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Ceci est un appel à l’aide citoyen… Que vous soyez journalistes (peut-être les mieux placés pour répondre factuellement aux questions suivantes), médecins, chercheurs dans le domaine de la santé, ou simplement citoyens curieux, ces questions sont pour vous.

En tant que parent, et citoyen, l’annonce de l’obligation de vacciner la population avec 11 vaccins m’intéresse. A force de lire des articles, des interviews, de voir les passions se déchaîner d’un côté et de l’autre (puisqu’il n’y a que 2 camps : les pros et les antis 😉 ), je me pose les questions suivantes :

1 – Quel est l’état des lieux de l’obligation vaccinale en Europe ?

D’après le Figaro (mais l’article date un peu), seuls 2 pays dans l’Union Européenne ont rendu obligatoires des vaccins : la France et l’Italie. Dans la Croix, il est mentionné la France et l’Italie, plus « quelques » pays d’Europe de l’Est (qui n’appartiennent donc pas à l’UE ?). La première question que je me pose tourne autour de : parmi tous les pays de l’Union Européenne, lesquels ont rendu la vaccination obligatoire ? Pour ces pays, quels vaccins sont obligatoires (j’ai lu que l’Italie avait allongé sa liste, sans pour autant savoir quels vaccins sont obligatoires) ? Comment est appliquée l’obligation : quelles sont les contraintes pour les familles (en France, les enfants non vaccinés sont exclus des collectivités : crèches, écoles, etc.) ? Quelles sont les sanctions ? (En France, le code de la santé publique prévoit 6 mois d’emprisonnement et 3750 Euros d’amende, et le code pénal 2 ans et 30 000 Euros d’amende, d’après La Croix). Les sanctions sont-elles appliquées dans les autres pays ? En France elles le sont : par exemple ici.

Savoir factuellement comment nos voisins Européens ont abordé cette question de la vaccination me permettrait d’y voir plus clair et de prendre un peu de recul par rapport à ce débat.

2 – Couverture vaccinale de 95%… Pour quoi ?

Je lis ici et là qu’il faut une couverture vaccinale de 95% pour éradiquer une maladie. Si la définition de la couverture vaccinale me paraît assez claire, je ne comprends pas d’où vient ce chiffre de 95%. Je me pose notamment les questions suivantes :

  • Est-ce que ce chiffre de 95% tient compte des multiples entrées et sorties du territoire Français (plus de 80 millions de touristes en France, soit plus que la population Française) ? Je comprends évidemment l’intérêt personnel de la protection individuelle, mais le lien avec l’objectif de 95% de couverture m’échappe, dans la mesure où nous ne vivons pas (plus ?) en vase clos.
  •  D’après ce que j’ai pu lire, il n’y a aucun vaccin (ni médicament, d’ailleurs) efficace à 100%. Cela varie selon les vaccins et les sources : entre 80% et 100% (!) pour le tétanos selon l’OMS, jusqu’à 23% pour le vaccin de la grippe la pire année. Mais il est extrêmement difficile de trouver des données indépendantes et fiables à ce sujet… Quelle est l’efficacité réelle de chaque vaccin ? Est-ce que l’objectif de 95% de couverture a un sens pour un vaccin efficace à 90% ? 80 % ? 60% ?
  • Quand dit-on qu’une maladie est éradiquée ? Quand il y a zéro cas (comme pour la polio par exemple : zéro cas de Polio recensé depuis 1995) ? 7 cas en 19 ans (diphtérie, cf. source précédente) ? 36 cas en 4 ans (tétanos, cf. source précédente) (je note d’ailleurs que les chiffres diffèrent selon les sources : tétanos, 49 morts entre 2000 et 2012… Comment obtenir des données fiables ?) ? Peut-on arrêter la vaccination si la maladie est éradiquée ?
  • Enfin, je lis que la vaccination est une question « de solidarité », que « de la vaccination de chacun d’entre nous dépend la santé de tous ». Dans la mesure où l’accès à la vaccination gratuite existe à travers les centres de vaccination pour les populations de disposant pas de mutuelle (est-ce réel ?), j’ai du mal à comprendre cet argument : est-ce qu’une personne non vaccinée peut mettre en danger des personnes vaccinées ?

Un des arguments des « pro-vaccins » est cette couverture vaccinale de 95% afin d' »éradiquer » les maladies ; j’aimerais en savoir plus, comprendre comment a été construit cet objectif.

3 – Passer de 3 à 11 vaccins obligatoires : quels tests ont été réalisés ?

J’ai la croyance que tout médicament peut avoir des contre-indications quand il est pris avec un autre médicament, que des effets croisés peuvent apparaître. Ou qu’il peut y avoir un un effet lié au cumul de substances, effet connu à travers l’expression « la dose ne fait pas le poison ».

Qu’en est-il réellement par rapport aux vaccins ? Sachant qu’il existe une multitude de vaccins disponibles sur le marché (tétra, penta, hexavalents, c’est à dire qu’ils vaccinent contre 4, 5 ou 6 infections à la fois), créés par de multiples laboratoires pharmaceutiques (Sanofi, GlaxoSmithKline, Novartis, Baxter, etc.), combien de possibilités existe-t’il pour obtenir les 11 vaccins obligatoires ? Est-ce que toutes ces combinaisons ont été testées ? Comment ? (par qui ? quels protocoles ont été utilisés ? (durée des tests, etc.)) ? Existe-t’il sur le marché un vaccin 11-valent ?

J’ai besoin d’être rassuré par des faits au sujet du cumul des vaccins ; pourtant, aucune trace de ces tests dans la presse.

4 – Quel est le coût financier de l’obligation vaccinale ?

Un des argument des « anti-vaccins »  est la collusion avec les labos pharmaceutiques et le business généré par l’obligation vaccinale.

En 2008, le vaccin DTP à 7€ disparait au profit de vaccins tetra ou hexavalents à 40 Euros. Argument des « anti », cela avait déjà permis de multiplier les coûts par plus de 5 (et donc les recettes).

Les chiffres pour les 11 vaccins sont avancés ici et là : entre 10 et 20 millions d’Euros de surcoût pour la sécurité sociale. Ceci n’est qu’une partie du coût : en effet, il reste le coût des mutuelles qui remboursent 35% (65% du prix des vaccins sont financés par la Sécurité Sociale).

Une autre estimation a été faite par Capital : le surcoût serait de 245 Euros par patient sur les 18 premiers mois (donc beaucoup plus sur une vie, avec les rappels ?). Avec 785 000 naissances par an (chiffres 2016, selon l’article précédent), on obtient un peu plus de 192 millions d’Euros. Si on prend 65% de cette somme, on tombe à 125 millions d’Euros.

Il y a « juste » 100 millions d’Euros d’écart entre ces 2 chiffres… Si le calcul est bon, évidemment. Comment expliquer cet écart ?

Que dire du coût des procédures judiciaires pour les contrevenants ? Ou pour le dire autrement, combien ça coûte de rendre obligatoire la vaccination et de faire appliquer cette obligation ?

Cet argument global du coût me paraît évidemment secondaire par rapport aux autres ; cependant il est pour moi symptomatique d’un évitement, voire d’un déni dans le débat (oui, c’est aussi vrai que l’argent est un vrai tabou). Pour moi, la question se pose en terme de priorités (quelle somme affecter à quel risque sanitaire), et cela rejoint la question suivante.

5 – Quelle urgence sanitaire réelle ?

