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Posts Tagged ‘écran sous toiture’

DSC_9110.resizedEncore de la toiture, encore des tuiles, me disais-je… Est-ce que je vais m’ennuyer à refaire la même chose ? La structure de la grange étant montée (cf. article), nous voulions la couvrir au plus vite pour profiter non seulement de la belle saison, mais aussi de l’échafaudage que le charpentier nous a laissé gracieusement…

Nous voila donc repartis dans la pose de volige, de l’écran sous-toiture, du contre-lattage, des lattes en enfin des hampes de gouttières… Tout ça a déjà été vu pour la maison (cf. article), mais là, il y a un élément supplémentaire : l’expérience. Pour la couverture de la maison, j’avais un peu galéré pour plusieurs choses, et j’ai été déçu par certains aspects du résultat, notamment au niveau de la position des gouttières (cf. article). Il y avait de donc de l’espace pour de l’amélioration ! J’avais eu la chance, peu après la couverture de la maison, de passer un peu de temps avec un couvreur et de discuter avec lui (cf. addendum de cet article) : j’ai beaucoup appris !

Commençons par le début : une fois les chevrons et les cache-moineaux posés (par le charpentier), nous avons posé la volige sur les débords de toit ; jusqu’ici, rien de neuf.

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Volige posée pour les débords de toit (c’est uniquement esthétique, pour ne pas voir l’écran sous toiture)

Par contre, j’ai changé de stratégie pour rattraper l’épaisseur de la volige sur le reste du toit : alors que pour la maison je m’étais cassé la tête à tailler le haut des voliges en biseau (cf. schéma de l’article correspondant) pour respecter la continuité de pente de l’écran pare-pluie, pour la grange, j’ai simplement ajouté des lattes à plat sur la partie des chevrons qui n’accueillaient pas de volige : ainsi, l’épaisseur (18mm) était la même sur tout le toit. Ça nous a coûté 3 bottes de latte (sur tout le toit), mais nous avons gagné du temps.

Pose des lattes pour compenser l'épaisseur des voliges

Pose des lattes pour compenser l’épaisseur des voliges

Le toit est maintenant prêt à recevoir l’écran sous-toiture. Alors là, il y a (au moins) 2 approches : la première consister à dérouler le sous-toiture en commençant par le haut, en descendant ; l’idée est de poser tout l’écran sous-toiture, et ensuite de poser les contre-lattes en un seul bloc. Pourquoi par le haut ? Parce qu’une fois que le premier lé est posé en bas, il n’y a plus d’appuis pour poser le deuxième, plus haut… Donc la deuxième approche consiste à poser le premier lé en bas, de contre-latter puis de latter sur cette longueur, et ensuite de poser le deuxième lé en prenant appui sur les lattes qui ont déjà été posées, et ainsi de suite. Vu que j’avais choisi la deuxième approche pour la maison, je voulais essayer autre chose pour la grange… Mais il y avait pas mal de vent le jour où nous avons commencé à poser l’écran sous-toiture, et en plus j’étais tout seul sur le toit pour monter le rouleau d’écran tout neuf (donc complet, et un peu lourd)… Du coup j’ai repris la vieille technique, dont l’inconvénient principal est la découpe des contre-lattes : ça prend un peu de temps, et en plus ça enlève de la cohérence dans la structure dans la mesure ou les contre-lattes sont en plusieurs morceaux. De plus, si par malheur une latte doit être clouées à la jonction entre 2 contre-lattes, c’est un peu galère.

Pose de l'écran sous-toiture en commençant par le bas : les contre-lattes sont coupées en laissant l'espace de recouvrement de l'écran.

Pose de l’écran sous-toiture en commençant par le bas : les contre-lattes sont coupées en laissant l’espace de recouvrement de l’écran.

