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Archive for the ‘Etat d’esprit’ Category

Intermède

DSC_0157.resizedRhaaa, je ne peux pas résister à la tentation de ce petit intermède. Promis, je ne me shoote pas au lait pour nourrissons, ni à quelque autre substance bizarre que ce soit, licite ou non. Comme certains le savent, je suis de culture (de diplômes, de métiers, etc.) scientifique, voire même carrément Cartésien, bien que Descartes ait sauvagement chuté dans mon top 50, notamment après la lecture de Satish Kumar (cf. biblio).

Beaucoup ont déjà lu des écrits bouddhistes, du type « nous sommes faits de vide et de non-vide » ; le genre de truc qui tourne dans la tête 10 minutes, et qui passe à la trappe avec un jugement du genre « je ne sais pas ce qu’ils prennent à la place de l’alcool, mais franchement ça fait des dégâts. ». Je fais partie de ces lecteurs. Eh bien un matin je me lève, après la lecture de Trinh Xuan Thuan (cf. toujours la même biblio), et je réalise la chose suivante, que j’avais pourtant apprise en physique au collège (je crois) : toute matière est faite d’atomes, et chaque atome est constitué d’un noyau et d’électrons. Jusque là, ça ne picote même pas. Quand on regarde de près un atome, on se rend compte qu’il mesure en gros 10-10 m (c’est à dire 1/10 000 000 000ème de mètre). Le noyau, quant à lui, qui concentre la plus grande partie de la masse d’un atome, ne mesure que 10-15 m ; c’est à dire qu’il est cent mille fois plus petit que l’atome. La taille de l’électron est du même ordre de grandeur, 10-15 m. Pour se faire une idée, si le noyau avait la taille d’une bille, alors l’atome aurait la taille d’une sphère qui tiendrait à peine dans un stade de foot. Et le reste est… du vide ! Si on enlevait le vide entre les atomes, la Terre ne mesurerait que cent mètres de diamètre… Bref, nous sommes faits quasi-exclusivement de vide… OK, je comprends mieux ce que disent ces pré-bitniks (je le dis affectueusement) en soutane rouge et jaune.

Nous sommes donc faits de vide… Vraiment ? En fait, l’atome (de même que les molécules, les cellules, etc.) ne « tient debout » que grâce à l’interaction électromagnétique, cette force qui permet de maintenir les électrons en orbite autour du noyau. Cette force se manifeste soit par la partie électrique (la foudre par exemple), soit par la partie magnétique ; elle s’exerce à l’infini même si son intensité diminue avec la distance. Sans cette interaction, rien n’existerait de ce que nous connaissons. Mais je laisse la place à Trinh Xuan Thuan : « La précision du réglage de certaines constantes fondamentales et de certaines conditions initiales est proprement époustouflante. Considérons par exemple celui qui existe entre la charge électrique du proton et celui de l’électron. Le premier a une charge positive, tandis que le second a une charge négative. Bien que le proton soit près de deux mille fois plus massif que l’électron, leurs charges sont égales à un extrême degré de précision. Si la charge électrique du proton et celle de l’électron différaient un tant soit peu, par exemple seulement d’un cent millième de millionième, les atomes qui composent la matière ne seraient plus neutres, les forces électromagnétiques les feraient se repousser les uns les autres, et les pierres, les tables et les personnes exploseraient. A l’échelle des galaxies ou des étoiles, cette contrainte d’égalité des charges devient encore plus importante, car ces objets contiennent encore plus d’atomes. Si les charges du proton et de l’électron différaient ne serait-ce que d’un milliardième de milliardième (10-18), tout dans l’univers exploserait : la Terre, le Soleil, les étoiles. Sans étoiles, il n’y aurait ni élément lourd, ni vie, ni conscience.« 

Alors là, soit ça vous « en touche une sans faire bouger l’autre »® (expression poétique offerte par Chirac), soit ça vous fait « Mururoa dans ta tête à toi » (expression dramatique prolongée par ce même Chirac en Juillet 1995). Non seulement nous sommes constitués (en volume) presque exclusivement de vide, mais que ce vide est rempli de forces électromagnétiques dont l’équilibre est absolument critique et la portée infinie. Un raccourci vulgaire (dans le sens « vulgarisation ») pourrait être de dire que nous sommes faits de cette force, de cette « énergie ».