Je me dis que pour rendre obligatoire 11 vaccins dans un délai aussi court (application dès 2018 ?), il doit y avoir un risque sanitaire majeur. Je lis ici qu’il y a une recrudescence de rougeole en Europe, mais ce n’est apparemment pas nouveau (Le Monde en 2009, Le Figaro en 2011) ; la Ministre annonce des chiffres : 10 victimes en France entre 2008 et 2016.

Quel est le risque sanitaire réel ? Quel autre pays a été gravement touché (« gravement » reste encore à définir : doit-on compter les décès ? Les victimes avec séquelles ?) par une épidémie de rougeole ?

Parmi les 8 vaccins ajoutés aux 3 déjà obligatoires, y en a t’il d’autres qui répondent à une crise sanitaire majeure ? Quels en sont les détails ?

Quand je lis qu’il y a entre 10 000 et 50 000 décès par an d’erreurs médicales en France, je me dis qu’il y a peut-être d’autres priorités ? Je ne parle même pas du tabac (78 000 décès par an), ou même de l’alcool (49 000 décès par an)…

Conclusion :

Entre les « pro » et les « anti » vaccins, il existe certainement une frange de population. Ceux qui doutent. Les curieux. Et évidemment ceux qui ont d’autres préoccupations, d’autres priorités.

Ce débat sur la vaccination m’apparaît comme un brouillard épais, impénétrable. Plus je m’y plonge, moins j’y vois clair. Je crois que je vais envoyer ces questions à 3 ou 4 médias majeurs (Le Monde, Libération, Le Figaro, Médiapart) pour voir s’ils ont des réponses à apporter. Dans tous les cas, vous pouvez contribuer, avec des informations factuelles et documentées, ci-dessous. Vous pouvez relayer ces questions, en poser d’autres…

Ces 5 questions sont des questions sur des faits. J’ai pris grand soin de ne donner que des références de grands médias nationaux ou de sites officiels (Insee, OMS, etc.) ; aucun site, aucun blog, pas de « réseau sociaux », aucune information non vérifiée (en partant du fait que les grands médias vérifient leurs infos). J’imagine que nous devrions avoir des réponses communes (aux « pros », aux « anti » et aux autres) à ces questions ?

 

Addendum du 21/08/17 :

J’ai envoyé cet article à la rédaction de Médiapart le 11 Août ; en parallèle je l’ai posté sur le blog de Médiapart. 8 commentaires ont été postés dans la foulée ; certains avec des éléments factuels, d’autres non. A suivre…

Addendum du 4/10/2017 :

Plusieurs nouveaux articles intéressants sont parus sur le sujet : http://www.leparisien.fr/societe/aluminium-dans-les-vaccins-le-rapport-qui-derange-21-09-2017-7277037.php, http://www.lemonde.fr/sante/article/2017/09/27/nouveaux-vaccins-obligatoires-ni-sanctions-ni-exemptions_5191978_1651302.html

 

 

 

Inspirations

Je ne pensais pas reprendre la plume sur ce blog. Je ne pensais pas non plus prendre la foudre à deux reprises dans le pays basque.

Je pars en vacances, peinard, avec 2 bouquins en poche. « Les lois naturelles de l’enfant » de Céline Alvarez, et « Re-inventing organizations », de Frédéric Laloux.

Le premier, tout le monde en a entendu parler ; il a fait le « buzz », et la ministre de l’éducation de l’époque a même été interrogée à ce sujet. Des bouquins sur le sujet de l’éducation, j’en ai lu des pelletées. J’ai vu aussi beaucoup de conférences, fait beaucoup de rencontres (dont celle avec Satish Kumar, fondateur du Schumacher College). Là, j’ouvre ce bouquin, et au bout de quelques pages, je pleure. Et ça continue pendant le premier tiers du livre : je ne peux enchainer 2 pages sans activer une sécrétion lacrymale qui m’oblige à faire une pause. Je n’avais rien compris. Oui, ça fait des années que ce sujet me passionne, et je n’avais toujours rien compris. Les pièces de puzzles se sont accumulées pendant ces années, et là, il y a cristallisation : le puzzle, presque brutalement, se met en place. Ce bouquin parle d’une expérience faite pendant 3 ans dans une classe de ZEP de Gennevilliers. Ce bouquin fait une synthèse hallucinante des découvertes scientifiques (notamment en neurosciences) de ces 15 dernières années. Ce bouquin est au croisement de l’humanisme, de la science, de la vraie vie (réalités d’une classe dans l’école publique). Nous, humains habitant la France du 21ème siècle, nous sommes à la préhistoire de l’accompagnement de nos enfants, et ce malgré les talents et l’énergie déployés par nos instituteurs, professeurs et autres enseignants (ainsi d’ailleurs que tous les autres acteurs ; il n’y a pas d’individu sans talent, la question est : « au service de quoi je mets mes talents ? »). Le système actuel est un broyeur, et ce n’est pas notre minable place au classement PISA qui va assurer sa défense. Que faire après la lecture de ce livre ? La photo est tellement nette, et les solutions tellement évidentes (je ne dis pas « faciles ») que l’immobilité serait une insulte à notre Histoire (boudiou, je me mettrais presque à écrire comme un politique !?! 😉 ).

Cette femme aurait juste pu faire le buzz, et ensuite vendre des formations à 500€ la journée. Mais non. Elle décide de partager, gratuitement, sur son blog. Chapeau bas. Que dire de plus ? Je suis à la fois bouleversé et inspiré par ce qu’a fait cette femme, en plus du contenu lui-même évidemment.

Deuxième lecture : le bouquin de Frédéric Laloux. Alors là, c’est pareil. Des bouquins de management, j’en ai avalé quand j’étais « jeune-cadre-dynamique-qui-en-voulait-et-bien-plus-encore ». Et les questions de la coopération, du sens dans la vie (vous l’aurez bien compris, si vous avez parcouru ce blog), des alternatives me passionnent aussi depuis longtemps. Ce mec arrive de nulle part (merci quand même à Yaël, qui m’a fait découvrir le bouquin lors d’un stage avec Peter Koenig) et écrit un truc improbable, qui m’a donné des frissons pendant toute la lecture. Je ne te raconte pas la tête de mes hôtes quand ils me voyaient alternativement pleurer et trembler en lisant des bouquins pendant mes vacances. Même effet : le puzzle se rassemble ; l’image devient nette. Mes formations en sociocratie ou communication non violente, mes lectures sur le pouvoir (dont l’excellent Thich Nhat Hanh), les entreprises sociales et associations solidaires (chapeau bas à Ivan Maltcheff) et autres transitions (merci Rob Hopkins), tout cela s’est cristallisé grâce à Frédéric Laloux. Oui, nous sommes au bout du système pyramidal, du travail déconnecté du sens, tous deux générateurs de souffrance au travail et de destruction de tout ce qui est vital pour nous. Oui, il existe d’autres modèles, des solutions pour coopérer, faire émerger l’intelligence collective, pour mettre le sens au cœur de ce que l’on fait, y compris au travail. Ce n’est pas de la science fiction : ça fonctionne déjà, et depuis des années. Des pionniers ont défriché pour nous. Il en existe même tout près de nous, sans qu’on le sache, sans que ça fasse de bruit. Oui, j’ai (aussi) pris la foudre en lisant ce livre.

