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Posts Tagged ‘poele de masse’

vig_usbVoici un bon gros morceau : ça fait 3 ans que les travaux ont commencé, 4 ans que j’ai commencé à cogiter concrètement les détails de la maison, et bien plus encore que ces sujets tournent dans ma tête 😉 … Le chauffage au bois est acquis depuis belle lurette ; la maison a été dessinée autour du poêle à bois. Reste à choisir le type de poêle, et le mode de production d’eau chaude sanitaire. D’habitude, quand je me pose une question technique, la solution vient d’elle-même, par une lecture, une rencontre, une discussion, une prise de conscience : ça s’est passé comme ça depuis 3 ans (bien plus en fait, quand je regarde en arrière), dans la douceur, l’évidence. Mais là, ça ne sort pas. Est-ce que la question est mal posée ? Est-ce qu’il ne s’agit pas de questions techniques, mais de questions plus larges ? Je ne sais pas, mais je décide de poser tout ça dans cet article : on verra ce qu’il en sort.

Tout d’abord, voici mon idéal : poêle de masse avec bouilleur pour l’eau chaude sanitaire et 2 petits radiateurs (1 dans la salle de bains et un dans le sas d’entrée). Voila pour l’hiver. L’été, eau chaude sanitaire solaire. Et en inter-saison, par temps couvert et quand le poêle n’est pas allumé, une résistance électrique d’appoint dans le ballon d’eau chaude. Puisque nous sommes dans l’idéal, idéalement, j’aimerais aussi pouvoir faire chauffer de l’eau ou cuire quelque chose sur le poêle. Ça, c’est fait.

Commençons peut-être par l’eau chaude sanitaire. Difficile d’avoir une idée précise de la consommation électrique d’un chauffe-eau à l’année : Enertech n’a pas encore finalisé son rapport ;-). A priori, un chauffe-eau électrique va consommer en gros 2650KWh/an (source : ADEME) ; ce chiffre est à peu près confirmé par les forums, où certains ont même mesuré directement la consommation électrique réelle de leur chauffe-eau. Évidemment, ça dépend de l’utilisation de l’eau chaude (bain vs douche, nombre de personnes, réglages du chauffe-eau, etc.), mais ça fait une base. A 0,1641€ TTC le KWh, ça fait 435 Euros à l’année (381€ en heures pleines EDF, 317€ en heures creuses, tarif officiel minoré, cf. article). Ce calcul mérite vraiment d’être affiné, vu que peu de données sont disponibles ; ça peut donner une base de réflexion, avec toutes les réserves nécessaires. Outre l’aspect financier, il y a évidemment (et en premier lieu ?) l’aspect énergétique pur : chauffer avec de l’électricité est pour moi un non-sens énergétique (cf. article).

Ballon solaire 200L, double circuit (source : Solaire Diffusion)

Ballon solaire 200L, double circuit (source : Solaire Diffusion)

Première option : le chauffe-eau solaire. La bible absolue dans le domaine est l’association Apper solaire : pour avoir fait un stage avec eux au Gabion, c’est du très sérieux, pragmatique, avec un grand retour d’expérience. Ils bossent avec Solaire Diffusion pour le matériel ; pour les avoir eu au tel cette semaine encore, ça a l’air aussi solide. Voilà pour la partie pub 😉 . Concrètement, dans nos contrées, on peut espérer une couverture de 60% de l’eau chaude sanitaire par le soleil (des simulations détaillées sont disponibles sur le site d’Apper) avec un système de base qui évitera la plupart des problèmes de mise au point et de surchauffe. Pour un kit du genre, il y en a en gros pour 1800€ TTC, hors installation & hors tuyaux solaires, avec un ballon de 300L. Pour rester un instant dans le chapitre financier, sachant qu’un ballon électrique équivalent coûte entre 400€ (truc de base, qui sort de l’eau à 75°C même avec le thermostat au mini, et qui du coup consomme 2 fois plus) et 650€ (de marque), le solaire a un surcoût de 1400€ qui sera amorti sur 6 ans en comptant l’électricité consommée par le circulateur ;-). Il y a des schémas hydrauliques disponibles chez Apper, et un schéma un peu plus détaillé chez Solaire Diffusion. Dans notre cas, j’avais prévu les tuyaux pour raccorder les panneaux : ils passent sous la maison, pour aller dans un regard devant la maison, plein sud. Le seul hic est que je viens de découvrir que ces tuyaux ne sont pas compatibles avec le solaire, qui demande au matériel de supporter une température élevée (>150°C) ; je me suis complètement planté en achetant les tuyaux, il y a 3 ans. Bref, il faut faire avec, et une des solutions est de mettre un échangeur à plaques dehors, pour ramener les calories via le circuit déjà en place. C’est pas beaucoup plus cher, mais ça fait beaucoup de boulot en plus, vu qu’il faut que je fasse un regard hors humidité et hors gel dehors. Le bon côté des choses est que je limiterai l’usage de glycol dans mon circuit, vu qu’il n’y en aura besoin que dans le circuit primaire des panneaux.

