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Archive for the ‘Menuiseries’ Category

Le mot a été écrit dans l’article précédent : chape. Au rez de chaussée, nous avions prévu de faire une chape béton (de chaux) d’une dizaine de cm pour apporter de l’inertie à la maison, et capter le rayonnement solaire devant la baie vitrée. Ça faisait partie intégrante de la conception bioclimatique de la maison (cf. article). Sauf que, depuis, la technique de plancher a changé (cf. articles ici et ), et la maison est relevée d’une quarantaine de cm par rapport au niveau du sol extérieur : je me vois mal couler quelques mètres cubes de béton seau après seau…

Ça a été le début d’une intense réflexion qui a commencé il y a quelques semaines… Dernier gros défi de la maison ?

Mais revenons au début… Courant décembre, je me rends compte que les seuils de portes extérieures (y compris pour la baie vitrée) ne sont pas au même niveau : il y a une différence de plus d’1,5 cm entre les 3 ; sans compter que toutes les portes intérieures sont calées 1,5 cm en dessous de la plus basse… Bref, j’aurais dû prendre les niveaux précisément (à la lunette ou au laser) avant de couler les seuils, et de poser les menuiseries intérieures… Je me suis calé sur le dessus des madriers pour les seuils (à l’époque il n’y avait pas de plancher), mais les cotes des madriers ne sont pas vraiment identiques. Et pour les menuiseries intérieures, je me suis calé sur un seuil, sans faire le tour des 3 : voilà pourquoi je me retrouve avec ces différences. Et il se trouve que le seuil le plus haut, c’est celui de la porte d’entrée, que nous allons utiliser plusieurs fois par jour… Donc une marche de 2,5 cm n’est pas vraiment envisageable ! Les menuiseries intérieures ne sont pas censées être ré-ajustables en hauteur ; mais après avoir démonté une porte et regardé de plus près, nous devrions pouvoir gagner 2, voir 2,5cm. Du coup, nous pouvons remonter toute la chape de 2cm, et ne plus avoir de marche à l’entrée. Et une bonne leçon : il est impératif de caler toutes les menuiseries (intérieures ou extérieures) précisément… C’est évident, mais ça va mieux en le disant (et surtout en le faisant 😉 ).

Nous nous retrouvons donc avec une hauteur de sol fini à 11,5 cm du sol actuel… Soit une chape de 10cm d’épaisseur, au lieu des 8cm prévus initialement. Sur une surface de 57,5 m2, ça fait presque 6m3 de béton à couler… burp.

Du coup, j’ai regardé de près les chapes sèches, notamment avec le système Fermacell. Ça marche bien, d’après les artisans du coin : mise à niveau facile, pose facile, bonne planéité. C’est plus cher que la chape classique (2000 Euros de matos, en gros, pour 60m2), mais on peut le faire seul, à notre rythme. Sauf que : 1/ nous perdons l’effet « masse » et 2/ il y a quelques endroits au rez de chaussée où la chape portera des charges lourdes ponctuelles : poteaux de l’escalier, poteaux de chauffe-eau ; il faudrait renforcer à ces endroits… En coulant du béton ? Rhaaaa, je ne m’en sors pas.

Je regarde de nouveau l’option béton… Bien sûr, il y a la toupie : mais il faudrait une pompe à béton pour atteindre toutes les pièces (l’option « pompe à béton » est quasiment aussi chère que la toupie), et le béton de toupie sèche hyper vite, et est en général très liquide. J’imagine qu’on peut demander ce qu’on veut (consistance plus sèche, et sans additifs de séchage), mais pour avoir expérimenté les toupies à plusieurs reprises, je ne le sens pas. Et ça enlève l’option béton de chaux…