Il y a beaucoup de points communs entre ces deux livres, outre le fait qu’ils m’aient retourné (ce dont tout le monde se fiche, d’ailleurs 😉 ) : ces deux livres parlent de la même chose : comment nous, humains, qui arrivons au bout du bout d’un système déjà mort (pour reprendre l’expression de Pierre Rabhi), pouvons-nous nous renouveler pour vivre ensemble, en cohérence, dans le respect de nous-mêmes, des autres, de notre Terre (tiens, ça me rappelle quelque chose, ce slogan) ? Comment prendre soin de nos enfants ? De nous-mêmes ? De nos aînés ? Il me manque d’ailleurs un 3ème bouquin pour boucler la boucle, avec nos aînés : si quelqu’un a un titre dont l’audace passée au filtre de l’expérience l’a marqué, merci de partager ! Comment (re-)prendre soin de nos aînés, collectivement, dans la dignité, le respect, le partage ? Comment accueillir la mort sereinement, comme une étape de la vie ? Les peuples « primaires » avaient intégré ça à leur vie ; nous avons perdu ça, et encore plus depuis 2 ou 3 générations, en parquant nos sages dans des maisons de « retraite » quand ils/nous en avons les moyens (il n’y a pas de jugement : nous sommes tous plus ou moins directement passés par là).

Nous vivons une époque complètement incroyable, une transition unique. C’est source de peurs, mais aussi de libération d’énergies incroyables, d’une créativité sans précédent.  Tout est à faire, à ré-inventer. Évidemment, ce n’est pas facile. Évidemment, ça couine un peu dans les virages, et ça fait souvent des étincelles. Évidemment, il y a de la résistance dans l’ancien système : nous ne sommes pas à l’abri de sursauts suicidaires liés à la peur (toute référence à des événements nationaux récents n’est que pure… allez, j’arrête là). Mais ça va vite. Très vite. Et très fort. Prenez le MOOC « Gouvernance Partagée » des Colibris, par exemple. Une telle formation en ligne, gratuite (ou plutôt en participation consciente), de cette qualité, à disposition de tous, c’est complètement nouveau, complètement incroyable. Il y a 5 ans, ce type de formation aurait coûté 1000 ou 1500€, et il y aurait eu quelques sessions de 12 participants à Pétaouchnok. Là, le truc explose. La foudre s’abat sur des milliers de participants, rechargeant les batteries pour les prochaines années, même si ça picote un peu, la foudre. Pas facile de regarder en face nos vieux réflexes, nos vieux schémas, nos vieilles croyances : ça picote.

Bref, j’ai chialé et tremblé pendant mes vacances, et c’était délicieux.

VIGI-Pouêt-Pouêt

vigipiouetpouetVigipirate a fêté ses 20 ans l’an dernier, en 2015. Vingt ans. Nous aurions pu souffler des bougies, faire une grande fête, mais non : rien. Et pour cause : 148 vies ont été enlevées par des terroristes en 2015.

Je pourrais dire « merci Vigipirate, car sans toi le nombre de victimes aurait pu être plus élevé ». Ou bien « je me sens rassuré de voir des militaires en armes un peu partout en France ». Mais non. Vraiment pas. Et voici pourquoi :

1/ Nous nous trompons de cible.

Je pleure chacune des victimes de ces attentats, y compris les rescapé(e)s, les familles et proches des victimes, et j’ai aussi souvent une pensée pour les témoins qui probablement mettrons des années à se remettre de ces événements. Ils font aussi partie des victimes de ces actes odieux, aveugles et symboliques.

Si l’objectif est de protéger les vies humaines, alors je crois que nous faisons fausse route, qu’il y a d’autres priorités.

Depuis 1972, il y a eu un peu moins de 500 décès liés au terrorisme sur le territoire Français (source : Global Terrorism Database). 500 décès en 44 ans. Chacune de ces victimes est une victime de trop, évidemment. Mais en 1 seule année en France, il y a entre 30 000 et 40 000 décès liés à des erreurs médicales, au bas mot. En 1 seule année en France, il y a plus de 3 300 morts par an dans les accidents de la route. En 1 seule année en France, il y a 73 000 décès liés au tabac. Pour ce dernier chiffre, nous pouvons nous dire qu’un fumeur choisit de fumer, et qu’une victime du terrorisme ne choisit rien. Vraiment ? Je pourrais aussi parler des victimes de l’alcool et bien d’autres encore.

Alors si nous devions continuer de dépenser 1 million d’Euros par jour (coût estimé de Vigipirate) pour assurer la sécurité des Français, je ne suis pas sûr qu’il faille attribuer ce budget à faire défiler des militaires en armes en France. Nous pourrions verser cette somme aux hôpitaux pour leur donner plus de moyens. Ou bien envoyer le GIGN chez les dirigeants des grandes firmes de tabac ?  Ils/elles ont fait 100 millions de victimes au 20ème siècle (pour donner un repère, il y a eu 231 millions de victimes dans le monde dans les guerres au 20ème siècle)…

2/ Nous aidons les terroristes à propager la peur

La peur, la terreur sont des moyens pour les terroristes. Ils s’en servent pour atteindre leurs objectifs.

Alors à chaque fois que nous (collectivement) affichons un panneau, à chaque fois que nous mettons une barrière de protection, à chaque fois que nous diffusons un spot sonore rappelant la vigilance dans les espaces publics, à chaque fois que nous fermons une école aux parents, à chaque fois que nous organisons des exercices dans les crèches, écoles primaires, collèges, à chaque fois que nous des hommes avec des armes de guerre dans les lieux publics, nous contribuons à propager la peur dans les esprits de chacun. Mécaniquement. Quotidiennement. Minutieusement.

Tout ceci est amplifié par l’impact des médias qui décrivent, montrent, analysent chaque microseconde d’un acte abominable. Nous contribuons tous à cela. Chacun de nous amplifie le phénomène de peur, de terreur, ne serait-ce qu’en choisissant d’écouter, de lire, de regarder des médias qui propagent la peur.

Quelle est l’efficacité réelle en terme de sécurité des personnes d’une barrière vauban posée devant la porte d’une crèche ? D’une affiche noire et rouge placardée sur une porte ? D’un exercice « prévention terrorisme » dans une école ? Franchement, existe-t’il l’ombre d’une étude sur l’efficacité réelle de telles mesures ? Par contre, l’impact psychologique de tout cela sur chacun d’entre nous, y compris sur nos enfants depuis le plus jeune âge, est certain. Nous ne pouvons pas passer une seule journée sans voir un panneau, entendre ou voir des journaux d’information, croiser des gens en armes. La peur est là, et c’est nous tous, collectivement, qui en sommes responsables. Cette peur est objectivement démesurée par rapport à la menace réelle (cf paragraphe précédent), mais nous l’entretenons activement. Nous devenons un rouage de la machine à propager la terreur, un maillon de la chaine terroriste.

3/ Nous aidons les terroristes à atteindre leurs objectifs

La terreur n’est qu’un moyen. Les objectifs sont autres : nous pourrions parler du califat, mais au fond, ce sont des valeurs et des modes de vie qui sont en jeu. Violence, terreur, injustice, arbitraire, inégalité, domination, restriction des libertés, isolement et soumission des individus sont des attributs des groupes terroristes des dernières décennies. Cela constitue leur mode de fonctionnement, celui qu’ils imposent à leurs membres et à ceux qui subissent leur présence sur le long terme, en Irak, Afghanistan, Syrie ou ailleurs. Voilà ce qui est en jeu.

