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Archive for the ‘VRD’ Category

Encore en ce mois d’Août (je rattrape le retard sur le blog), nous avons monté la structure du plancher du rez-de chaussée, avec l’aide précieuse de Bob et de Rapha. Lors du changement de stratégie pour les fondations, je me suis posé la question du plancher, et la réponse est venue assez rapidement : faire un plancher bois sur le vide sanitaire. Nous avons donc posé des madriers 8×23 (75mm x 225mm) tous les 46 cm environ afin de créer une structure bois qui accueillera le plancher. Ces madriers reposent sur les murs de soubassement de périphérie ainsi que le mur intermédiaire et les fondations du poêle de masse.

Auparavant, j’avais calculé l’écartement et la section des madriers en fonction des portées, et j’avais fait un plan de répartition afin de ne pas me retrouver avec un madrier à la place d’un tuyau d’évacuation…

Plan de la répartition des madriers

Le bouquin d’Yves Benoit et Thierry Paradis a été super utile pour la conception et le dimensionnement du plancher. Par exemple, j’étais parti pour mettre des entretoises tous les 1,5m pour éviter que les madriers vrillent ; en fait, ils expliquent que la distance entre les entretoises est égale à 60 x l’épaisseur des madriers ; dans notre cas cela faisait 4,5m… Du coup, il n’y avait besoin d’entretoises qu’aux extrémités et sur au niveau du muret intermédiaire !

L’idée de ce plancher bois était aussi de créer des caissons pour l’isolant, dans l’épaisseur des madriers. Je me suis longtemps posé la question sur comment fixer ces caissons dans le fond. Finalement la réponse est arrivée dans ce bouquin, avec confirmation dans le bouquin d’Emmanuel Carcano : j’ai décidé de visser des lattes de 27x27mm sur les tranches des madriers.

Une fois la conception terminée, au boulot… D’abord, fixer les lisses très basses ; ce sont des pièces de bois qui sont fixées à plat sur le mur de soubassement pour accueillir les madriers. Nous avons posé un film plastique (bande d’arase) entre le mur de soubassement et la lisse afin d’éviter les remontées d’humidité qui pourraient à la longue pourrir la lisse. Nous avions déjà coulé le chaînage des murs de soubassement avec du béton hydrofuge pour éviter cela, mais 2 précautions valent mieux qu’une : pour changer la lisse très basse, il faudrait démonter tous les murs… Ensuite nous avons fixé les lisses avec des vis béton : j’ai d’ailleurs fait une grande découverte : fini les chevilles à frapper ou les scellements chimiques… Un coup de perfo à travers la lisse dans le béton, une vis et c’est parti ! J’ai mis une vis tous les 50cm, en quinconce, afin d’éviter que la lisse ne vrille.

Zoom sur la lisse très basse

J’ai laissé 55mm entre la lisse et le bord extérieur dur mur de soubassement afin de monter des planelles sur le contour extérieur du plancher. L’idée est de rehausser la partie enduite du mur car la maison est déjà bien perchée ; étant donné qu’il faut au moins 20cm entre le bardage et le sol, cela nous permet de remonter le sol et d’atténuer cet effet « perché » lié au vide sanitaire.

Ensuite, restait à poser les madriers ! Ils sont vissés sur les lisses basses ; nous avons laissé entre 27 et 30 mm sur chaque extrémité afin de laisser la place pour la planche de rive qui tiendra tous les madriers ensemble. Nous avons aussi mis des entretoises (planches de 27mm) aux extrémités, entre les madriers, et des entretoises plus sérieuses (chutes de madriers) au milieu, au niveau du mur intermédiaire de soubassement. Avant de fixer les madriers, nous avons pris soin de visser les tasseaux 27×27 ; c’est plus pratique à plat !

Pose du premier madrier

Tout ceci a pris pas mal de temps, au final. 2 jours à 2, et 2 autres journées à 3, et sans biner les blettes. Encore un grand merci à Bob et Rapha pour ce grand coup de main !

Le bazar des tuyaux…

J’ai passé une matinée complète à ranger les tuyaux d’eau et d’électricité… Il faut dire que c’était le gros bazar : en fait, toutes mes arrivées d’eau mais aussi mes départs (vers la grange, la cuve de récupération d’eau, vers le regard intermédiaire) arrivent au même endroit, en sous-sol. Et vu qu’il y aura une circulation d’air dans le vide sanitaire, il faut isoler tout ça ! Ça me ferait moyennement rigoler de devoir descendre à plat ventre dans le vide sanitaire pour réparer un tuyau gelé… Du coup, j’ai utilisé des boudins d’isolant sur les tuyaux, en en mettant 2 couches. Petit détail pour ceux qui veulent se lancer dans cette aventure : il faut 3 tailles entre la première couche et la deuxième couche, sinon le deuxième boudin de ferme pas… J’ai ensuite mis un bout de drain agricole (100mm) pour encapsuler l’isolant et créer une protection mécanique. Enfin, j’ai créé un caisson isolant autour des tuyaux, pour les isoler du mur de soubassement (nord-ouest) et les protéger le plus possible de la cour anglaise toute proche… Pas vraiment écolo les plaques de mousse polyuréthane (beurk, gros beurk même), mais je n’ai pas trouvé d’alternative pour cette application… 1 demi-journée de boulot pas vraiment cool, mais peut-être pour éviter plusieurs jours vraiment pas cool ;-).

Les tuyaux une fois protégés, ainsi que le caisson

Enfin, il ne restait qu’à poser les planelles, et ça a été plutôt rapide, à ma grande surprise ; j’avais gardé un mauvais souvenir des planelles pour les coffrages des massifs, mais je suis maintenant réconcilié !