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Schéma de principe pour un chauffe-eau solaire (source : Solaire Diffusion)

Tout ça, ça marche, et il y a un retour d’expérience suffisant, même si au premier abord ça fait un peu peur. Du côté des inconvénients, il y a la gestion des surchauffes : si le système est bien dimensionné, ça ne devrait pas arriver, mais vu que l’imprévisible est toujours présent, c’est à prendre en compte. Pour ma part, si je pars sur cette solution, les panneaux seront au sol, et il sera toujours possible de mettre des cannisses sur les panneaux aux heures chaudes de la journée par temps de canicule. En cas d’absence, eh ben pas besoin d’eau chaude : les panneaux seront couverts. Toujours du côté des inconvénients, il y a aussi la complexité : si un truc part en sucette, il faut pouvoir dépanner, ou au pire faire une manipulation pour corriger. Le système doit être le plus simple possible… Pour citer Pierre Amet d’Apper : « Un bon système solaire est un système que n’importe qui peut gérer ».

Et l’hiver, alors ? OK, si on couvre 60% des besoins avec le solaire, il en reste 40% (175€/an). C’est là que le poêle bouilleur intervient, et que j’ouvre un nouveau chapitre. Vu que nous allons chauffer au bois, et que la maison est censée est hyper isolée, nous pouvons utiliser une partie des calories du poêle pour chauffer notre eau. Le principe est simple : un serpentin rempli d’eau circule dans le poêle, et fait chauffer l’eau du chauffe-eau. D’un point de vue technique, le ballon est déjà là : il suffit de prendre un ballon double circuit (c’est celui qui apparait dans le schéma ci-dessus) : le circuit bas pour le solaire, et le circuit haut pour le poêle. Surcoût pour cette partie : zéro. Il reste à mettre une trivanne thermovar pour protéger le bouilleur contre la condensation, une soupape et un vase d’expansion, un circulateur et une petite régul, et le tour est joué. En fait, en prenant une régul solaire un peu plus grosse, il n’y aura besoin que d’une seul régul pour les 2 sytèmes. Pour cette approche, j’aime bien le blog de la famille créative, et les schémas et explications du site Bouilleurs de France. Côté matériel, pour tout ce qui n’existe pas chez Solaire-Diffusion, je m’oriente plutôt vers Eneove (ils ont tout !!) ou Solaire-bois (plus cher à priori). Et enfin pour le poêle, j’ai regardé de près ce que ce site propose ; ils distribuent une marque fabriquée en Allemagne, que l’on trouve en France mais 40% plus chère…

Je me pose la question du dimensionnement de tout le système : et si le bouilleur donnait trop de calories ? Une fois le ballon d’eau chaude à 80°C (il faut prévoir un mitigeur thermostatique en sortie pour éviter les brûlures), il faudra passer les calories dans autre chose : d’où l’idée des 2 radiateurs d’appoint dans la salle de bains (jamais trop chauffée) et le sas d’entrée (un peu coupé de la maison). Faire passer de l’eau à 80°C dans les radiateurs n’est pas forcément une bonne idée : il faudra donc aussi une trivanne thermostatique, qui se déclenchera uniquement quand le ballon sera chaud (priorité à l’eau chaude). Autre possibilité, déjà prévue dans la maison : alimenter le lave-linge et le lave-vaisselle en eau chaude directement. Ça permet de virer encore 2 résistances électriques de plus dans la maison. Et maintenant, si le bouilleur ne donnait pas assez de calories ? En fait, le problème viendrait plus d’un poêle surdimensionné qui donnerait trop de chaleur dans la maison, et que du coup nous n’allumerions que peu souvent. L’idée est d’éviter de faire des flambées dans le poêle pour chauffer le ballon d’eau chaude alors qu’il fait déjà 22°C dans la maison… Eh bien dans ce cas, pour l’eau chaude, la résistance d’appoint prendra le relai. Et pour le chauffage de la maison, un poêle surdimensionné serait bien embêtant : pas question de le faire tourner au ralenti, vu que c’est là que la combustion est mauvaise et que ça pollue sauvagement, tout en encrassant tout le système. Faire des flambées plus espacées ? Si le poêle est surdimensionné, ça voudra dire qu’il y aura de fortes variations de température dans la maison, selon qu’on fait une flambée ou pas. Pas super confortable.