Il reste quoiqu’il arrive le problème du dimensionnement de la structure : 6m3 de béton, ça fait 13,2 tonnes. Est-ce que ça passe sur la structure du plancher ? Normalement, la flèche (déformation de la structure en hauteur) tolérée pour une chape béton ne doit pas dépasser 1/300ème de la longueur de la structure ; on compte 1/600ème pour être tranquille quand il y a du carrelage. Voici le calcul de Vincent (merci encore) à ce sujet… En prenant une épaisseur de 6cm de chape, et en comptant les charges d’exploitation (150kg / m2) plus le poids de la structure (madriers + OSB), la flèche est de 3,6mm sur 3,7m de portée, soit 1/1027ème. Ça marche… Sur le papier, je pourrais même monter jusqu’à 400kg au m2 en restant dans les 1/600ème de flèche. Ce qui autoriserait les 10cm de chape (220 kg/m2). Heureusement que j’avais surdimensionné la structure du plancher… En y regardant d’encore plus près, les forums sont plutôt récalcitrants à cette pratique. Et plusieurs artisans me disent qu’une chape béton sur un plancher bois, ça casse, même si la plupart avouent ne jamais en avoir fait. En dernier recours, je demande à Romu des photos du coulage de chape de sa maison ossature bois (faite par un constructeur qui a bonne réputation) : ils ont coulé une chape liquide de 5 ou 6 cm sur la même structure que nous, mais avec plus de portée… Donc en pratique, ça marche. Mais la prudence m’invite à limiter l’épaisseur de la chape à 6cm, en mettant un isolant incompressible de 4cm là où les portées sont les plus grandes…

Reste à couler ces 6cm x 57,5m2 = 3,45 m3 de béton… Finalement, j’ai trouvé une connaissance d’un ami qui avait une pompe à béton et un tabouret, spécialement conçues pour couler les chapes. Je ne savais même pas que ça existait (à part pour les chapes liquides)… Sauf que… la machine ne « mange » à priori pas de béton de chaux… En tous cas, le proprio de la machine n’en a jamais fait. Il va falloir que je fasse un trait sur le principe de la chaux… Et au fait, pourquoi de la chaux ? Pour le côté écolo (énergie grise moins importante, et la chaux n’est pas une poubelle ambulante contrairement au ciment), mais aussi pour sa souplesse (bienvenue sur un plancher bois), et pour sa perspirance (laisse migrer la vapeur d’eau). Du côté des inconvénients, il y a le prix (presque 2 fois le prix du ciment), et le temps de séchage. Pour la perspirance, ça ne marche que si on a un matériau de surface qui est lui aussi perspirant : carreaux de terre cuite (type tomettes), parquet. Vu que nous allons mettre du carrelage sur la plus grande partie, je me demande si la perspirance va pouvoir réellement se faire… C’est encore une question ouverte à ce jour : si vous avez des idées, j’achète : c’est tellement dur d’avoir de vraies infos à ce sujet !

Bref, tout ça a fait longtemps un gros sac de nœuds, et la théorie se confronte aux contraintes pratiques : à un moment donné, il faut trancher, d’autant que le temps passe, et que la chape est le dernier gros morceau de la maison… En tous cas le dernier gros morceau qui me stresse (jusqu’au prochain évidemment 😉 ). Je laisse ça décanter encore quelques jours ; on verra ce qu’il en sort !

Dans tous les cas, nous devons préparer le terrain : mettre à niveau les évacuations PVC tout en les réduisant, finir d’arranger les gaines, raccorder l’élec du rez de chaussée au tableau, poser des bandes latérales de désolidarisation, tracer un trait sur tous les murs à 1m du niveau fini, éventuellement poser un polyane microperforé. Pour les évacuations PVC, tout sort en 125mm CR8 ; selon les évacuations, il faut que je réduise à 100mm (WC), 40mm (évier, machine à laver, lave-vaisselle) ou 32mm (lavabo & lave-mains). Sauf que 125 vers 40 ou 32, ça n’existe pas : il faut d’abord réduire en 100mm ; et pour réduire en 100, il faut un manchon femelle-femelle en 125. Bref, ça fait un bon emboitage de 3 pièces par évacuation… Mais il faut y passer, et avoir réduit les évacuations en 100mm avant de traverser la chape n’aurait rien changé (à part avoir une pièce inaccessible en plus). Nous avons encore de quoi nous occuper !

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DSCN0162.resizedTout a été si vite pour la pose des fenêtres… Je n’ai même pas pris le temps d’écrire à ce sujet. Pourtant, le sujet des fenêtres et de leur mode de pose a été pour moi le sujet le plus stressant lors de la phase de conception de la maison ; « bizarrement » j’oserais dire, avec un peu de recul. Quel type de pose de fenêtres choisir ? Comment aménager l’ossature secondaire pour accueillir les fenêtres ? Quelle solution choisir pour les appuis de fenêtre, afin que ce soit simple à faire, joli et surtout étanche ?