Pose des planelles en périphérie

Voilà encore une bonne chose de faite, avec ce plancher… Un peu tôt peut-être dans l’enchaînement des travaux ? Je ne suis pas à l’aise à chaque fois qu’il pleut et que la lisse très basse prend l’eau… Mais c’est comme ça ; ce qui est fait n’est plus à faire, et il fallait avancer quelque part pendant les congés estivaux de notre charpentier…

Une chose est sûre : on pourra danser sans risque ! J’ai surdimensionné les madriers afin de pouvoir les entailler pour faire passer l’électricité et l’eau ; là aussi, d’ailleurs, bouquin d’Yves Benoit et Thierry Paradis a été très utile pour les règles dans ce domaine (où entailler et comment pour ne pas affaiblir la structure).

Le plancher terminé (sans les planelles) !

Ça fait plaisir de ne plus avoir à enjamber les murs de soubassement et de voir se dessiner le plancher du rez-de chaussée… Cela donne aussi une bonne idée du niveau fini du sol ! Par contre c’est un peu dangereux tous ces trous… Mister K. et moi avons tous les 2 testé pour vous la chute entre 2 madriers : ça picote ! On a beau être matinal, on a eu mal… Heureusement sans gravité : avertissement à moindre frais ! Je croyais que le cerveau était capable de gérer automatiquement l’écart entre 2 madriers en marchant, mais en fait non : en pensant à autre chose, le pied va se diriger pile poil entre les 2 madriers… 😉

Allez, maintenant une semaine de vraies vacances…

Addendum du 13/10/2012 : 

Après les pluies du début du mois, les coins du mur de planelles ont fissuré ; je pense que les madriers ont gonflé avec l’eau et ont poussé les planelles. Du coup, si c’était à refaire, je laisserai 1cm entre les madriers et les planelles afin de créer un joint de dilatation.

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Toujours en ce mois d’août, décidément chargé, nous avons effectué le raccordement des différents réseaux (eau, électricité, tout-à-l’égout, Télécom) entre la maison et la route. Un peu moins de 200 mètres de tranchée, avec tous les réseaux à l’intérieur, sous le cagnard… Ce fut sportif !

En guise d’échauffement, nous avons dû passer le gros câble électrique (cf. article précédent) dans le fourreau TPC de 90mm. 280kg de câble électrique (plus le gros touret qui fait aussi son poids) à passer dans 200m de fourreau, le défi s’annonçait sérieux… Quelques semaines avant, Mister K. me fait remarquer qu’il faudra penser à passer un câble pilote en parallèle du gros câble d’alimentation afin de pouvoir commander le cas échéant les commutateurs de tarifs spéciaux (jour/nuit, etc.) d’EDF… Je suis étonné que toutes ces infos ne passent pas dans le câble d’alim via un multiplexage ou autre (ma formation initiale me rattrape), mais après un appel chez ERDF, ils confirment qu’il faut passer un câble 2×1,5mm2 pour les commandes. Nous devons donc passer dans le fourreau le gros câble 4x25mm², plus le petit 2×1,5mm². La première contrainte était de pouvoir dérouler les câbles facilement : Julien est encore venu à notre secours en nous prêtant son tracteur avec le lève palettes ; merci encore ! Nous avons improvisé un dérouleur de câble en mettant les 2 tourets en parallèle sur une barre à mine , le tout étant fixé sur le lève palettes… L »ensemble ne devait pas peser loin de 300kg, du coup il valait mieux éviter de prendre ça sur les pieds ;-).

Le dérouleur de câble, sans le second touret

Après l’échauffement, la première mi-temps consistait à passer les câbles dans le fourreau. Nous avons trouvé une solide aiguille de 50 mètres (la longueur d’une section de fourreau), et Mister K. a préparé une épissure ; nous ne savions pas encore comment nous allions pouvoir tirer le câble dans son fourreau, et du coup nous avions envisagé toutes les possibilités, y compris d’atteler Dédé au câble pour le tirer. Autant dire que l’aiguille ainsi que l’épissure devaient être à toute épreuve ; casser l’un ou l’autre était hors de question.

Une vraie épissure – on pourrait tirer un tracteur. Nous avons malheureusement dû la refaire car nous avions oublié le câble pilote 😉

Xavier passait par là, et son aide ne fut pas de trop… Nous avons testé plusieurs techniques (y compris atteler Dédé), et finalement ce qui a fonctionné était la méthode suivante : nous avons attaché une extrémité du fourreau au lève-palette, puis nous avons déroulé les 50 premiers mètres de câble (il n’y avait qu’une personne près des tourets, et il n’était pas possible de guider les câbles dans le fourreau et gérer les tourets qui coinçaient de temps en temps). Une personne tirait ensuite l’aiguille à l’autre extrémité du fourreau, pour faire passer les 50 premiers mètres de câble dans le fourreau. Nous ajoutions du liquide vaisselle dans le fourreau au fur et à mesure pour limiter les frottements (surtout pas de graisse ou d’huile à base de pétrole qui attaquent l’isolant du câble). Les 50 premiers mètres sont passés assez facilement. Ensuite nous avons déroulé les 50 mètres suivants des tourets, et nous les avons tirés dans le premier fourreau pour les avoir au bout du premier fourreau. Et là, nous avons aiguillé le second fourreau et tiré les 50 mètres de câbles dans le deuxième fourreau. Idem pour les troisièmes et quatrièmes fourreaux : nous déroulions le câble 50 mètres et tirions ces 50 mètres dans les fourreaux déjà en place pour avoir ces 50 mètres de câble disponibles juste avant le nouveau fourreau. La dernière section a été la plus difficile avec les derniers 50 mètres de câbles à tirer dans les 150 mètres de fourreau, mais Xavier avait mangé du lion…