Vigipirate n’étant apparemment pas suffisant pour assurer notre sécurité ( 😉 ), l’Etat d’urgence a été décrété en France en Novembre 2015. Je ne peux que vous recommander la lecture d’un tout petit livre écrit par des des experts du droit public qui décrivent de manière très complète les enjeux et les effets de ce statut spécial en France (quelques exemples d’effets ici, ou bien ). Quand des militants écolos sont assignés à résidence sous couvert de l’état d’urgence sans possibilité de faire exercer leurs droits devant un tribunal, quand des citoyens sont délogés de chez eux par le RAID par erreur, quand des conversations privées (électroniques ou pas) sont enregistrées et conservées sans l’aval d’une autorité de justice, quand des rassemblements et manifestations sont interdits, quand des événements culturels sont annulés, alors nous contribuons à installer petit à petit les valeurs terroristes dans notre vie. Quand nous fermons une école aux parents, nous restreignons les libertés. Quand un vigile nous demande d’ouvrir notre sac à l’entrée d’un centre commercial, ou que nos e-mails sont systématiquement stockés pour être analysés, le respect de la vie privée recule.

Alors ils doivent bien rigoler, les terroristes. Un Etat dit « démocratique » qui propage leurs valeurs, qui impose à tout un peuple ce pour quoi ils luttent, ils n’en attendaient pas tant. A chaque fois que la liberté recule, le terroriste gagne. A chaque fois que l’injustice ou l’arbitraire frappe, le terroriste gagne. A chaque fois que la violence est utilisée, le terroriste gagne. A chaque fois que des divisions sont créées au sein d’un groupe de personnes ou d’un peuple entier, le terroriste gagne. Et nous contribuons à tout cela.

Alors quoi ?

Alors je n’ai pas peur. Je n’ai pas peur de vous, les terroristes, puisque j’ai 5 000 fois plus de chance de mourir suite à une erreur médicale en France. Je n’ai pas peur de vous, en tous cas 600 fois moins que de prendre ma voiture le matin.

Alors je refuse de véhiculer cette peur. J’enlèverai mon enfant de l’école le jour où l’exercice antiterroriste sera effectué ; mon fils aura bien le temps d’avoir peur, et il aura bien assez d’autres sujets à évacuer chez un(e) psy. L’alternative à la peur n’est pas la peur. L’alternative à la violence n’est pas la violence. L’alternative à l’arbitraire n’est pas l’arbitraire. Idem pour l’injustice, l’inégalité, la restriction des libertés. Aussi, je suis prêt à faire acte de désobéissance civile pour ne pas contribuer à véhiculer les valeurs des groupes terroristes. Et je suis prêt à aller devant un tribunal pour ça.

Alors j’écris cet article, juste pour dire que je ne suis pas d’accord avec Vigipirate et l’Etat d’urgence. Parce que j’ai le encore le droit de l’écrire, j’ai encore le droit de dire que je ne suis pas d’accord avec ces mesures nationales.

Alors je nous souhaite à tous, à toutes, d’avoir assez de force et de courage pour nous tourner vers la liberté, la tolérance, l’équité, la douceur, le dialogue, la confiance. C’est un boulot à plein temps, et un boulot pas facile 😉 !

 

 

 

OK, une bonne partie de l’été est déjà derrière nous. Mais je ne pouvais résister à l’envie de partager une découverte récente qui a révolutionné ma conception du barbecue : le barbecue rocket. A priori, rien à voir avec l’article précédent, mais plutôt une référence au « rocket stove » (le poêle « rocket ») déjà présenté sur ce blog.

Nous avons tous connu, savouré, partagé des merguez carbonisées, des saucisses cuites à la mode « les Pyrénéens » (les chocolats qui sont froids à l’intérieur et croquants à l’extérieur selon la vieille pub), de la viande fumée aux bonnes vieilles effluves de charbon de bois bas de gamme, une soirée qui s’éternise et où il faut refaire des braises en cata alors que le Claude (celui qui d’habitude mange une demi-vache à lui tout seul à chaque repas) rentre juste de moisson en ayant sauté la pause déjeuner… Et Claude, il ne faut pas le faire attendre trop longtemps quand il a faim, avec ses mains grandes comme des pelles à pain et ses 110 kg que je n’aimerai pas croiser un jour de grosse colère…

Bref, pour la paix des soirées barbecue rurales et autres soirées conviviales végétariennes ou non (bah oui, pourquoi pas, on peut aussi faire cuire autre chose sur un barbec’), un mec a inventé le barbecue « rocket ». Ce truc est tellement cool qu’on le voit fleurir dans tous les éco-festivals en plein air.

Voici à quoi ressemble la bête :

Petit croquis rapidos

Rien de bien sexy au premier abord ; il faut le voir fonctionner pour y croire. Le principe est simple : c’est le principe de la flamme horizontale chère au rocket stove. Le bois est posé verticalement dans le compartiment prévu à cet effet ; il se consume par le bas, en faisant une flamme qui arrive dans la partie inférieure de la cheminée.

RocketBarbecue

La grille est à hauteur d’homme (90 cm), et la chaleur monte par la cheminée, cuisant ainsi (j’oserais presque un « délicatement ») tout ce qui se trouve sur la grille. Si des graissent tombent, elles s’enflamment 90cm plus bas, évitant ainsi de carboniser une partie du repas. Les nostalgiques de la bouteille d’eau avec le bouchon percé (pour arroser les flammes), ou des poignées de gros sel (toujours pour calmer les flammes) ou bien encore celles et ceux qui aimaient bien se brûler les mains en retirant la grille en urgence ne seront définitivement pas fans du barbecue rocket.

Besoin de cuisson forte ? Pas de problème : il suffit de rajouter du bois. Instantanément, la flamme augmente, et la chaleur avec. Besoin de calmer le jeu ? J’enlève un ou 2 bouts de bois. Un pote arrive 1 heure après la fin de la cuisson ? Pas de problème, je rallume le barbecue, et en 3 minutes chrono les chipos commencent à cuire. Une bonne fiesta à 40 personnes ? Pas de souci : le barbecue tourne tant qu’on lui met du bois : fini les temps d’attente pour retirer les vieilles braises et en refaire d’autres.

Alors là, j’en vois déjà ricaner en disant : « il est gentil, bidule, mais il faudrait qu’il sorte de sa campagne : les barbecue à gaz, ça existe depuis quelques années » ! Oui, évidemment. Mais c’est là que réside une autre partie de la magie de ce barbecue : il coûte moins de 100 Euros à auto-construire (grille comprise), est transportable (avez-vous déjà essayé d’emmener le super barbecue-grill-pierrade-rotissoire ne serait-ce que chez le voisin d’en face ?), a une durée de vie presque illimitée (quand la tôle sera percée, vous n’aurez plus mal aux dents), et en plus, si on ne veut pas le faire soi-même, on peut contribuer à l’activité d’un CAT. J’ose ajouter qu’à la campagne, le combustible adapté est omniprésent et gratuit, et que l’entretien de la bête est… inexistant. Je pourrais parler de l’énergie grise de la bête ainsi que de son recyclage, mais là, ça va vraiment finir par ressembler à du télé-achat, cet article ;-).

Voilà pour l’introduction. Je vous propose ici un modèle classique en métal, éprouvé. Il existe mille et unes manières de faire un barbecue rocket : en pierres, briques, parpaings, avec des cuves de chauffe-eau de récup, etc. Là, je prends volontairement un modèle portatif super luxe qui a l’avantage reproductible qu’on peut faire soi-même, avec une petite disqueuse et un petit poste à souder. Je suis conscient que ça ne court pas forcément les rues tout ça, mais bon, j’aime construire avec mes mains, et vous trouverez forcément quelqu’un autour de vous qui est équipé.

