots ; moi aussi ça m’a bien fait marrer : avant cette expérience, je ne pensais pas qu’il était possible de caresser une pièce de bois avec une masse ;-). Quand c’est nécessaire, un ajustement est fait à la scie égoïne ; l’objectif est de vérifier que tout s’emboîte parfaitement, histoire d’éviter de biner les blettes lorsque nous dresseront la charpente sur site…
Assemblage et ajustements si nécessaire

Assemblage et ajustements si nécessaire

  • dernière étape avant le démontage : nous tâtons les pièces de charpente, c’est à dire que nous marquons les tenons aux endroits où les chevilles vont passer, histoire de percer les tenons. Le perçage des tenons se fait de biais, avec un angle différent selon le serrage que l’on veut donner à l’assemblage… Là, ça y est, je suis complètement à la rue, le métier parle.

Une fois les fermes taillées, il restera à projeter les façades et à tailler les poteaux (encore une fois, mais dans un autre plan), les pannes (sablière, intermédiaire, faîtière), les liens du faîtage. Vu que la question m’a été posée, j’en profite pour indiquer les sections : toute la ferme est en 15x15cm, sauf les poteaux et l’entrait en 18x18cm. Les liens de l’entrait sont en 15x15cm. Les sablières et la faîtière sont en 8x18cm, avec des liens en 8x10cm, et les pannes intermédiaires sont en 15x15cm. Il aura fallu en gros une journée par ferme, plus encore 2 bonnes journées pour les pannes. C’est vrai que quand on compare au numérique, ça change beaucoup de choses… Je réalise toutes les étapes qui n’existent plus en numérique : une charpente comme celle-ci est taillée complètement dans la journée… Par contre, dès qu’une pièce n’est pas droite, exit le numérique ; hors de question de tailler dans du vieux bois, ou de faire des reprises de charpente…

Ouah, quelle expérience ! J’ai appris un 10 000ième de ce qu’un jeune charpentier doit savoir, mais ça fait plaisir… Quel beau métier, et quelle chance j’ai eue de pouvoir y goûter ! Merci encore…

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Frein vapeur (1)

DSCN0232.resizedFrein vapeur… kesako ? Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? Comme son nom l’indique, la fonction principale du frein vapeur est de freiner la vapeur, ou plus précisément de réguler la migration de l’humidité à travers les parois extérieures de la maison. Concrètement, il s’agit de poser une membrane (ça ressemble à une bâche) à l’intérieur de la maison, sur tous les murs extérieurs. Nous avons déjà touché du bout des doigts ce sujet dans un article précédent ; aussi je vais zoomer uniquement sur la partie frein-vapeur, à la fois d’un point de vue théorique, mais aussi en pratique, car concrètement, nous sommes en train de le poser…

En théorie…

Dans une maison, comme à l’extérieur, il y a de l’humidité dans l’air. A l’intérieur, cette humidité est renforcée par l’activité humaine : respiration, cuisine, douches, etc. Le taux d’humidité doit être ni trop grand (air humide), ni trop faible (air sec) pour que la maison soit confortable, y compris d’un point de vue thermique : à une température d’air identique, nous ressentirons plus ou moins le froid selon qu’il y a beaucoup d’humidité ou pas. C’est une des raisons pour lesquelles il est important de réguler l’humidité à l’intérieur d’un habitat. Il y a un siècle, cela se faisait naturellement à travers les murs (quand ils étaient faits de pierre et de mortier type chaux ou terre) et à travers toutes les fuites d’air de la maison (fenêtres, toitures, jonctions diverses, etc.). Avec l’apparition du ciment en Europe après-guerre, beaucoup de problèmes se sont posés pour la gestion de l’humidité, car le ciment bloque l’humidité. Un bon vieil enduit extérieur en ciment va bloquer l’humidité… notamment dans les murs, dégradant ainsi la construction de l’intérieur ; on voit souvent du salpêtre dans ces habitations, d’ailleurs. La VMC est arrivée pour veiller à ce que l’air intérieur (et son humidité associée) soit renouvelé ; il y a même des VMC dites « hydro-régulées », qui se déclenchent selon le taux d’humidité de l’air. De nouveaux défis sont ensuite apparus avec l’apparition des maisons à haute performance thermique et leurs techniques de construction ; jusqu’ici, rien de bien neuf sous le soleil.

