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Posts Tagged ‘peinture à l’ocre’

DSC_7049.resizedRhaaa, je rame un peu pour tenir le blog à jour… Ces dernières semaines, nous avons organisé quelques séances de peinture pour le bardage ; il s’agit toujours de la peinture à l’ocre que nous fabriquons nous-même (cf. article précédent). Nous avons profité des quelques jours sans pluie pour sortir les planches de bardage et peindre… avec l’aide précieuse de plusieurs volontaires : c’est le début de la saison des chantiers participatifs ! Et vu qu’il y a 250 planches à peindre, cette aide est précieuse !

Le bal de la peinture a été ouvert par Claude, Jean-Claude et Micheline : encore un grand merci ! L’objectif était de préparer les planches de bardage pour le pignon Ouest qui n’attend plus que ça… J’avais décidé de mettre 3 couches de peinture à l’ocre : 1 sous-couche assez liquide, une couche normale un tout petit peu diluée (selon la consistance de la peinture, qui peut varier un peu en fonction de la cuisson), et la 3ème couche pure. Nous avions remarqué lors de l’application des premières couches que parfois, des traces noires remontaient lors du séchage de la peinture : à priori, ces traces seraient dues au sulfate de fer (ce n’est qu’une hypothèse). Pour la dernière couche, nous avons donc fait une peinture spéciale sans le sulfate de fer, pour voir.

Peinture pour la deuxième couche, légèrement diluée

Peinture pour la deuxième couche, légèrement diluée

Pour ces chantiers participatifs, nous avions préparé une bonne dose de peinture : 12kg de peinture normale, et 12kg de finition sans sulfate. Depuis le début des travaux, nous avons déjà fabriqué 48kg de peinture jaune (à moins de 2€ le kg), sans compter les échantillons de tests de couleur.

En gros, avec notre organisation actuelle, qui est loin d’être idéale car (entre autres) il y a beaucoup de manipulation de planches, nous arrivons à peindre 8 planches / heure / personne. Mais en toute convivialité, ce qui fait le plus grand bien après ces dernières semaines passées en solitaire à faire des prototypes de tous les côtés.

Étalage de planches : peinture fraîche !

Étalage de planches : peinture fraîche !

Puis il y a eu deux autres séances avec Jean-Louis, Bernard et Maryvonne : encore un grand merci ! Au final, environ 40 planches ont été peintes avec 3 couches, et une vingtaine avec une couche. Du bon boulot !

Nous avons donc commencé à fixer le bardage sur le pignon Ouest, en ce jour très chaud de la semaine dernière. Je reviendrai en détail sur la pose du bardage lui-même dans un autre article. Le fait est que pendant cette journée plutôt chaude (c’était l’été, depuis l’automne est arrivé ;-)), nous avons remarqué que la peinture s’est mise à cloquer… Cata en vue…

La peinture a cloqué...

La peinture a cloqué…

Bizarrement, la couche sous les cloques a perdu son pigment d’origine, elle est plus foncée : cela donne un effet léopard assez recherché mais pas très adapté à nos goûts. Après quelques discussions avec le charpentier et l’association Terres et Couleurs (qui éditent le guide de fabrication de la peinture), ce problème n’est pas connu… Par contre, grâce à ces discussions, je me suis rendu compte que j’avais un peu abusé avec les 3 couches de peinture : le charpentier n’en met qu’une, et j’avais cru lire dans le guide de Terres et Couleurs qu’ils n’en mettent que 2. J’avais décidé d’en mettre 3 car ce pignon est situé à l’Ouest et est le plus exposé ; de plus, il sera difficile d’accès quand l’appenti sera couvert : je voulais donc éviter d’avoir à repeindre trop vite cette partie du bardage. Bref, j’ai donné dans l’excès de zèle, et il semblerait que ce soit la cause du problème. Ceci a été confirmé par Solargil (vendeur d’ocre) qui m’a fait remarquer que dans le guide, la préconisation est d’attendre 2 ans avant l’application de la couche de finition. Nous avions bien remarqué que la 3ème couche s’appliquait bizarrement… Y a t’il un effet supplémentaire lié à l’absence de sulfate dans la dernière couche ? A voir…