Je suis parti d’une tôle noire de 1,25m sur 2,5m en 3mm (on peut prendre du 2mm, ça fera le job) que vous trouverez chez n’importe quel marchand de ferraille. On peut faire 2 barbecues dedans (cf. plan de découpe).

rocketbarbecue2

Plan de découpe

Une fois la tôle découpée et pliée, on se retrouve avec 4 pièces métalliques, à assembler.

Les 4 pièces du barbecue

Les 4 pièces du barbecue

Il y a 2 petites découpes à faire sur le repli de la pièce principale pour laisser passer le rabat de combustion.

Ensuite, rien de bien compliqué : un peu de soudure (idéalement, de la soudure à point suffit, mais un tel outil ne court pas les rues) et le tour est joué ! Évidemment, il n’est pas nécessaire de souder sur toute la longueur : j’en ai profité pour faire un atelier découverte soudure à l’arc…

Une fois le rocket assemblé, il ressemble à ça :

Le barbecue rocket en action

Le barbecue rocket en action

Le plus dur est fait… Il ne reste qu’à le tester !

Le barbecue doit âtre placé avec les anses face au vent ; il faut le poser à plat, et éventuellement mettre un peu de terre ou de sable autour de la base pour éviter les gros trous qui pourraient perturber le tirage. L’allumage du barbecue se fait juste avant la cuisson, avec du petit bois sec. L’utilisation de tout bois traité est à proscrire absolument (voir un résumé ici, ou bien la totale ) ! Bien qu’un des avantages du barbecue rocket soit une combustion de très bonne qualité (proche d’une combustion complète), le bon sens nous susurre à l’oreille que le barbecue n’est pas un incinérateur de déchets (pas plus qu’un poêle classique ou que n’importe quel élément de chauffage, d’ailleurs).

A l’allumage, le bois va se consumer dans la petite chambre d’approvisionnement ; et soudain, la flamme va s’inverser et devenir beaucoup plus forte : le principe de la flamme horizontale se déclenche. Le feu devient vif, les fumées disparaissent (les fumées visibles, en tous cas). Il faut laisser brûler encore 1 ou 2 minutes, histoire d’évacuer les petites cendres légères (surtout si on a utilisé du papier pour allumer), et ensuite le barbecue est prêt pour accueillir les aliments !

Une fois le barbecue allumé, les flammes sont vives et il n’y a plus de fumée

Pour l’alimenter, il suffit de placer des morceaux de bois dans le « chargeur », verticalement. Au fur et à mesure de la combustion, le bois descend automatiquement. La seul chose à faire est de régler la température (plus ou moins de bois), et de réalimenter quand nécessaire.

Vous verrez avec l’usage que la consommation de bois est minime… Avec un barbecue classique, il faut allumer longtemps avant de faire cuire : toute la chaleur dégagée à préparer les braises ne sert pas à cuire, elle est gâchée. Avec le rocket, on cuit dès le premier morceau de bois, quelques instants après que la flamme se soit inversée.

On aperçoit la flamme horizontale tout en bas du barbecue

On aperçoit la flamme horizontale tout en bas du barbecue

Je termine cet article alors qu’on vient juste de finir un déjeuner-barbecue associatif pour 25 personnes… Quand ils m’ont vu arriver avec ce truc en ferraille, un peu à la bourre, j’ai vu des yeux inquiets, et d’autres carrément paniqués. Après l’allumage, quand j’ai mis les grilles, il y avait des regards de curiosité. Après les premières saucisses, les appareils photos s’invitaient autour du barbecue ;-). en écrivant ça, je me rends compte que quand mon pote Bob est arrivé avec son rocket, je suis passé par les mêmes étapes, et qu’au final j’en fais un article sur le blog tellement ce truc est magique ! Mille mercis Bob, et un grand bravo au mec qui a inventé ce barbecue !

 

img_0192-customSatish Kumar vient de fêter ses 80 ans – l’occasion pour moi de rendre hommage (de son vivant) à un homme qui m’inspire. J’ai eu la chance de passer une semaine avec lui et sa compatriote Vandana Shiva au Schumacher College il y a 3 ans (cf. article) ; cette rencontre avait donné lieu à une interview qui a été publiée dans le magazine « L’écologiste » dans sa version Française. Quelques années plus tard, cette interview a encore toute sa force, toute son énergie. Vandana dit de lui qu’il parle directement au cœur… Difficile à traduire, du coup, d’autant plus que ce n’est pas mon métier. Il y a 3 ans, au début de l’interview, à la question « comment vous sentez-vous ? », Satish avait répondu : « Je me sens prêt à partir, ici et maintenant », avec un petit sourire en coin…

Bonne lecture et bon anniversaire Satish !

Pourriez-vous décrire en 3 ou 4 images les principaux moments de votre vie ?

A 9 ans, j’ai quitté la maison et je suis devenu moine Jaïn – le Jaïnisme est l’une des 4 principales religions en Inde. Un des principes les plus importants de l’ordre Jaïn est la non-violence. Ne faire de mal à aucune forme de vie ; et pas seulement la vie animale ou la vie végétale : l’eau aussi est vivante, le feu est vivant, les insectes aussi. Toute créature sur terre doit être respectée. Tous les Jaïns sont végétariens. Pendant 9 ans j’ai erré de village en village avec mon bol d’aumône, de maison en maison, ne prenant qu’un seul repas par jour. Le reste du temps, j’apprenais le Sanskrit, la philosophie traditionnelle indienne, la méditation, et j’enseignais les principes Jaïn aux laïcs.

A 18 ans, j’ai été inspiré par Mahatma Gandhi. Il disait que la spiritualité ne devait pas être réservée aux moines, qu’elle devait être pour tout le monde. Et pas seulement dans les monastères. La spiritualité doit être présente dans les maisons, dans le business, dans la politique, dans l’agriculture, partout ! J’ai été très inspiré par ça et j’ai brisé mon vœu monastique : je suis allé vivre pendant 8 ans dans un ashram gandhien. Je cultivais un potager, filais mon coton et fabriquais mes propres vêtements. J’ai vécu une vie très simple, élégante et frugale.

Puis à 26 ans j’ai été inspiré par le mouvement international pour la paix, et particulièrement par un grand philosophe britannique nommé Bertrand Russel. Bertrand Russel faisait campagne pour la paix et a été jeté en prison à Londres pour avoir protesté contre l’arme atomique. Cela a été une révélation pour moi ; je me suis dit : « Whao, voici un gars de 19 ans qui est jeté en prison pour avoir prôné la paix dans le monde. Mais qu’est-ce que je fais là, en Inde, assis à boire un café ? » Un ami et moi sommes allés voir notre enseignant Vinoba Bhavi. Nous lui avons présenté notre projet : relier 4 capitales mondiales possédant l’arme atomique, à pied : Moscou, Paris, Londres et Washington, le tout en marchant. Vinoba a répondu : « Oh, c’est très bien ! Vous avez ma bénédiction. Mais laissez-moi vous donner un conseil : ne prenez pas d’argent. Faites ce périple sans argent. ». Je lui ai répondu : « Quoi ? Sans argent ? Mais nous allons parfois avoir besoin d’une tasse de thé, de passer un coup de fil ou bien d’envoyer une carte postale ! » Il a dit: « Non, pas d’argent, juste la confiance. Parce que la paix commence avec la confiance, et la guerre avec la peur. Si tu as confiance au plus profond de toi, alors tu seras en paix ; et tu ne peux parler de la paix sans être toi-même en paix. ».