C’est là qu’intervient le poêle de masse : je ne reviens pas sur les bases du système, vu qu’il y a déjà un article à ce sujet. Un des (nombreux) avantages du poêle de masse, c’est qu’il va diffuser lentement les calories après la flambée rigoureuse. Il n’y aura pas (ou moins, en tous cas) d’effet sinusoïde sur la température de la maison : elle sera lissée, beaucoup plus stable, et du coup l’ensemble sera plus confortable. Donc là, si je n’ai pas perdu la moitié des lecteurs dans les méandres de mon cerveau tout embrouillé par ces questions, la grosse question arrive : eh ben, mon gars, pourquoi tu ne mettrais pas un bouilleur dans le poêle de masse ? Sauf que le poêle de masse que je vise n’est pas du tout prévu pour ça. Il existe des poêles de masse avec bouilleur, souvent construits sur mesure, mais c’est carrément hors budget pour nous (> 10 000 Euros). Et en général ce sont des mastodontes dont nous n’avons pas besoin dans cette maison. Vu qu’un collègue internaute m’a récemment sollicité pour ajouter un bouilleur dans un Alsamasse, je me dis que ça mérite d’être creusé. J’appelle donc le constructeur avec toutes mes questions techniques. Marie me renvoie vite vers son père, qui a créé l’Alsamasse. Au début, Vincent n’était pas chaud du tout (« un poêle de masse, c’est pas fait pour accueillir un bouilleur », en gros), mais après quelques minutes (je voulais comprendre pourquoi), tout a changé. Quand j’ai expliqué que l’Alsamasse, même dans sa version de base, serait certainement surdimensionné pour notre maison, et que du coup je voulais récupérer des calories pour chauffer l’eau chaude, tout s’est ouvert. Techniquement, d’après lui, il faut que le bouilleur soit dans la partie haute du foyer : il est hors de question que le bouilleur soit dans le circuit de fumées (sous le foyer par exemple, qui était mon idée initiale) car cela refroidirait trop violemment les fumées et créerait un déséquilibre dans le poêle. Il m’a donné aussi une super idée : mettre un bouilleur amovible dans un réceptacle métallique. Cela permet à la fois de protéger le bouilleur des flammes directes, et aussi de pouvoir changer le bouilleur en cas de problème, sans avoir à démonter le poêle. J’adore. La conversation a bien duré, et nous avons pu échanger sur plein de points, tous plus intéressants les uns que les autres… Super rencontre téléphonique. En conclusion : si je fais un proto, ils m’aideront. Après avoir un peu planché sur le truc, il se trouve que le bouilleur sera haut dans le poêle (contrairement à ce que j’avais pensé initialement), et que ça tombe derrière le chauffe-eau, de l’autre côté de la cloison. Donc pas question d’avoir accès au bouilleur sans démonter le chauffe-eau. Il y a certainement d’autres solutions, ça ne me paraît pas insurmontable comme obstacle. Par contre, dans le délai imparti, c’est mission impossible.

Poêle de masse ou pas Poêle de masse ?

Poêle de masse ou pas poêle de masse ? (photo tirée de http://www.poele-de-masse.pro/)

Me voilà donc avec toutes ces réflexions qui me farcissent la tête, et l’échéance de l’emménagement qui approche… Il reste tant à faire ! Et là, je me dis qu’il y a un facteur important à faire entrer en compte pour le choix à court terme : moi. Je ne me vois pas du tout ni installer un chauffage solaire cet été, ni installer un poêle bouilleur, ni à fortiori adapter le poêle de masse pour qu’il accueille un bouilleur. Et là, en écrivant ces mots, je mesure l’ampleur de la révolution intérieure : je prends la décision d’aiguiser ma propre hache, en référence à l’histoire du bûcheron… Whao.