Il existe une multitude de types de pose de fenêtres : en applique, en feuillure, en tunnel, etc. En général, en restauration on n’a pas trop le choix : les contraintes de l’existant imposent souvent le type de pose. Mais dans le neuf, avec une maîtrise totale de la conception, la question est vite arrivée sur la table. D’un point de vue efficacité thermique, je voulais que la fenêtre soit positionnée dans l’épaisseur du mur, au milieu : cela permet de conserver la plus grande épaisseur d’isolant face au froid (dans notre cas, l’isolant est dans l’épaisseur du mur). Restait la question mécanique, pour la fixation et l’étanchéité. J’ai choisi la feuillure (cf. schéma ci-dessous) car je pensais à l’époque que cela allait donner la meilleure étanchéité et le meilleur maintien mécanique. Avec le recul, je ne suis pas sûr que cela change grand chose avec la pose en tunnel… Si c’était à refaire, je crois que je choisirais la pose en tunnel, c’est beaucoup plus simple pour l’ossature secondaire.

Types de pose de fenêtres - 1

L’ossature secondaire a donc été posée de manière à faire un décalage de 2cm entre l’ossature extérieure et l’ossature intérieure, au niveau des ouvertures, sauf pour la baie vitrée qui est posée en tunnel.

Décalage de l'ossature secondaire au niveau des ouvertures

Décalage de l’ossature secondaire au niveau des ouvertures

Ensuite, restait la question de l’appui de fenêtre… Nous ne voulions pas d’appuis en béton, un peu lourds esthétiquement pour une maison bois bardée… Nous aurions pu faire un appui mince en béton, mais vu qu’il aurait été posé sur une structure bois, ça aurait fissuré à un moment ou à un autre… Je reste convaincu que ciment et bois ne font pas bon ménage dès qu’il y a des questions d’étanchéité en jeu, même si cela n’est qu’intuitif. La solution est venue en regardant de près la maison en bois d’un ami. Les appuis étaient en tôle inox, avec des cornières sur les côtés pour faire l’étanchéité. En deux coups de cuiller à pot, les tôles étaient pliées (merci Olive !) ; la pose fut un peu plus fastidieuse, car il fallait intégrer les équerres dans les coins de bardage…

Ossature avant la pose des appuis de fenêtres ; on aperçoit l'épaisseur du bardage (en bas) ainsi que le coin de bardage (sur le côté)

Ossature avant la pose des appuis de fenêtres ; on aperçoit l’épaisseur du bardage (en bas) ainsi que le coin de bardage (sur le côté)

Pose de l'équerre sur laquelle va reposer l'appui de fenêtre

Pose de l’équerre sur laquelle va reposer l’appui de fenêtre

Pose de la tôle inox

Pose de la tôle inox

Pour la pose des fenêtres, le menuisier préférait s’appuyer sur des rejingots (le rejingot permet de surélever la fenêtre par rapport à l’appui) : nous avons donc récupéré un bout de chêne chez notre charpentier et avons usiné les rejingots avec Bernard (merci encore !). Les rejingots ont été vissés et collés à cheval sur les appuis de fenêtre, l’autre moitié étant directement en contact avec l’ossature.

Pose du rejingot

Pose du rejingot

La pose des menuiseries a été intéressante : je découvrais cette opération ! D’abord, les menuisiers positionnent le dormant (la partie fixe de la fenêtre) pour vérifier que les cotes sont bonnes et que le dormant peut être posé d’aplomb (parfaitement vertical). Ensuite, ils posent le « compribande » (sorte de ruban de mousse qui s’expanse quelques heures après la pose) étanche à l’eau et à l’air autour du dormant. Ensuite, ils positionnent le dormant de manière définitive avec des cales, en réglant l’aplomb. Ils montent le ou les ouvrants, pour vérifier que le couple ouvrant(s)-dormant fonctionne bien mécaniquement, et les déposent. Les dormants sont vissés sur l’ossature avec des vis spéciales (vis de montage à distance) qui permettent de fixer sans serrer, afin de ne pas déformer les dormants. Reste à mettre le silicone à l’intérieur et l’extérieur, à enlever les cales de jeu entre dormants et ouvrants, et c’est fini !