Pour l’écran sous-toiture, nous avons fait le même choix que pour la maison : un écran perspirant qui laisse passer l’humidité depuis le dessous (blanc) vers le dessus (noir) de l’écran ; c’est complètement indispensable si on veut mettre un écran sur de la volige, sous peine de voir pourrir la volige en quelques mois ! Pour les contre-lattes, il y a eu un petit changement : nous avons pris une section 40x40mm au lieu du traditionnel demi-chevron (6x4cm) : c’est presque moitié prix et ça fait le travail de la même façon ; seule contrainte : il a fallu aller le chercher en scierie car ce n’était pas une section standard pour le marchand de matériaux local. Nous en avons profité pour prendre tout le reste du bois de toiture directement en scierie, en faisant un gain de presque 30% sur la totalité du bois de couverture… Nous avons par contre gardé 3 contre-lattes en 6×4, à l’endroit où il fallait faire une jonction entre 2 lattes, histoire d’avoir la place pour clouer les 2 bouts de latte. Cela a simplement demandé de positionner une latte en longueur pour voir où il fallait faire la jonction ; l’inconvénient est que toutes les lattes se rejoignent sur la même contre-latte, mais je ne voyais pas d’autre option non-cauchemardesque. Dernier détail : nous avons laissé la place pour le ciment de rive en posant les voliges du bord de toit ainsi que les contre-lattes associées : ça évitera des rabotages galère quand nous feront les rives (d’où l’intérêt d’avoir déjà vu le film en entier avant ;-)).

Nous laissons l'épaisseur d'une latte (18mm) pour le ciment de rive...

Nous laissons l’épaisseur d’une latte (18mm) pour le ciment de rive…

Reste à latter… Là aussi, il y a eu un changement : plus de chanlatte. Suite à la discussion avec le fameux couvreur, j’ai choisi de changer de technique pour le doublis du bas : pour la maison, nous avions empilé 2 tuiles de même longueur (les St Foy permettent cela : les crochets tombent pile poil dans les trous des crochets du rang du dessous) ; ici, nous découpons la tuile du dessous pour qu’elle ait la bonne longueur tout en respectant le pureau. Et comme une image vaut mieux que beaucoup de mots, voici une illustration de notre affaire :

Plus de chanlatte, et un doublis avec une tuile coupée en longueur.

Plus de chanlatte, et un doublis avec une tuile coupée en longueur.

L’avantage est qu’il n’y a plus besoin de chanlatte : une simple latte 27x40mm fera le boulot ! Vous noterez la petite coquetterie que je me suis offerte : les hampes de gouttière sont « intégrés » dans la première latte, afin que le doublis ne fasse pas de vagues. Cela permet d’avoir des hampes de gouttière qui sont juste sous la tuile, et donc au plus prêt de la toiture ! Vu que nous avions plus de 13m de longueur de gouttière, je ne voulais pas que la gouttière se retrouve à 20cm sous les tuiles à l’extrémité la plus basse… Pari réussi : même si la séance de ciseau à bois a été un peu longue (il aurait fallu une lime électrique), j’aime le résultat !

La première latte à clouer (qui est en fait la troisième en partant du bas) est la plus délicate à caler : il faut qu’elle soit à la bonne distance du bas des chevrons pour que les tuiles du doublis arrivent à la verticale de la gouttière, à environ 1/3 de la largeur de la gouttière. Une fois que cette distance est trouvée (en positionnant des tuiles, simplement), un coup de cordex, et hop, on peut commencer le lattage. Avec un cloueur pneumatique, rien de bien glorieux, mais quelle efficacité !

Une fois le premier lé latté, il suffit de dérouler le suivant, de poser les contre-lattes, et de recommencer ainsi de suit jusqu’en haut. Juste un petit truc : pour éviter les dérives d’espacement entre les lattes, je trace au cordex la dernière latte de chaque lé (sur les contre-lattes), et je joue sur les 3 dernières lattes pour compenser l’éventuelle dérive.

Les deux premiers lés sont lattés

Les deux premiers lés sont lattés

Pour le dernier rang de lattes, il faut être à la bonne distance du faîtage (cf. doc technique des tuiles) ; je trace donc un trait au cordex, et je compense la distance sur les derniers rangs de latte ; ici il n’y avait que 2cm à compenser donc je l’ai fait sur les 3 dernières lattes. Les finitions se font à la circulaire, pour couper les lattes dépassant en rive… 😉

Je trouve ça beau, un toit latté... Ca mériterait presque de rester comme ça, esthétiquement ! A noter le marquage de la chatière.

Je trouve ça beau, un toit latté… Ça mériterait presque de rester comme ça, esthétiquement ! A noter le marquage de la chatière.

