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Posts Tagged ‘effet cocktail’

Le premier article de fond concerne l’eau. J’ai beaucoup appris ces derniers temps sur l’eau, et je voulais partager une partie de mon chemin dans ce domaine… Bonne lecture !

L’eau… vitale.

L’eau… J’ai très longtemps oublié que l’eau était le second élément vital (après l’air) pour notre vie, malgré les cours de science naturelle du collège. Un être humain ne survivra environ que 3 jours s’il est totalement privé d’eau. Après cette grande évidence qui peut faire sourire, un constat personnel : durant toutes ces années, j’avais complètement occulté cet aspect des choses ; depuis ma naissance, je suis habitué à obtenir de l’eau en tournant un robinet. L’eau était pour moi, habitant d’un pays « riche », quelque chose d’évident, de simple, d’omniprésent ; à la rigueur, ce n’était même pas la peine d’en discuter, puisque c’était là ! J’avais complètement oublié, enterré profondément le fait que, si pour une raison X ou Y je devais ne plus avoir accès à l’eau potable, je mourrai au bout de quelques jours. Cette prise de conscience de l’importance vitale de l’eau pour la vie s’est faite petit à petit, de plus en plus profondément. La plupart des électrochocs se sont produits à l’étranger : au Vietnam lors d’un trek pendant lequel nous avons manqué d’eau (j’ai fait connaissance avec la « vraie » soif) ; au Laos en observant la construction et la vie des villages des minorités des montagnes, qui vivent en autarcie ; et enfin en Israël, où le sujet de l’eau est une préoccupation nationale partagée par (presque) tous.

Une autre porte ouverte enfoncée : l’eau étant vitale pour nous (et pour bien d’autres espèces vivantes), et notre corps étant composé majoritairement d’eau, il est évident que si nous buvons de la bonne eau, nous avons plus de chances d’aller bien que si nous buvons de l’eau de mauvaise qualité. OK, je n’invente pas vraiment l’eau chaude en disant ça. Tout ça est très abstrait, très théorique. Du coup, je décide de creuser un peu, et je tombe rapidement sur des chiffres officiels (OMS) qui parlent d’eux-même : l’eau insalubre est une des premières causes (voire la première selon les sources) de mortalité dans le monde, avec 3,6 millions de décès. D’après l’OMS, la diarrhée tue plus que le paludisme, la tuberculose ou le Sida… 884 millions d’humains n’ont pas accès à l’eau potable (1 humain sur 8), et 3 milliards n’ont pas l’eau courante (un peu moins de 1 sur 2). Boudiou.

Le seul point d’eau du village, dans le Nord du Laos

L’eau… locale :

J’ai découvert récemment que mes grands-parent n’avaient eu l’eau courante qu’en 1962 ; que les parents d’amis d’enfance, habitant à 4km d’ici, n’ont eu l’eau courante qu’en 1972, 1 an après la naissance du premier… Tous allaient au puits ou à la mare en attendant la magie du robinet… Non, non, ce n’est pas le moyen-âge, juste une réalité il y a 1 voire 2 générations en arrière ; autant dire hier.