Au total cela nous aura pris une demi-journée, et quelques suées. La seconde mi-temps pour le câble consistait à le placer le long de la tranchée, assez loin de la tranchée pour laisser la place pour la circulation de la pelleteuse et pour la terre, en gardant le tout dans la partie haute du terrain, hors de vue. Il a donc fallu déplacer tout l’ensemble de quelques mètres, en faisant de grandes boucles pour éviter tout emmêlement…

Voilà pour l’entraînement. Ensuite, que du classique : tranchée, laser, sablage, calage les tuyaux de tout à l’égout au laser, pose des autres réseaux, sablage, pose des grillages avertisseurs, et fermeture de la tranchée. Au vu de la distance, cela s’est fait en 2 sessions (1 jour, puis 3 jours). Le tuyau du tout à l’égout était au milieu de la tranchée ; les gaines télécom (2 gaines TPC de 40mm) étaient d’un côté, et le reste de l’autre côté, afin de respecter les 40cm mini de distance entre les Télécom et le reste (surtout le 50Hz électrique). Je voulais éviter d’avoir une liaison ADSL toute balbutiante à cause des perturbations du réseau électrique… Nous avons fait un regard tous les 40 mètres environ pour les gaines Télécom, ainsi qu’à chaque changement de direction. Rien de plus simple pour cela : une rehausse de regard béton de 30cm qui vient couvrir une boucle des 2 gaines TPC 40.

Tous les réseaux dans la tranchée

En plus du réseau télécom, nous avions le tuyau d’eau du réseau (Socarex PE 32 mm), plus un tuyau PE de 20mm pour amener l’eau de la cuve de récupération jusqu’au regard intermédiaire ;  étant donné que la tranchée était ouverte, nous en avons profité pour tirer une gaine TPC 90 rouge de réserve, ainsi qu’une TPC 63 bleue de réserve aussi. Enfin, nous avons tiré un fourreau TPC 40 rouge avec un câble de 6mm² pour les éventuels éclairages du chemin. Tout ça faisait un peu de monde dans la tranchée, mais il y avait encore de la place ! Nous en avons d’ailleurs profité, in extremis, pour faire passer le câble de terre dans les 25 premiers mètres de la tranchée ; le câble est raccordé à 2 piquets de terre plantés en fond de tranchée. Nous avons fait faire cela par un électricien ; en effet l’efficacité de la prise de terre est une des premières choses contrôlées par le consuel, et je préférais sécuriser cette partie.

Nous avons fait un regard intermédiaire en haut du terrain, juste avant de redescendre sur la route. Ce regard permet de ressortir tous les réseaux au cas où nous déciderions de construire un autre bâtiment dans le futur. Nous avons donc monté un Té pour l’eau, placé un tabouret pour le tout-à-l’égout, et fait des boucles pour les autres réseaux. Nous étions bien embêtés pour le positionnement de ce regard, car nous ne savions pas où allait se trouver cette éventuelle future construction. Au nord ? Au sud ? Si nous nous trompons, il faudra recreuser une tranchée pour croiser la tranchée initiale, ce qui n’est jamais super. Notre artiste de la pelleteuse nous a alors montré comment construire un regard à cheval sur le réseau de tout à l’égout… Comme ça nous pouvons desservir les 2 côtés indifféremment !

Base du regard intermédiaire qui permet l’accession à tous les réseaux ; ce sont des demi-parpaings posés à sec !

Le regard intermédiaire presque terminé

La construction de ce regard a été un peu spéciale : nous avons appuyé les anneaux de puits de 90cm sur les demi-parpaings posés en cercle, à sec… C’est garanti sans embrouilles ! Pour dormir plus tranquille, il m’a dit qu’on peut faire un enduit à l’intérieur du regard… On verra ça ensuite ; ce sujet n’est pas la cause de mes insomnies en ce moment ;-).

C’est là que je me suis vraiment rendu compte que 180 mètres, ça peut être trèèèèès long.

De la tranchée, encore de la tranchée…

Ehh oui, encore de la tranchée

En haut de chemin d’accès, il y a un changement de direction à 90° ; nous avons donc construit un regard visitable pour le tout-à-l’égout. Socle de béton pour poser les anneaux de puits, puis cunette au fond du regard (c’est un comme un virage de piste de bobsleigh maçonné en ciment, et lissé). J’ai encore beaucoup appris ! Je passe les détails sur la rupture de stock du marchand de matériaux en Août pour les anneaux de puits de 90cm (remplacés par des anneaux percés, qu’il a fallu évidemment boucher), les anneaux qui ne s’emboîtaient pas (il a fallu faire un joint en mortier étanche) et la découpe d’un demi anneau pour rattraper le niveau.

Le regard visitable pour le tout-à-l’égout, étanche.

Enfin nous voyons le bout de ces réseaux… Nous arrivons à la route, où  se trouvent tous les regards de raccordement des différents réseaux : France Telecom, ERDF, et la SAUR pour l’eau et le tout à l’égout.

Nous commençons par raccorder le gros câble électrique, puis les gaines France Telecom. Facile. Vient le tour du tout-à-l’égout ; la SAUR a eu la bonne idée de ne pas sabler autour de ses ouvrages : ils ont mis du calcaire 0/20. Va donc creuser à la main (c’est trop près des ouvrages pour creuser à la pelleteuse) dans du calcaire tassé (c’est dur comme du béton)… Un calvaire ! Nous avons découvert que le tuyau du tout-à-l’égout laissé par la SAUR (en sortie de leur tabouret) était en pente inverse (ie la pente n’allait pas évacuer vers le réseau, mais vers la maison), et avec un angle qui emmenait le réseau directement dans la façade de la maison voisine. La grande classe – je crois que j’écrirai prochainement un poème sur la SAUR et leurs méthodes très spéciales, tant il y a à dire sur le sujet. C’est presque de la science-fiction (vous êtes prévenus) ;-).  Bref, il a fallu improviser un coude pour le raccordement du tout-à-l’égout, et nous avons vraiment galéré pour dégager le tuyau d’eau et le raccorder, avec une réduction (oui, la SAUR à câblé en 25mm, alors que notre PE fait 32mm, ce qui est souhaitable pour 200m de réseau).

