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Posts Tagged ‘lattage’

Dans la foulée de l’isolation, nous avons latté le toit, au sens propre ;-). Au premier abord, ça peut paraître enfantin de clouer des lattes sur un toit ; un peu répétitif, mais enfantin. Mais en fait, c’est plein de pièges, car une fois que les lattes sont clouées, les tuiles suivent sans aucune possibilité de changement…

Je prends des précautions pour cet article, vu que je ne suis pas couvreur (professionnel, je veux dire) : j’ai discuté avec pas mal de couvreurs, tous bons à priori, et chacun a sa manière de faire, ou presque. C’est assez rigolo de constater qu’il y a autant de variantes sur la manière de procéder que de couvreurs. La méthode que je décris ici est celle de Thomas, jeune couvreur passionné qui est passé par les Compagnons.

Avant de poser les lattes, il a fallu dérouler l’écran sous toiture, directement sur l’isolant. J’ai choisi un écran sous toiture perspirant, c’est à dire qu’il laisse passer la vapeur d’eau ; pour l’aspect technique, il a un coefficient SD de 0,05 m. C’est absolument fondamental sous peine de voir de la condensation se former sous l’écran sous toiture, ce qui aurait pour conséquence de pourrir l’isolant ainsi que les voliges de manière très rapide… Nous avons commencé avec une bande en bas du toit, qui dépasse légèrement (15 cm) pour aller dans la gouttière. Nous avons déposé un boudin de colle Orcon sur le bas du lé pour le coller avec la volige, afin que l’air ne s’infiltre pas sous l’écran lors de grands vents. Les côtés du lé seront serrés par le contre-lattage, et donc ne nécessitent pas de colle.

Une fois l’écran sous toiture posé, il faut contre-latter, c’est à dire poser des épaisseurs de bois dans le sens des chevrons (perpendiculaire aux pannes) afin de surélever les lattes et de permettre une bonne circulation d’air sous les lattes et donc sous les tuiles. Certains appellent cette partie des « contre-chevrons », ce qui peut paraître plus logique vu qu’ils sont posés dans le sens des chevrons. Bref. Dans notre cas, nous avons 2 épaisseurs de contre-lattes : 18 mm (des lattes 18 x 40 mm) et 40 mm (des demi-chevrons 40 x 60 mm posés à plat). En effet, il faut rattraper l’épaisseur des voliges sur tous les débords de toit… Cette épaisseur de contre-lattage peut paraître énorme, mais elle n’est pas excessive, notamment si on veut évacuer la chaleur accumulée sous les tuiles en été ; plus la circulation d’air est grande, moins la chaleur entrera dans la maison. Cela pourrait presque faire partie de la conception bioclimatique (utiliser le flux d’air chaud pour évacuer les calories accumulées sous les tuiles) !

Contre-lattage, pureau, départ du lattage

Une fois le contre-lattage posé pour le premier lé (nous avons procédé lé par lé, au fur et à mesure), nous avons posé le chanlatte, en extrémité basse du toit. Restait à poser la première latte, peut-être la plus importante avec la dernière. Pour savoir à quelle hauteur poser la première latte, il suffit de positionner 2 tuiles (il y a un doublis de tuiles au premier rang, nous verrons ça plus en détail dans l’article sur la pose des tuiles) en faisant en sorte que l’extrémité de la tuile du dessus dépasse de 8 cm de la verticale du chanlatte (8 cm correspond à une 1/2 gouttière standard). Il faut faire ce positionnement à chaque extrémité du toit, marquer le dessus de la latte et tracer un trait au cordex entre les 2 traits afin d’avoir un bon alignement. Nous pouvons maintenant poser la première latte ! Il faut 3 lattes de 4 m pour faire la largeur du toit ; nous avons décidé de commencer par le milieu du toit pour ne faire qu’une découpe, et de faire dépasser les 2 autres lattes aux extrémités ; il suffira ensuite de couper toutes les lattes qui dépassent à la circulaire ou à la tronçonneuse…

La latte suivante est espacée de 9 cm de la précédente, d’axe à axe. Cette distance s’appelle le pureau et dépend du type de tuile, de la région (nous sommes en zone 2 ici), de l’exposition et de la pente de toit. Tout ceci est bien documenté par le constructeur de tuiles (exemple ici). Pour aller plus vite, nous avons fabriqué des cales à placer au-dessus de la latte précédente, sur laquelle on va poser la latte suivante. Il ne reste qu’à clouer, avec des pointes zinguées. Nous avons eu la chance d’avoir accès au cloueur pneumatique de notre charpentier (merci encore !), qui nous a fait gagner un temps énorme…

De temps en temps, il faut tricher sur l’espacement des lattes pour tomber « juste » ; c’est le cas notamment pour la jonction entre les 2 épaisseurs de contre-lattage (18 et 40 mm) afin de ne pas avoir une latte dans le « trou », ou bien en arrivant au faîtage. Il suffit de s’arrêter environ 20 lattes avant la fin, de mesurer et de diviser la distance à rattraper par le nombre de lattes. 5 mm de différence de pureau ne se voient pas du bas du toit !

Enfin, pour terminer, au faîtage, il faut aussi tomber « juste », selon le schéma ci-dessous. Il faut que la faîtière recouvre l’avant-dernière tuile (celle qui supporte le doublis de faîtage) de 40 mm minimum.

Finition du lattage au faîtage

Dernière précision : nous avons collé au double-face les lés d’écran sous-toiture entre eux, en bas du recouvrement. En effet, les lés se recouvrent de 12 cm (celui du dessus dépasse de 12 cm sur celui du dessous) afin de garantir une bonne étanchéité à l’eau (la bande de recouvrement est tracée en pointillés sur notre écran sous-toiture, en usine). Vu que nous voulions aussi éviter que l’air ne s’infiltre sous l’écran lors de coups de vents, nous avons collé les lés entre eux.

A 2 reprises, nous avons recalé le lattage avec le faîtage, afin d’arriver parallèlement au faîtage. Notre toit étant neuf, il n’y avait pas beaucoup de décalage (15 mm), mais sur un toit existant ça peut être beaucoup plus. Pour ce faire, nous avons mesuré la distance avec le faîtage aux extrémités du toit, et avons tracé un trait au cordex afin d’aligner une latte. Restait à faire le rattrapage entre la dernière latte posée et le trait, en répartissant l’écart sur plusieurs lattes.

Au total le lattage du pan sud aura pris 3 demi-journées à 2 personnes, en prenant le temps de bien tout caler et de vérifier. Il n’y a rien de vraiment compliqué, mais par contre cela demande le plus grand soin car il y a plein de petites choses auxquelles on doit faire attention pour ne pas se faire piéger.

Le pan sud du toit est latté !

Je trouve qu’un toit latté pour des petites tuiles plates est magnifique ! Je suis plus tranquille maintenant que ce pan est latté ; il est maintenant complètement protégé contre la pluie…

Nous sommes presque prêts à poser les tuiles !

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