Le 15 Juillet dernier, marché Bio à Saints en Puisaye, avec des conférences sur le thème de l’eau (voir l’affiche). J’y vais, et j’assiste à 2 excellentes conférences avec quelques pontes (dont Anne Le Straat, adjointe à la mairie de Paris, présidente d’Eau De Paris). Je réalise pendant ces conférences (encore des portes ouvertes, désolé) que tout ce qu’on rejette dans le sol se retrouve plus ou moins rapidement dans l’eau qu’on boit… Incroyable, non ? Je ne m’étais jamais vraiment posé la question d’où venait l’eau qu’on boit, avant de visiter une station de captage. Malgré quelques restes du collège sur le cycle de l’eau, je n’avais jamais vraiment compris que quoi que nous rejetions ou épandions dans la nature (directement sur le sol, ou via les évacuations de douche, des toilettes, de machines à laver ou de lavabos), ça se retrouve tôt ou tard dans l’eau que l’on boit, et à fortiori dans la chaîne alimentaire. C’est finalement assez évident pour les produits qui sont directement répandus sur le sol (insecticides, pesticides, désherbants, engrais, etc.) mais ça l’était un peu moins pour moi pour d’autres produits, notamment à travers les urines – je croyais que les stations d’épuration étaient des usines magiques qui faisaient du 100% propre à partir du pollué – j’y reviendrai. Selon la nature géologique du sol, les produits se retrouvent immédiatement dans l’eau (comme chez nous en Puisaye) ou bien se diffusent petit à petit pendant des années. L’histoire de la station de captage des Gondards à Saints-en-Puisaye m’a beaucoup éclairé… Pour faire rapide, cette station de captage avait été fermée pour cause de pollution (nitrates et pesticides), puis la décision de la ré-ouvrir a été prise après la sécheresse de 2003 où nous nous sommes rendus compte que nous manquions d’eau ; nous n’avions simplement pas d’autre choix. 1,2 Millions d’Euros ont été investis pour la station ; pour traiter les nitrates, il fallait ajouter 500 000 Euros de plus, avec un budget de fonctionnement annuel supplémentaire de 80 000 Euros. Je réalise que en gros, les nitrates nous coûtaient environ 250 Euros d’investissement par personne plus 40 Euros par an par personne (pour un foyer de 4 personnes, cela faisait 1000 Euros + 160 Euros par an). Ah-ah ! La dépollution a un coût, et nous devons tous le supporter ? Idem, je n’avais pas vraiment pris conscience de ça. A la fin de la journée, chaque individu doit payer sa part pour dépolluer, que ce soit via les impôts & taxes, ou via le prix de l’eau et des services de distribution, mais j’y reviendrai. Pour traiter le problème des nitrates, une autre décision a été prise pour cette station : sortir du cercle vicieux pollution-dépollution en sensibilisant et en encourageant les agriculteurs à faire autrement… Plutôt que de dépenser dans la dépollution, autant dépenser pour encourager les agriculteurs à ne pas polluer. Je parle ici des agriculteurs car ils sont majoritaires sur le bassin de captage de ladite station, et que l’agriculture dans son ensemble est responsable d’une grande partie des pollutions de l’eau (cf. rapport du Conseil d’Etat) ; mais le problème, bien évidemment, dépasse largement cette profession qui est d’ailleurs la première victime de ce système (un film à voir, mais on s’éloigne du sujet) : à chaque fois qu’un particulier utilise un désherbant, un engrais ou rejette des polluants (white spirit, etc.), c’est exactement la même conséquence, multipliée par le nombre de particuliers. C’est aussi exactement la même chose pour les collectivités (communes qui utilisent des désherbants par exemple) ou les entreprises qui utilisent et rejettent des produits polluants. En fait, nous sommes tous, individuellement et collectivement, directement acteurs dans ce cycle de l’eau.

Pour conclure ce chapitre, je vous encourage fortement à lire 2 numéros de la revue « Repères »  dédiés à l’eau  (ici et ici) éditée par Alterre Bourgogne ; je les ai trouvés très instructifs !

L’eau… nationale.

En France, le marché de l’eau est assez atypique par rapport à l’Europe : il est très majoritairement privé (seule l’Angleterre fait mieux). En gros, 72% du marché de l’eau est partagé entre 3 acteurs : Véolia (39%), Suez (19%) et SAUR (11%) – cf. rapport du Ministère de l’Equipement, 2008), dans la plus grande opacité… Soupçons d’entente illicite (article du Point, du Canard), opacité totale des tarifs (cf. la grande enquête menée par 60 millions de consommateurs). Petit à petit, nous avons confié notre eau, bien commun vital, à des géants privés dont l’objectif principal est de faire des profits ; chose qu’ils font très bien d’ailleurs (VeoliaSuezSaur), et on ne peut pas leur en vouloir. Nous avons choisi, collectivement à travers nos Maires et nos conseils municipaux, de confier la gestion de notre eau, notre bien commun universel, à ces entreprises. Était-ce une bonne décision ? En fait, je me rends compte que je n’ai jamais pris cette décision ; je n’avais jamais pris le temps de me pencher sur cette question (pourtant vitale), et du coup je laissais couler. Depuis 2010, Paris a repris le contrôle de son eau, en recréant une régie municipale. D’autres villes ont fait de même ; partout en France, rien que le fait d’évoquer un retour à la gestion municipale de l’eau fait baisser les tarifs de manière drastique (je vous laisse lire un article récent du Canard Enchaîné à ce sujet…). D’après ces élus, ne s’agit pas seulement de faire baisser les tarifs, mais aussi de faire les investissements nécessaires (plutôt que de distribuer des dividendes à des actionnaires), de retrouver de la transparence dans la gestion de l’eau ; en un mot de reprendre le contrôle de notre bien commun. Je ne m’étais jamais vraiment posé de questions à ce sujet, mais en creusant un peu, j’ai appris pas mal de choses. Par exemple, dans un contrat de délégation de service public (DSP) dans lequel une commune confie l’exploitation de l’eau à une entreprise privée, la commune reste propriétaire du réseau (heureusement), et paye donc tous les investissements nécessaires à l’entretien ou l’amélioration du réseau.  Pour le dire autrement, les contribuables payent pour le réseau quoiqu’il arrive. Quel serait l’intérêt des délégataires (structures en charge de l’exploitation) d’entretenir le réseau de manière pro-active, sur le moyen ou long terme, alors que quoiqu’il arrive, les réparations nécessaires seront à la charge du contribuable ? Evidemment tout cela est habilement noyé dans les épais dossiers de délégation (vous pouvez aller consulter le vôtre en Mairie, c’est très intéressant), mais fondamentalement, je ne vois pas comment ça peut fonctionner correctement. Vous pouvez écouter les 3 émissions de France Inter au sujet de l’eau ; c’est évidemment hyper engagé (et donc à prendre avec des pincettes) mais ça permet de voir l’autre face de la pièce, celle dont on n’entend que rarement parler.