Zoom sur la pose (coupe horizontale)

Zoom sur la pose (coupe horizontale)

Fini, ou presque : il nous restait (et nous reste encore un peu à l’heure où j’écris) à poser les dernières lames de bardage pour habiller les tableaux des fenêtres, après avoir découpé et collé l’écran sous-toiture (perspirant) sur les dormants. Ce film fera office de pare-pluie entre l’ossature et la lame de bardage afin d’éviter que de la moisissure ne se développe sur l’ossature : étant donné qu’il n’y a pas de lame d’air pour aérer le bardage à cet endroit, il fallait éviter que le bardage se trouve bois contre bois, ce qui aurait été favorable au développement de moisissures ; à priori, l’humidité devrait migrer vers le bardage, grâce à ce film perspirant. La découpe des planches de bardage a été un peu délicate (pour respecter le profil de la fenêtre et les cotes du tableau pas parfaitement rectangulaire), mais c’est maintenant chose faite pour la plupart des ouvertures.

Découpe et collage de l'écran sous-toiture

Découpe et collage de l’écran sous-toiture

Avec la pose de la lame de bardage, le tableau de fenêtre est terminé ! Il en reste qu'à enlever le film protecteur de la tôle inox...

Avec la pose de la lame de bardage, le tableau de fenêtre est terminé ! Il ne reste qu’à enlever le film protecteur de la tôle inox…

Nous profitons maintenant du mauvais temps pour continuer le plancher du rez-de-chaussée… Dès qu’il y aura un rayon de soleil, nous terminerons les tableaux des fenêtres !

Quelle étape, la pose des menuiseries ! Je suis bien content d’avoir passé du temps sur la conception, notamment pour les appuis de fenêtres et toutes les jonctions (bardage-rejingot-menuiseries). Le style est toujours un peu roots, mais techniquement ça a marché, et ça devrait tenir dans le temps. Ma seule interrogation dans ce domaine concerne la durée de vie du bardage sur les tableaux : sans lame d’air, combien de temps va tenir le bois ? Si je devais le refaire, je crois qu’en plus de la pose en tunnel (j’ai encore un doute), je tartinerais toute la surface de l’appui de fenêtre de colle afin qu’il n’y ait plus un cm² de vide entre l’ossature et l’appui. Dernier point en suspens : la peinture des menuiseries : nous avions donné de la peinture à l’ocre (rouge) aux menuisiers qui ont passé une pré-couche avant le montage des menuiseries ; mais en faisant des essais de seconde couche juste après la pose, il se trouve que la peinture ne tient pas : elle glisse comme de l’eau sur de l’huile. Bizarre, je n’avais pas eu ça lors des tests (sur du sapin brut, il est vrai, alors qu’ici c’est du chêne)… Il se peut aussi que ça soit lié au fait que les bois ont été rabotés, ou bien qu’il y ait eu de la poussière entre temps (je n’ai pas pris soin de nettoyer avant de faire l’essai), ou bien même des résidus de savon, car les menuisiers emploient une potion magique pour éviter que le silicone ne bave sur le bois lors du lissage : de l’eau savonneuse… Nous allons laisser tout cela se patiner pendant l’hiver, et nous referons des tests au printemps !

Ça y est, toutes les étapes des ouvertures sont maintenant démystifiées pour moi… J’aurais pu m’enlever un peu de stress en allant voir un ou deux chantiers de pose, mais je n’ai pas pris ce temps… Encore une leçon. Prochaine étape : terminer le plancher du rez-de-chaussée !

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R-E-V-O-L-U-T-I-O-N

C’est la révolution. Hier soir, nous avons accroché les clés de la maison sur notre trousseau. Hier soir, pour la première fois, nous avons mis une clé dans la porte, nous l’avons tournée, et avons laissé la maison fermée – complètement fermée.

Toutes les menuiseries sont posées : en 1 journée et demi, les artisans avaient fait le travail. OK, je me suis fait chambrer pendant 2 jours : pour la première fois depuis des années, ils étaient en avance, et leur client ne les appelait pas toutes les semaines pour savoir ou en étaient les menuiseries… Tout était prêt depuis mi-Septembre, sauf la maison ;-). Bref : ils sont venus et ont pu tout poser avant la trêve hivernale. Et en plus, ça s’est bien passé : pas de mauvaise surprise (du style : « oups, la fenêtre ne rentre pas ») ; tout était suffisamment d’aplomb pour une pose confort, sauf pour la porte d’entrée dont le dormant a goûté au rabot à bois, dont la prise a fondu d’ailleurs, mais ça, c’est une autre histoire. Il fallait bien un peu de sel dans ce plat !