Il ne reste qu’à tuiler ! Là encore il y a eu un changement de stratégie : pas de démarrage au milieu du toit, mais sur les rives, et des 2 côtés. Avant le jour J (celui qui nécessite de la main d’œuvre pour empiler toutes les tuiles), nous avons donc positionné les tuiles en rive, en faisant un débord de 27mm (une latte 27×40 à plat, clouée sur le chevron de rive), des 2 côtés. Ensuite, nous avons posé le doublis du bas, sur toute la longueur du toit, pour voir comment on tombait. Après quelques petits décalage de tuiles, nous avons marqué à la bombe les contre-lattes qui correspondaient à un alignement de tuiles, pour avoir des repères sur toute la hauteur du toit. Soit le bord de la tuile était alignée avec la contre-latte, soit c’était le milieu de la tuile : les Ste Foy sont percées au milieu de la tuile, ça donne un bon point de repère !

Pose des tuiles de rive

Pose des tuiles de rive

Il restait à marquer les positions des chatières (cf. schéma de l’article précédent), et à découper les tuiles entourant les chatières : tout était prêt pour la pose des tuiles.

Allez, je refais le coup du résumé en 40 secondes, pour le plaisir :

En 5 heures, à 4, le pan Ouest de la grange était couvert ! Un grand merci à l’équipe de choc : Juju, Romu, Kered, Bernard et bien sûr Claude et son fidèle destrier mécanique…

Résultat presque fini : il manque la gouttière.

Résultat presque fini : il manque la gouttière.

Il ne restait qu’à poser la gouttière (avec un joint de dilatation car la longueur est supérieure à 12m) et ce pan de toiture était terminé !

Et bien franchement, je me suis fait plaisir sur cette toiture : le résultat est exactement comme je le souhaitais ! Il ne reste plus que le pan Est à couvrir, et on retourne à l’intérieur de la maison !

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Dans la foulée de l’isolation, nous avons latté le toit, au sens propre ;-). Au premier abord, ça peut paraître enfantin de clouer des lattes sur un toit ; un peu répétitif, mais enfantin. Mais en fait, c’est plein de pièges, car une fois que les lattes sont clouées, les tuiles suivent sans aucune possibilité de changement…

Je prends des précautions pour cet article, vu que je ne suis pas couvreur (professionnel, je veux dire) : j’ai discuté avec pas mal de couvreurs, tous bons à priori, et chacun a sa manière de faire, ou presque. C’est assez rigolo de constater qu’il y a autant de variantes sur la manière de procéder que de couvreurs. La méthode que je décris ici est celle de Thomas, jeune couvreur passionné qui est passé par les Compagnons.

Avant de poser les lattes, il a fallu dérouler l’écran sous toiture, directement sur l’isolant. J’ai choisi un écran sous toiture perspirant, c’est à dire qu’il laisse passer la vapeur d’eau ; pour l’aspect technique, il a un coefficient SD de 0,05 m. C’est absolument fondamental sous peine de voir de la condensation se former sous l’écran sous toiture, ce qui aurait pour conséquence de pourrir l’isolant ainsi que les voliges de manière très rapide… Nous avons commencé avec une bande en bas du toit, qui dépasse légèrement (15 cm) pour aller dans la gouttière. Nous avons déposé un boudin de colle Orcon sur le bas du lé pour le coller avec la volige, afin que l’air ne s’infiltre pas sous l’écran lors de grands vents. Les côtés du lé seront serrés par le contre-lattage, et donc ne nécessitent pas de colle.

Une fois l’écran sous toiture posé, il faut contre-latter, c’est à dire poser des épaisseurs de bois dans le sens des chevrons (perpendiculaire aux pannes) afin de surélever les lattes et de permettre une bonne circulation d’air sous les lattes et donc sous les tuiles. Certains appellent cette partie des « contre-chevrons », ce qui peut paraître plus logique vu qu’ils sont posés dans le sens des chevrons. Bref. Dans notre cas, nous avons 2 épaisseurs de contre-lattes : 18 mm (des lattes 18 x 40 mm) et 40 mm (des demi-chevrons 40 x 60 mm posés à plat). En effet, il faut rattraper l’épaisseur des voliges sur tous les débords de toit… Cette épaisseur de contre-lattage peut paraître énorme, mais elle n’est pas excessive, notamment si on veut évacuer la chaleur accumulée sous les tuiles en été ; plus la circulation d’air est grande, moins la chaleur entrera dans la maison. Cela pourrait presque faire partie de la conception bioclimatique (utiliser le flux d’air chaud pour évacuer les calories accumulées sous les tuiles) !