Tout petit aparté théorique : plus l’air est chaud, plus il va pouvoir stocker de vapeur d’eau (ou d’humidité) ; nous connaissons tous le phénomène de condensation, quand de l’air chaud arrive sur une surface froide, la vapeur d’eau présente dans l’air redevient liquide au contact de la surface froide. C’est le principe utilisé dans un alambic par exemple pour récupérer l’alcool sous forme liquide après qu’il ait été évaporé. Quand on prend une masse d’air avec un taux d’humidité donné (je parle à pression constante, pour simplifier), si on fait chuter la température de cette masse d’air, à un moment, la vapeur d’eau va redevenir liquide, sous forme de micro-gouttelettes (c’est le principe de formation du brouillard) ; la température la plus basse à laquelle cette masse d’air est soumise avant que sa vapeur d’eau ne redevienne liquide est appelée point de rosée.

Tout ça pour quoi ? Eh bien c’est simple : la différence de température entre l’intérieur et l’extérieur va être importante l’hiver, disons d’une vingtaine de degrés. La température va descendre graduellement au fur et à mesure qu’on traverse un mur extérieur, disons de 19°C à l’intérieur à 0°C à l’extérieur. Si on ne prend pas de précaution particulière, très souvent, le point de rosée se situera à l’intérieur du mur, selon le taux d’humidité de l’air ; mais comme nous avons vu que l’activité humaine produisait beaucoup d’humidité, ça se produira très, très souvent. Et concrètement, cela veut dire qu’il y aura de l’eau sous forme liquide à l’intérieur des murs. C’est gênant avec des murs « en dur » (salpêtre et autre), mais c’est carrément problématique avec des murs en matériaux naturels (fibre de bois, chanvre, paille, ouate de cellulose, etc.), car l’isolant peut pourrir. Une solution à ce problème pourrait être d’arrêter les activités humaines à l’intérieur de la maison (ie. abandonner sa maison) ; une autre pourrait être de ne pas avoir de différence de température entre l’intérieur et l’extérieur (ie. une maison ouverte). Il y a eu beaucoup d’intermédiaires presque aussi radicaux dans l’histoire de la construction : oui, c’est sûr, dans une maison en béton de ciment, il faut une sacrée VMC pour réguler l’humidité de l’air. Dans les maisons à hautes performances énergétiques, et notamment les maisons passives, nous ne sommes pas loin de cet extrême, puisque nous recherchons des maisons étanches à l’air, afin de garder les calories à l’intérieur. C’est d’ailleurs la deuxième fonction du frein vapeur : réaliser une étanchéité à l’air de la maison. Toute la subtilité vient du fait qu’une maison peut être étanche à l’air, mais laisser passer l’humidité. C’est le principe du gore-tex par exemple, qui fait office de coupe-vent tout en laissant évacuer la transpiration.

En résumé, le frein vapeur, c’est une énorme membrane gore-tex posée à l’intérieur de la maison, sur les murs extérieurs. Je réalise que j’aurais dû commencer par là, en évitant tout ce baratin ;-). Évidemment, techniquement, tout cela se mesure : le sd (exprimé en m) permet de mesurer la résistance à la diffusion de la vapeur d’eau d’un matériau donné ; il y a plus de détails à ce sujet dans un article précédent. Dernière question : et pourquoi doit-on faire des maisons étanches à l’air ? Eh ben pasque c’est la loi. La RT 2012 impose un niveau d’étanchéité à l’air, niveau qui se mesure et pour lesquels les entreprises sont responsables avec obligation de résultat… Un métier d’avenir ? Avocat spécialisé dans la construction.

Maintenant que l’idée du point de rosée est plus claire, je fais un tout petit aparté : la tentation d’allumer le poêle dans la maison depuis qu’elle est hors d’eau / hors d’air est grande : rien de tel qu’une petite flambée sympa pour rendre les travaux encore plus agréables… Mais voilà, c’est sans compter sur le point de rosée… Si je chauffe l’air dans la maison, je vais concentrer plus de vapeur d’eau dans l’air (notamment avec toute la transpiration et l’huile de coude déployées pour faire les travaux), et cette vapeur va redevenir liquide à l’intérieur des murs en fibre de bois : pas cool. Cela se simule très bien sur http://www.uparoi.net : il suffit de choisir la constitution du mur, et on voit où la condensation se forme. Dans notre cas, c’est très clair :

SimuPointdeRoséeSi j’allume le poêle, il y aura en théorie de l’eau sur la surface intérieure du pare-pluie, contre l’isolant. Bref, la mouise. Nous devons donc encore attendre un peu avant la première flambée ; cela dit il fait suffisamment chaud à l’intérieur pour bosser dans de bonnes conditions !