Les raccordements SAUR, comblés au calcaire 0/20…

Enfin, après tout ce travail, nous sommes raccordés aux différents réseaux ! Ces presque 200 mètres de réseaux étaient mon cauchemar depuis l’achat du terrain… Je ne l’avais pas acheté cher, mais je savais pourquoi : il était plutôt difficile à viabiliser… C’est maintenant chose faite ! Quel soulagement… Je passe tout le boulot de dégagement de la terre excédentaire (évacuée grâce au tracteur et à la remorque de Claude – merci encore) et le nettoyage des abords du chemin ; nous sommes actuellement en train de remonter le muret de soutènement en pierres que nous avons dû partiellement écrouler juste avant la route…

Je me retrouve exténué après cette partie du chantier ; en ce vendredi 24 Août,  le terrain est viabilisé : nous pourrons avoir l’eau, l’électricité et le téléphone quand nous voudrons !

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La cour

Nous commençons la cour, presque par hasard. Pendant cette nouvelle semaine de pluie, nous nous sommes dit qu’il serait bien de nous mettre au propre, et de préparer les livraisons de matériaux qui ne sauraient tarder (pour les fondations entre autres). Nous avons donc commencé à faire livrer du calcaire (toujours 0/80) pour l’étaler dans la cour. Plus question de prendre du géotextile pour la cour, nous utilisons de la paille généreusement  livrée par Julien B (merci encore !) pour remplacer ce produit synthétique. La première étape a été de disposer les roundballers de paille sur la plate-forme ; j’emprunte le tracteur de Boubou, et à la première manœuvre, plus de direction… Verdict : la rotule qui lie le vérin de direction au châssis est cassée ! Nous sommes donc en panne, et je suis bien embêté que ça tombe sur moi. Raoul me dit qu’il vaut mieux que ça arrive là que sur la route avec une remorque chargée ; il n’a pas tort mais ça n’enlève pas ma gêne.

Tracteur en panne – rotule de direction brisée

Heureusement notre mécano favori, Romain, arrive ; il en profite pour disposer tous les roundballers au manuscopic en 10 minutes ; un grand merci ! C’est un peu la misère pour démonter la pièce (chalumeau et cric de voiture), mais on s’en tire bien et la pièce peut être commandée.

Les semi-remorques de calcaire sont livrés en bas du chemin ; ils ne peuvent pas monter pour livrer… Nous avons donc aménagé une plate-forme de livraison, et nous remontons les semi une par une, au manuscopic.

Remontée de calcaire au manuscopic

Nous déroulons les roundballers sur le terrain et étalons le calcaire grossièrement sur la plate-forme, directement sur la paille. Franchement j’aurais dû insister pour faire le chemin avec de la paille ; c’est super agréable à travailler !

Le manuscopic roule allègrement sur le tuyau entouré de béton… Rien ne bouge !

Allez, j’en profite pour me lancer dans ma première expérience photographique de time-lapse pour illustrer l’avancée de la cour :

En commençant cette étape, je n’avais pas réalisé à quel point cela allait modifier la face du terrain et de notre travail sur le chantier ! Nous allons bientôt pouvoir accéder en véhicule jusqu’au pied de la maison, au propre… Plus de boue dans la cour ; les livraisons seront possibles même les jours de pluie ! Bien sûr, il faudra étaler tout ce calcaire plus proprement, en redessinant la tête de diamant, mais les changements sont assez spectaculaires ! Ça fait vraiment du bien après ces longues semaines de travail de taupe…

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Après une semaine encore bien humide, nous avons enfin réussi à finaliser les réseaux de la plate-forme et à remettre le terrain au carré, propre… Décidément le terrassement nous aura donné bien du fil à retordre avec ce temps ! Mais cette fois-ci, c’est fini et bien fini pour les réseaux… Enfin pour cette partie car il nous restera tous les raccordements aux arrivées en bas du terrain. 200m de réseaux, ça va encore nous occuper quelques journées 😉

Nous avons commencé par évacuer toute la terre stockée sur la plate-forme, à l’aide du tracteur et de la remorque de Boubou (merci encore !). Il a fallu aménager une nouvelle aire de stockage pour ce trop-plein de terre ; en 1h30 tout était propre ! L’efficacité en pleine action de notre pelleteur-artiste…

Evacuation de la terre de la plate-forme

L’étape suivante a été de combler les dernières tranchées, toujours de la même manière : 20cm de sable au-dessus des tuyaux, puis de la terre (tassée à la chenille) pour revenir au niveau du sol. Tout était prêt pour commencer le gros morceau : l’avaloir et l’évacuation de l’eau de pluie de la plate-forme.

Pour faire ce réseau, nous avons choisi du tube de 200mm CR8, toujours d’après les abaques postées dans un article précédent. Pour faire l’avaloir, nous avons utilisé des réhausses de fosse septique, d’un diamètre extérieur de 80cm. L’avaloir se trouve au beau milieu de la tête de diamant, afin de recueillir toutes les eaux de pluie de la cour. Nous avons empilé 3 anneaux, de 30cm de hauteur chacun. L’idée est de faire un bac de décantation au niveau de l’avaloir ; en effet, la cour sera en calcaire au minimum pendant toute la durée des travaux ; il se peut donc fortement que des cailloux se retrouvent dans l’avaloir, voire dans les tuyaux… Nous avons donc placé 2 anneaux en-dessous du niveau du tuyau d’évacuation, pour recueillir ces cailloux et autres objets non flottants ; il suffira ensuite de nettoyer régulièrement l’avaloir !