S’ajoute à cela le passionnant paradoxe EPR (des initiales de Einstein, Podolsky, Rosen ; rien à voir avec le triste et coûteux EPR d’EDF) : pour simplifier, on considère une particule qui se désintègre instantanément en 2 photons ; nous observons que ces 2 photons partiront toujours dans la direction opposée l’un de l’autre. Or la mécanique quantique nous dit que les photons, avant d’être observés, sont des ondes, et donc ne sont pas localisées. Impossible alors de savoir quelle direction ils/elles vont prendre. Depuis 1935, les physiciens se cassent la tête sur ce phénomène ; après de nombreuses recherches et expériences, nous n’avons toujours pas d’explication formelle, mathématique, scientifique, rationnelle à ce phénomène ; finalement, 2 hypothèses survivent à toutes ces recherches : 1/ Soit une information peut voyager à une vitesse plus élevée que la lumière (le premier photon informe « en direct » le second de la direction qu’il prend), ce qui en gros range Einstein (et tout ce que nous savons de la physique) au rang des « has been » ; 2/ les 2 photons ne sont pas séparés et ne forment qu’un ; ils font partie d’un tout, même si nous les observons séparés. L’hypothèse retenue par la communauté scientifique est la seconde, et c’est appelé « la non-séparabilité de l’espace ». Franchement, c’est pas rigolo, ça ?

Enfin ajoutons à cela l’introduction de l’article précédent, où nous apprenons que tous les atomes d’hydrogène, dont nous sommes majoritairement constitués, ont été créés pendant les mêmes 3 minutes il y a 13,7 milliards d’années… En quelque sorte, tous les atomes d’hydrogène sont des jumeaux ; les atomes qui nous constituent majoritairement (et qui constituent aussi tout ce qui est vivant sur Terre) sont tous des jumeaux.

Eh bien ça change quoi, tout ça baratin ?

En réalisant tout cela, je me dis d’abord que les Chinois, 2500 ans avant les Bouddhistes, avaient déjà compris cela dans la pratique de leur médecine… Médecine énergétique pour des êtres (entre autres) énergétiques. Je me dis aussi que tout ce qui touche artificiellement un équilibre si fragile (rayonnements électromagnétiques divers, radioactivité, etc.) ne peut que nous impacter et impacter tout ce qui vit, très directement. Ensuite, je me dis que nous ne sommes pas cousins, les humains, comme notre généalogie commune nous le prouve (tous descendants de l’Homo abilis africain), mais que nous sommes atomiquement jumeaux, et jumeaux identiques, même (avec nos différences, évidemment, comme les jumeaux). Pire que ça : vu que nos atomes sont issus du même phénomène qui a duré 3 minutes sur 13,7 milliards d’années, il se pourrait bien que le principe de non-séparabilité de l’espace s’applique ; c’est à dire que nous ne formons qu’un ensemble, et… avec toute autre chose vivante. Tout est là, sous nos yeux. Ce n’est pas Bouddha, Krishna, Jésus ou autre maître spirituel qui le dit, mais la science. Raccourcis trop faciles ? Abus de privation de sommeil ? Pétage de plombs post-partum ? Bah, je vous laisse voter ; moi, ça me fait planer tout ça ;-).

Petit complément :

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IMG_4559.resizedJe m’étais posé cette question assez superficiellement au tout début du projet, et j’avais conclu par : « De toutes façons, je vais tout faire sauf la charpente, ça fait partie du projet. Je verrai bien au fur et à mesure ». Eh bien nous y sommes… Il est temps pour moi de faire un point sur ce sujet. Je suis d’ores et déjà conscient que cet article ne peut être qu’incomplet : prenons-le comme un point de départ, une photo à l’instant « t ».

Après presque un an et demi de travaux, je crois que je peux dire « Euréka » : j’ai une équation qui semble bien fonctionner :

Equation

OK, en écrivant ça, je n’ai pas inventé l’eau chaude ;-). Mais il m’a fallu près d’un an pour me rendre compte de cette réalité ; c’est d’ailleurs presque une loi de la Nature. A budget et savoir-faire égaux, s’il y a moins de main d’œuvre, il faut plus de temps pour un résultat équivalent. Si on a moins de savoir-faire, il faut plus de temps. Si on a moins de temps, il faut soit plus d’argent, plus de main d’œuvre, à savoir-faire équivalent. Je pourrais continuer longtemps, ça marche dans tous les sens…

Voici donc quelques leviers d’action :

