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Posts Tagged ‘pose de menuiseries’

DSCN0162.resizedTout a été si vite pour la pose des fenêtres… Je n’ai même pas pris le temps d’écrire à ce sujet. Pourtant, le sujet des fenêtres et de leur mode de pose a été pour moi le sujet le plus stressant lors de la phase de conception de la maison ; « bizarrement » j’oserais dire, avec un peu de recul. Quel type de pose de fenêtres choisir ? Comment aménager l’ossature secondaire pour accueillir les fenêtres ? Quelle solution choisir pour les appuis de fenêtre, afin que ce soit simple à faire, joli et surtout étanche ?

Il existe une multitude de types de pose de fenêtres : en applique, en feuillure, en tunnel, etc. En général, en restauration on n’a pas trop le choix : les contraintes de l’existant imposent souvent le type de pose. Mais dans le neuf, avec une maîtrise totale de la conception, la question est vite arrivée sur la table. D’un point de vue efficacité thermique, je voulais que la fenêtre soit positionnée dans l’épaisseur du mur, au milieu : cela permet de conserver la plus grande épaisseur d’isolant face au froid (dans notre cas, l’isolant est dans l’épaisseur du mur). Restait la question mécanique, pour la fixation et l’étanchéité. J’ai choisi la feuillure (cf. schéma ci-dessous) car je pensais à l’époque que cela allait donner la meilleure étanchéité et le meilleur maintien mécanique. Avec le recul, je ne suis pas sûr que cela change grand chose avec la pose en tunnel… Si c’était à refaire, je crois que je choisirais la pose en tunnel, c’est beaucoup plus simple pour l’ossature secondaire.

Types de pose de fenêtres - 1

L’ossature secondaire a donc été posée de manière à faire un décalage de 2cm entre l’ossature extérieure et l’ossature intérieure, au niveau des ouvertures, sauf pour la baie vitrée qui est posée en tunnel.

Décalage de l'ossature secondaire au niveau des ouvertures

Décalage de l’ossature secondaire au niveau des ouvertures

Ensuite, restait la question de l’appui de fenêtre… Nous ne voulions pas d’appuis en béton, un peu lourds esthétiquement pour une maison bois bardée… Nous aurions pu faire un appui mince en béton, mais vu qu’il aurait été posé sur une structure bois, ça aurait fissuré à un moment ou à un autre… Je reste convaincu que ciment et bois ne font pas bon ménage dès qu’il y a des questions d’étanchéité en jeu, même si cela n’est qu’intuitif. La solution est venue en regardant de près la maison en bois d’un ami. Les appuis étaient en tôle inox, avec des cornières sur les côtés pour faire l’étanchéité. En deux coups de cuiller à pot, les tôles étaient pliées (merci Olive !) ; la pose fut un peu plus fastidieuse, car il fallait intégrer les équerres dans les coins de bardage…

Ossature avant la pose des appuis de fenêtres ; on aperçoit l'épaisseur du bardage (en bas) ainsi que le coin de bardage (sur le côté)

Ossature avant la pose des appuis de fenêtres ; on aperçoit l’épaisseur du bardage (en bas) ainsi que le coin de bardage (sur le côté)

Pose de l'équerre sur laquelle va reposer l'appui de fenêtre

Pose de l’équerre sur laquelle va reposer l’appui de fenêtre

Pose de la tôle inox

Pose de la tôle inox

Pour la pose des fenêtres, le menuisier préférait s’appuyer sur des rejingots (le rejingot permet de surélever la fenêtre par rapport à l’appui) : nous avons donc récupéré un bout de chêne chez notre charpentier et avons usiné les rejingots avec Bernard (merci encore !). Les rejingots ont été vissés et collés à cheval sur les appuis de fenêtre, l’autre moitié étant directement en contact avec l’ossature.