« La paix commence avec la confiance, et la guerre avec la peur »

Nous avons donc commencé notre périple depuis la tombe de Mahatma Gandhi ; nous avons traversé le nord de l’Inde, le Pakistan, l’Afghanistan, l’Iran, l’Azerbaïdjan, l’Arménie, la Géorgie, la Russie et nous sommes arrivés à Moscou. Puis nous avons marché depuis Moscou à travers la Biélorussie, la Pologne, l’Allemagne, la Belgique, la France, Paris. Nous sommes ensuite arrivés à Calais où des Français nous ont aidés à prendre un petit bateau pour traverser la Manche. Depuis Douvres, nous avons marché jusqu’à Londres et avons rencontré Bertrand Russel, qui nous a aidés à obtenir des tickets de bateau pour traverser l’Atlantique. Nous sommes arrivés à New York et avons rejoint Washington à pied, pour terminer notre périple sur la tombe de John F. Kennedy. Depuis la tombe de Gandhi jusqu’à la tombe de Kennedy. Pendant ces 2 années, nous avons rencontré des milliers de gens, des médias, des membres de gouvernement, des politiques, des dirigeants d’entreprise, des pacifistes, tout le monde. Nous avons été reçus dans des endroits riches, des endroits pauvres, chez des Chrétiens, des Musulmans, des Juifs, des capitalistes, des communistes, tout le monde. Nous avons expérimenté l’unité de l’humanité. Parce que si tu viens en Indien, tu rencontres un Pakistanais. Si tu viens en Hindou, tu rencontres un Musulman. Mais si tu viens en tant qu’être humain, tu ne rencontres que des êtres humains partout.

« Si tu viens en Indien, tu rencontres un Pakistanais. Si tu viens en Hindou, tu rencontres un Musulman. Mais si tu viens en tant qu’être humain, tu ne rencontres que des êtres humains. »

« Si tu viens en Indien, tu rencontres un Pakistanais. Si tu viens en Hindou, tu rencontres un Musulman. Mais si tu viens en tant qu’être humain, tu ne rencontres que des êtres humains. »

Mais nous avons aussi appris à propos de la terre, et nous avons réalisé que nous devons faire la paix avec la terre, parce que cette terre nous a nourris, et nous a portés pendant ce voyage. Nous ne pouvons pas faire la paix avec les gens si nous sommes en guerre contre la nature, contre la terre. La manière dont nous cultivons, avec nos fermes industrielles, et les animaux élevés dans des conditions horribles dans ces fermes industrielles, et les poisons comme les pesticides, les engrais, tous les produits chimiques et les herbicides que nous déversons dans nos sols, et l’ingénierie génétique, tout ceci est une grande guerre contre la nature. Nous ne voulons pas conquérir la nature ; nous voulons vivre en harmonie avec la nature. Faire la paix avec les gens et faire la paix avec la nature sont deux choses liées. Et bien sûr nous avons dû faire la paix avec nous-mêmes, trouver notre paix intérieure. Nous avons terminé notre voyage à Hiroshima, la première victime de la bombe atomique ; nous avons pensé que nous ne pouvions pas terminer ce voyage sans aller à Hiroshima.

Pourriez-vous nous dire quelques mots sur la manière dont vous voyez l’économie, de nos jours ?

Le mot « économie » et le mot « écologie » sont connectés. Ils viennent de la même origine, ont la même racine : Oikos, qui en grec signifie « maison ». Mais ici le mot maison doit être pris au sens large, la planète entière, la terre entière : c’est ça notre maison. En grec, le mot Logos signifie la connaissance ; écologie signifie donc la connaissance de notre maison, de notre planète terre, la manière dont toutes les espèces sont reliées entre elles. Le soleil donne la vie aux arbres et aux humains, le sol donne la vie aux arbres, aux humains, aux animaux, l’eau donne la vie aux arbres, aux humains, aux animaux. Tous les éléments permettent la vie et l’entretiennent ; c’est une inter-relation. Il y a une extraordinaire solidarité dans la nature : tout le monde permet à tout le monde d’exister. La connaissance de cette inter-relation, c’est « logos » ; l’écologie est une science qui permet d’étudier toutes les espèces et leurs relations entre elles. Parfois, à l’université, on réduit le sens de l’écologie en n’étudiant qu’une espèce, et on dit que c’est de l’écologie. Mais ce n’est pas de l’écologie. N’étudier qu’une espèce n’est pas de l’écologie. Etudier une espèce en relation avec toutes les autres, cela devient de l’écologie ; la relation est capitale. Mais revenons à l’économie. Oikos est la maison au sens large, et nomos signifie la gestion. L’économie est donc la gestion de la planète terre. La gestion de notre grande planète dans son ensemble. Si on gère notre planète, on doit gérer la forêt, l’eau, les sols, les animaux, les humains, etc. Mais de nos jours nous avons réduit le sens d’ « écologie » à l’étude d’une seule espèce et réduit le sens d’ « économie » à la seule étude de l’économie humaine à travers l’argent et la finance. Le sens original de ces deux mots, économie et écologie, le vrai sens de ces deux mots magnifiques a été perdu. Nous l’avons réduit à quelque chose de tout petit. Mais vient la vraie question : comment gérer quelque chose qu’on ne connaît pas ? De nos jours on enseigne l’économie dans nos universités (la gestion de notre maison), mais on n’enseigne pas l’écologie (la connaissance de notre maison). Nos économistes n’ont absolument aucune connaissance de l’écologie. Mais on ne peut pas être un bon économiste si l’on n’est pas un bon écologiste. C’est aussi simple que ça. Pour gérer quelque chose, on doit le connaître. Si tu ne connais pas, tu ne peux pas gérer. C’est pourquoi les 2 matières économie et écologie doivent être enseignées ensemble. J’ai d’ailleurs dit à la London School of Economics [LSE, l’équivalent de HEC à Londres, NDLT] : « Vous enseignez l’économie mais sans enseigner l’écologie ; c’est comme marcher sur une seule jambe. On boite, on se fatigue, et on finit tôt ou tard par s’écrouler. C’est exactement pour ça que notre société est bancale : nous enseignons l’économie en oubliant l’écologie ». Du coup, je leur ai dit : « Vous devriez changer le nom de votre école en LSEE, London School of Ecology and Economics ! »

« Ecologie : du grec Oikos (maison) et Logos (connaissance). Economie : du grec Oikos (maison) et Nomos (gestion). Faire de l’économie sans écologie n’a pas de sens. »

« Ecologie : du grec Oikos (maison) et Logos (connaissance).
Economie : du grec Oikos (maison) et Nomos (gestion).
Faire de l’économie sans écologie n’a pas de sens. »

Encore une chose à propos de l’économie : l’économie de la nature doit être un mentor, un professeur, doit être pris comme exemple. L’économie de la nature est cyclique : on plante une graine qui devient un arbre en se nourrissant du sol ; puis l’arbre donne des fleurs, des feuilles qui tombent et retournent à la terre pour nourrir de nouveau le sol et le cycle recommence. Notre économie humaine doit aussi être cyclique : il n’y a aucune raison que nous ayons des déchets, des plastiques, des décharges – il ne devrait pas y avoir de décharges. Et je dis aussi que l’idée même de la croissance économique est une aberration. Il ne peut pas y avoir de croissance infinie dans un monde fini. Le monde est limité, notre planète est limitée. Et on ne peut pas juste aller, aller, continuer, continuer, croître ; plus d’aéroports, plus de routes, plus de chemins de fer, plus de bâtiments, plus de centres commerciaux, plus de tours : cela ne s’arrête jamais ! Cette croissance économique n’est pas bonne. Bien sûr, on peut avoir des maisons, des vêtements, des chaussures et des meubles qui nous permettent de vivre confortablement dans la joie et dans le bien être. Mais lorsqu’on a atteint ce niveau de confort on n’a pas besoin de plus ! On ne peut porter qu’un pull ou une paire de chaussures à la fois : pourquoi en avoir 10 dans sa garde-robe ? Quand on a un logement confortable, pourquoi en vouloir un autre à la campagne, à New York ou je ne sais où ? Nous devrions savoir nous arrêter, et arrêter de produire, produire, produire juste pour sauvegarder des emplois, pour faire de l’argent et du profit.