  • Savoir-faire : j’en ai bien peu comparé aux professionnels. Je sais faire plein de choses, mais beaucoup moins vite, beaucoup moins efficacement et certainement aussi moins bien que les professionnels. Les échanges quasi quotidiens avec les artisans (amis ou connaissances) m’aident beaucoup : je trouve cela complètement indispensable. Mais j’ai utilisé d’autres moyens pour améliorer mon savoir-faire : j’ai choisi de faire des stages de formation, par exemple au Gabion (j’ai trouvé ça génial, je recommande les yeux fermés) ou chez Oikos (vraiment bien, mais un cran en-dessous selon moi ; était-ce lié au sujet ?). J’ai aussi pu mettre la main à la pâte ici et là sur des projets d’autoconstruction, et sur d’autres chantiers (enduits, couverture, etc.) ; j’y ai énormément appris, et aussi beaucoup échangé… Enfin, dernière source d’apprentissage : les gens qui savent faire et qui viennent donner un coup de main… Alors là, c’est précieux car on fait d’une pierre plusieurs coups : j’apprends, je fais avancer le chantier plus vite et mieux que si j’avais été tout seul, et en plus nous passons un bon moment… C’est le top du top selon moi, et sur la base d’échange (1 journée rendue pour une journée donnée), ça marche plutôt bien… Au final, je dois me rendre à l’évidence : à partir du moment où je décide de couvrir le maximum de domaines, il faut que j’accepte de les couvrir moins profondément. Chaque métier à ses petits trucs qui font toute la différence, ces choses que seules les années d’expérience, les leçons tirées des erreurs passées peuvent apporter. Quoiqu’il en soit, le réseau humain est selon moi un facteur critique de réussite pour un tel projet… Croiser tel ou tel artisan chez le marchand de matériaux m’a souvent donné un sacré coup de pouce, au bon moment !
  • Temps : bien que je sois conscient que le temps n’est qu’un artifice pour mesurer le mouvement (planétaire, en l’occurrence), je cours après, comme beaucoup de monde… Depuis le début du chantier, je me rends compte que je fais des choses plus ou moins efficacement, en plus ou moins de temps. En premier lieu, il y a des questions de pure gestion de projet : faire en sorte que les matériaux soient là à temps (et pas trop tôt car cela peut gêner à cause du stockage), de même que les outils (y compris ceux qu’on doit emprunter le cas échéant, du type tracteur ou échafaudage), ainsi qu’éventuellement la main d’œuvre. Pour faire ça vraiment bien, il faudrait avoir une bonne idée du temps que va prendre une tâche ; et pour ça, je dois dire que je navigue à vue : j’apprends tous les jours. Côté gestion de projet, il y a aussi l’enchaînement des tâches sur différents corps de métier : tant que l’échafaudage est monté en pignon, autant en profiter pour faire le bardage ET les rives de toit (par exemple). C’est du bon sens mais ça change beaucoup de choses. L’organisation du chantier a aussi un grand impact : prévoir une aire de stockage des matériaux à l’abri, qui ne gêne pas (ni la pelleteuse, ni les livraisons, ni, ni, ni). Je n’avais pas prévu cela, et je me suis retrouvé à déplacer des matériaux plusieurs fois. L’enchaînement des saisons aussi est important : quand il fait beau, se concentrer exclusivement sur les tâches extérieures… J’ai regretté de ne pas avoir fait les enduits des soubassements l’an dernier avant les gelées, par exemple. Autre chapitre : le perfectionnisme… D’après le principe de Pareto, on peut obtenir 80% des résultats avec 20% des efforts, et par contre pour obtenir les 20% de résultats restants, il faudra déployer 80% d’efforts (c’est un exposé grossier du célèbre principe). Je pense que je suis la plupart du temps dans la tranche des 20% de résultats restants, déployant ainsi une grande énergie et beaucoup de temps pour faire les choses « bien ». Est-ce vraiment indispensable ? Je crois que c’est parfois important, parfois non ; c’est rarement critique. Ce qui est sûr, c’est qu’à ce sujet, j’apprends beaucoup des venues de personnes extérieures. De manière beaucoup plus générale, je lutte aussi avec les moments de repos (cf. histoire du bûcheron à la fin de l’article), ainsi qu’avec les objectifs : la question classique est : « quand allez-vous emménager ? ». Ben j’en sais rien. Enfin, il y a des questions radicales au sujet du temps : vais-je prendre une (ou deux) années sabbatiques pour ce projet ? Ou bien continuer de travailler en parallèle ? Quelle priorité vais-je mettre sur le projet par rapport aux autres pans de ma vie (cf. la célèbre histoire des cailloux) ?
  • Main d’œuvre : il y a de nombreuses options : les amis de passage, ceux qui viennent participer à une tranche de projet, la famille (des retraités très actifs notamment ;-)). Il y a aussi les échanges de temps, que ce soit de manière informelle ou au sein d’un SEL (Système d’Échange Local). Certains ont organisé de vrais chantiers participatifs ; je dois dire que je n’ai pas vraiment exploré cette piste, pour des raisons qui ne sont pas encore très claires. Pour toutes ces solutions, la question de l’assurance se pose : que se passe-t’il s’il y a un accident sur le chantier ? Il y a des solutions (assurance Castors par exemple), mais encore une fois, je n’ai pas exploré le sujet à fond. Deuxième option, que j’ai utilisée à plusieurs reprises : le chèque emploi service universel. Cela permet de rémunérer quelqu’un pour quelques heures, de manière hyper simple (tout se fait par le web), et pas chère (il y a un crédit d’impôts correspondant en gros aux charges employeur ; des simulations sont disponibles sur le site du CESU). Il y a quelques précautions à prendre : au delà d’une certaine durée de travail mensuelle, il faut un contrat de travail par exemple, ou bien faire attention à ne pas dépasser le plafond de crédit d’impôts ; mais pour des coups de mains ponctuels, ça marche vraiment bien. Le bon côté, c’est qu’on peut vraiment apprendre beaucoup en plus du coup de main (selon la personne embauchée) ; l’inconvénient est que l’on n’a pas de garantie sur le travail effectué, contrairement à une sous-traitance à une entreprise. Dernière option donc (en tous cas pour cet article) : la sous-traitance pure. Faire faire des devis pour une tâche particulière, sélectionner l’artisan et suivre les travaux. Pour l’instant, nous ne l’avons fait qu’à 2 reprises : pour la charpente et pour les menuiseries. Une vraie question au sujet de la sous-traitance est : que faire sous-traiter ? J’ai retrouvé un petit tableau édité par l’association des Castors Rhône-Alpes :
Extrait d'un tract des Castors Rhône-Alpes