Pendant cette conférence, je me rends compte aussi que l’eau est un bien commun universel. Je n’avais pas vraiment compris cette notion ; en fait, l’eau est nécessaire pour chaque individu pour boire et pour d’autres usages (arroser le jardin, laver sa voiture, etc.) ; mais l’eau est aussi nécessaire pour l’agriculture (et sans agriculture nous ne vivons pas non plus) ainsi que pour les entreprises dont certaines sont de grosses consommatrices d’eau. Les arbitrages sont loin d’être évidents, et quand la ressource se met à manquer (comme en 2003), chacun veut sa part pour fonctionner… Et chacun a légitiment le droit à sa part de notre bien commun ! Nous limitons déjà les usages en période de sécheresse ; mais ce problème de partage de l’eau soulève un grand nombre de questions à tiroirs… Du côté des particuliers, peut-on optimiser l’usage de l’eau potable ? Par exemple, y a t’il d’autres alternatives que d’utiliser de l’eau potable dans les WC (32% de la consommation d’eau potables des particuliers, selon le bouquin de Bertrand Gonthiez) ? Est-ce que la qualité d’eau « potable » est vraiment nécessaire pour se laver (30% de l’eau consommée) ? Sans parler évidemment des petits gestes déjà bien documentés (douche rapide plutôt que bain, etc.). Mais on peut aller beaucoup plus loin ; je vous laisser méditer sur les éléments suivants (citation de Daniel Zimmer, directeur du Conseil mondial de l’eau de 2001 à 2008) : « Consommer un kilogramme de blé, c’est aussi, dans les faits, consommer le millier de litres d’eau qu’il a fallu pour faire pousser cette céréale. Manger un kilogramme de bœuf, c’est aussi consommer les 13 000 litres d’eau qui ont été nécessaires pour produire cette quantité de viande. Ce volume correspond à ce que nous appelons l’eau cachée, ou virtuelle. C’est parce qu’ils ne sont pas conscients de ce phénomène que tant d’êtres humains emploient cette ressource en aussi grande quantité. (…) »

Evidemment, on peut aussi se poser la question de l’irrigation en agriculture, de l’utilisation de l’eau dans les procédés industriels ; je vous laisse creuser par exemple le sujet de l’impact sur l’eau de l’exploitation des gaz de schiste, avec le film Gasland, dont une version courte libre est disponible ici (la version complète existe en DVD) ou bien en consultant le document de synthèse de l’association Toxicologie-Chimie. Mais au final… Les agriculteurs et les entreprises ne produisent que ce qu’on leur achète ;-).

L’eau… potable ?

Il y a quelques semaines, je découvre un article sur la qualité de l’eau dans le magazine « Que Choisir » n°501 de mars 2012 (par expérience une salle d’attente d’ostéo est plus à jour qu’une salle d’attente de dentiste dans laquelle de toutes façons je ne lis pas vraiment car le bruit de la roulette et l’odeur me rappellent que je vais morfler ;-))… Là, je suis étonné de voir mon département, l’Yonne, en 2ème place d’un classement… L’Yonne a été, en 2010, le deuxième département de France le plus touché par une distribution d’eau potable non conforme. En 2010, 15% de la population du département a reçu de l’eau polluée, en majorité par des pesticides selon cette étude ; il faut sans doute se procurer le numéro du magazine pour avoir l’article complet, mais je crois que l’étude dispo en ligne est indispensable à lire. Je tombe de ma chaise (heureusement j’étais chez l’ostéo) et je me repasse le film : d’après cet article, 1 personne sur 7 dans l’Yonne a reçu de l’eau polluée par des pesticides à des taux qui rendent l’eau non potable par les normes en vigueur en 2010. Est-ce que la distribution de l’eau a été suspendue ? Est-ce que ces personnes ont été prévenues ? Ont-elles eu accès à l’information sur les dangers liés à la présence de ces poisons (un pesticide par définition a pour but de tuer des êtres vivants ; il suffit de lire l’étiquette sur les bidons pour être convaincu que c’est pas cool du tout à l’apéro) dans l’eau qu’ils buvaient (et payaient accessoirement) ?