Alors oui, c’est la révolution : pour la première fois, il y a un « dehors » et un « dedans ». Nous pouvons choisir de ne pas aérer la maison si nous voulons… Pour la première fois, il n’y a plus une seule bâche sur la maison. Pour la première fois, nous voyons chaque façade entièrement. Nous voyons aussi la maison dans son ensemble, sans les bâches. Pour la première fois depuis un bout de temps, la lumière naturelle entre dans la maison. Nous allons pouvoir travailler à l’intérieur, à l’abri des intempéries. Pour la première fois, je vais pouvoir organiser le travail sans tenir compte du temps qu’il fait dehors…

Je crois que je suis encore plus ému que quand la charpente a été montée… Ça ressemble encore plus à une maison ! Le Père Noël est passé un peu avant l’heure, en Puisaye.

Il aura fallu 19 mois entre le premier coup de pelleteuse et la maison hors d’eau & hors d’air. Que de chemin parcouru ! L’an dernier, à la même époque, il avait neigé dans la maison… C’est assez incroyable, tout ça. Du coup, je n’ai même pas encore pris de photos : aujourd’hui peut-être !

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DSC_4083.resizedQuelle émotion… Et pourtant ce n’est pas grand-chose : juste une étape parmi d’autres. Mais celle-ci a un goût spécial : une des 2 bâches de la façade sud est partie, définitivement. La baie vitrée est posée, et les rayons du soleil peuvent entrer dans la maison… Incroyable ! Il y a des jours comme ça, après des semaines de travail, où d’un coup, des tiroirs se ferment, des étapes importantes sont franchies. Hier en était un.

Avant tout cela, nous avons terminé le bardage de la façade Sud : le temps magnifique de ces dernières semaines (même si ça picotait un peu le bout des doigts le matin) nous a permis de travailler dehors dans de superbes conditions. Les couchers de soleil étaient complètement incroyables… Cette lumière d’automne est magique sur le bardage : excellente nouvelle !

Coucher de soleil d'automne sur le bardage

Coucher de soleil d’automne sur le bardage

Nous avons fabriqué les dernières grilles anti-rongeurs, positionnées en tant que cache-moineaux entre les chevrons. Ce fut l’étape la moins agréable de tout le bardage : aller caler ces pièces entre les chevrons, sous la panne de débord de toit, ce fut sportif. Je n’ai pas trouvé de meilleure solution pour protéger l’aération en partie haute du bardage… Le choix des poutres en I pour le toit, puis le choix d’un débord de toit plus important, et enfin le choix d’ajouter une panne pour soutenir ces débords de toit, tout ceci a eu des conséquences sur les dernières étapes du bardage. Désagréable, un peu compliqué, mais pas impossible : maintenant c’est fait, le bardage respirera complètement de haut en bas, sans que les rongeurs ne puissent pénétrer dans cette lame d’air.

Les cache-moineaux, version anti-rongeurs, pour positionner entre les chevrons en partie haute du bardage

Les cache-moineaux, version anti-rongeurs, pour positionner entre les chevrons en partie haute du bardage

Le grillage anti-rongeurs vu du bout des chevrons, en position finale

Le grillage anti-rongeurs vu du bout des chevrons, en position finale

Et enfin tous les grillages anti-rongeurs positionnés entre les chevrons...

Et enfin tous les grillages anti-rongeurs positionnés entre les chevrons… Le bardage viendra s’appuyer contre la latte basse, fermant ainsi la lame d’air.

Clouer les dernières planches de bardage a été un plaisir… La façade terminée, il ne restait qu’à terminer les 2 coins (au Sud-Ouest et au Sud-Est) ; il y a eu plus de découpes à cause de la panne sablière, mais en une demi-journée ce fut chose faite…

Dernières planches de bardage à poser sur le coin Sud-Est

Dernières planches de bardage à poser sur le coin Sud-Est

Le bardage de la maison est donc maintenant terminé… ou presque : il restera l’appenti à fermer, et les tableaux des ouvertures à barder. Après avoir posé la gouttière, nous avons pu démonter définitivement l’échafaudage, et le rendre à son propriétaire après plus d’un an d’emprunt… Encore merci Jean-Claude !

Façade Sud terminée... on aperçoit la deuxième couche de peinture en cours d'application.

Façade Sud terminée… on aperçoit la deuxième couche de peinture en cours d’application.