Qu’est-ce qu’il en sortira à court terme ? Je ne sais pas encore exactement, mais ça se précise… En tous cas, j’ai tout posé dans cet article, et je pourrai revenir dessus quand je serai prêt. D’ici là, si vous avez des idées de génie, ou simplement un retour d’expérience, je suis preneur ;-).

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P1020544.resizedLes premières gelées sont arrivées cette semaine ; nous étions prêts à les accueillir ! Nous avons installé le vieux poêle dans la maison il y a 2 semaines déjà… C’est aussi une grande étape que d’avoir le chauffage dans la maison ! Et surtout, cela nous permet de voir pour la première fois de voir comment la maison se comporte thermiquement.

L’installation du poêle est un peu « roots », temporaire. Idéalement, le conduit de cheminée devrait être raccordé par le dessus, histoire de rapprocher le poêle du mur de masse ; mais le grand âge du poêle nous empêche de modifier ce raccordement (les vis sont quasiment soudées). L’important pour nous, outre le fait de travailler au chaud, est de tester la maison thermiquement. Nous n’avons pas encore pris de décision concernant le moyen de chauffage : poêle de masse ? Poêle avec bouilleur ? Cuisinière à bois ? Même si la maison a été conçue pour accueillir un poêle de masse (cf. article), il reste encore beaucoup de compromis à faire. Les avantages du poêle de masse en terme d’efficacité thermique, de rendement, de confort de chauffe & d’utilisation sont indiscutables. Il permettra aussi de réguler la chaleur qui monte à l’étage : nous craignons qu’avec un poêle classique il fasse vite 30°C en haut… Un dossier dans le dernier numéro de la Maison Écologique (lien ici) traite du chauffage bois ; très intéressant mais ça ne répond pas à toutes nos questions… Idéalement, nous voudrions un bouilleur dans le poêle, histoire de pré-chauffer le ballon d’eau chaude et pourquoi pas à terme le chauffage au sol dans 2 ou 3 pièces éloignées du poêle. Nous voudrions aussi pouvoir faire chauffer de l’eau, voire cuisiner sur le poêle… Tout ceci n’est pas réellement compatible avec un poêle de masse, en tous cas à priori pas avec notre choix de poêle de masse : à vérifier, je dois appeler le constructeur depuis… 1 an et demi ? 😉 Bref, l’idée de mettre la maison en chauffe était aussi de voir concrètement comment la maison allait réagir : va-t’il vraiment faire trop chaud à l’étage ? Suffisamment chaud dans la salle de bains ? Eh ben pour l’instant je n’en sais rien. Nous chauffons entre 2 et 4h par jour, et vu que nous continuons le Fermacell, il y a un grand courant d’air entre la baie vitrée et la porte d’entrée pour évacuer la poussière… Difficile de voir comment la maison se comporte réellement… La patience me donnera sans doute la réponse ;-).

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La pose du Fermacell à l’étage est terminée ! Toutes les cloisons sont là, fermées. Il reste bien entendu toutes les finitions, mais le gros est fait. Toutes les prises (y compris les prises réseau), les interrupteurs, les appliques et les plafonniers sont posés, et raccordés au tableau. En gros, l’électricité est terminée à l’étage ! Ça a vraiment quelque chose de magique, l’électricité. Je suis toujours fasciné de constater qu’en appuyant sur un bouton la lumière arrive… J’appréhendais un peu le raccordement au tableau, mais en fait, ça s’est super bien passé. Je n’ai pas de photo du tableau à partager… Dommage, j’en suis plutôt fier !

Toutes les prises sont raccordées à l'étage

Toutes les prises sont raccordées à l’étage

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… ainsi que les appliques et les interrupteurs

J’ai fait 2 ou 3 modifs sur les plans électriques et sur le tableau, principalement autour de la VMC, qui en fait n’existera pas. Impossible de trouver une petite VMC adaptée (2 entrées seulement, avec évacuation des condensats) pour un prix raisonnable ; il y aura donc 2 extracteurs indépendants, et pas de VMC.

La semaine dernière, j’ai eu un appel d’ErDF pour le renouvellement du compteur provisoire : la personne me dit que le contrat avait expiré en Septembre (oups…) , et qu’il était temps de le prolonger… Après 2 ou 3 questions, il nous prolonge le compteur provisoire jusqu’à Mai 2015, et me donne de précieux conseils pour la mise en service définitive, notamment si nous choisissons un fournisseur d’énergie qui n’est pas EDF, ce qui sera (évidemment) notre cas. Je dois dire qu’avec ErDF tout s’est toujours super bien passé ; un vrai plaisir ! Bravo, et merci.