Part des matériaux et de la main d’œuvre, par poste. Extrait d’un tract des Castors Rhône-Alpes

      Évidemment, ce ne sont que des approximations, et pour une maison « traditionnelle ». Pour une maison bois, par exemple, les répartitions charpente/maçonnerie n’ont rien à voir. Mais cela donne des informations assez intéressantes, notamment pour la part de la main d’œuvre dans le coût, par poste. Je suis curieux de savoir ce que va donner la réalité de notre chantier en comparaison de ce tableau… Quoiqu’il en soit, on peut déjà voir qu’à la louche, la main d’œuvre représente un peu moins de 50% du coût de la construction. Les critères de choix pour la sous-traitance peuvent être divers : par exemple, nous avons choisi la charpente pour des raisons de technicité, de temps et de garantie. Mais il se peut aussi qu’on fasse sous-traiter de la grosse maçonnerie dans le futur, simplement parce que ça ne m’intéresse plus vraiment (j’ai déjà vu le film avec les fondation de la maison), et que c’est vraiment physique (pour préserver mon dos)… Chacun son chemin.
  • Argent. Pas infini (pas pour nous en tous cas ;-)), et nécessaire… Il en faut pour acheter les matériaux, par exemple. Voici donc ouvert le chapitre « achats ». J’ai découvert avec étonnement que les prix des matériaux, à qualité égale, pouvaient varier énormément. L’exemple le plus flagrant a été l’achat du gros câble pour relier notre maison au compteur ERDF (cf. article) : le premier devis chiffrait le câble à près de 5000 Euros ; après une recherche sur Internet, le prix est tombé à 2300 Euros ; finalement, nous l’avons eu à 2033 Euros TTC livré… Soit un gain de plus de 50% ! En fait, on peut gagner énormément en passant un peu de temps sur les achats. Je parle évidemment à qualité équivalente : je suis (devenu ?) un partisan de la qualité que ce soit pour les matériaux ou l’outillage (cf. l’épisode de la meuleuse d’angle Bosch…). Je crois que les clés du bon achat passent par l’anticipation (un achat urgent est coûteux), le groupement à chaque fois que cela a un sens (soit avec d’autres personnes, soit en groupant tous les achats du même matériaux en 1 commande, par exemple les liteaux / le bardage / le ciment / le sable / etc.), la comparaison (faire faire plusieurs devis), et la négociation (je n’hésite plus à négocier dès que les volumes sont significatifs). Très souvent, j’obtiens autour de 20% de remise ; au final, ça fait une grosse différence, même si ces achats « optimisés » se font en parallèle d’achats « urgents » (il y en a toujours). Mais très clairement, à budget limité, c’est rentable de passer du temps sur les achats, en utilisant les 4 axes listés ci-dessus. Enfin, il y a aussi des questions très radicales concernant ce sujet : est-ce qu’il vaut mieux prendre une année sabbatique et faire le maximum soi-même ou bien continuer de travailler et faire sous-traiter plus ? Tout cela rentre dans un tableur (même si la question fondamentale est beaucoup plus profonde) : l’exercice est hyper intéressant, voire déroutant… Moi qui ai dans le passé sous-traité une bonne partie de ma vie (jusqu’à l’alimentation !), je crois que je pourrais écrire un bouquin à ce sujet… Autre question : dois-je attendre d’avoir l’argent pour faire ou vaut-il mieux que j’emprunte pour faire immédiatement ? Tout cela se discute, se mesure, mûrit… Ces questions dépassent évidemment largement le périmètre du projet de construction…