Je viens de parler de normes d’eau potable, et je ne peux m’empêcher de faire un court aparté sur ces normes… Il se trouve que les normes sanitaires concernant les pollutions (nitrates, pesticides, etc.) évoluent avec le temps ; dernièrement, 2 petits exemples : les pesticides dans l’eau potable en Décembre 2010 (décret original disponible ici ; c’est hyper intéressant) et les nitrates dans certains produits alimentaires. En gros, quand les analyses ne sont plus bonnes de manière massive, on change les normes… Nous avons même droit à un procès de la part de la Communauté Européenne pour notre gestion de la pollution aux nitrates … Avec certainement des amendes à la clé, amendes que nous payons tous via les taxes et impôts.

Je découvre aussi pendant la conférence de Saints que les médicaments, par exemple, que nous rejetons par l’intermédiaire de nos urines, se retrouvent dans l’eau que nous buvons… Perturbateurs endocriniens, antibiotiques : on retrouve tout ça dans notre eau et ça n’est à priori pas sans conséquences ; les premiers cas de changement de sexe des poissons ont été repérés aux US en 2006 et depuis en France (cf. Global Mag de Décembre 2011 sur Arte). Le vrai problème est que toutes ces substances ne sont pas testées pour établir la potabilité de l’eau… Et pour cause : nos stations d’épuration ne peuvent pas traiter ces éléments… Boudiou (bis) ! Anne Le Straat m’éclaire un peu plus en expliquant que dans le processus de tests de potabilité de l’eau, « on ne trouve que ce que l’on cherche ». En effet, lorsqu’on fait une analyse d’eau, on va rechercher des composants, des molécules, des bactéries, mesurer la radioactivité, etc. selon une liste bien précise. Les composants ou caractéristiques qui ne sont pas dans cette liste ne seront donc pas testés, donc pas identifiés : et c’est bien normal, on ne peut pas tout tester ! Ce fait assez simple soulève une question : comment nous assurer que nous ne passons pas à côté d’un polluant majeur, simplement parce qu’il n’est pas testé ? Le problème se pose avec les nouvelles molécules de produits phytosanitaires (pesticides et autres désherbants), mais aussi évidemment avec les rejets des eaux usées, médicamenteux ou autres… Comment alors éviter une lente et profonde pollution avec une molécule non testée, qu’on ne découvrirait que quelques années plus tard ?

Pour donner une illustration des défis auxquels nous devons faire face, voici le cas de l’atrazine. Cette molécule, utilisée dans de nombreux herbicides, a été homologuée en France en 1959. Depuis 1990, les effets de cette molécule sur le milieux aquatiques, et les conséquences sur les humains sont connus et documentés (joli reportage de 1997 pour le fun) ; il faudra attendre 2001 pour une interdiction totale, qui ne sera effective que fin 2003. A ce jour, alors que cette molécule est interdite en France depuis presque 10 ans, elle fait partie des molécules testées dans les analyses d’eau, et pour cause : non seulement elle est toujours présente, en dépassant parfois les taux limite, mais c’est la molécule d’herbicide qu’on retrouve le plus en quantité

Alors comment gérer ces pollutions ? On investit. On investit même des sommes colossales pour tenter de se débarrasser des molécules polluantes que l’on a trouvées (et donc cherchées) en trop grande quantité. Voici un extrait du rapport du Ministère de l’Ecologie de Septembre 2011, sur la pollution agricole :

« – Les dépenses additionnelles des ménages générées par ces pollutions pour les ménages sont évaluées dans une fourchette comprise entre 1 000 et 1 500 millions d’euros, dont 640 à 1140 millions d’euros répercutés sur la facture d’eau, représentant entre 7 et 12% de cette facture en moyenne nationale.