« Nous devrions avoir une croissance dans le bien-être. Ça, c’est important. »

« Nous devrions avoir une croissance dans le bien-être. Ça, c’est important. »

En parlant d’emploi, pourriez-vous nous dire quelques mots sur votre vision du travail ?

Le travail est différent de l’emploi. L’emploi, le job sont des phénomènes modernes qui sont issus de notre paradigme industriel, de notre structure industrielle. Tu vas travailler dans une usine, dans un bureau. Tu y vas, et tu travailles pour quelqu’un, tu deviens un employé, tu as un emploi. Mais le travail a un sens différent. Le travail désigne toute activité humaine. Etre ici à te parler est un travail. Même la méditation est un travail : on travaille sur soi-même. Cuisiner, c’est travailler. Jardiner, c’est travailler. Le travail ne veut pas dire travailler pour quelqu’un (c’est un emploi) ; le travail désigne toute activité que l’on pense être nécessaire pour vivre, pour notre survie, pour notre bien-être, pour notre santé, pour la santé des autres, pour rendre service, pour notre famille : c’est cela le travail. Le travail a une valeur intrinsèque. Le travail est une bonne chose : on a besoin de travailler. Il y a de la dignité dans le travail, même manuel, dans les choses faites à la main. Jardiner, cultiver sa nourriture a de la dignité et doit être respecté, et même honoré. Il n’y a aucune raison de valoriser le travail intellectuel et de dévaloriser le travail manuel. Les deux ont une dignité équivalente. Le travail intellectuel est nécessaire ; mais sans le fermier, l’intellectuel meurt. Il ne peut pas écrire des livres sans manger, sans nourriture. Et le fermier qui n’a pas de livres, de musique, de poésie, d’art, va tomber dans la déprime. Nous avons besoin des deux, des intellectuels et des manuels. Alors pourquoi être médecin serait-il plus important qu’être fermier ? Et pourquoi être avocat serait-il plus important qu’être artisan ? Nous devons mettre fin à ces distinctions.

« Le travail intellectuel est nécessaire ; mais sans le fermier, l’intellectuel meurt. Il ne peut pas écrire des livres sans manger, sans nourriture. Et le fermier qui n’a pas de livres, de musique, de poésie, d’art, va sombrer dans la déprime. »

« Le travail intellectuel est nécessaire ; mais sans le fermier, l’intellectuel meurt. Il ne peut pas écrire des livres sans manger, sans nourriture. Et le fermier qui n’a pas de livres, de musique, de poésie, d’art, va sombrer dans la déprime. »

Tout peut être un bon travail, mais cela doit venir de son propre cœur ; on doit sentir cet appel. Chacun doit pouvoir faire ce qu’il prend vraiment plaisir à faire. On peut aussi faire plus d’un travail : un peu de jardinage et de la poésie, comme Wendell Berry qui est un grand écrivain, poète, et un agriculteur à temps partiel. On peut être jardinier et peintre. Musicien et chef cuistot. Constructeur et écrire des livres. C’est cela, le travail. L’emploi est malheureusement souvent différent. L’entreprise doit donner la liberté d’utiliser notre créativité, nos initiatives, notre ingéniosité, notre imagination, nos talents et nos capacités : dans ce cas, il s’agit de travail. Mais si l’on ne peut pas utiliser tout cela, si l’on ne peut qu’exécuter des ordres et faire ce qu’on nous dit de faire juste pour avoir la fiche de paie et le salaire, alors il s’agit d’une forme d’esclavage glorifié. Je n’encourage pas cette forme d’emploi : je dis d’ailleurs souvent aux jeunes de ne pas rechercher un job, mais de se créer un job.

Peut-être, pour terminer, auriez-vous un message d’espoir à partager ?

Les choses changent toujours. Si l’on regarde l’histoire, on se rend compte que l’apartheid a disparu. La fin de l’apartheid nous donne de l’espoir. La discrimination contre les Noirs était une malédiction aux Etats-Unis ; Martin Luther King et le mouvement pour les droits civils ont lutté ; à cette époque les Noirs n’avaient pas le droit de voter. Et maintenant il y a un noir à la Maison Blanche ! Cela nous donne de l’espoir. Le mur de Berlin est tombé, après 40 ans : cela nous donne de l’espoir ! L’Inde est devenue indépendante : cela nous donne de l’espoir ! En République Tchèque, Vaclav Havel était en prison et est devenu président ! Cela nous donne de l’espoir. Aung San Suu Kyi a été retenue pendant 16 ans dans sa résidence. La résilience, l’opiniâtreté, la détermination, l’engagement et l’espoir font toujours la différence. Nous travaillons pour la paix, nous travaillons pour l’écologie, nous travaillons pour une société meilleure, pour notre bien-être, et tout cela a un impact : le changement se fait, petit à petit. On ne sait pas ce qui arrivera à la fin ; on ne le sait pas. Mais nous faisons ce qu’il nous semble bon de faire. L’espoir est fondamental : c’est lui qui permet le pouvoir d’action.

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 (Toutes les photos sont de Esther Ráez Martínez – Merci !)

Et BOUM !

roit d'auteur: http://fr.123rf.com/profile_abluecup / 123RF Banque d'imagesJe suis une bombe. Pas une bombe sexuelle, ni la bombe de « c’est d’la bombe » ; cela me plairait beaucoup, mais… non. Je suis une bombe, une vraie.

Je suis connue de tous, et pourtant je ressens le besoin de prendre ma plume pour m’adresser directement à vous.

Je suis issue du cerveau de l’Homme, née de ses mains. Ma fonction est de pulvériser, broyer, brûler, souffler, déchiqueter, détruire, mutiler, tuer. J’agis avec une parfaite équité, hors de toute considération de sexe, d’âge, de religion, de couleur de peau, de culture, de croyances, de catégorie sociale, de handicap, d’opinion politique. Je frappe pères et mères, fils, filles, frères et sœurs, grands-parents, cousins et cousines, ami(e)s, conjoint(e)s, collègues, voisin(e)s, célébrités, inconnu(e)s. Je frappe directement les corps, mais aussi les familles, groupes sociaux, professionnels, religieux, politiques. Quand je frappe un village, c’est une région qui souffre. Quand je frappe une ville, c’est tout un pays qui est sous le choc. Quand je frappe une communauté, la douleur dépasse les frontières. Et quand je frappe un symbole, le monde entier est meurtri. Mes victimes ne sont pas seulement celles et ceux qui sont touchés dans leur chair. Pour chaque victime physiquement atteinte, ce sont des dizaines, des centaines, des milliers de personnes touchées et ce, quel que soit le lieu où je frappe, sur les cinq continents, dans chaque pays, quel que soit son régime politique, sa richesse. Évidemment, mes effets ne se limitent pas aux humains : je détruis tout ce qui est vivant (animaux, végétaux, etc.) et tout ce qui est matériel, toujours avec une parfaite équité.