Oulala, encore une fois, je me rends compte que la plume (le clavier en l’occurrence) a beaucoup travaillé, et qu’il est temps de conclure… Vous l’avez bien compris, je n’ai pas de réponse à la question posée : « faire ou faire faire »… je crois que c’est avant tout une question d’équilibre entre les 4 leviers, selon les aspirations et contraintes de chacun… Il y a d’ailleurs peut-être d’autres leviers à ajouter dans l’équation ?

Bonus : Le bûcheron obstiné (extrait de « Laisse-moi te raconter… les chemins de la vie » de Jorge Buclay) :

 » Il était une fois un bûcheron qui se présenta pour travailler sur un chantier de bois d’œuvre. Le salaire était bon et les conditions de travail encore meilleures, aussi le bûcheron voulut-il se montrer à la hauteur.
Le premier jour, il se présenta au contremaître, qui lui donna une hache et lui assigna un secteur.
Plein d’enthousiasme, l’homme partit couper des arbres dans la forêt.
En une seule journée, il en abattit dix-huit.
« Je te félicite, lui dit le contremaître. Continue comme ça. »
Encouragé par ces paroles, le bûcheron décida d’améliorer son rendement le lendemain. Aussi se mit-il très tôt au lit.
Au matin, il se leva avant tout le monde et partit en forêt. Malgré son acharnement, il lui fut impossible de réussir à couper plus de quinze arbres.
 » Je dois être fatigué », pensa-t-il. Et il choisit de se coucher en même temps que le soleil.
Il se leva à l’aube, résolu à battre son record de dix-huit arbres. Cependant ce jour-là, il ne parvint même pas à la moitié.
Le lendemain, il n’en abattit que sept, puis cinq, et enfin, le dernier jour, il passa tout l’après-midi à essayer de couper son dernier arbre.
Inquiet de ce qu’allait dire le contremaître, le bûcheron alla le trouver et lui raconta ce qui lui arrivait, lui jurant sur tout ce qu’il avait de plus cher, qu’il s’escrimait jusqu’à se sentir au bord de l’évanouissement.
 » Quand as-tu aiguisé ta hache pour la dernière fois? lui demanda le contremaître.
– Aiguiser ? Je n’ai pas eu le temps ! J’ai été bien trop occupé à couper des arbres. »

Bucheron« 

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Clin d’oeil

Somethingwentterriblywrong2C’est la rentrée… J’ai une pensée pour toutes celles et ceux qui reprennent le boulot ! Sans aucune ironie, car pour reprendre, il faut avoir arrêté, et je ne peux pas dire qu’il y ait eu de réelles vacances cet été ;-). Par contre, j’ai une pensée toute particulière pour mes ex-collègues : je vous offre cette image, que vous connaissez certainement déjà, avec douceur et bienveillance… Bon courage pour la reprise !

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DSC_9427.resizedJ’ai toujours entendu dire qu’il était jardinier, Nicolas. Mais en fait, il est charpentier, Nicolas : il est char-pen-tier. Je ne peux résister plus longtemps à l’envie de partager cette belle rencontre… Certains diront que c’est un extra-terrestre, d’autres un fou, d’autres encore un mec qui en a. Je crois qu’il est un peu tout ça, mais avant tout un homme qui a fait des choix. Nicolas a commencé la construction de sa maison l’an dernier, en mai (à peu près en même temps que nous) : une maison en bois à colombages, perdue dans les bois poyaudins. Il n’y a pas l’électricité sur le chantier ; on n’entend que les oiseaux, la nature, et des coups qui résonnent, légers, aériens.

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On se dit qu’il y a quelque chose de spécial, ici… Et en effet : il a décidé de tout faire à la main : les grumes de chêne arrivent sur le chantier, et sont transformées sur place en poteaux, colombages, solives, fermes, pannes et autres poutres. Ici, pas de perceuse, de scie circulaire ou sauteuse, de mortaiseuse, de raboteuse, de dégauchisseuse, de banc de scie : non, rien de tout ça. Un maillet, un ciseau à bois, et plein d’autres outils dont je ne connais même pas le nom.

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En voyant ça, je m’assois et je contemple. Tout est magnifique, jusqu’aux copeaux : je n’ai jamais vu de tels copeaux : arrondis, réguliers, structurés ; ils pourraient presque se dresser sur leurs petites pattes et partir vivre leur vie dans la forêt.