Atelier de peinture, vu du pignon ouest

Atelier de peinture, vu du pignon ouest

Bref, je crains qu’il ne faille recommencer la peinture… Du coup, on en profite pour tester une dernière teinte que nous avons découverte entre-temps… Affaire à suivre ! J’ai pas mal improvisé sur cette histoire de peinture, depuis le début ; je crois que je vais revenir dans les clous, appliquer la recette et les préconisations à la lettre… Une bonne leçon ;-).

Addendum du 31/05/2013 :

Nous avons testé la teinte « Ocre Icles » de chez Ocres de France ; il se révèle être encore plus moutarde que le jaune or que nous avions trouvé chez Solargil… Du coup la teinte finale sera ocre jaune or ! Dur, dur de trouver la bonne teinte.

Pour l’application de la peinture, finalement, nous avons fait la première couche à plat, planche par planche, et la deuxième couche une fois le bardage posé. Ça va beaucoup plus vite, et la deuxième couche n’est pas rayée lors de la manipulation des planches de bardage. Nous verrons si elle cloque ou pas, mais d’un point de vue pratique en tous cas, ça me paraît être la bonne technique ! Résultat pour la tenue de la peinture dans quelques semaines…

Addendum du 10/09/2013 :

C’était donc ça… Il ne faut surtout pas faire 3 couches de peinture à l’ocre de suite… La 3ème cloque immédiatement. Je crois que nous avons trouvé la bonne formule : la première couche à plat, et la seconde une fois le bardage posé. Il faudra une troisième couche si on veut profiter de la longévité de cette peinture, mais dans 2 ans… Le problème de la peinture est résolu !

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Nous avons profité d’un week-end entre amis pour faire les premiers essais de peinture pour le bardage de la maison ! En février dernier, juste avant le dépôt du permis de construire, nous nous (re-) posions la question du bardage pour les murs de la maison. Nous voulions du bardage, mais la question de l’entretien nous titillait : je ne me voyais pas (et ne me vois toujours pas) repeindre les murs de la maison tous les 3 ans. Curieux hasard, lors d’un rendez-vous chez le charpentier, je vois par terre des gamelles remplies d’une mixture bizarre ; je lui demande de quoi il s’agit, et il me dit : « c’est de la peinture : je ne mets plus que ça en extérieur depuis des années ». J’apprends donc qu’il fabrique sa propre peinture, à base d’ocre, et qu’il utilise cette peinture pour peindre les bardages et autres surfaces exposées. « La lasure est une drogue pour le bois ; il lui faut sa dose, et plutôt souvent ». « Fini les peintures chimiques qui ne tiennent pas dans le temps et qui coûtent les yeux de la tête : je ne fais plus que de la peinture à l’ocre ; avec ça, je suis tranquille pendant 10, 15 ans, voire plus ! ». Devant tant d’enthousiasme, et en confiance totale avec notre charpentier, nous disons donc « bingo » et prenons le pari de cette approche : nous déposons donc le permis de construire avec du bardage (ce fut un peu sportif, d’ailleurs, mais je crois que j’en ai déjà parlé), bien contents que le hasard ait apporté une solution à notre dernière objection…

L’ocre (jaune, ici), composant principal de notre peinture

Le week-end dernier nous avons donc fabriqué notre propre peinture, selon la recette décrite dans le petit bouquin de Félicien Carli (cf. bibliographie) que vous pouvez trouver ici, sur le site de l’association « Terres et Couleurs ». Ce petit livret est d’ailleurs magnifique… Un bon investissement pour 5 Euros ! (on le trouve aussi chez Solargil, à Moutiers). Il s’agit d’une peinture à base d’ocre, d’huile de lin, de farine et d’eau… Notre terrain regorge d’ocre (cf. articles sur le terrassement), et une des dernières carrières d’ocre active en France se trouve à quelques km d’ici… Il était donc tout naturel d’utiliser ce matériau longtemps oublié ! Je vous encourage vraiment à acheter le petit bouquin de Félicien Carli, magnifique je le répète, et qui retrace l’histoire de cette peinture à l’ocre, utilisée depuis longtemps en Scandinavie (notamment en Suède).