En pratique…

En pratique, il s’agit de poser un film (une espèce de bâche) contre l’isolant à l’intérieur de la maison. Le frein-vapeur que nous avons choisi se présente sous forme de rouleau de 1,5m de large. Ça parait tout simple, mais en pratique y a plusieurs défis pour la pose du frein-vapeur…

Le premier défi se pose dès la conception de la construction : si le frein-vapeur doit être traversé par une ribambelle de trucs, alors son efficacité va être fortement entamée… Nous avons choisi de faire passer toute l’électricité à l’intérieur du frein-vapeur, afin de ne pas le percer pour chaque prise de courant ou éclairage. OK, il existe des boîtiers d’encastrement électriques étanches, OK, il existe des passe-gaines étanches, mais tout cela est cher, et délicat à mettre en œuvre (selon moi). Nous n’aurons à gérer que les départs électriques vers les prises et éclairages extérieurs, soit 7 gaines. Idem pour la ventilation : nous n’aurons à gérer que 2 départs de 100mm. Rien d’autre que ces 9 éléments ne viendra traverser le frein vapeur.

Le second défi est le raccord du frein-vapeur au bâti : plafond, sol, menuiseries, etc. Il faut que ces raccords soient étanches à l’air. Nous avons choisi de coller le frein vapeur aux autres éléments du bâti, et à chaque endroit collé de poser une latte vissée afin de serrer le frein-vapeur contre le bâti. Pour les menuiseries, nous avons collé le frein-vapeur aux dormants, et les avons en plus scotchés avec un adhésif spécialisé.

Le dernier défi concerne l’ossature qui vient recouvrir le frein vapeur ; cette ossature va accueillir les plaques de plaquage et doit donc être dans le même plan. Nous avons choisi des tasseaux de 40x40mm en périphérie (sol, plafond, coins), et des demi-chevrons (60x40mm) au milieu. Pourquoi du 6×4 ? Ça peut paraître un peu surdimensionné, mais 40mm de vide entre le frein-vapeur et le plaquage, ça permet d’utiliser des boîtiers électriques d’encastrement de 50mm. Quant aux 60mm de large, ça permet de rattraper la différence d’écartement des montants d’ossature secondaire… Les plaques de plaquage font 600mm de large, et donc leurs supports doivent être écartés de 600mm d’axe à axe ; or, les plaques d’isolant font 575mm de large, moins le cm réglementaire de compression, donc 565mm; cela ajouté aux 45mm d’épaisseur du bois d’ossature, ça fait 610mm et non pas 600mm… D’où encore une raison de plus de dépasser la recommandation officielle de compression de 10mm et de la passer à 20mm (cf. ici et )… Bref, il fallait rattraper 1cm sur certains montants d’ossature, d’où une largeur plus importante des tasseaux. Nous avons acheté tout ce bois directement en scierie, en même temps que les planches de peuplier (cf. article précédent), et l’avons payé du coup presque 2 fois moins cher que chez le marchand de matériaux.

Concrètement, pour poser le frein vapeur, nous coupons le tasseau du haut à la bonne taille, coupons les lés de frein-vapeur en comptant 7cm de retour en bas et en haut, et fixons les 2 ensemble à l’aide d’agrafes. Nous posons un filet de colle sur le plafond (les poutres dans notre cas) et sur le tasseau (sur les agrafes), et posons le tout un peu comme un rideau.

Nous fixons le frein-vapeur sur le tasseau du haut

Nous fixons le frein-vapeur sur le tasseau du haut

Ensuite nous fixons le tasseau de haut sur le plafond, comme une tringle à rideau

Ensuite nous fixons le tasseau de haut sur le plafond, comme une tringle à rideau

Ensuite nous posons le tasseau du bas, en prenant bien soin de laisser des parties libres pour passer les gaines électriques qui viendront du sol (réservations).