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La taille de la charpente est presque terminée… Alors, il me faut préciser « presque », qui n’a pas le même sens ici : il reste quelques semaines de travail… ou plus. Le temps n’a aucune prise, ici. Je me demande même s’il existe, tant je me sens bien à cet endroit, à regarder autour de moi. Les tréteaux sont magnifiques. La table et les tabourets aussi ; en fait, tout est beau. Même les tas de bois sont magnifiques ! C’est harmonieux, cohérent, équilibré, à sa place. Ce gars a le numéro de portable de Dieu, c’est sûr.

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OK, il y a une bonne école, dans le coin, avec Guédelon. Mais cela n’enlève rien au talent, à la pugnacité, à l’énergie, à la patience (j’arrête là la liste mais elle est encore longue) de l’artiste. Quand je vois autant de beauté, de créativité, d’harmonie sorties des mains d’un seul homme, je me dis qu’on pourrait quand même faire autre chose que de faire la guerre à tout ce qui est vivant sur notre planète.

Chapeau bas, Nicolas, et merci.

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En cette fin d’année…

En cette fin d’année, si nous avions à choisir quelque chose à partager avec vous sur ce blog, une seule chose, ce serait le petit film qui suit. Rien à avoir avec la maison… Vraiment ? Voici un peu de joie, d’espoir, de sens pour clôturer cette année et repartir sur le bon pied pour 2013 !

Nous vous souhaitons une belle transition entre 2012 et 2013 !

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Les 4 éléments

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Evidemment, je vais enfoncer des portes ouvertes dans ce texte ; tout a été écrit, décrit, débattu à ce sujet ; tout ceci risque d’être d’une banalité affligeante. Et pourtant, je prends ce risque ; je prends ce risque car ce qui m’intéresse dans cet exercice n’est pas la description elle-même, mais ce qui en découle.

L’air

L’air, sur Terre, nous permet de respirer. Si nous, humains, sommes privés de cet air, nous mourrons en environ 3 minutes. 3 minutes… Ca fait court, quand même. L’air est sans aucun doute la chose la plus vitale pour nous, êtres humains. Mais cet air est tout aussi vital pour les animaux, évidemment. Il l’est aussi, d’une manière ou d’une autre, pour les plantes. Mettez une plante dans une bulle étanche, elle mourra tôt ou tard. Ce même air est aussi vital pour les insectes et plein d’autres organismes plus ou moins grands qui peuplent la planète. La fonction de l’air n’est d’ailleurs pas limitée à la respiration ; par exemple, l’air est un isolant qui nous permet de nous protéger du chaud et du froid : il limite la déperdition de chaleur la nuit, tout en participant, au sein de l’atmosphère, à nous protéger des rayons solaires le jour. L’épaisseur de la couche d’air sur Terre est d’environ 17 km au niveau de l’équateur et de 7-8 km au niveau des pôles. C’est quand même pas grand-chose, 17 km, à l’échelle de la Terre. En une journée, presque n’importe qui peut parcourir 17 km en marchant.

L’eau

L’eau est le deuxième élément vital pour nous : si nous sommes complètement privés d’eau, nous, humains, mourrons en environ 3 jours. C’est aussi plutôt court, 3 jours, à l’échelle d’une vie humaine. Les animaux, eux aussi, sont totalement dépendants de l’eau ; cela inclut évidemment les poissons et autres créatures amphibiennes. Les végétaux, aussi, ont un besoin vital de l’eau. Privez complètement une plante d’eau, elle mourra à plus ou moins long terme. Même le cactus, s’il vit dans une atmosphère complètement sèche (0% d’humidité) et une terre complètement sèche, va mourir. Les agriculteurs le savent bien, il est impossible de cultiver sans eau, notamment sous forme de pluie. 97% de l’eau sur Terre est salée ; les 3% restants constituent les réserves d’eau douce. Parmi toute cette eau disponible sur Terre, seulement 1% peut être utilisé pour de l’eau potable. 65% de la masse de notre corps est de l’eau.

La terre

La terre est le support d’une grande partie de la vie sur Terre. Sans terre, les végétaux ne pousseraient pas ; les herbivores disparaîtraient ; on peut même difficilement concevoir qu’un mammifère puisse survivre longtemps sans terre, donc sans végétaux. Essayons de faire un potager sur une dalle de béton ou dans un bac rempli uniquement de sable : la récolte va être plutôt limitée. La terre est le support indispensable pour un bon nombre d’insectes et de microorganismes. La terre a aussi beaucoup d’autres fonctions : elle filtre l’eau qui tombe du ciel, par exemple, permettant ainsi de la rendre potable avant son stockage dans les nappes phréatiques.