Le coin cuisine

Le coin cuisine

Nous avons bien entamé l’électricité et le Fermacell au rez-de-chaussée… Le doublage des  murs extérieurs est quasiment terminé ; il ne reste que le coin cuisine, pour lequel nous avons dû temporiser un peu, histoire d’être sûr de mettre les prises aux bons endroits. Encore 3 ou 4 cloisons en bas et nous en aurons fini avec le Fermacell ! Ça va certainement prendre un peu plus de temps, vu que quelques cloisons vont recevoir des placards… Il nous faut les portes afin de faire les découpes et poser les montants aux bons endroits ! Nous plongeons du coup sans transition dans les finitions et la déco… Ça fait un peu bizarre ! Bah oui, nous allons y habiter un jour, dans cette maison ! Et ce jour se rapproche…

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Je « profite » de ce mois de novembre en plein mois de Juin pour aborder concrètement la question du mode de chauffage pour la maison. Il était clair pour moi dès le début que le mode de chauffage de la maison serait le bois. En tant que bûcheron Bourguignon depuis des années, je ne pouvais pas choisir une autre énergie 😉 ! Je me souviens de la petite tronçonneuse Fisher-Price en plastique que m’avaient offerte mes collègues de boulot… C’était déjà un tout petit peu de décalage avec le monde des cadres internationaux de la Défense, mais c’était déjà là ;-).

Est-ce que je me risque à dire 2 mots sur l’énergie ? Allez ; il pleut aujourd’hui encore, donc je prends un tout petit peu de temps ; il s’agit d’un vaste sujet sur lequel je reviendrai sans doute plus en détail, mais voici quelques fruits de mes recherches et découvertes qui m’ont amené à envisager le choix du poêle de masse.

D’après la plaquette du plan climat-énergie du pays de Puisaye-Forterre, 80% de la consommation d’énergie de nos logements est liée au chauffage. D’un point de vue plus global, en France, 43%  de l’énergie consommée l’est dans le secteur résidentiel et tertiaire d’après le rapport du Commissariat Général au Développement Durable. Nous avons donc avec le chauffage résidentiel un énorme levier sur la consommation d’énergie. Cela passe évidemment par une isolation performante, mais ce n’est pas le sujet de l’article.

Quel mode de chauffage pour la maison ? Un mode de chauffage performant, renouvelable, qui limite l’émission de gaz à effet de serre (GES), le moins polluant possible et économique. Le bois rassemble toutes ces qualités, à conditions d’être bien utilisé. Toujours d’après la plaquette du plan climat-énergie du pays de Puisaye-Forterre, le bois émet 60 fois moins de GES que le fuel ; jusque là, pas de surprise. Mais il émet aussi 40 fois moins de GES que l’électricité, et là, je vois vos visages déconfits… Il m’a fallu plusieurs mois pour creuser et comprendre ce que je considérais comme une grossière erreur… Mais je crois que ce sujet seul méritera un chapitre dédié. Le bois a aussi l’avantage d’être un puits de CO2, ce qui veut dire que le CO2 relâché lors de la combustion est le CO2 emmagasiné lors de la vie de l’arbre (photosynthèse) ; son bilan CO2 est donc plutôt bon, et surtout bien meilleur que les autres énergies (hors éolien ou solaire évidemment). Enfin, la ressource bois est abondamment disponible dans notre région… Ma coupe de bois de cet hiver était à moins de 2km de la maison…

Bref, le bois est tout indiqué pour chauffer la maison, pour de nombreuses raisons. Reste à savoir comment l’utiliser. Une cheminée à foyer ouvert a un rendement d’environ 10% ; avec un insert hyper moderne on peut monter à 70%. Un poêle à bois moderne peut lui aussi avoir un rendement proche de 70%. Les chaudières bois modernes les plus performantes peuvent quant à elles avoir un rendement dépassant les 80%. Tout ceci dans l’ordre croissant des coûts d’installation, d’entretien, de la complexité de mise en oeuvre, de la dépendance à l’énergie électrique (sans électricité, la chaudière ne fonctionne pas), et de l’énergie consommée pour fabriquer et transporter le mode de chauffage. Il existe de nombreux chiffres sur ces performances ; ils sont tous différents selon les sources, mais en moyenne les chiffres ci-dessus sont cohérents.