Avaloir d’eaux de pluie de la cour

Il y a donc 60cm d’espace de décantation au niveau de l’avaloir ; le tuyau viendra se poser sur le deuxième anneau. Nous avons fait toutes les découpes à l’aide d’une tronçonneuse TP thermique ; boudiou, ça c’est du matos ! Ça pèse aussi lourd qu’un âne mort, et avec force de rotation c’est plutôt tendu à manoeuvrer… Mais on peut dire que ça coupe !

Dernier étage de l’avaloir, avec le tuyau d’évacuation

Le tuyau d’évacuation d’eau de pluie de la cour

Les anneaux sont entourés de béton afin que tout cela se tienne lors du passage d’engins lourds (il y aura des livraisons pour les matériaux !). Il a donc fallu improviser… Il n’y a en effet pas encore d’eau ni d’électricité sur le terrain ! J’avais apporté une citerne d’eau, que j’ai remplie avec de l’eau de puits, et nous avons fait tourner la bétonnière sur le groupe électrogène ; nous ne pouvions pas trop la charger car sinon elle calait le groupe. Bref, nous avons fait les premières gâchées de béton… Heureusement il n’y en aura que le minimum pendant tous ces travaux ; nous essayons de limiter l’usage du ciment au maximum.

Lors du creusement de la tranchée d’évacuation des eaux de pluie de la cour, nous étions tombés sur d’énormes pierres et avions donc décidé de faire passer ce réseau au-dessus de l’évacuation de tout à l’égout de la grange, contrairement à ce qui était prévu dans le plan initial. Le point de référence pour caler l’avaloir et le tuyau a donc été ce point de croisement, histoire de ne pas se retrouver avec les 2 tuyaux qui se touchent… Tout ceci a été fait au laser ; heureusement que le boulot de conception avait été fait en amont ! Pas moyen d’improviser une fois sur le terrain, quand la pelleteuse tourne et qu’il y a du monde qui bosse… La conséquence de cette remontée de tuyaux a été qu’il a fallu entourer ce tuyau de béton sur la première longueur en sortie d’avaloir, afin d’assurer la solidité lors du passage d’engins. Après, il se trouve 10cm au moins sous le niveau du sol, donc avec 10 cm de sable et 30 de calcaire, ça ne posera pas de problème.

Avaloir et premier tuyau entourés de béton

Il a aussi fallu prévoir des trous dans le 3ème anneau afin de laisser l’eau s’écouler en cas de grosse pluie avant que le calcaire soit étalé dans la cour ; plus question de se laisser inonder ! Le tuyau d’évacuation a une pente de 1,5% ; nous les calons au fur et à mesure au laser. Nous plaçons un tabouret de visite à chacun des 2 changements de direction (nécessaires pour laisser la place de la cuve de récupération d’eau) ; ils permettront de glisser un furet dans le tuyau s’il venait à se boucher, et en plus ils permettront un raccordement ultérieur d’autres réseaux d’évacuation (drainage autour de la maison, trop-plein de cuve de récupération, etc.). Le tabouret est en photo sur l’icône en début d’article.

Dépose de sable sur le tuyau d’évacuation d’eau de la cour

Dépose de sable sur le tuyau (2)

En fin de journée, je me suis rendu compte que c’était vraiment bien d’avoir fait passer le réseau d’évacuation d’eau de la cour au-dessus du tout à l’égout de la grange… En effet, l’eau de la cour va se jeter dans une mare (qui n’est pas encore créée) ; et le tuyau arrive déjà très bas ! Si nous avions dû passer sous le tout à l’égout, il serait arrivé encore 70 cm plus bas, ce qui aurait éloigné d’autant la mare… Encore un bon point pour notre artiste qui avait suggéré cette alternative.

Dernier tabouret et arrivée de l’eau de pluie de la cour vers la mare

 Les réseaux sont enfin terminés, et tout est prêt pour évacuer les fortes pluies qui pourraient se présenter… Ça fait vraiment beaucoup de bien de revoir la plate-forme propre, dans tranchée, sans boue, dégagée !

Plate-forme nickel…

Plate-forme nickel (2)…

La prochaine étape est de mettre du calcaire dans la cour…

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Les réseaux de la plate-forme sont quasiment terminés ! Ça n’a pas été de tout repos… Le temps nous a encore fait de belles surprises ; mais pour un mois de novembre, nous ne devrions pas nous plaindre ;-). Nous avons été complètement inondés le lendemain de la prise des photos de l’article précédent. Les tranchées étaient pleines d’eau (jusqu’à 70cm) car la tranchée d’évacuation de la plate-forme coupait la tranchée des réseaux… Je n’avais pas pensé à faire une mini-digue.