Le feu

Le premier feu auquel tout ce qui est vivant est confronté est le feu du soleil. Sans soleil, pas de chaleur sur Terre ; sans soleil, la Terre serait un gros glaçon. Sans soleil, pas de lumière. Sans les rayons solaires, pas de photosynthèse, donc pas de plantes. Sans le soleil, rien ne serait vivant sur Terre. Mais nous savons aussi que le feu peut être destructeur : nous nous sommes tous brûlés à un moment donné. Le feu, qui peut nous réchauffer en périodes de froid, peut aussi nous tuer s’il est en excès. Sans l’atmosphère et notamment la couche d’ozone, la Terre serait un barbecue géant ; rien de ce que nous connaissons ne pourrait y vivre.

Et alors ?

Ces quatre éléments, l’air, l’eau, la terre, le feu, sont source de toute vie sur notre planète. Ces quatre éléments ont tous été vénérés, de tous temps, par nos ancêtres, et le sont encore par les peuplades traditionnelles. Nous leur devons la vie, nous leur devons chaque seconde de notre existence ici et maintenant.

Tout ceci n’est qu’une évidence ; aucun scientifique, spécialiste, expert ne remet cela en cause. Un enfant de 7 ans sait tout cela. N’importe quel animal le sait, au plus profond de lui. Tout ceci, je vous l’avais promis, est d’une banalité affligeante.

Tout ceci est d’une banalité affligeante, mais c’est aussi source de questions des plus profondes, qui probablement resteront sans réponse. Si tout ceci est d’une banalité affligeante, d’une vérité incontestable, alors comment se fait que nous, humains, puissions empoisonner l’air qui nous entoure, en y rejetant des gaz et matières toxiques ? Comment se fait-il que nous puissions empoisonner l’eau sur cette planète, en déversant des poisons dans nos nappes phréatiques, des déchets dans nos océans ? Comment se fait-il que nous passions notre temps à polluer la terre à grands coups de produits chimiques, de matériaux radioactifs ou autres bizarreries modernes ? Comment se fait-il que nous participions activement à la destruction de la couche d’ozone, celle-là même qui nous protège du feu destructeur du soleil ? J’ai beaucoup d’idées pour répondre à ces questions : mais fondamentalement, ce ne sont que des alibis, des explications secondaires ; pas de vraie réponse. Quel animal, quel insecte, quelle plante serait assez fou/folle pour détruire ce qui lui permet de vivre ?

Tout cela est d’une banalité affligeante, on pourrait même dire que c’est une manière archaïque, anti-moderniste de voir la vie. La science offre des moyens modernes de compenser les effets décrits ci-dessus. Allons même jusqu’au bout de cette affirmation : la science est capable de faire vivre un homme dans une capsule spatiale, dans un endroit où il n’y a naturellement ni air, ni eau, ni terre, ni feu ou protection naturelle contre le feu. Tout est artificiel, dans cette capsule spatiale, tout est le fruit de la science, de la modernité. C’est possible, bien sûr, mais à quel prix ? Quel est le coût d’une heure de vie dans une capsule spatiale ? Quels prélèvements ont été effectués sur notre planète pour rendre la vie d’une personne possible dans une capsule spatiale ? Est-ce même faisable pour beaucoup de personnes ? Sur la durée d’une vie humaine ? Sur Terre, tout cela est complètement gratuit, fonctionne tout seul, se répare tout seul. La Terre nous donne tout cela gratuitement, sans rien demander en échange. Le système mis en place pour rendre cela possible est d’une complexité telle que malgré toutes les sciences, malgré toutes les disciplines de la connaissance humaine, nous n’en comprenons qu’une infime partie. Nous sommes à ce jour fondamentalement incapables de recréer artificiellement un environnement autonome dans lequel la vie humaine pourrait s’épanouir.

Tout ceci est d’une banalité affligeante, mais je dois vous faire un aveu qui me coûte : j’ai mis presque 40 ans à comprendre cela profondément. Même si je sais tout cela depuis mon enfance, je l’ai vite stocké dans les archives de mon cerveau, pour libérer de la place pour le reste : les études, le travail, la performance, les soucis quotidiens, les problèmes à résoudre qui sont toujours plus nombreux. Toute ma vie, j’ai couru. J’ai surfé sur la sensation grisante d’avoir plein de choses à faire, pleins de projets, beaucoup de travail, d’avoir la chance de voir plein de choses, de voyager, d’avoir beaucoup de responsabilités, d’avoir plein de loisirs.