J’existe sous de multiples formes : éparpillée au sol, ceinturée autour d’un corps humain, larguée d’un avion, embarquée dans une fusée, un obus ou une torpille, jetée manuellement, embarquée dans un véhicule ou même sur un robot. Je bénéficie d’une créativité débordante.

Sous ma forme la plus primitive, je suis artisanale, et je ne coûte que quelques dizaines de dollars. Sous une forme plus évoluée, je suis le fruit de la recherche scientifique, du travail de centaines d’ingénieurs, d’hommes et femmes qui construisent même des machines pour me fabriquer. Sous cette forme, je coûte beaucoup plus cher, jusqu’à plusieurs centaines de milliers de dollars pièce, et bénéficie pour mon financement d’une solidarité citoyenne sans faille. Sous ma forme ultime, atomique ou « H », je suis capable d’enlever la vie à plusieurs centaines de milliers de personnes en quelques secondes, détruisant toute vie et pulvérisant tout sur des dizaines de kilomètres carrés. Je suis d’ailleurs en capacité, à la seconde ou vous lisez ces lignes, d’éradiquer l’espèce humaine. Je coûte plusieurs centaines de millions d’euros pièce pour ma fabrication, et plusieurs milliards d’euros par an pour mon entretien. Même sous cette forme, je bénéficie d’un financement solidaire citoyen sans faille. Avouez que cette idée est particulièrement savoureuse.

Ma relation avec l’humain est assez compliquée : même si la fierté, la consternation, la douleur, la tristesse et la colère se côtoient dans nos interactions, c’est quand même l’injustice et le désir irrépressible de vengeance qui prédominent. Ma fonction pourrait séparer les humains en 3 grandes catégories : ceux qui me donnent vie, ceux qui m’utilisent, et mes victimes. Ceux qui m’utilisent ou me fabriquent ont le privilège de nommer mes victimes : ennemis, tyrans, infidèles, terroristes, innocents, civils, militaires. Notez tout de même que quelle que soit l’étiquette, j’agis encore avec une parfaite équité. Avec l’âge (j’existe depuis plusieurs siècles), je me rends compte que ces catégories n’ont qu’un intérêt ponctuel : peu à peu, et grâce aux sentiments d’injustice et au désir de vengeance, mes victimes d’aujourd’hui sont presque systématiquement mes utilisateurs de demain. Mes utilisateurs d’aujourd’hui sont mes victimes de demain. Quand à ceux qui me donnent vie… ils sont tour à tour aussi utilisateurs puis victimes. Je suis en quelque sorte un modèle un peu particulier de ce que vous appelez « économie circulaire ». Ceci explique sans doute mon succès toujours croissant, et l’attention particulière que chaque citoyen de pays « développé » me porte, en me finançant.

Je vous remercie donc, cher lecteur, chère lectrice, pour votre soutien. Sans vous, je n’existerai pas.

Votre générosité n’a d’égal que mon équité.

Figurez-vous que ça faisait tellement longtemps que je n’avais pas écrit sur le blog que j’en avais oublié le mot de passe… J’ai ainsi pris conscience du temps écoulé depuis le dernier article ! Trois cent dix mille visites sur le blog : je n’avais pas consulté les compteurs depuis cet été… J’hallucine.

Nous voici donc installés dans la maison, depuis cet été. C’est assez extraordinaire… Tout d’abord, au moment où nous avons posé les meubles, j’ai instantanément oublié tous ces mois de travaux… C’est comme si nous avions toujours habité ici ! La première surprise a été le silence… En entrant dans la maison, nous entrons dans un cocon sonore ! Les sons extérieurs restent dehors, ce qui est même déroutant car nous n’entendons pas les voitures arriver… La deuxième surprise a été le confort que j’appelerai « hygrométrique ». Notre ancienne maison était humide en permanence, ce qui nous obligeait à mettre du chauffage très souvent, pour pallier à cette impression de froid qui « transperce ». A température d’air égale, la sensation est complètement différente ! Quel confort… La troisième surprise a été l’apport solaire : dès qu’il y a un rayon de soleil, il fait chaud dans la maison, sans aucun moyen de chauffage… Je n’ai pas calculé cet apport (cf. article), et ne le calculerai probablement pas (un peu de réalisme 😉 ), mais c’est assez incroyable. Nous profitons de cette chaleur (plusieurs fois tropicale cet hiver, en déjeunant devant la baie vitrée) gratuite et très agréable ! Evidemment, l’inconvénient de cet avantage est qu’il a fait chaud l’été dans la maison : nous n’avons pas encore posé les volets, ni protégé la baie vitrée… Au printemps peut-être !

Pour l’instant, nous nous contentons d’un petit feu tôt le matin, que nous laissons mourir : cela suffit à maintenir un 20° en bas par temps couvert, pour toute la journée. J’imagine que l’activité humaine (cuisine, douches, etc.) apporte aussi sa quantité de chaleur ; en tous cas la consommation de bois est au plus bas : un peu plus d’1 stère depuis notre emménagement, et je viens de recouper 3 stères : verdict en fin d’hiver (si nous pouvons encore appeler ça un « hiver« ). J’ai hâte de tester les grands froids mais pour l’instant l’occasion ne s’est même pas présentée : les 2 ou 3 petites gelées de fin d’année n’ont rien changé en confort. La température à l’étage n’est pas trop importante dans la mesure où nous ne chauffons pas beaucoup ; je crois que cela pourra changer si nous devions chauffer plus lontemps dans la journée ; à voir. Pour l’instant en tous cas, le poêle de masse ne nous fait pas défaut. La température de la salle de bains est parfaite : est-ce le mur de masse ou la présence du ballon d’eau chaude ? Difficile à dire mais le résultat est là : cette pièce est la plus chaude de la maison, pour notre plus grand confort. Le puits canadien n’est pas encore mis en service : il reste à poser la cheminée et à faire le raccordement de la grille intérieure, vers la cage d’escalier. Du coup, pour l’instant, nous faisons une aération manuelle de la maison, en créant un courant d’air quelques minutes, 2 fois par jour… J’ai aussi hâte de voir l’apport du puits canadien dans ce domaine !

Au chapitre des finitions, elles sont pour l’instant fidèles à leur réputation : ce qui n’a pas été fait à l’emménagement… n’est toujours pas fait. Ce sont des choses minimes, mais qui vont probablement rester un moment : mon perfectionnisme est complètement absent dans ce domaine ;-).

 Que dire de plus ? C’est le panard. En ce début d’année, je ne peux m’empêcher de penser à toutes les personnes qui ont contribué de près ou de loin à ce projet… Leur énergie est ici, parmi nous, perceptible dans cette maison. C’est ça aussi (surtout ?) qui rend ce lieu spécial. Merci encore à vous. J’aurais encore plein de choses à dire pour conclure cette expérience ; mais ce n’est pas encore mûr…

Ah si, autre chose : cette série de vidéos (Une histoire de la Violence, conférence organisée par les Colibris en Juin 2015 ; l’intégrale des interventions ici) m’a fait beaucoup de bien en cette fin d’année !