Réseaux sous les eaux

Heureusement que notre terrassier-artiste nous avait dit de bloquer les tuyaux avec des pierres afin de les lester ! Sinon tout aurait été à refaire… J’imagine le cauchemar : enlever tous les tuyaux, re-creuser les tranchées pour vider la terre et le sable (qui aurait été perdu par conséquent, car mélangé avec de la terre et des cailloux), recommencer le calage de tous les tuyaux, avec le risque de ne pas tomber au bon endroit pour les évacuations, vu que le départ n’aurait pas été exactement au même endroit… Bref, la fête. Heureusement que nous avions eu ce très précieux conseil, tombé juste la veille de la pluie. Quasi-miraculeux. Ou comment une petite phrase (nourrie par 20 ans d’expérience) peut changer la face d’un chantier…

Détail sur le couloir de nage ; on aperçoit le tuyau de 315 qui flotte

Seul le tuyau de réservation de 315 n’avait pas été calé ; il flotte dans la tranchée… Après une petite période de calme pour accuser le coup, au boulot : nous nous mettons à pomper l’eau avec notre petite pompe et le groupe électrogène. Nous nous rendons vite compte qu’il faudra plus que notre pompe Fisher-Price pour venir à bout de la boue… Il reste moins de 10cm d’eau, il faudra attendre que le sol et le soleil fassent leur oeuvre pour faire disparaître l’eau restante.

Nous profitons de ce temps et ce sol détrempé pour finir le chemin d’accès ; en effet, à beaucoup d’endroits, le gros calcaire (80) est resté en surface par grandes plaques ; il n’est donc pas calé. Ce qui empêchera tout gros engin de monter sans créer des ornières ; un comble pour un chemin de chantier ! Nous décidons donc de remettre une couche de 0/20 qui restait de l’intervention de la SAUR aux endroits critiques. Après une tentative en chargeant une remorque à la main, je suis allé chercher un tracteur avec un godet chez notre ami Julien B. que je remercie encore très chaleureusement…

Blocage du 0/80 à certains endroits sur le chemin d’accès

Pendant que j’étalais le calcaire, Mister K. (je suis conscient que les présentations n’ont pas été faites, ça viendra dans un futur article) repassait le chemin au cylindre. Après quelques heures de cylindrage sur un calcaire bien mouillé, le chemin d’accès de chantier peut enfin être considéré opérationnel ! Je suis conscient que cela sera un peu limite pour faire monter des semi-remorques de calcaire ou de sable ; il faudrait pouvoir le détremper avec une tonne à eau et le recylindrer pour avoir quelque chose de vraiment solide… Mais je n’ai pas vraiment le temps de le faire, les fondations urgent !

Les évacuations de la cuisine et du lave-main des toilettes

Les tranchées sont enfin suffisamment asséchées pour que nous puissions reprendre le travail sur les réseaux. Le tout à l’égout est rapidement terminé, jusqu’à la grange. Nous tirons ensuite les tuyaux d’eau (en PE/Socarex) ; nous mettons 2 tuyaux (1 de 25 et 1 de 32 mm) en réservation pour la cuve de récupération d’eau, et un PE de 25mm pour alimenter la grange. Reste l’électricité : un câble 5x6mm² pour alimenter la grange en triphasé, un câble de 3×2,5mm² pour la cuve de récupération d’eau (pour la pompe), et enfin un gros fourreau TPC 90mm entre la maison et la grange pour tirer des réseaux supplémentaires plus tard, le cas échéant.

Réseaux de la plate-forme finalisés, avant fermeture des tranchées

Au chapitre « si c’était à refaire je changerai… », je crois que je limiterais le nombre des évacuations directes. Pendant la phase de la conception, j’avais volontairement décidé de faire ressortir toutes les évacuations directement dans le réseau, afin d’éviter d’avoir des tuyaux traversant des pièces et des cloisons à l’intérieur de la maison. Je pense que ça me fera gagner du temps et de l’énergie plus tard, et que ça sera plus sympa esthétiquement, mais cela a aussi des conséquences auxquelles je n’avais pas pensé pendant la conception : le coût tout d’abord (un tuyau de 125 en CR8 revient plus cher que du 100 classique à coller) ; ensuite, les percements du plancher (autant de ponts thermiques que de tuyaux) ; et enfin les dépannages en cas de problème (il est plus facile d’intervenir sur un tuyau apparent que sur un tuyau enterré sous la maison). Avec un diamètre de 125mm en CR8 et le système de joints, cela ne devrait pas bouger ou se boucher, mais ne sait-on jamais…

Nous avons ensuite commencé à reboucher les tranchées, en posant une couche de 20cm de sable sur les réseaux ; le reste a été comblé avec de la terre, tassée à la chenille de pelleteuse. Des grillages avertisseurs ont été posés aux endroits qui ne sont pas sous la maison, afin de pouvoir retrouver (et protéger) les réseaux lors d’une éventuelle intervention future à la pelleteuse ; il s’agirait d’éviter de mettre un gros coup de godet dans un câble électrique ou une évacuation !

Lit de sable de 20cm pour protéger les réseaux

Rebouchage des tranchées de réseaux

Le terrain reprend forme

Dans la nuit, rebelote, 20mm de pluie en quelques heures… Le chantier est de nouveau inondé. Vraiment pas de chance cet hiver avec la pluie ! Ah, nous sommes en Juin ? Boudiou, il faudra vraiment que je me penche sur la gestion des eaux de pluie d’orage, et ce plus rapidement que prévu… Je ne pensais pas que cela pouvait compromettre le chantier à ce point !