Contre-lattage, pureau, départ du lattage

Une fois le contre-lattage posé pour le premier lé (nous avons procédé lé par lé, au fur et à mesure), nous avons posé le chanlatte, en extrémité basse du toit. Restait à poser la première latte, peut-être la plus importante avec la dernière. Pour savoir à quelle hauteur poser la première latte, il suffit de positionner 2 tuiles (il y a un doublis de tuiles au premier rang, nous verrons ça plus en détail dans l’article sur la pose des tuiles) en faisant en sorte que l’extrémité de la tuile du dessus dépasse de 8 cm de la verticale du chanlatte (8 cm correspond à une 1/2 gouttière standard). Il faut faire ce positionnement à chaque extrémité du toit, marquer le dessus de la latte et tracer un trait au cordex entre les 2 traits afin d’avoir un bon alignement. Nous pouvons maintenant poser la première latte ! Il faut 3 lattes de 4 m pour faire la largeur du toit ; nous avons décidé de commencer par le milieu du toit pour ne faire qu’une découpe, et de faire dépasser les 2 autres lattes aux extrémités ; il suffira ensuite de couper toutes les lattes qui dépassent à la circulaire ou à la tronçonneuse…

La latte suivante est espacée de 9 cm de la précédente, d’axe à axe. Cette distance s’appelle le pureau et dépend du type de tuile, de la région (nous sommes en zone 2 ici), de l’exposition et de la pente de toit. Tout ceci est bien documenté par le constructeur de tuiles (exemple ici). Pour aller plus vite, nous avons fabriqué des cales à placer au-dessus de la latte précédente, sur laquelle on va poser la latte suivante. Il ne reste qu’à clouer, avec des pointes zinguées. Nous avons eu la chance d’avoir accès au cloueur pneumatique de notre charpentier (merci encore !), qui nous a fait gagner un temps énorme…

De temps en temps, il faut tricher sur l’espacement des lattes pour tomber « juste » ; c’est le cas notamment pour la jonction entre les 2 épaisseurs de contre-lattage (18 et 40 mm) afin de ne pas avoir une latte dans le « trou », ou bien en arrivant au faîtage. Il suffit de s’arrêter environ 20 lattes avant la fin, de mesurer et de diviser la distance à rattraper par le nombre de lattes. 5 mm de différence de pureau ne se voient pas du bas du toit !

Enfin, pour terminer, au faîtage, il faut aussi tomber « juste », selon le schéma ci-dessous. Il faut que la faîtière recouvre l’avant-dernière tuile (celle qui supporte le doublis de faîtage) de 40 mm minimum.

Finition du lattage au faîtage

Dernière précision : nous avons collé au double-face les lés d’écran sous-toiture entre eux, en bas du recouvrement. En effet, les lés se recouvrent de 12 cm (celui du dessus dépasse de 12 cm sur celui du dessous) afin de garantir une bonne étanchéité à l’eau (la bande de recouvrement est tracée en pointillés sur notre écran sous-toiture, en usine). Vu que nous voulions aussi éviter que l’air ne s’infiltre sous l’écran lors de coups de vents, nous avons collé les lés entre eux.

A 2 reprises, nous avons recalé le lattage avec le faîtage, afin d’arriver parallèlement au faîtage. Notre toit étant neuf, il n’y avait pas beaucoup de décalage (15 mm), mais sur un toit existant ça peut être beaucoup plus. Pour ce faire, nous avons mesuré la distance avec le faîtage aux extrémités du toit, et avons tracé un trait au cordex afin d’aligner une latte. Restait à faire le rattrapage entre la dernière latte posée et le trait, en répartissant l’écart sur plusieurs lattes.

Au total le lattage du pan sud aura pris 3 demi-journées à 2 personnes, en prenant le temps de bien tout caler et de vérifier. Il n’y a rien de vraiment compliqué, mais par contre cela demande le plus grand soin car il y a plein de petites choses auxquelles on doit faire attention pour ne pas se faire piéger.

Le pan sud du toit est latté !

Je trouve qu’un toit latté pour des petites tuiles plates est magnifique ! Je suis plus tranquille maintenant que ce pan est latté ; il est maintenant complètement protégé contre la pluie…

Nous sommes presque prêts à poser les tuiles !

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