Réservation pour le passage des gaines électriques au sol

Réservation pour le passage des gaines électriques au sol

L’étape suivante est de poser 2 tasseaux-repère les plus écartés possible, de les caler au même niveau que les tasseaux haut et bas, et de poser les suivants à la règle, en prenant appui sur ces 2 tasseaux-repère. C’est rigolo à faire, mais à 2 seulement ; c’est le genre d’opération où 1+1 ≠ 2… Il faut jouer un peu du rabot ou de cales à certains endroits, mais globalement, ça se passe bien ! Les raccords avec les menuiseries ne sont pas si compliqués que ça : j’ai choisi de coller en plus de l’adhésif spécial, notamment à cause des coins difficiles à vraiment couvrir.

Raccord avec la menuiserie : le frein-vapeur dépasse du tasseau ; il est collé sous le tasseau.

Raccord avec la menuiserie : le frein-vapeur dépasse du tasseau ; il est collé sous le tasseau.

Raccord de menuiserie terminé : le frein-vapeur est collé, en plus de l'adhésif spécialisé

Raccord de menuiserie terminé : le frein-vapeur est collé, en plus de l’adhésif spécialisé

Les lés de frein vapeur sont collés entre eux avec colle + adhésif spécial ; seul l’adhésif est nécessaire selon le constructeur, mais là encore, je ne sais pas vraiment combien de temps il va tenir, leur scotch à 20€ le rouleau : un filet de colle ne coûte pas cher et me rassure.

Vue d'ensemble du frein-vapeur du mur nord

Vue d’ensemble du frein-vapeur du mur nord

Rien de bien compliqué, tout compte fait, mais c’est un travail plutôt minutieux… J’appréhende un peu les pignons à l’étage, où nous devrons travailler derrière les fermes… En tous cas le rez-de-chaussée est un bon échauffement !

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DSCN0162.resizedTout a été si vite pour la pose des fenêtres… Je n’ai même pas pris le temps d’écrire à ce sujet. Pourtant, le sujet des fenêtres et de leur mode de pose a été pour moi le sujet le plus stressant lors de la phase de conception de la maison ; « bizarrement » j’oserais dire, avec un peu de recul. Quel type de pose de fenêtres choisir ? Comment aménager l’ossature secondaire pour accueillir les fenêtres ? Quelle solution choisir pour les appuis de fenêtre, afin que ce soit simple à faire, joli et surtout étanche ?

Il existe une multitude de types de pose de fenêtres : en applique, en feuillure, en tunnel, etc. En général, en restauration on n’a pas trop le choix : les contraintes de l’existant imposent souvent le type de pose. Mais dans le neuf, avec une maîtrise totale de la conception, la question est vite arrivée sur la table. D’un point de vue efficacité thermique, je voulais que la fenêtre soit positionnée dans l’épaisseur du mur, au milieu : cela permet de conserver la plus grande épaisseur d’isolant face au froid (dans notre cas, l’isolant est dans l’épaisseur du mur). Restait la question mécanique, pour la fixation et l’étanchéité. J’ai choisi la feuillure (cf. schéma ci-dessous) car je pensais à l’époque que cela allait donner la meilleure étanchéité et le meilleur maintien mécanique. Avec le recul, je ne suis pas sûr que cela change grand chose avec la pose en tunnel… Si c’était à refaire, je crois que je choisirais la pose en tunnel, c’est beaucoup plus simple pour l’ossature secondaire.

Types de pose de fenêtres - 1

L’ossature secondaire a donc été posée de manière à faire un décalage de 2cm entre l’ossature extérieure et l’ossature intérieure, au niveau des ouvertures, sauf pour la baie vitrée qui est posée en tunnel.