Encore une inondation…

De l’eau, de l’eau, de l’eau…

Et de la boue, de la boue, de la boue…

Nous décidons encore une fois d’arrêter le chantier… On pourra dire que le terrassement aura été rythmé par Dame Nature ! Nous avons pris plus d’un mois de retard maintenant, et les fondations ne sont toujours pas commencées. Le charpentier ne peut plus repousser son intervention, fixée à fin juillet (sinon c’est Octobre) ; cela devrait passer, mais la pression est là, je la sens bien ! 😉

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Cette semaine nous avons commencé un gros morceau : les réseaux de la plate-forme. Il s’agit de faire passer le tout à l’égout, l’eau, l’électricité, les télécoms, le drainage et les évacuations d’eau de pluie entre les bâtiments et partout où on en a besoin. La conception a été un sacré boulot aussi : il ne faut rien oublier, penser au croisement des tuyaux, aux pentes d’évacuation…

Par où commencer ? Tous le réseaux arriveront dans la maison, côté abri à bois. Les canalisations d’eau devant être enterrées à au moins 80cm de profondeur pour être hors-gel, elles passeront sous les fondations. Vu qu’on aura creusé la tranchée pour l’eau, on fera tout passer sous les fondations ! C’est plutôt facile sur le papier, mais pour que cela soit une réalité lors de la mise en oeuvre, c’est plus compliqué : comment faire en sorte que tout soit au bon niveau, avec les bonnes pentes ? La solution (telle que ça se fait dans le métier, je n’ai rien inventé) consiste à prendre un point de repère qui sera au niveau du sol intérieur fini de la maison (noté n0). Nous avons matérialisé ce point en coupant un petit chêne qui nous gênait juste à côté de la maison ; la hauteur de la souche définit notre point zéro (nous l’avons coupé à la hauteur souhaitée évidemment). Ensuite, j’ai fait un plan avec tous les réseaux, ainsi que les hauteurs (altitude) par rapport à ce point de référence. Pour les évacuations, on prend la hauteur à partir du « fil d’eau », c’est à dire le fond du tuyau, là où coule l’eau (ou le reste). Cela permet d’avoir des cotes indépendantes du diamètre des tuyaux. Voici le plan :

Plan des réseaux de la plate-forme

Ça paraît un peu compliqué au premier abord, mais c’est indispensable… Une fois que les tranchées sont ouvertes, plus le temps de réfléchir, il faut y aller… On voit sur le plan la fameuse tête de diamant. D’ailleurs, il y a eu un petit changement par rapport au plan, vu qu’en creusant la tranchée d’évacuation des eaux de pluie de la cour, nous sommes tombés sur des énormes pierres… Nous avons donc décidé de faire passer l’évacuation des eaux de pluie au-dessus de l’évacuation du tout à l’égout entre la maison et la grange.

Grâce aux chaises, nous avons tracé au sol les différentes évacuations de la maison selon le plan.

Tracé de l’axe du tout à l’égout et des évacuations

Ensuite, il faut faire les tranchées et déposer un lit de sable au fond, de niveau pour respecter la pente (1,5%). Pour ce faire, il suffit de caler 2 tasseaux dans la tranchée à niveau au laser, et de tirer une règle (// à la tranchée) entre ces 2 tasseaux. Ensuite c’est un grand jeu de Légo : découper les tubes aux bonnes dimensions, emboiter les culottes et les coudes, caler les évacuations verticales de niveau. Nous avons choisi de faire tout le réseau d’évacuation en PVC de 125 CR8 à joints, afin qu’il résiste aux éventuels mouvements de terrain (lors du creusement des fouilles par exemple) et qu’il soit solide. C’est peut-être un peu surdimensionné, mais vu que ce réseau est sous la maison, il vaut mieux ne pas avoir à re-creuser s’il y a un problème… Pour emboîter les tubes, il faut normalement de la graisse spéciale (neutre pour ne pas attaquer ni les joints ni les tuyaux) ; vu que notre revendeur préféré n’en avait pas, nous avons pris du liquide vaisselle pur : ça marche parfaitement !

« Quelques » belle pierres trouvées en creusant les tranchées

Nous avons placé un tuyau de 315 afin de laisser une réservation pour les réseaux qui entreront dans la maison (eau, électricité) en provenance de la route. Ils ne sont pas prêts, donc on les fera venir par la suite.

Au premier plan, réservation pour passer les tuyaux

On remplit de sable pour caler les tuyaux

Une partie des évacuations de la maison

Après 3 jours de travail, nous sommes coincés car il nous manque des raccords (je ne sais pas qui est le maître d’oeuvre, mais il semblerait qu’il ait des problèmes pour compter ;-)). Ça tombe bien, il se met à pleuvoir. Notre artiste terrassier nous conseille de mettre des cailloux pour caler tous les tuyaux en fond de tranchée, afin qu’ils ne remontent pas avec l’eau en cas d’inondation…

Verdun (1)

Verdun (2)

Tout ce travail était plutôt plaisant au final ! C’est marrant de voir la maison commencer à se matérialiser… « Ici, c’est l’évacuation de la machine à laver » ; « ici, l’évier de la cuisine »… Et puis le Légo, j’adore ! 😉

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Nous profitons de ce beau temps pour avancer le chemin ! Nous avons dû retailler le chemin dans la partie haute, juste après le virage, pour lisser une bosse ; nous en avons profité pour préparer le géotextile car le lendemain les semi-remorques de calcaire s’enchaînaient ! La première livraison de calcaire dans la partie haute du chemin a été un peu sportive… La remorque était carrément penchée (gros risque de la renverser), et en plus tout ça se passait sous la ligne 20 000 Volts… Apparemment tous les bons vieux routiers du transport de matériaux ont vu ça une fois dans leur vie : un arc électrique se produit entre la ligne HT et le camion, et tous les pneus éclatent instantanément. Toute l’électronique du camion est HS. Heureusement, rien de tout cela ici, mais ça a été plutôt chaud ce début de journée.

