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Posts Tagged ‘pose de tuiles’

Nous y voilà… En cette toute fin du mois d’Octobre, nous posons les tuiles sur le pan sud du toit ! A cette occasion nous avions inauguré la première journée participative sur le chantier : au total nous étions 6 sur le chantier, plus Sophie au ravitaillement, partie fondamentale d’une journée de travail conviviale ! Merci à Sam, Romu, Hugues, Fred, Mister K. ainsi qu’à Thomas qui nous a rejoints dans l’après-midi !

Côté logistique, nous avons eu la chance d’avoir le tracteur avec le lève-palette de Hugues… Merci encore ! J’avais un peu peur que le lève-palette n’arrive pas assez haut, mais finalement ce fut parfait ! Nous avions laissé l’échafaudage sur la façade sud pour des raisons de sécurité ; merci encore à notre charpentier pour le prêt de cet échafaudage !

La matin, tout était prêt pour accueillir les tuiles, ou presque. La veille, j’avais fixé les crochets de gouttière, non sans m’être un peu gratté la tête… Là aussi, il existe plusieurs écoles. Ceux qui mettent les crochets sous le chanlatte, ceux qui les mettent dessus, ceux qui les mettent contre les chevrons, etc. En fait cela dépend beaucoup du choix esthétique du bas du toit ; certains préfèrent couper les chevrons à la verticale, au lieu de les laisser perpendiculaires ; ils ajoutent ensuite une planche sur toute la largeur du toit, contre le bout des chevrons, pour ensuite accueillir les gouttières. Nous avons choisi de laisser les extrémités des chevrons coupés à la perpendiculaire, et de fixer les crochets de gouttière sur le chanlatte. L’inconvénient de cette technique est que l’écran sous toiture sera coupé au niveau des crochets de gouttière pour tomber dans la gouttière ; ceci n’est pas le cas lorsque les crochets de gouttière sont fixés sur les chevrons via des hampes droites. Mais pour notre part c’est un choix esthétique : je trouve ça plus léger d’avoir le bord du toit comme ça.

Pour tuiler, rien de très compliqué ; il suffit de bien commencer, et de contrôler régulièrement que l’on n’a pas pris de décalage. Il y a 2 ou 3 choses importantes, tout de même : le premier rang de tuiles, en bas du toit, doit comporter un « doublis », c’est à dire qu’on empile 2 tuiles l’une sur l’autre, croisées. L’idée de ce doublage du premier rang de tuile est d’assurer l’étanchéité au niveau du chanlatte : en effet, tout le principe d’étanchéité des petites tuiles plates repose sur le recouvrement des tuiles : il faut qu’à tout endroit de la toiture, il y ait au moins 2 couches de tuiles (il y en a 3 au niveau des lattes, voire 3 quasiment partout avec un pureau de 9 cm). Cela permet de récupérer l’eau qui passe à la jonction entre 2 tuiles. Le seul moyen d’avoir 2 couches pour le dernier rang (en haut ou en bas, d’ailleurs) est de doubler ce rang. Un schéma vaut peut-être mieux que des mots :

Principe du recouvrement des tuiles plates et doublis

La bonne nouvelle avec les tuiles que nous avons choisies, c’est que les trous d’emboutissage des crochets de tuiles permettent d’empiler des rangs de tuiles croisées, les unes sur les autres, sans que les crochets ne gênent.

Quand Fred est arrivé, tôt, il m’a fait remarquer que le doublis faisait relever le deuxième rang de tuile ; il a donc fallu, in extremis, ajouter une latte 18 x 40 mm à plat sur le chanlatte, afin d’éviter ce relèvement. En fait, nous avons ajouté plusieurs morceaux de lattes, car les crochets de gouttière empêchaient la continuité. Voici le résultat, en schéma :

Hampes de gouttières, doublis et surélévation du doublis sur le chanlatte

Dernier point sur les crochets de gouttière : la partie verticale de la hampe doit être verticale… J’ai choisi des hampes réglables (le petit modèle, beaucoup plus discret que le grand) après avoir mesuré l’horizontalité du chanlatte à la lunette de géomètre ; verdict : le chanlatte a déjà 1 cm de pente dans le bon sens : youpi !