Tout était prêt pour accueillir la baie vitrée… Il était temps, pour plusieurs raison : d’abord, pour ne pas qu’il neige dans la maison comme l’an dernier, et ensuite parce que l’entreprise locale chez qui nous avons commandé la baie vitrée dépose le bilan en fin d’année… Vu que ce lundi il ne gelait plus et que le temps était magnifique, nous avons décidé de passer la deuxième couche de peinture sur le bardage… En une demi-journée, à 3, ce fut chose faite ! Le bardage sera prêt à passer l’hiver dans les meilleures conditions.

Et là, à 14h00, la fourgonnette arrive ; les 2 poseurs se mettent au travail. Nous avons un débat sur la position de la baie dans le cadre : au milieu de l’épaisseur du mur ? A l’intérieur, affleurant le plaquage de finition ? Les poseurs préféraient la seconde solution, car des cache-joints en alu permettaient de faire une finition parfaite ; mais d’un autre côté, c’était beaucoup plus compliqué pour la jonction avec le frein-vapeur, et cela aurait impliqué que la baie soit fixée sur des demi-chevrons ajoutés plutôt que sur l’ossature elle-même. Finalement la baie a été posée en tunnel, à peu près au milieu de l’épaisseur du mur. Je regretterai peut-être quand le moment des finitions sera venu ;-).

La baie vitrée... Rouge pétant sur un bardage ocre jaune... Mais le coucher de soleil, magique, transforme tout.

La baie vitrée… Rouge pétant sur un bardage ocre jaune… Mais le coucher de soleil, magique, transforme tout.

Du coup j’ai appris comment on pose une baie vitrée : c’est plutôt minutieux, et très intéressant ! En quelques heures, le tour était joué : pour la première fois depuis des mois et des mois, la lumière du jour va pouvoir entrer dans la partie basse de la maison, la bâche protégeant cette ouverture venant de tomber définitivement… Moment magique !

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Dernière étape pour la baie, à l’extérieur : coller le pare-pluie contre la baie, et poser le bardage sur le tableau… Mais on verra ça demain 😉 !

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DSC_9719.resizedAlors là, énorme chapitre… Depuis le début du projet, ce sujet me trotte dans la tête : quelles menuiseries choisir ? Bois, PVC, alu, bois-alu ? Quel vitrage ? Double ? Triple ? Récemment, il y a eu un dossier dans le magazine « La Maison écologique » (numéros 74 et 75) à ce sujet : encore beaucoup d’info, mais rien d’évident pour moi. C’est à la fois technique, plutôt important au niveau de l’isolation, fondamental pour la vie quotidienne dans la maison, et en même temps un énorme budget… Au final je crois que c’est comme le vin ou la photo : c’est un sujet sans fin.

Tout a commencé avec le dessin des plans de la maison ; je prenais soin de suivre des principes bioclimatiques de base (cf. article). Un minimum d’ouvertures au Nord (et de petite taille), de grandes ouvertures au Sud, éviter les ouvertures à l’Ouest. Avec des ouvertures représentant 17% de la surface habitable, dont 56% orientées au sud, nous rentrons pile poil dans les clous du bioclimatisme tels que décrits par J.P. Oliva et S. Courgey (cf. bibliographie). Quand je dis ça, je n’ai pas encore parlé des menuiseries en elles-mêmes…

Par où commencer ? Le budget peut être un point de départ, car il permet d’orienter fortement la direction : menuiseries « de base » aux cotes standard achetées en grande surface (Brico Dépôt, Lapeyre ou autre – il y a déjà bien des différences entre toutes celles ci, évidemment), ou bien menuiseries « de qualité », éventuellement sur mesure. Rien que ce choix n’est pas évident, sauf si on se situe dans les extrêmes : avec budget illimité, c’est simple. Avec budget hyper serré, c’est aussi simple. Entre les deux, beaucoup de questions, d’autant plus que la différence de tarif n’est pas du tout évidente : j’ai fait faire un devis chez Lapeyre, et ils sont sortis plus chers que l’artisan du coin et que certaines menuiseries industrielles de qualité… A ne plus rien comprendre. Pour nous, l’idée est d’avoir des menuiseries pour la vie, sans pour autant pénaliser d’autres budgets dans la maison.