Schémas de principe d’un poêle de masse ; source : http://www.poele-de-masse.pro

Le poêle de masse (appelé aussi poêle à inertie; il a plein d’autres noms) est une révolution… qui date des Romains. Son rendement dépasse souvent les 90%. Le principe est simple : alors qu’un poêle classique laisse partir une grande partie de l’énergie dans les fumées, le poêle de masse récupère la chaleur des fumées en les stockant dans de la masse (briques réfractaires, ciment réfractaire, pierres, etc.), et permet ainsi de restituer cette chaleur doucement. Alors qu’un poêle classique tourne souvent au ralenti, générant ainsi une combustion incomplète et donc polluante (en plus de libération de gaz, il y a formation de suie, voire de bistre, et beaucoup de cendres), la combustion dans un poêle de masse est vive et rapide (1 ou 2 heures, à plein régime), et donc plus complète, beaucoup moins polluante et génère beaucoup moins de déchets (suie, bistre et cendres). De plus, il a l’avantage de lisser la température : au lieu d’avoir une oscillation entre chaud et froid au rythme du chargement du foyer, le poêle de masse permet de libérer doucement en plusieurs heures (voire en dizaines d’heures selon la masse) l’énergie de combustion. Concrètement, l’idée est de faire peu de flambées (1 ou 2 par jours) pour avoir une température quasiment constante dans la maison et autour du poêle ; combiné avec notre isolation et notre conception bioclimatique, nous ne devrions pas brûler plus de 5 stères par an… Le poêle de masse, en position centrale dans la maison, sera donc notre unique mode de chauffage ! Nous verrons à l’usage…

Voilà pour une courte introduction sur les principes et les raisons de ce choix. Mais concrètement, comment ça se passe ? J’ai décidé d’aller voir de plus près en allant aider des amis à monter leur propre poêle de masse, profitant de l’arrêt du chantier. Il s’agit d’un poêle de masse en kit, de type Alsamasse, à flamme inversée. Le modèle choisi comporte le maximum d’éléments, sans toutefois le chauffe-plats. La masse est d’environ 1,3T pour un prix d’environ 4000 euros non monté ; son rendement certifié est de 93%.

La base du poêle ; le début du foyer

Zoom sur le foyer

Le montage du poêle est plutôt agréable ! Tous les collages se font avec un mélange d’argile et de chamotte… La doc est un peu roots mais finalement suffisamment efficace.

Le foyer rétro-éclairé

J’ai mieux compris le principe de la flamme inversée et de la post-combustion : en fait les fumées sont mélangées à de l’air frais pour être re-brûlées dans le foyer ; le circuit de fumées commence donc par passer en-dessous du foyer, avant de circuler dans un labyrinthe entouré de blocs de ciment réfractaire. Nous mettons une bonne journée à 3 pour monter le poêle, hors enduits. Pas de difficulté particulière ; tout glisse !

Le poêle presque terminé, avant le dernier étage

Dans notre cas, j’aimerais intégrer un circuit bouilleur afin de chauffer l’eau sanitaire l’hiver ou en inter-saison lorsque le soleil se fait rare ; ça va être un peu sportif, mais je vois mieux comment le faire !

Pas de regrets ; en conséquence je reste sur l’idée du poêle de masse. Cette confirmation tombe à pic juste avant les fondations. Il faut en effet faire des fondations spéciales pour accueillir toute cette charge, surtout sur un plancher bois…

Avant de conclure, je ne peux résister à l’envie de partager une version roots du poêle de masse : le rocket stove. Un poêle de masse pour 50 dollars, tout en auto-construction ! Révolutionnaire et bien loin de l’omniprésence électrico-nucléaire française ou du lobbying pétrolier… Très rafraîchissant ! Je garde ce concept bien au chaud pour la grange, voire même une serre…

Quelle belle aventure, en plus du break bienvenu au milieu de ces intempéries ! J’ai beaucoup appris, et je me sens plus en confiance pour ce poêle… En dehors bien sûr du plaisir d’avoir passé de bons moments avec Bob, Rapha et toute la famille ! Encore un grand merci pour votre accueil et pour cette expérience !

Pour aller plus loin :

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