Deuxième chose importante : prendre un bon départ pour tuiler. Là aussi, il y a plusieurs écoles : ceux qui partent d’un côté, en se disant qu’au moins il n’y aura pas de découpes de tuiles sur cette rive, et ceux qui partent du milieu, en essayant de tomber juste des 2 côtés. J’ai choisi de suivre l’école de Thomas le couvreur, qui commence au milieu du toit. Nous avons donc aligné des tuiles en bas du toit pour voir comment ça tombait de chaque côté (idéalement, il faut une tuile entière ou une demi-tuile, pour n’avoir des découpes à faire qu’un rang sur 2). Depuis le milieu du toit, ça tombait pile-poil à une tuile entière, sans même tricher ! Nous avons donc tracé une perpendiculaire au bas du toit, au cordeau, afin d’aligner le premier rang de tuile. Ensuite nous avons fait 2 équipes, une de chaque côté de cette ligne de départ. En cours d’opération, il a suffi de vérifier l’alignement des tuiles avec le contre-lattage, pour être sûr qu’on ne prenait pas de décalage.

Pose des tuiles en cours

« Une toiture durable est une toiture bien aérée » : c’est une opinion commune entre tous les couvreurs rencontrés… Outre le contre-lattage important, nous avons mis des « chatières » afin de faciliter les flux d’air sous les tuiles. Ne me demandez pas pourquoi on appelle ça des « chatières », et pas des « chauve-souris-tières » ou bien des « oiselières » 😉 Il faut en gros une chatière pour 20m² de toiture, mais c’est à priori encore mieux d’en prendre un nombre impair, afin d’avoir une chatière de plus sur la partie haute du toit. Nous avons donc posé 5 chatières sur le pan sud. En terme d’alignement horizontal, pas de problème : Thomas nous a conseillé de mettre celles du bas juste après le débord de toit, à l’endroit ou le contre-lattage commence en 40 mm d’épaisseur, et celles du haut à 80 cm en gros du faîtage (c’est à dire le plus haut possible sans que cela soit inesthétique).

Chatière au milieu des tuiles

Par contre, pour l’alignement vertical, nous avons pas mal galéré avant de trouver une formule qui nous convenait :

Répartition des chatières sur le toit

Dans la matinée, le toit était quasiment couvert… Nous n’avons mis qu’un seul rang de tuiles pour le faîtage (pas de doublis) en attendant la pose des faîtières ; ce dernier rang a été vissé sur les lattes afin d’éviter des chutes de tuiles (la météo annonçait de bonnes rafales pour les jours à venir). Sam a eu l’honneur de poser la dernière tuile, avec Sophie, et j’en suis bien content !

L’après-midi, nous avons donc fait 2 équipes : une qui terminait la couverture côté sud, et l’autre qui montait l’échafaudage côté nord…

Nous sommes vraiment contents du résultat… Nous avons bien fait de changer d’avis au dernier moment pour les tuiles ! Nous avons finalement choisi des tuiles au pureau dépareillé, c’est à dire que les tuiles ne font pas la même longueur, et c’est bien comme ça ! Ça évite les grandes lignes droites de tuiles alignées, style légo..

Le pan sud était à priori le plus facile, car il ne comporte ni fenêtre de toit, ni cheminée, ni bouche d’extraction d’air ; le pan nord s’annonce un tout petit peu plus complexe !

Couverture du pan sud (presque) terminée !

Ce fut une belle journée, excellente journée… Encore un énorme merci à toute l’équipe ! Ce fut hyper agréable de bosser en groupe… Expérience à renouveler dès que possible !

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