Livraison « borderline »

Nous avions un chauffeur dédié qui faisait les aller-retours entre la carrière et le chantier ; une petite heure entre chaque tour… Grosse pression du coup ; il faut étaler le calcaire, voire le bouger avec le tracteur et une remorque, puis le cylindrer au rouleau-compresseur pour qu’il soit praticable par les semi. Sauf que le calcaire sec, ça ne se compacte pas ! Les semi s’enfonçaient dans le calcaire comme dans la boue… On a tout essayé pour faire monter les semi ; en marche arrière (un peu chaud), puis quand le haut du chemin a été fait, en marche avant en prenant de l’élan depuis le bas du chemin… Il fallait entendre les semi ronfler et voir cet énorme nuage de fumée : on ne voyait plus à 5 mètres quand la semi arrivant en haut pour se planter dans le calcaire qui ne se tassait pas… Moi qui croyait que le chemin allait être une rigolade, je me rends compte que c’est plutôt tendu, et ça demande des chauffeurs qui… osent (pour ne pas reprendre une expression attribuée à Tapie par les Guignols il y a quelques années).

Chemin de calcaire non cylindré

On étale le calcaire sur le géotextile

En milieu de journée, je prends un retour de manivelle dans le bras en essayant de démarrer le cylindre (il a dû connaître l’occupation Allemande cet engin) ; résultat, après avoir recompté mes bouts de bras (il n’y en avait qu’un, heureusement pour la suite des travaux) : la manivelle est cassée. Du coup, nous sommes bloqués alors que les semi continuent d’arriver. Je pars en urgence faire une soudure de fortune, et ça repart !

Nous avons aussi dû tirer une semi bloquée en haut du chemin avec la pelleteuse… C’était plutôt rigolo ce face à face. Heureusement que Dédé n’était pas là, il aurait été jaloux !

Tractage de la semi-remorque avec la pelleteuse

Le chemin avance… On aperçoit la plate-forme au bout !

Traces de cylindre sur le chemin

Quelle journée cette journée de livraison… 5 semi-remorques de 0/80, soit 135 tonnes de calcaire à étaler… Au final il aura fallu presque 250 tonnes de calcaire pour la totalité du chemin, avec en moyenne 25cm d’épaisseur de 0/80. Franchement, c’est pas génial écologiquement parlant, mais je n’ai pas trouvé d’alternative.

Entre-temps, je suis devenu un jeune Padawan du cylindrage… Il faut commencer à passer le rouleau-compresseur sur les côtés du chemin, en faisant plusieurs passages sur la même bande. Puis on revient petit à petit vers le milieu du chemin. Le cylindrage est quasiment inefficace sans eau ; le calcaire doit être mouillé (sans être détrempé sur possible) pour qu’il se place. Nous avons donc bricolé un système avec une citerne montée sur une remorque (en faisant attention de ne pas trop remplir la citerne pour éviter la casse), et avec une pompe et un petit groupe électrogène nous avons pu arroser le chemin pour le cylindrer, le lendemain des livraisons de calcaire. Eh oui, pas encore d’électricité ni d’eau courante sur le terrain.

Arrosage improvisé du chemin pour le cylindrage

Le cylindrage définitif se fera après une bonne pluie ; le minimum a été fait mais nous attendrons l’aide du ciel pour la touche finale ! A noter que d’après le terrassier, « Le secret d’un bon chemin, c’est le cylindrage. Et le secret du cylindrage, c’est de cylindrer mouillé jusqu’à ce que le rouleau-compresseur rebondisse sur le calcaire ». J’aime la poésie du BTP.

Pendant ces derniers jours, nous avons aussi fait livrer une semi de sable 0/6,3 concassé (c’est du calcaire concassé, beaucoup moins cher que le sable de rivière) pour faire du remblai dans les tranchées qui accueilleront les réseaux, et une autre semi de gravier 10-20 pour le drainage. Le chemin n’étant pas terminé, il a fallu livrer en bas et remonter tout ça au tracteur. Après un essai infructueux au godet arrière de tracteur (et une petite galère pour trouver les raccords hydrauliques), nous avons opté pour la benne avec la pelleteuse pour charger. Dans le même registre, j’ai fait livrer des pierres de mon voisin (qui démolit des murs chez lui) sur le terrain ; ces pierres ferrugineuses (ou grès de Puisaye) nous seront bien utiles pour faire le mur de soutènement du talus au nord de la plate-forme.

Pendant ces quelques jours, j’ai réalisé qu’une semi-remorque ne pourra pas faire demi-tour sur la plate-forme une fois les fondations des bâtiments faites ; je n’avais pas fait le calcul. Mais la plate-forme est déjà bien assez grande comme ça… En conséquence nous avons improvisé une petite aire de stockage en bas du terrain ; nous avons aussi récupéré les gravats du voisin pour empierrer cette plate-forme intermédiaire.

Je suis plutôt fatigué après semaine de Tchétchène (pour ceux qui ne me connaissent pas, c’est une référence respectueuse aux bûcherons Tchétchènes qui ne chôment pas), mais tout a bien avancé ! Un rendez-vous avec notre charpentier favori a confirmé la pose de la structure pour la dernière semaine de Juin… La pression est maintenue pour les fondations. Pas de chance, notre terrassier principal s’est fait un lumbago ; 2 semaines d’arrêt… Un plan B est à trouver !

Je réalise l’impact du choix du terrain, et de l’implantation des bâtiments sur le terrain… Tout découle de quelques choix fondamentaux, sans contrôle possible à postériori. Et finalement, je me rends compte que je ne contrôle pas grand-chose, entre les intempéries (ou au contraire le cagnard), les aléas matériels ou physiques, les découvertes sur le terrain… Boudiou (comme on dit chez nous), je ne peux pas tout contrôler alors ? 😉 Peut-être que je viens de comprendre quelque chose qui va m’éviter de me mettre la rate au court-bouillon dans les semaines et mois à venir ?

Dernière chose peut-être : je me découvre de nouveaux muscles ! Exit mon abonnement au « Moving » du coin (qui doit probablement être à plus de 40 km de toutes façons) ;-).

Allez, 3 jours de repos bien mérités !

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