Décalage de l'ossature secondaire au niveau des ouvertures

Décalage de l’ossature secondaire au niveau des ouvertures

Ensuite, restait la question de l’appui de fenêtre… Nous ne voulions pas d’appuis en béton, un peu lourds esthétiquement pour une maison bois bardée… Nous aurions pu faire un appui mince en béton, mais vu qu’il aurait été posé sur une structure bois, ça aurait fissuré à un moment ou à un autre… Je reste convaincu que ciment et bois ne font pas bon ménage dès qu’il y a des questions d’étanchéité en jeu, même si cela n’est qu’intuitif. La solution est venue en regardant de près la maison en bois d’un ami. Les appuis étaient en tôle inox, avec des cornières sur les côtés pour faire l’étanchéité. En deux coups de cuiller à pot, les tôles étaient pliées (merci Olive !) ; la pose fut un peu plus fastidieuse, car il fallait intégrer les équerres dans les coins de bardage…

Ossature avant la pose des appuis de fenêtres ; on aperçoit l'épaisseur du bardage (en bas) ainsi que le coin de bardage (sur le côté)

Ossature avant la pose des appuis de fenêtres ; on aperçoit l’épaisseur du bardage (en bas) ainsi que le coin de bardage (sur le côté)

Pose de l'équerre sur laquelle va reposer l'appui de fenêtre

Pose de l’équerre sur laquelle va reposer l’appui de fenêtre

Pose de la tôle inox

Pose de la tôle inox

Pour la pose des fenêtres, le menuisier préférait s’appuyer sur des rejingots (le rejingot permet de surélever la fenêtre par rapport à l’appui) : nous avons donc récupéré un bout de chêne chez notre charpentier et avons usiné les rejingots avec Bernard (merci encore !). Les rejingots ont été vissés et collés à cheval sur les appuis de fenêtre, l’autre moitié étant directement en contact avec l’ossature.

Pose du rejingot

Pose du rejingot

La pose des menuiseries a été intéressante : je découvrais cette opération ! D’abord, les menuisiers positionnent le dormant (la partie fixe de la fenêtre) pour vérifier que les cotes sont bonnes et que le dormant peut être posé d’aplomb (parfaitement vertical). Ensuite, ils posent le « compribande » (sorte de ruban de mousse qui s’expanse quelques heures après la pose) étanche à l’eau et à l’air autour du dormant. Ensuite, ils positionnent le dormant de manière définitive avec des cales, en réglant l’aplomb. Ils montent le ou les ouvrants, pour vérifier que le couple ouvrant(s)-dormant fonctionne bien mécaniquement, et les déposent. Les dormants sont vissés sur l’ossature avec des vis spéciales (vis de montage à distance) qui permettent de fixer sans serrer, afin de ne pas déformer les dormants. Reste à mettre le silicone à l’intérieur et l’extérieur, à enlever les cales de jeu entre dormants et ouvrants, et c’est fini !

Zoom sur la pose (coupe horizontale)

Zoom sur la pose (coupe horizontale)

Fini, ou presque : il nous restait (et nous reste encore un peu à l’heure où j’écris) à poser les dernières lames de bardage pour habiller les tableaux des fenêtres, après avoir découpé et collé l’écran sous-toiture (perspirant) sur les dormants. Ce film fera office de pare-pluie entre l’ossature et la lame de bardage afin d’éviter que de la moisissure ne se développe sur l’ossature : étant donné qu’il n’y a pas de lame d’air pour aérer le bardage à cet endroit, il fallait éviter que le bardage se trouve bois contre bois, ce qui aurait été favorable au développement de moisissures ; à priori, l’humidité devrait migrer vers le bardage, grâce à ce film perspirant. La découpe des planches de bardage a été un peu délicate (pour respecter le profil de la fenêtre et les cotes du tableau pas parfaitement rectangulaire), mais c’est maintenant chose faite pour la plupart des ouvertures.

Découpe et collage de l'écran sous-toiture

Découpe et collage de l’écran sous-toiture

Avec la pose de la lame de bardage, le tableau de fenêtre est terminé ! Il en reste qu'à enlever le film protecteur de la tôle inox...

Avec la pose de la lame de bardage, le tableau de fenêtre est terminé ! Il ne reste qu’à enlever le film protecteur de la tôle inox…

Nous profitons maintenant du mauvais temps pour continuer le plancher du rez-de-chaussée… Dès qu’il y aura un rayon de soleil, nous terminerons les tableaux des fenêtres !