– Pour les ménages des localités les plus polluées, ces dépenses supplémentaires pourraient atteindre 494 euros par ménage ou 215 euros par personne, soit un surcoût de près de 140% de la facture d’eau moyenne 2006. »

Il ne s’agit ici que de la part de pollution agricole, sans tenir compte du reste (particuliers, collectivités, entreprises). Hé bé, moi qui croyais que les impôts servaient à construire des écoles et des hôpitaux ;-)…

Dernière grande question peut-être… Peut-on complètement dépolluer l’eau potable ? On ne peut dépolluer évidemment que ce que l’on a trouvé (et donc cherché, vous l’aurez bien compris), selon des procédés plutôt bien documentés, parfois difficiles à mettre en oeuvre et souvent très coûteux. Pour certaines pollutions (médicamenteuses par exemple), nous n’en sommes qu’aux balbutiements… Mais une autre grande question qui apparaît derrière tout ça est : on connaît plutôt bien les effets d’un polluant isolé sur la santé et l’environnement, mais on ne connaît pas encore vraiment les effets du mélange de plusieurs polluants (effet cocktail)… Une eau peut être déclarée potable car chaque substance individuellement mesurée est en-dessous du seuil critique, mais dangereuse car justement il y a ce mélange de petites doses qui donne(rait) un cocktail potentiellement dangereux.  Les autorités commencent tout juste à s’y intéresser (Commission Européenne par exemple), même si des alertes ont été lancées depuis bien longtemps via des documentaires (cf. par exemple le film de Marie-Monique Robin, « Notre poison quotidien ») ou des études scientifiques. Je vais juste en citer une : c’est un rapport scientifique de la Commission Européenne édité le 22 Décembre 2009 (désolé, je ne l’ai trouvé qu’en Anglais).  C’est un rapport de 400 pages plutôt ardu ; mais la conclusion est intéressante : (désolé, la traduction peut être inexacte : vous trouverez l’original p.17 du rapport)

« La recherche scientifique a démontré de manière répétée que les effets des mélanges sont considérablement plus prononcés que les effets de chaque composant individuel, et que ce sont les mélanges, et non pas les composants individuels, que nous retrouvons dans la pollution environnementale. Ceci souligne clairement le besoin de régulations spéciales dédiées au problème des mélanges dans l’environnement. Dans ce but, des procédures d’évaluation des mélanges chimiques, qui ne sont pas disponibles aujourd’hui, seraient extrêmement utiles pour toute l’Union Européenne. »

Nous avons du boulot pour les prochaines décennies ;-).

Conclusion

Et ben si vous arrivez là, c’est que vous êtes bien courageux d’avoir pris le temps de lire tout ce texte… Bravo !

Bon, c’est bien beau toutes ces infos, mais je fais quoi avec tout ça ?

J’ai ouvert un peu les yeux, et je dois dire que ça picote… Petit à petit, je suis passé par les stades de l’incrédulité, de la colère, du découragement, et maintenant je crois que je suis plus apaisé, même si le chemin n’a pas été confortable et que ça picote encore un peu de temps en temps ;-).

Ma conclusion à moi, c’est que je participe à tout ça quoiqu’il en soit, que je le veuille ou non. Je peux donc continuer de faire comme avant (l’autruche), ou bien décider de changer ma participation à tout ça. J’ai décidé de faire ma part du Colibri, pour au moins vivre en accord avec mes valeurs, sans vraiment espérer changer quoique ce soit. Un tout petit exemple est : je choisis à qui je donne mon argent : petit agriculteur Bio local plutôt qu’une grande surface, par exemple ; ceci pour une multitude de raisons, et une d’entre elle est qu’ainsi, je ne sponsorise pas la pollution de notre eau. Je pourrais décliner mille autres actions que j’ai entrepris dans le domaine de l’eau pour me mettre en conformité avec mes valeurs, mais je crois qu’au final j’essaie seulement de faire de mon mieux… Je suis convaincu que chacun a de bonnes idées sur ce qu’il/elle veut faire et pourquoi, alors allons-y, simplement, chacun. Partageons les bonnes idées, échangeons, enrichissons nous collectivement ! Il y a une multitude de sites, de réseaux très riches et très avancés dans leurs pratiques…

La vraie valeur ajoutée de cette quête, qui peut paraître au premier abord déprimante, a été pour moi de réaliser que nous avons tout à faire, tout à construire, beaucoup à réinventer… C’est un espoir et une motivation qui me donnent des ailes !

Surtout, surtout : ne croyez rien à tout ce que j’ai pu écrire… Creusez, vérifiez, cherchez ! Faites vous votre propre opinion ; elle sera différente de la mienne, et tant mieux ! La diversité fait la richesse… Un orchestre dont tous les musiciens joueraient tous la même partition avec le même instrument serait plutôt triste… 😉

Quelques liens, pour aller plus loin : 

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