J’ai mis presque 40 ans à réapprendre que tout cela n’est possible que grâce à ces 4 éléments ; la vie n’est possible que grâce à ces 4 éléments. Je peux perdre ma voiture, mon emploi, ma maison, même : je continuerai à vivre. Mais si je perds l’un de ces 4 éléments, je meurs plus ou moins instantanément. Je sais tout cela depuis toujours, mais je n’avais jamais pris le temps de m’arrêter pour le regarder en face. Quand j’ai choisi de m’arrêter, la mousse de la (sur)activité est retombée, et j’ai eu de nouveau accès à ces connaissances d’une banalité affligeante acquises dans mon enfance.

Je chéris mes parents qui m’ont transmis la vie. Je chéris mes amis qui contribuent à la rendre agréable. Je chéris ma famille qui m’accompagne et m’aide à grandir. Depuis presque 40 ans, je chéris beaucoup de choses, mais j’oublie les 4 choses les plus fondamentales, qui sont à la source de toute vie. Tout comme mes ancêtres lointains, tout comme ces peuplades traditionnelles sur tous les continents, je devrais d’abord chérir ces 4 éléments. Mais tout ceci est d’une banalité affligeante.

Pour aller plus loin : 

  • Bénédiction Chinook (les Chinook sont une tribu améridienne vivant dans le Nord-Ouest des Etats-Unis)

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Un bac à compost !

DSC_5428 (Custom)OK, c’est pas forcément l’urgence pour les travaux : la maison préférerait des murs plutôt qu’un bac à compost. Il y a quelques mois, j’ai reçu en cadeau un petit bouquin sur le compost (cf. bibliographie) ; ce livre a été le déclic pour enfin nous mettre au compostage. Ça fait un sacré bout de temps que cette idée me trottait dans la tête : ayant la chance de vivre à la campagne avec un bout de terrain, ça m’embêtait vraiment de jeter nos déchets verts dans la poubelle verte en plastique beark qui était ramassée toutes les semaines avec un gros camion beark qui vient de Pétaouchnok. Pour en faire quoi ? Un gros tas de compost, qui arrive devant la déchetterie communale avec de nouveau un gros camion beark qui vient d’un autre Pétaouchnok (il y a plein de villes ou villages portant ce nom, ici). Ce gros tas de compost a été fait avec les déchets verts (ou pas, d’ailleurs) de tout le monde. Il a été retourné avec des grosses machines beark (oui, la même marque que les gros camions, qui sont d’ailleurs tous fabriqués à Pétaouchnok, vous l’aurez bien compris), et finalement on ne sais pas vraiment ce qu’il y a dedans. Bref, tout cela n’avait pas vraiment de sens.

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Les 3 bacs à compost, en hélice

Nous avons franchi le pas ces dernières semaines, en faisant une petite pause pour construire les bacs à compost. Oui, ça fait vraiment du bien d’aller s’aérer les neurones à l’extérieur, après tous ces travaux enfermés dans la maison ;-). Séquence improvisation : nous disposons de 6 palettes (qui contenaient les tuiles), et d’un peu de place autour de la maison. Petit moment de créativité partagée jouissive ! Nous avons fabriqué 3 bacs de compost, en hélice autour d’un arbre, à proximité (mais pas trop) de la maison… Quelques pieux et quelques vis, et le tour est joué ! Nous avons mis des pierres au sol, selon les conseils du petit bouquin : ça tombait bien, on en avait quelques unes sous la main !

Le fond des bacs, empierré

Le fond des bacs, empierré

Nous voilà donc avec un triple bac à compost, de forme arrondie, opérationnel ! Nous en profitons pour faire des essais de peinture : un peu de couleur sur les palettes ne nuira pas esthétiquement ! Ça sera intéressant de voir comment la peinture naturelle vieillira, au passage… Au fait, pourquoi 3 bacs ? Le petit bouquin préconise d’avoir un bac pour chaque étape d’évolution du compost ; c’est un choix comme un autre : nous essayons comme ça, et nous profiterons de l’expérience !

Essai de peinture naturelle sur le bac à compost

Essai de peinture naturelle sur le bac à compost

Il restait seulement à commencer le compost : d’abord feuilles et petits branchages pour faire une couche de matériaux structurants, et ensuite notre premier seau de déchets verts de cuisine (végétariens uniquement)… Rhaaa ça fait du bien ! C’est plutôt sympa de savoir que la nature (plein de petites bêtes de toutes sortes, de bactéries et d’autres choses que Sophie connaît bien mieux que moi) va s’occuper de tous nos déchets verts, gratuitement (au sens global : cela n’a aucun coût pour l’écosphère), pour en faire un engrais 100%  naturel pour notre potager et nos fleurs… C’est un sacré cadeau que nous fait la nature, quand j’y réfléchis sérieusement…

Résultat dans un an environ !

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