Quelle étape, la pose des menuiseries ! Je suis bien content d’avoir passé du temps sur la conception, notamment pour les appuis de fenêtres et toutes les jonctions (bardage-rejingot-menuiseries). Le style est toujours un peu roots, mais techniquement ça a marché, et ça devrait tenir dans le temps. Ma seule interrogation dans ce domaine concerne la durée de vie du bardage sur les tableaux : sans lame d’air, combien de temps va tenir le bois ? Si je devais le refaire, je crois qu’en plus de la pose en tunnel (j’ai encore un doute), je tartinerais toute la surface de l’appui de fenêtre de colle afin qu’il n’y ait plus un cm² de vide entre l’ossature et l’appui. Dernier point en suspens : la peinture des menuiseries : nous avions donné de la peinture à l’ocre (rouge) aux menuisiers qui ont passé une pré-couche avant le montage des menuiseries ; mais en faisant des essais de seconde couche juste après la pose, il se trouve que la peinture ne tient pas : elle glisse comme de l’eau sur de l’huile. Bizarre, je n’avais pas eu ça lors des tests (sur du sapin brut, il est vrai, alors qu’ici c’est du chêne)… Il se peut aussi que ça soit lié au fait que les bois ont été rabotés, ou bien qu’il y ait eu de la poussière entre temps (je n’ai pas pris soin de nettoyer avant de faire l’essai), ou bien même des résidus de savon, car les menuisiers emploient une potion magique pour éviter que le silicone ne bave sur le bois lors du lissage : de l’eau savonneuse… Nous allons laisser tout cela se patiner pendant l’hiver, et nous referons des tests au printemps !

Ça y est, toutes les étapes des ouvertures sont maintenant démystifiées pour moi… J’aurais pu m’enlever un peu de stress en allant voir un ou deux chantiers de pose, mais je n’ai pas pris ce temps… Encore une leçon. Prochaine étape : terminer le plancher du rez-de-chaussée !

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DSC_9719.resizedAlors là, énorme chapitre… Depuis le début du projet, ce sujet me trotte dans la tête : quelles menuiseries choisir ? Bois, PVC, alu, bois-alu ? Quel vitrage ? Double ? Triple ? Récemment, il y a eu un dossier dans le magazine « La Maison écologique » (numéros 74 et 75) à ce sujet : encore beaucoup d’info, mais rien d’évident pour moi. C’est à la fois technique, plutôt important au niveau de l’isolation, fondamental pour la vie quotidienne dans la maison, et en même temps un énorme budget… Au final je crois que c’est comme le vin ou la photo : c’est un sujet sans fin.

Tout a commencé avec le dessin des plans de la maison ; je prenais soin de suivre des principes bioclimatiques de base (cf. article). Un minimum d’ouvertures au Nord (et de petite taille), de grandes ouvertures au Sud, éviter les ouvertures à l’Ouest. Avec des ouvertures représentant 17% de la surface habitable, dont 56% orientées au sud, nous rentrons pile poil dans les clous du bioclimatisme tels que décrits par J.P. Oliva et S. Courgey (cf. bibliographie). Quand je dis ça, je n’ai pas encore parlé des menuiseries en elles-mêmes…

Par où commencer ? Le budget peut être un point de départ, car il permet d’orienter fortement la direction : menuiseries « de base » aux cotes standard achetées en grande surface (Brico Dépôt, Lapeyre ou autre – il y a déjà bien des différences entre toutes celles ci, évidemment), ou bien menuiseries « de qualité », éventuellement sur mesure. Rien que ce choix n’est pas évident, sauf si on se situe dans les extrêmes : avec budget illimité, c’est simple. Avec budget hyper serré, c’est aussi simple. Entre les deux, beaucoup de questions, d’autant plus que la différence de tarif n’est pas du tout évidente : j’ai fait faire un devis chez Lapeyre, et ils sont sortis plus chers que l’artisan du coin et que certaines menuiseries industrielles de qualité… A ne plus rien comprendre. Pour nous, l’idée est d’avoir des menuiseries pour la vie, sans pour autant pénaliser d’autres budgets dans la maison.