La tambouille ! Nous faisons cuire la peinture, selon la recette

Nous voilà donc en train de faire la popote pour fabriquer notre propre peinture naturelle ! Pesage, cuisson, touillage ; en 1 heure la peinture était prête ; il suffit ensuite de la laisser refroidir.

La peinture, prête à l’emploi, juste après la préparation !

Première application sur le bois du bardage : la couleur ne nous plaît pas ; nous avons pris l’ocre jaune d’ici, brut, et appliqué sur le bois, cela donne un jaune moutarde. Nous attendons le séchage afin que la couleur soit finale ; le lendemain c’est confirmé : il faut éclaircir la teinte. Evidemment, c’est le WE, et donc pas moyen d’aller acheter du blanc de Meudon ; nous tentons donc de mettre de la chaux. Bon, franchement, ça a été la plus mauvaise idée du week-end : la peinture a précipité presque instantanément, n’étant plus que de l’eau au dessus, et de la matière (ocre) au fond, sans lien. De plus, le sulfate de fer s’est regroupé pour faire des taches vertes un peu partout… Bref, vous pouvez noter : ne pas ajouter de chaux dans de la peinture à l’ocre, en tous cas si vous voulez faire de la peinture ;-). Nous avons quand même décidé de passer la première couche sur quelques planches de bardage, vu que tout le monde était là, un peu énervés des pattes arrières et du pinceau !

Coût de revient (pour 12 kg de peinture – 40 m²) :

  • Ocre jaune (chez Solargil) : 3,70€ HT / kg, par 25kg, soit 11 € TTC pour 12kg de peinture
  • Farine : 0,68€ TTC / kg, soit 0,44€
  • Eau : de pluie 😉
  • Sulfate de fer (en jardinerie) : 5,40€ pour 10kg, soit 0,14€
  • Huile de lin : 3,50€ / l, soit 3,50 €
  • Savon liquide : 8,10€ / l, soit 0,81€

Total : 15,89€ pour 12kg de peinture, soit un peu plus d’1,32€ / kg de peinture, sans compter le gaz 😉

Je pense qu’au final notre peinture nous coûtera un peu plus cher, vu que l’ocre ne sera plus de l’ocre couleur brute (le moins cher), mais un mélange. Nous verrons quand nous aurons trouvé la couleur qui nous va bien !

Et tout se lave à l’eau, ce qui ne gâche rien…

41 planches de bardage, avec la première couche de peinture

Un grand merci à toute l’équipe de peintres (ainsi qu’au voltigeur va-nu-pieds qui m’a donné un sacré coup de main pour le chevêtre de la cheminée) ! Nous avons pas mal arcandé (comme on dit ici) côté maîtrise d’oeuvre, mais l’objectif du WE (le premier en Puisaye pour nos amis Lyonnais) n’était pas dans le productivisme… Ce fut un excellent WE, pour nous au moins : certains sont peut-être repartis avec un rhino-bronco-pharingite rhumale, mais c’est le tarif minimal quand on vient respirer l’air pur de notre Puisaye après un trop long séjour dans une atmosphère polluée : le corps rejette brutalement toutes ces toxines accumulées pendant des semaines ! 😉

La météo annonce du beau temps pour la semaine prochaine… Peut-être va-t’on pouvoir finir de couvrir le toit ?

Pour en savoir plus : 

Addendum du 8/12/2012 : 

Après environ 3 semaines de séchage, la teinte des planches a complètement changé : l’aspect verdâtre (qui j’attribuais au sulfate de fer ?), couleur « diarrhée du nourrisson ® », a complètement disparu. La teinte est maintenant exactement conforme à la teinte originale de la terre ! C’est une excellente nouvelle ! Cela va nous faciliter les essais de couleur je pense…

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