Pose du rejingot

Pose du rejingot

La pose des menuiseries a été intéressante : je découvrais cette opération ! D’abord, les menuisiers positionnent le dormant (la partie fixe de la fenêtre) pour vérifier que les cotes sont bonnes et que le dormant peut être posé d’aplomb (parfaitement vertical). Ensuite, ils posent le « compribande » (sorte de ruban de mousse qui s’expanse quelques heures après la pose) étanche à l’eau et à l’air autour du dormant. Ensuite, ils positionnent le dormant de manière définitive avec des cales, en réglant l’aplomb. Ils montent le ou les ouvrants, pour vérifier que le couple ouvrant(s)-dormant fonctionne bien mécaniquement, et les déposent. Les dormants sont vissés sur l’ossature avec des vis spéciales (vis de montage à distance) qui permettent de fixer sans serrer, afin de ne pas déformer les dormants. Reste à mettre le silicone à l’intérieur et l’extérieur, à enlever les cales de jeu entre dormants et ouvrants, et c’est fini !

Zoom sur la pose (coupe horizontale)

Zoom sur la pose (coupe horizontale)

Fini, ou presque : il nous restait (et nous reste encore un peu à l’heure où j’écris) à poser les dernières lames de bardage pour habiller les tableaux des fenêtres, après avoir découpé et collé l’écran sous-toiture (perspirant) sur les dormants. Ce film fera office de pare-pluie entre l’ossature et la lame de bardage afin d’éviter que de la moisissure ne se développe sur l’ossature : étant donné qu’il n’y a pas de lame d’air pour aérer le bardage à cet endroit, il fallait éviter que le bardage se trouve bois contre bois, ce qui aurait été favorable au développement de moisissures ; à priori, l’humidité devrait migrer vers le bardage, grâce à ce film perspirant. La découpe des planches de bardage a été un peu délicate (pour respecter le profil de la fenêtre et les cotes du tableau pas parfaitement rectangulaire), mais c’est maintenant chose faite pour la plupart des ouvertures.

Découpe et collage de l'écran sous-toiture

Découpe et collage de l’écran sous-toiture

Avec la pose de la lame de bardage, le tableau de fenêtre est terminé ! Il en reste qu'à enlever le film protecteur de la tôle inox...

Avec la pose de la lame de bardage, le tableau de fenêtre est terminé ! Il ne reste qu’à enlever le film protecteur de la tôle inox…

Nous profitons maintenant du mauvais temps pour continuer le plancher du rez-de-chaussée… Dès qu’il y aura un rayon de soleil, nous terminerons les tableaux des fenêtres !

Quelle étape, la pose des menuiseries ! Je suis bien content d’avoir passé du temps sur la conception, notamment pour les appuis de fenêtres et toutes les jonctions (bardage-rejingot-menuiseries). Le style est toujours un peu roots, mais techniquement ça a marché, et ça devrait tenir dans le temps. Ma seule interrogation dans ce domaine concerne la durée de vie du bardage sur les tableaux : sans lame d’air, combien de temps va tenir le bois ? Si je devais le refaire, je crois qu’en plus de la pose en tunnel (j’ai encore un doute), je tartinerais toute la surface de l’appui de fenêtre de colle afin qu’il n’y ait plus un cm² de vide entre l’ossature et l’appui. Dernier point en suspens : la peinture des menuiseries : nous avions donné de la peinture à l’ocre (rouge) aux menuisiers qui ont passé une pré-couche avant le montage des menuiseries ; mais en faisant des essais de seconde couche juste après la pose, il se trouve que la peinture ne tient pas : elle glisse comme de l’eau sur de l’huile. Bizarre, je n’avais pas eu ça lors des tests (sur du sapin brut, il est vrai, alors qu’ici c’est du chêne)… Il se peut aussi que ça soit lié au fait que les bois ont été rabotés, ou bien qu’il y ait eu de la poussière entre temps (je n’ai pas pris soin de nettoyer avant de faire l’essai), ou bien même des résidus de savon, car les menuisiers emploient une potion magique pour éviter que le silicone ne bave sur le bois lors du lissage : de l’eau savonneuse… Nous allons laisser tout cela se patiner pendant l’hiver, et nous referons des tests au printemps !

Ça y est, toutes les étapes des ouvertures sont maintenant démystifiées pour moi… J’aurais pu m’enlever un peu de stress en allant voir un ou deux chantiers de pose, mais je n’ai pas pris ce temps… Encore une leçon. Prochaine étape : terminer le plancher du rez-de-chaussée !

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