Deuxième aspect : la matière… En construisant une maison en bois, je suis plus naturellement attiré par des menuiseries bois. Rien que ce choix n’est pas forcément évident : selon l’essence, les performances thermiques seront plus ou moins bonnes… Et la durabilité aussi ! Le chêne est très dense, et donc moins isolant (on connaît les lambda par essence de bois) que de l’épicéa par exemple ; par contre, il durera beaucoup plus longtemps. Il faudra faire un compromis entre performances et durabilité. Le bois demandera aussi beaucoup d’entretien, à priori. Poncer et peindre les menuiseries, ça ne parait pas grand chose, mais uniquement aux personnes qui ne l’ont jamais fait ;-). Le PVC ? Même si les performances thermiques sont plutôt bonnes, cette option a été éliminée : tous mes a-priori resurgissent, surtout après avoir vu « Plastic Planet » (cf. biblio)… L’alu ? Rhaaaa… Pas bon thermiquement, hyper coûteux à produire en énergie ; pas vraiment respectueux de notre planète. Combiné bois-alu ? A priori la meilleure option technique : aussi bon que le bois thermiquement, pas trop d’alu, et pas d’entretien. Par contre, côté budget, ça picote un peu : +40% par rapport à des menuiseries chêne de qualité, devis en mains pour nos menuiseries.

Troisième chapitre, le vitrage : double ? Triple ? Argon ? Pas si simple, en fait. Il faut tenir compte du facteur solaire, c’est à dire que la quantité de chaleur (soleil) qui va entrer (à travers le vitrage) l’hiver pour réchauffer la maison. A priori, pas de triple vitrage au sud, sinon on perd plus d’énergie (celle du soleil qui ne passe pas) qu’on en gagne (avec l’isolation)… Je vous parle de ça avec des données qui datent de 18 mois ; il se peut très certainement que les triple vitrages aient fait des progrès sur cet aspect depuis. Triple vitrage au nord ? Après un rapide calcul, étant donnée la surface des menuiseries et de vitrage au nord, il n’y a quasiment aucun gain thermique, pour un surcoût significatif. Concrètement, sur des petites ouvertures, la surface vitrée est petite proportionnellement à la surface du support (ouvrant & dormant en bois ou autre) : le gain thermique est donc limité, car le support est très souvent beaucoup moins performant que le vitrage. De plus, même si on peut gagner 22% de performances sur une petite ouverture, étant donné le rapport des surfaces, ce gain ne sera pas significatif sur la totalité des ouvertures (de l’ordre que quelques %), et quasi négligeable sur la totalité de la maison (une fraction de %). Si j’ai 500€ de plus à mettre dans la performance thermique, est ce que je mes mets sur du triple vitrage au nord, pour gagner 0,3% de performance thermique globale, ou est-ce que je les mets dans un bypass (cf. article) de puits Canadien, ou dans 10cm d’isolant supplémentaires dans le plancher ? En fait, il n’y a pas photo dès qu’on regarde l’impact global sur la performance énergétique, sur le papier.

Quatrième aspect : l’aspect social et local. Elles viennent d’où, les menuiseries ? Comment sont-elles produites ? Avec du bois exotique provenant de la déforestation d’Amérique du Sud, scié dans un pays d’Europe de l’Est et usiné dans un autre pays de l’Europe de l’Est ? Avec de l’épicéa d’Europe du Nord, scié sur place puis usiné en Europe de l’Est ? (note : j’aime l’Europe de l’Est, pour l’avoir beaucoup parcourue pendant ma vie professionnelle précédente ;-)). Honnêtement, Il y a 3 ans, je ne me serais jamais posé cette question… Et là, cet aspect devient central…

Voilà en gros pour le parcours… Après beaucoup, beaucoup de noeuds au cerveau et de gros tableaux excel avec calculs thermiques (Uw, Ug etc) en parallèle de calculs financiers, nous sommes partis sur des menuiseries bois, en chêne. Il y avait 2 finalistes : un industriel de l’Est de la France, qui fait vraiment du bon boulot, pour avoir vu le résultat à plusieurs endroits ici, et un menuisier local, dont j’avais aussi pu voir le travail fini à plusieurs endroits. Côté tarifs, c’était comparable après que l’industriel se soit aligné. Côté confiance, il y avait aussi égalité : un super bon relationnel et une confiance totale dans les 2 cas : des personnes qui connaissent très bien leur boulot, réactifs, à l’écoute, en 1 mot : « super ». Côté technique, il y avait un léger avantage pour l’industriel : ils savent sortir le Uw de chaque fenêtre par exemple. Il y a une croyance qui dit que les fenêtres industrielles sont de meilleure qualité que les fenêtres artisanales, car c’est fait sur des machines numériques, avec de procédures et un contrôle qualité carrés. Je ne partage pas complètement ce point de vue : il y a des interventions humaines à tous les niveaux, et la qualité globale est directement proportionnelle à l’implication des humains concernés : si c’est un boulot déshumanisé, à la chaîne, dont la personne n’a que faire à part recevoir le chèque en fin de mois, le résultat sera moins bon qu’un artisan amoureux de son travail, qui y met tout son coeur. Reste à trouver l’artisan amoureux de son travail ;-). Pour résumer, je crois que le facteur humain est au coeur de tout, pas les machines ou processus de fabrication, même si ces dernières ont leur importance, évidemment.