Deuxième aspect : la matière… En construisant une maison en bois, je suis plus naturellement attiré par des menuiseries bois. Rien que ce choix n’est pas forcément évident : selon l’essence, les performances thermiques seront plus ou moins bonnes… Et la durabilité aussi ! Le chêne est très dense, et donc moins isolant (on connaît les lambda par essence de bois) que de l’épicéa par exemple ; par contre, il durera beaucoup plus longtemps. Il faudra faire un compromis entre performances et durabilité. Le bois demandera aussi beaucoup d’entretien, à priori. Poncer et peindre les menuiseries, ça ne parait pas grand chose, mais uniquement aux personnes qui ne l’ont jamais fait ;-). Le PVC ? Même si les performances thermiques sont plutôt bonnes, cette option a été éliminée : tous mes a-priori resurgissent, surtout après avoir vu « Plastic Planet » (cf. biblio)… L’alu ? Rhaaaa… Pas bon thermiquement, hyper coûteux à produire en énergie ; pas vraiment respectueux de notre planète. Combiné bois-alu ? A priori la meilleure option technique : aussi bon que le bois thermiquement, pas trop d’alu, et pas d’entretien. Par contre, côté budget, ça picote un peu : +40% par rapport à des menuiseries chêne de qualité, devis en mains pour nos menuiseries.

Troisième chapitre, le vitrage : double ? Triple ? Argon ? Pas si simple, en fait. Il faut tenir compte du facteur solaire, c’est à dire que la quantité de chaleur (soleil) qui va entrer (à travers le vitrage) l’hiver pour réchauffer la maison. A priori, pas de triple vitrage au sud, sinon on perd plus d’énergie (celle du soleil qui ne passe pas) qu’on en gagne (avec l’isolation)… Je vous parle de ça avec des données qui datent de 18 mois ; il se peut très certainement que les triple vitrages aient fait des progrès sur cet aspect depuis. Triple vitrage au nord ? Après un rapide calcul, étant donnée la surface des menuiseries et de vitrage au nord, il n’y a quasiment aucun gain thermique, pour un surcoût significatif. Concrètement, sur des petites ouvertures, la surface vitrée est petite proportionnellement à la surface du support (ouvrant & dormant en bois ou autre) : le gain thermique est donc limité, car le support est très souvent beaucoup moins performant que le vitrage. De plus, même si on peut gagner 22% de performances sur une petite ouverture, étant donné le rapport des surfaces, ce gain ne sera pas significatif sur la totalité des ouvertures (de l’ordre que quelques %), et quasi négligeable sur la totalité de la maison (une fraction de %). Si j’ai 500€ de plus à mettre dans la performance thermique, est ce que je mes mets sur du triple vitrage au nord, pour gagner 0,3% de performance thermique globale, ou est-ce que je les mets dans un bypass (cf. article) de puits Canadien, ou dans 10cm d’isolant supplémentaires dans le plancher ? En fait, il n’y a pas photo dès qu’on regarde l’impact global sur la performance énergétique, sur le papier.

Quatrième aspect : l’aspect social et local. Elles viennent d’où, les menuiseries ? Comment sont-elles produites ? Avec du bois exotique provenant de la déforestation d’Amérique du Sud, scié dans un pays d’Europe de l’Est et usiné dans un autre pays de l’Europe de l’Est ? Avec de l’épicéa d’Europe du Nord, scié sur place puis usiné en Europe de l’Est ? (note : j’aime l’Europe de l’Est, pour l’avoir beaucoup parcourue pendant ma vie professionnelle précédente ;-)). Honnêtement, Il y a 3 ans, je ne me serais jamais posé cette question… Et là, cet aspect devient central…

Voilà en gros pour le parcours… Après beaucoup, beaucoup de noeuds au cerveau et de gros tableaux excel avec calculs thermiques (Uw, Ug etc) en parallèle de calculs financiers, nous sommes partis sur des menuiseries bois, en chêne. Il y avait 2 finalistes : un industriel de l’Est de la France, qui fait vraiment du bon boulot, pour avoir vu le résultat à plusieurs endroits ici, et un menuisier local, dont j’avais aussi pu voir le travail fini à plusieurs endroits. Côté tarifs, c’était comparable après que l’industriel se soit aligné. Côté confiance, il y avait aussi égalité : un super bon relationnel et une confiance totale dans les 2 cas : des personnes qui connaissent très bien leur boulot, réactifs, à l’écoute, en 1 mot : « super ». Côté technique, il y avait un léger avantage pour l’industriel : ils savent sortir le Uw de chaque fenêtre par exemple. Il y a une croyance qui dit que les fenêtres industrielles sont de meilleure qualité que les fenêtres artisanales, car c’est fait sur des machines numériques, avec de procédures et un contrôle qualité carrés. Je ne partage pas complètement ce point de vue : il y a des interventions humaines à tous les niveaux, et la qualité globale est directement proportionnelle à l’implication des humains concernés : si c’est un boulot déshumanisé, à la chaîne, dont la personne n’a que faire à part recevoir le chèque en fin de mois, le résultat sera moins bon qu’un artisan amoureux de son travail, qui y met tout son coeur. Reste à trouver l’artisan amoureux de son travail ;-). Pour résumer, je crois que le facteur humain est au coeur de tout, pas les machines ou processus de fabrication, même si ces dernières ont leur importance, évidemment.