Le tout était rendu un peu plus compliqué car l’artisan ne voulait pas fabriquer une si grande baie vitrée en bois… L’industriel faisait tout, et en face il fallait faire appel à 2 artisans, en faisant un compromis sur la baie vitrée : baie vitrée alu, malgré l’impact en énergie grise et les performances thermiques, faite par une entreprise locale (20 km).

Oulala il va falloir que j’abrège, je me rends compte que je suis en train d’écrire un bouquin pour ces menuiseries… Le déclic pour le choix s’est fait un matin, en me levant : « je ne peux pas me plaindre qu’il n’y ait plus d’emploi dans la région, et en même temps ne pas donner de travail aux artisans locaux… ça n’a aucun sens. » A qualité comparable, à prix égal, il n’y a pas photo : je privilégie le local. Je dis « je », mais je devrais dire « nous », car ce fut une décision collégiale et unanime ;-).

Côté entretien, nous misons tout sur la peinture à l’ocre (cf. article), avec un ocre rouge ! Si tout va bien, l’entretien devrait être hyper limité… Un pari sur le 100% naturel et sur le traditionnel en même temps…

Finalement ce fut une affaire de compromis… Je suis un peu tendu pour cette histoire de baie vitrée (est-ce que nous allons regretter le choix alu, à cause des performances thermiques ?), mais d’un autre côté il y a beaucoup moins de chances d’avoir des problèmes mécaniques liées au travail du bois sur de telles dimensions… Nous verrons bien !

Par contre, un grand plaisir pour moi est d’aller rendre visite au menuisier… Et de voir l’avancée des portes et fenêtres ! J’adore le bois, le travail du bois, et ces gars là sont des artistes… Un pur plaisir !

La matière de base : du bois d'arbre ;-). Notre menuisier achète les arbres sur pied et scie les grumes dans leur atelier.

La matière de base : du bois d’arbre ;-). Notre menuisier achète les arbres sur pied et scie les grumes dans leur atelier.

J’aime aussi les machines : des Guillet, entreprise Auxerroise où mon grand père a travaillé… Si ça se trouve, les machines qu’ils utilisent ont eu la « patte » de mon grand-père !

Nos menuiseries "en kit" : les pièces de bois viennent d'être débitées.

Nos menuiseries « en kit » : les pièces de bois viennent d’être débitées.

Scie à ruban "Guillet"

Scie à ruban « Guillet »

Les montants sont maintenant usinés.

Les montants sont maintenant usinés.

L’atelier lui-même est super beau… Je crois que je pourrais vraiment travailler ici !

Les fenêtres prennent forme !

Les fenêtres prennent forme !

Petit à petit, le puzzle s’assemble… C’est magique… Et je trouve ça vraiment beau ! Le bois, quelle matière quand même… Surtout le chêne ! Je ne vous parle même pas de l’odeur…

Un début de porte...

Un début de porte…

Quel plaisir de rendre visite au menuisier, de discuter avec lui… Je crois que ça n’a pas de prix, ce lien, ce partage, cette porte ouverte sur sa passion.

Et voici les vitrages !

Et voici les vitrages !

Et en plus j’apprends plein de choses… c’est assez extraordinaire de découvrir le langage et la technicité de chaque corps de métier… pare-close, feuillure, dormant, mortaise, etc. C’est soit de l’hébreu inaccessible, soit une douce mélodie pour les initiés…

Dire que j’aurais pu passer à côté de tout ça… Boudiou (comme on dit par chez nous), le bonheur, ça ne tient quand même pas à grand chose !

Bon, il faut quand même que j’aille bosser un peu, car quand les gars vont se pointer pour les poser (ce qui ne saurait tarder), il faudra que tout soit prêt pour accueillir ces oeuvres d’art… A bientôt pour le prochain chapitre…

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