Le tout était rendu un peu plus compliqué car l’artisan ne voulait pas fabriquer une si grande baie vitrée en bois… L’industriel faisait tout, et en face il fallait faire appel à 2 artisans, en faisant un compromis sur la baie vitrée : baie vitrée alu, malgré l’impact en énergie grise et les performances thermiques, faite par une entreprise locale (20 km).

Oulala il va falloir que j’abrège, je me rends compte que je suis en train d’écrire un bouquin pour ces menuiseries… Le déclic pour le choix s’est fait un matin, en me levant : « je ne peux pas me plaindre qu’il n’y ait plus d’emploi dans la région, et en même temps ne pas donner de travail aux artisans locaux… ça n’a aucun sens. » A qualité comparable, à prix égal, il n’y a pas photo : je privilégie le local. Je dis « je », mais je devrais dire « nous », car ce fut une décision collégiale et unanime ;-).

Côté entretien, nous misons tout sur la peinture à l’ocre (cf. article), avec un ocre rouge ! Si tout va bien, l’entretien devrait être hyper limité… Un pari sur le 100% naturel et sur le traditionnel en même temps…

Finalement ce fut une affaire de compromis… Je suis un peu tendu pour cette histoire de baie vitrée (est-ce que nous allons regretter le choix alu, à cause des performances thermiques ?), mais d’un autre côté il y a beaucoup moins de chances d’avoir des problèmes mécaniques liées au travail du bois sur de telles dimensions… Nous verrons bien !

Par contre, un grand plaisir pour moi est d’aller rendre visite au menuisier… Et de voir l’avancée des portes et fenêtres ! J’adore le bois, le travail du bois, et ces gars là sont des artistes… Un pur plaisir !

La matière de base : du bois d'arbre ;-). Notre menuisier achète les arbres sur pied et scie les grumes dans leur atelier.

La matière de base : du bois d’arbre ;-). Notre menuisier achète les arbres sur pied et scie les grumes dans leur atelier.

J’aime aussi les machines : des Guillet, entreprise Auxerroise où mon grand père a travaillé… Si ça se trouve, les machines qu’ils utilisent ont eu la « patte » de mon grand-père !

Nos menuiseries "en kit" : les pièces de bois viennent d'être débitées.

Nos menuiseries « en kit » : les pièces de bois viennent d’être débitées.

Scie à ruban "Guillet"

Scie à ruban « Guillet »

Les montants sont maintenant usinés.

Les montants sont maintenant usinés.

L’atelier lui-même est super beau… Je crois que je pourrais vraiment travailler ici !

Les fenêtres prennent forme !

Les fenêtres prennent forme !

Petit à petit, le puzzle s’assemble… C’est magique… Et je trouve ça vraiment beau ! Le bois, quelle matière quand même… Surtout le chêne ! Je ne vous parle même pas de l’odeur…

Un début de porte...

Un début de porte…

Quel plaisir de rendre visite au menuisier, de discuter avec lui… Je crois que ça n’a pas de prix, ce lien, ce partage, cette porte ouverte sur sa passion.

Et voici les vitrages !

Et voici les vitrages !

Et en plus j’apprends plein de choses… c’est assez extraordinaire de découvrir le langage et la technicité de chaque corps de métier… pare-close, feuillure, dormant, mortaise, etc. C’est soit de l’hébreu inaccessible, soit une douce mélodie pour les initiés…

Dire que j’aurais pu passer à côté de tout ça… Boudiou (comme on dit par chez nous), le bonheur, ça ne tient quand même pas à grand chose !

Bon, il faut quand même que j’aille bosser un peu, car quand les gars vont se pointer pour les poser (ce qui ne saurait tarder), il faudra que tout soit prêt pour accueillir ces oeuvres d’art… A bientôt pour le prochain chapitre…

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